Présentation du Mondial junior 2016

La Finlande accueille l’édition 2016 des Championnats du monde des moins de 20 ans. L’occasion d’observer quelques uns des meilleurs espoirs de la planète hockey dans un tournoi très concurrentiel et qui reste l’événement des fêtes de fin d’année au Canada...

Un Canada qui défendra son titre chèrement acquis l’an passé à Toronto, le 16e de son histoire. Cependant, le pays à la feuille d’érable n’aura pas la partie facile, la faute à un groupe A particulièrement relevé.

Le groupe A jouera dans l’Helsinki Ice Hall, antre du IFK, forte de ses 8.200 places. L’hôte finlandais évoluera dans la patinoire du Jokerit, la Hartwall Arena, et ses 13.665 places.


Groupe A


Flag of Canada.svgEncore une fois, le Canada fait figure de favori, mais ne dispose pas de la même marge de manœuvre que l’an dernier. Déjà, la star Connor McDavid ne sera pas là. Blessé, le n°1 de la dernière draft n’aurait de toute façon pas été libéré par les Oilers. On retrouve dans l’alignement quatre champions du monde 2015 qui apporteront leur expérience : le défenseur mobile Joe Hicketts et l’attaquant de poche Brayden Point (capitaine), le grand costaud Lawson Crouse et l’ailier fort Jake Virtanen, seul joueur de NHL (Vancouver) libéré pour l’occasion. Vancouver a en revanche conservé son second jeune ailier, Jared McCann, plusieurs ailiers titulaires étant blessés.

Cette expérience ne sera pas négligeable, car le Canada n’a plus remporté le titre en Europe depuis 2008. La clé sera le poste de gardien. Mackenzie Blackwood survole la saison en OHL et faisait figure de n°1, mais un mauvais geste a conduit la fédération à le suspendre. Il manquera les deux premiers matchs, dont le choc face aux Etats-Unis en ouverture. Mason McDonald devra gérer la pression, après avoir quelque peu raté le match de préparation face aux Suédois (6 buts encaissés). La défense autour d’Hicketts pose quelques questions. Travis Sanheim (Philadelphie) et Haydn Fleury (Calgary) sont deux premiers choix de draft très élevés, de même que Thomas Chabot (Ottawa). Ils n’apportent pas autant de gages de certitudes que la brigade d’arrières des années précédentes. Travis Dermott, Brandon Hickey et Roland McKeown paraissent encore plus faibles.

L’attaque devra donc produire et affiche des arguments non négligeables. Le feu follet Mitch Marner (Toronto) et le passeur Dylan Strome (Arizona) ont été draftés dans le top-5 en juin et seront rejoints en première ligne par John Quenneville, qui sera la conscience défensive du trio. Brayden Point devrait évoluer avec Jake Virtanen. Anthony Beauvillier, Rourke Chartier et Lawson Crouse offrent un joli assortiment de profils variés sur l’aile gauche. À droite, Travis Konecny et Julien Gauthier (2016) sont deux joueurs combatifs. La grande taille de Gauthier sera un atout non négligeable face aux Américains et Suédois au jeu assez physique. Enfin, Brenden Perlini, Mitchell Stephens et Matthew Barzal alterneront sur la quatrième ligne. Au final, un effectif de talent et de valeur, mais avec quelques incertitudes tout de même. L'entraîneur, l'ancien joueur NHL Dave Lowry, aura fort à faire.


Flag of the United States (Pantone).svgL’épouvantail du groupe, les Etats-Unis, s’annonce revanchard sous la direction de Ron Wilson, ancien coach NHL, et Chris Chelios, ancien défenseur vedette de NHL. Le fiasco de l’an passé – élimination en quarts de finale dans un match copieusement dominé face aux Russes, perdu par indiscipline – reste en travers de la gorge de la fédération. USA Hockey ne bénéficie plus de Jack Eichel, logiquement conservé par Buffalo, mais s’appuiera sur un diamant brut : Auston Matthews, le probable n°1 de la draft 2016, qui affole les compteurs en élite suisse à 18 ans. Les Américains disposent enfin d’un réservoir conséquent, au point que les recalés font maintenant les gros titres. Kyle Connor, Jeremy Bracco, Jack Roslovic ou Conor Garland n’ont ainsi pas été retenus, témoignage des progrès sensibles dans la formation américaine.

Le point fort des joueurs à la bannière étoilée se situe à l’avant. Matthews centrera deux ailiers brillants : Matthew Tkachuk – fils de Keith – qui terrorise les gardiens en OHL, et Alex DeBrincat, petit gabarit mais pur sniper, qui finissait le travail de McDavid l’an dernier chez les Erie Otters. En l’absence de la star canadienne, DeBrincat continue de produire en OHL et voit sa cote remonter en flèche pour la draft 2016. La deuxième ligne est tout aussi brillante, avec Sonny Milano, déjà rendu en ligue américaine dans la filiale de Columbus, ainsi que le meilleur marqueur d'OHL Christian Dvorak (65 pts) et Colin White, très efficace avec Boston College. Le passeur Nick Schmaltz, le centre espoir d’Arizona Ryan McInnis – fils de Al – et le travailleur Brock Boeser complètent la troisième ligne avec des missions plus défensives. La quatrième ligne comptera des purs spécialistes défensifs, notamment pour l’infériorité numérique, tels Anders Bjork ou Ryan Donato – fils de Ted. Quelques éléments plus jeunes sont là pour apprendre, comme Scott Eansor et Ryan Hitchcock.

Malheureusement pour les Américains, la défense n’est pas au même niveau. Louis Belpedio et Brandon Carlo – qui était du Mondial junior 2015 – surnagent dans un groupe d’arrières modestes. Will Borgen, Ryan Collins forment la deuxième paire, le reste du groupe étant éligible à la draft 2016 : Brandon Fortunato, Chad Krys, Charlie McAvoy. Une jeunesse compensée par le défenseur star de l’équipe et capitaine, Zach Werenski, dont le temps de jeu devrait exploser. Brandon Halverson et Alex Nedeljkovic batailleront pour la place de n°1. Le premier était présent l’an dernier, le second avait très bien joué au mondial U18 il y a deux ans.


Flag of Sweden.svgLa Tre Kronor apparaît comme un sérieux outsider pour le titre, fort de son expérience. Pas moins de onze joueurs ont participé à l'édition 2015 ! De fait, la Suède n’a rien à envier aux Canadiens et Américains, au point de troubler le jeu pour la première place du groupe. Battus en finale à domicile par la Finlande en 2014, la Suède se verrait bien renvoyer l'ascenseur... Les Suédois seront menés par les deux frères Nylander. William avait déjà dominé le tournoi l’an dernier, et il domine cette saison l’AHL avec la réserve de Toronto (34 pts en 27 matchs). Ce n’est qu’une question de temps avant de le voir enfiler le chandail des Maple Leafs en pleine reconstruction. Le talentueux centre jouera sans doute avec son petit frère Alexander (2016) qui compte 49 pts en 33 matchs dans la ligue de l’Ontario. Le duo a de bonnes chances d’être rejoint par Adrian Kempe, qui joue déjà en AHL et a contribué au titre des Manchester Monarchs l’an dernier.

Cette première ligne est loin d’être le seul danger. Joel Eriksson Ek, Alex Holmström, Oskar Lindblom affichent de grosses qualités dans les deux sens du jeu. Le reste de l'attaque a aussi des affiliations avec la NHL, tels Jens Looke, Jakob Forsbacka-Karlsson, Anton Karlsson, Fredrik Olofsson... La défense brille autant, avec Gabriel Carlsson, Gustav Forsling, William Lagesson et Jacob Larsson, tous patineurs de haut vol et bons relanceurs. La blessure au dernier match de préparation de Sebastian Aho reste un coup dur en défense, mais la Suède a de quoi se relever. Encore faut-il que Linus Soderström ne tremble pas dans les cages...


Flag of Switzerland (Pantone).svgAvec trois monstres dans le groupe, les chances de la Suisse de briller s’annoncent réduites. Il faudra avant tout se défaire du Danemark pour pouvoir rêver des quarts. Les Suisses n’ont malheureusement pas pu obtenir de Nashville d’aligner Kevin Fiala. Privés de leur attaquant vedette, les Helvètes devront utiliser toutes leurs forces et leur jeu collectif pour créer la surprise, sous les ordres de John Fust.

Les arguments sont bien là : Timo Meier a été drafté en n°9 l’an dernier et produit point sur point en ligue du Québec. Noah Rod et Denis Malgin (Florida) complètent le panel offensif. Pius Suter, Damien Riat, Tino Kessler et Auguste Impose pourraient eux aussi créer la surprise. À l’arrière, le grand gabarit de Jonas Siegenthaler sera le joueur le plus utilisé de l’équipe. Gauthier Descloux et Joren van Pottelberghe batailleront pour le poste de gardien n°1. Au rayon curiosité, Nico Hischier a gagné sa place : né en 1999, et déjà utilisé en LNA, il sera l'un des plus jeunes joueurs du tournoi.


Flag of Denmark.svgLe Danemark a remporté son premier match U20 en élite l’an dernier et ont obtenu le maintien pour la première fois. Au vu des armadas offensives adverses cette saison, répéter cette performance s’annonce particulièrement improbable, mais on peut s’attendre à voir les Nordiques tout donner pour battre la Suisse. Malheureusement pour eux, les deux stars offensives de l’an dernier ne sont plus là. Oliver Bjorkstrand est trop âgé, et Nikolaj Ehlers trop précieux pour que Winnipeg ne le cède pour la quinzaine.

Les Danois ne comptent aucun joueur drafté par une équipe NHL, et la seule vraie arme offensive sera sans doute Alexander True. Le centre des Seattle Thunderbirds (WHL) n’y a pas non plus affolé les compteurs (10 buts, 19 pts). À ses côtés, les attaquants notables sont Niklas Andersen, qui joue aux Spokane Chiefs en WHL, et un trio qui joue dans le circuit junior suédois : Thomas Olsen, Kristian Jensen et Mathias From. Enfin, Markus Jensen est titulaire en élite danoise, tout comme le défenseur Anders Krogsgaard, qui compte déjà 11 pts pour Esbjerg. Les défenseurs vedettes restent Christian Mieritz (OHL), et Matias Lassen, qui joue à Leksand.

 

Groupe B


Flag of Finland.svgAprès une édition 2015 très décevante (7e), après le titre 2014, la Finlande sera revancharde et voudra absolument briller à domicile. Coup de chance, l’effectif 2016 dir'igé par Jukka Jalonen est sans doute le plus talentueux depuis des lustres... avec des joueurs de 17 ans seulement, malgré tout. Les meneurs de l’équipe sont plutôt éligibles à la draft NHL 2016, et ce petit déficit physique et d’expérience pourrait coûter cher dans les matchs couperet. On attend beaucoup de Kasperi Kapanen, qui a débuté en AHL cette saison. Le fils de Sami a représenté son pays dans tous les tournois internationaux de jeunes ces dernières années et sa vitesse fera du bien. Mikko Rantanen, 10e choix de la dernière draft, évolue déjà en AHL dans la filiale de Colorado, où il compte 24 pts en 20 matchs. Son profil est plutôt celui d’ailier fort et son jeu défensif promet beaucoup.

Les recruteurs surveilleront de près les deux jeunes attendus très haut en juin prochain. Patrik Laine et Jesse Puljujärvi brillent déjà en Liiga. Laine y compte 16 pts en 24 matchs notamment. Puljujärvi, plus costaud, est titulaire chez les Kärpät. Aleksi Saarela, Juho Lammiko et Sebastian Aho, qui joue plus de 20 minutes par match en élite finlandaise, complètent un groupe offensif prometteur. Enfin, la Finlande s’appuiera sur sa tradition de défense collective autour d’un excellent gardien. L’arrière majeur de l’équipe sera Olli Juolevi, défenseur vedette des London Knights (OHL) où il compte 23 pts en 28 matchs. Villi Saarijärvi domine pour sa part en OHL et mènera le jeu de puissance. Sami Niku est le seul rescapé de l'édition 2015. Dans les cages, la lutte fera rage entre Kaapo Kahkonen et Veini Vehviläinen.


Flag of Russia.svgLa Russie avait surpris les Américains en quarts de finale l’an dernier et obtenu au final une médaille d’argent, battue de justesse par le Canada (5-4). On peut imaginer le même type de parcours cette saison, car la Russie aligne encore une fois une formation très complète, sous les ordres de Valeri Bragin. Un effectif tout de même très jeune puisque huit joueurs sont nés en 1997 et donc encore éligibles pour le tournoi de l'an prochain. Dans les cages, Ilya Samsonov sera probablement le meilleur gardien du tournoi et peut sans peine voler les matchs décisifs. Le défenseur offensif Ivan Provorov (Philadelphie) était à deux doigts de débuter en NHL dès cette saison. On s’attend à un temps de jeu très élevé pour exploiter ses qualités de patinage. À ses côtés, on trouve trois joueurs draftés évoluant au Canada : Sergei Zborovsky (Rangers), Damir Sharipzyanov (Los Angeles) et Sergei Boikov (Colorado).

L’attaque russe s’annonce excitante avec notamment deux talents hors norme. Evgeny Svechnikov (Detroit) et Denis Guryanov (Dallas) ont été choisis au premier tour de la dernière draft. Svechnikov est un pur sniper, quant à Guryanov il est costaud, rapide, technique et très efficace devant la cage. La profondeur de banc est réelle : Vladislav Kamenev joue en AHL, Kirill Kaprizov affole les compteurs en KHL à 18 ans. Maxim Lazerev joue pour sa part aux côtés de Svechnikov à Cape-Breton en ligue du Québec. Alexander Dergachyov est pour sa part titulaire au SKA Saint-Pétersbourg, ce qui n'est pas une petite performance.



Flag of the Czech Republic.svgLes prestations de la République Tchèque déçoivent ces dernières années, mais l’espoir est réel cette année. En effet, le cœur de la génération 2016 est celui qui a conquis l’argent au Mondial U18 en 2014. Deux joueurs clés manqueront malheureusement le tournoi : Jakub Vrana et David Pastrnak sont blessés. Ainsi, toute l’attaque reposera sur Pavel Zacha. Le n°6 de la dernière draft (New Jersey) est un pivot de grande taille, intelligent, excellent finisseur. Profil complet, sa marge de progression est importante. Ce tournoi sera l’occasion de voir s’il peut franchir des paliers.

Les Tchèques bénéficient aussi d’un premier choix en défense, avec Jakub Zboril, qui mènera le jeu de puissance en compagnie de Dominik Masin. Le centre Filip Chlapik et le gardien Vitek Vanecek, qui évolue en ECHL, sont les deux autres noms à surveiller, dans une formation tchèque qui devrait batailler avec son voisin slovaque pour la troisième place. Les recruteurs observeront avec attention Simon Stransky, candidat au premier tour de la prochaine draft NHL. Parmi les joueurs de talent moins connus mais qui pourraient éclore dans ce tournoi, on trouve Michael Spacek, attaquant vedette des Red Deer Rebels (WHL), et David Kase.


Flag of Slovakia.svgPersonne n’attendait la Slovaquie l’an dernier. Mais Denis Godla a connu le tournoi de sa vie dans les cages et porté son pays vers la médaille de bronze. Répéter l’exploit parait peu probable, car le gardien n’est plus éligible, pas plus que l’attaquant vedette Martin Réway. Malgré tout, la formation slovaque dirigée par Ernest Bokros a repris du poil de la bête et on trouve plusieurs profils prometteurs.

En défense, Erik Cernak se montre solide et costaud pour les Erie Otters (OHL). Christian Jaros est l'autre nom phare à l'arrière. Le gardien Adam Huska couvre bien sa cage grâce à son grand gabarit, et évolue en USHL. Les deux hommes joueront un rôle majeur dans une formation imprévisible. Quelle sera la performance de Radovan Bondra ? Sa saison aux Vancouver Giants est plutôt catastrophique. Kristian Pospisil débute cette année en ligue du Québec. Matej Palocko et Jozef Huna dominent le circuit junior slovaque, mais n'ont pas vraiment affronté une opposition aussi relevée, pas plus que Filip Lestan en junior suédois.


Flag of Belarus.svgLe petit poucet du tournoi, la Biélorussie, a remporté le tournoi 2015 en D1-A et ne parait pas du tout disposer des armes pour lutter avec les neuf autres. C'est la première participation du pays à ce niveau depuis 2007, lorsque les stars de l'équipe étaient Sergei Kostitsyn et Mikhail Stefanovich.

La génération 2016 s’appuie sur plusieurs joueurs aperçus en U18 à Nice en 2014, à commencer par le défenseur de 2 mètres, Stepan Falkovsky, qui compte 17 pts en 32 matchs avec les Ottawa 67’s (OHL). Solide défensivement et au slap ravageur, sa mobilité est en question et, face à la vitesse des attaquants de la poule, il risque de souffrir. Le petit gabarit de Vladislav Goncharov, nommé capitaine, dispose de qualités offensives indéniables, mais il risque de souffrir physiquement face à des attaquants bien plus costauds. La plupart de l'effectif évolue dans le système du Dynamo Minsk. Dmitry Buinitsky en est la pépite n°1, puisqu'il joue déjà en KHL. Danila Karaban, ailier dynamique, et les jumeaux Aleksandr et Aleksei Patsenkin seront les autres attaquants à surveiller.