Mondial U20 – Le Canada tombe

La première journée des Championnats du monde junior en Finlande auront offert leur lot de spectacle, à commencer par le festival offensif suédois et le large succès de l'équipe locale. En point d'orgue, la défaite du champion en titre canadien face aux Etats-Unis, 4-2.

Duel de gardiens

La République Tchèque et la Russie se seront livrés un duel âprement disputé pour le match d'ouverture. La Russie, finaliste l'an dernier, a finalement pris deux points en remportant la séance de fusillade sur un but de Maxim Lazarev.

Jusque là, Alexander Georgiev et Vitek Vanacek s'étaient rendus arrêt pour arrêt. Nerveux en première période, les Tchèques perdaient leur meilleur arrière, Jakub Zboril, coupable d'une mauvaise charge. La méconduite affaiblissait son équipe, qui tuait l'infériorité grâce à une faute de Sergei Boikov. Ce dernier retenait un adversaire après avoir brisé sa crosse sur un tir. Petit à petit, les coéquipiers de Pavel Zacha prenaient l'ascendant, dominant le deuxième tiers. Après avoir effacé une pénalité d'Alex Rasner, ils manquaient leur chance sur une supériorité consécutive à une faute de Sergei Boikov. Michael Spacek pensait avoir marqué sur un joli tir, mais le corps arbitral refusait l'ouverture du score car David Kase était dans la zone du gardien. Finalement, un peu après la mi-match, Alexander Mikulovich cinglait Michael Spacek parti en échappée et les officiels signalaient un tir de pénalité, converti par le Tchèque (1-0). La Russie revenait tout de même timidement en troisième tiers. Face à un adversaire trop prudent, les Russes finissaient par s'installer et Radel Fazleev récoltait un rebond avant de servir Artur Lauta planté dans l'enclave (1-1). Les deux gardiens faisaient le travail sur le reste du temps réglementaire et les prolongations. Vanecek finissait avec 20 arrêts et Georgiev 22, ce dernier sortant les trois tirs de fusillade. Les Russes convertissaient leur premier par Lazarev et entamaient donc le tournoi par un succès laborieux.

Victoire à la Pyrrhus

La Suède n'a pas tremblé en ouverture en écrasant la Suisse 8-3. Malheureusement, la Tre Kronor se serait bien passée du jeu extrêmement physique de son adversaire. Les nombreuses charges suisses ont laissé des traces et les deux stars William Nylander et Adrian Kempe n'ont pas pu finir le match...

Déjà privés du défenseur Sebastian Aho, touché au larynx par un palet en préparation, les Suédois n'ont pu aligner l'autre défenseur Gustav Forsling, apparemment blessé. Après une première alerte de Tino Kessler sauvée par Soderström, la Suède ouvrait rapidement le score, William Nylander convertissant une passe de son frère Alexander (0-1). Un contact trop haut de Fabian Heldner coupait la lèvre de Joel Eriksson Ek, contraignant les officiels à signaler une pénalité majeure de cinq minutes, ainsi qu'une méconduite. La défense helvète résistait mais, peu après la fin de supériorité, Lindblom marquait du revers sur un travail d'Axel Holmstrom (0-2). Les affaires suisses ne s'arrangeaient pas : au quart d'heure, Egli commettait une violente charge sur William Nylander. Méconduite logique, et l'espoir suédois de Toronto rentrait définitivement au vestiaire. L'incident créait un quatre-contre-quatre et la Suisse en profitait pour réduire l'écart en contre-attaque, Kessler convertissant un rebond de Denis Malgin (1-2). Espoir de courte durée, Alex Nylander trouvant Dmytro Timashov au cercle droit (1-3). Le tiers se terminait par quelques échanges rugueux et plusieurs pénalités. La Suède revenait en avantage numérique et creusait l'écart avec le doublé de Timashov sur un tir du poignet en hauteur (1-4). Trois minutes après, Rasmus Asplund confirmait d'un long tir côté mitaine (1-5). La Suisse n'abandonnait pas et marquait sur une déviation de Noah Rod, exploitant un tir d'Edson Harlacher (2-5). À mi-match, Adrian Kempe sortait sur blessure, victime d'une charge dans le dos de Calvin Thurkauf. Pas de quoi perturber la Suède, avec un nouveau but de Jakob Forsbacka-Karlsson en solitaire (2-6). Le changement de gardien ne changeait rien, Jacob Larsson portant le score à 7-2, plein axe. Le but en échappée et en infériorité de Kessler sauvait un peu plus l'honneur (3-7), mais, après une nouvelle exclusion suisse, cette fois de Malgin, pour une nouvelle échauffourée, la Suède clôturait le score par Ollas Mattsson à trois minutes du terme. La Suède prend donc les trois points, mais s'inquiète pour la santé de ses stars... Côté suisse, le tempérament bouillant n'aura pas eu l'effet escompté !

Patience et longueur de temps...

L'hôte finlandais a écrasé la Biélorussie 6-0, mais aura du faire preuve d'une patience sans faille. Il aura fallu attendre la trente-huitième minute pour voir le premier but du match...

Devant le président de la République finlandaise, les jeunes « Suomi » ont copieusement dominé les débats. Le premier tiers fut à sens unique : 14 tirs à 2 ! Les deux espoirs 2016, Patrik Laine et Jesse Puljujarvi, s'entendaient comme larrons en foire et faisaient tourner en bourrique la défense. Ivan Kulbakov tenait bon dans les cages. En deuxième tiers, une charge à la tête d'Alexander Tabolin plaçait la Biélorussie en difficulté, mais ses coéquipiers résistaient à la méconduite. Finalement, à la 38e minute, Sebastian Aho lançait Puljujarvi, qui feintait le gardien et ouvrait enfin le score (1-0). Un but qui libérait tout le monde. Le duo récidivait dès la reprise, Puljujarvi trouvant d'une belle transversale Patrik Laine pour la volée (2-0). Kulbakov, bombardé, n'y arrivait plus et cédait une troisième fois face à Sami Niku, qui exploitait un troisième rebond mal dégagé (3-0). Puis, Puljujärvi bonifiait un rebond de Olli Juolevi en supériorité numérique (4-0). Vladislav Verbitski rentrait dans les buts, sans réussite puisqu'il s'inclinait encore deux fois. Sebastian Repo sur rebond (5-0), puis le capitaine Mikko Rantanen en infériorité, cage vide (6-0).

Une histoire de déviations

Les Etats-Unis remportent le choc de la première journée face au tenant du titre canadien, à la faveur d'une fin de troisième tiers efficace.

Les deux formations s'observaient lors du premier tiers, très fermé (5 tirs canadiens à 4 américains). Après avoir tué sans peine une cinglage de Dylan Strome, le Canada frôlait l'ouverture du score par Brendan Perlini, mais Alex Nedeljkovic faisait l'arrêt sur la ligne. Le champion en titre recevait une supériorité de cinq minutes pour un mauvais geste d'Alex DeBrincat à deux minutes du terme, le buteur des Erie Otters commettant un piquage sur Travis Konecny devant le banc. L'avantage ne donnait rien et il fallait attendre la cinquième minute du deuxième tiers pour voir bouger le tableau d'affichage. Julien Gauthier bloquait un tir et filait en deux-contre-un. Rourke Chartier manquait le palet, mais Gauthier récupérait et trouvait Matthew Barzal pour une cage ouverte (0-1). Le Canada prenait le contrôle du match et s'offrait une belle chance par Dylan Strome, intenable. A trois minutes de la pause, les Américains gagnaient une mise au jeu et Sonny Milano lançait vers le but, où Colin White convertissait du revers (1-1). Le troisième tiers donnait lieu à un spectacle rythmé, bien que parfois maladroit. Une obstruction sur le gardien discutable de John Quenneville offrait deux minutes de supériorité aux Etats-Unis, qui ne traînaient pas. Zach Werenski, servi à la bleue, ajustait Mason MacDonald en profitant de l'écran de Matthew Tkachuk (2-1). Le capitaine américain était peu après de l'autre côté, assistant de la prison à l'égalisation canadienne, lorsque Dylan Strome trouvait un tir mi-hauteur en exploitant l'écran de Julien Gauthier (2-2). Le match basculait en moins d'une minute. À la 57e, Louis Belpedio recevait le palet à la bleue et le défenseur lançait au but. Joe Hicketts déviait juste devant son gardien en voulant détourner le tir : idée catastrophique, le palet filant sous la mitaine de MacDonald, prêt à faire l'arrêt (3-2). Quarante secondes plus tard, Tkachuk décalait Werenski à la bleue et le tir du défenseur était là encore dévié par un défenseur canadien. Le disque filait entre les jambes de MacDonald. Auston Matthews, à l'affût, poussait la rondelle abandonnée au fond des filets (4-2). Un succès très précieux pour les Etats-Unis face à leur ennemi intime, grâce à un troisième tiers rythmé quoique maladroit des deux côtés...