Dijon - Rouen (Ligue Magnus, 16e journée)

Moyennant un miracle du nom de "Coupe de France le 3 janvier", les Ducs ont une toute petite chance de prendre trois points en ce 30 décembre. Problème : les play-down étant à peu près aussi acquis pour les Ducs que les play-off pour les Dragons, ces trois points pourraient ne servir à rien in fine. Si ce n'est à espérer que l'équipe se relance ?

Au vu des nombreuses imprécisions qui émaillent le jeu dijonnais au tout début du premier tiers, on doute toutefois très vite, du côté de Trimolet, que les locaux offrent une première victoire à domicile en championnat à leurs supporters. Pintaric, comme à son habitude, doit sauver les meubles. Rien de nouveau sous le brouillard dijonnais, en fait.

Heureusement, Rouen vient mettre un peu de vitesse dans une partie qui virait amorphe. Sacha Treille n'est pourtant pas récompensé du travail de son équipe et, pire que cela pour les visiteurs, Maslonka s'échappe, prenant tout son temps pour piéger Sabourin (1-0, 6'40"). Ce but, qu'on n'imaginait même pas, rebooste instantanément les locaux et, dans la foulée, Mc Millin double la mise - une juste récompense pour le seul joueur dijonnais vraiment dangereux depuis le début du match (2-0, 7'32"). Stupeur sur Trimolet !

CHAKIACHVILIflorian20151228076Le triomphe bourguignon est toutefois de courte durée : Lampérier dévie un tir lointain de Chakiachvili, réduisant l'écart pour les siens (2-1, 8'12"). Sacha Treille, sans perdre de temps, récupère alors un palet qui traînait devant la cage de Pintaric, et le lève joliment dans la lucarne. Imparable (2-2, 8'51"). L'éclaircie bourguignonne n'aura pas duré...

Encore que... Les Ducs sont en powerplay pour la première fois et, après de longues secondes d'un jeu stérile, finissent par inscrire leur troisième but de la soirée et leur... troisième but en supériorité de la saison. Preuve que tout peut arriver ce soir ! (3-2, 11'50"). D'autant que Rouen est, une nouvelle fois, pénalisé. Les Dragons mettent toutefois plus de coeur à l'ouvrage, s'agissant de soutenir leur gardien, qui se retrouve de fait peu sollicité. Ce n'est qu'après la fin du powerplay dijonnais qu'une sortie franchement douteuse de Sabourin offre une opportunité aux Ducs, qui ne peuvent malheureusement l'exploiter.

Les visiteurs reprennent alors le dessus mais Pintaric, comme à son habitude, protège les siens, jusqu'à ce magnifique enchaînement, sous la conduite de Riendeau, qui aboutit au premier but d'un Quentin Mahier qu'on avait jusque-là trop peu vu s'exprimer positivement sur la glace (4-2, 17'37"). Aussi fou que cela puisse paraître compte tenu de la saison compliquée des Ducs, Dijon mène, et a déjà passé 10 buts en deux matchs à Rouen.


À la reprise, les locaux sont rapidement en infériorité, mais l'équipe fait bloc autour de son gardien et la pénalité est tuée sans encombres. Les Dijonnais se retrouvent alors en zone rouennaise. Le palet arrive dans les patins de Gutierrez qui se retourne, tire... et marque un but certes alléchant, mais que Sabourin aurait dû arrêter (5-2, 22'31").

Mais la discipline est une clé et, à la suite de ce nouveau but, Dijon est encore pénalisé. Quand Pintaric se retrouve sur le dos, les deux équipes brassent un peu ; au demeurant, le jeu est propre, et Sacha Treille, qui s'était fort mal illustré en coupe de la Ligue, se montre ce soir sous son meilleur jour.

QUESSANDIERBenoit31102015Quant aux Ducs... quel dommage de ne pas les avoir vu déployer la même hargne contre des concurrents plus directs ! À finir la saison ainsi, les playdown ne seraient plus si évidents. Les tribunes ne s'y trompent d'ailleurs pas, et mettent d'autant plus d'ardeur dans leurs chants.

À la mi-match, les Dragons semblent avoir marre de la situation. Un peu plus de physique, beaucoup plus de vitesse, et l'écart est rapidement réduit par Arrossamena. Le palet, arrêté mais pas bloqué par Pintaric, se faufile doucement dans la cage sous les yeux déçus des supporters locaux (5-3, 30'25").

Le penalty accordé alors à Dijon est tangeant, mais c'est bien Sabourin, en n'arrêtant pas le palet que Wallen a pris le temps de tricoter devant lui, qui met les siens dans l'embarras (6-3, 31'32").

En deux matchs, les Normands ont donc encaissé douze buts contre le dernier du championnat et, s'il est évident qu'en prévision de la finale de coupe de France les visiteurs ne jouent pas le coup à fond, la piêtre performance de Sabourin peut inquiéter. La frustration rouennaise se traduit également par une hausse des fautes, auxquelles les Dijonnais répondent d'ailleurs sans vergogne ; l'arbitre, favorisant le jeu, choisit de ne pas intervenir jusqu'à ce que Sacha Treille mette Melin à terre. Cette fois, l'arbitre expédie les deux protagonistes en prison. Il serait dommage de voir les esprits s'échauffer maintenant, mais on sent la tension dans la fin de tiers.


La troisième période début plus calmement, mais dans la confusion. Un bug d'affichage sur les pénalités sifflées contre Dijon ne permet d'ailleurs pas au public de comprendre ce qui passe alors que, dans le même temps, un but est refusé à Rouen car survenu après un coup de sifflet arbitral peut-être trop précoce. Rouen peut se sentir floué, pour le coup. Le jeu s'anime alors, emmené par les Normands, tandis que les locaux tentent la carte de l'opportunisme.

Alors que Lampérier et Briand viennent de s'échanger quelques amabilités, Rouen manque de voir son but rattrapé par une boulette dijonno-dijonnaise : un palet est malencontreusement dévié vers Pintaric, et un ange passe à Trimolet tandis que le portier cherche son palet !

Un nouvelle fois, le jeu s'interrompt un bon moment, quand Chakiachvili se retrouve à terre. L'action, contrairement aux apparences, est confuse. C'est en effet bien Thinel qu'on a vu arriver coude en avant vers l'attroupement formé autour du palet, le long de la bande. L'arbitre, parfaitement placé, ne siffle rien tandis que le n°62 rouennais sort sous les applaudissement des deux camps.

GREMIONbenjamin20140930093Ce troisième tiers, régulièrement interrompu pour diverses raisons, n'est de fait pas le meilleur du match. Les Dijonnais, solidaires de leur gardien, s'attachent à préserver le score face à des Rouennais qui se frustrent de ne pouvoir marquer. Les Dragons finissent néanmoins par trouver la faille, et voient leurs efforts récompensés quand Perrault, tout proche de Pintaric, hisse la palet par-dessus l'épaule du portier ducal déjà au sol. Le puck n'a plus qu'à passer tranquillement la ligne (6-4, 54'40").

Même si prendre trois points ce soir ne serait pas la meilleure des opérations comptables pour Dijon, une victoire ferait tant de bien au moral de l'équipe qu'il n'y a plus qu'une ligne à tenir : conserver les deux buts d'avance, coûte que coûte. Ce n'est pas chose aisée, au regard de la pression mise par les visiteurs sur la cage locale.

La cage rouennaise, vide à deux minutes de la fin, laisse flairer la bonne occasion. Au lieu de ça, Melin et Labelle apprennent à se connaître. Une nouvelle fois, le jeu est interrompu. À la reprise, les vingt secondes restantes ne suffisent pas à Rouen. Dijon l'emporte pour la première fois à domicile en championnat. En espérant que ce soit la première d'une longue série de victoires !

Commentaires d'après-match :

Vincent Melin (défenseur, DHC) : "On a fait un bon match contre Rouen. Je pense qu'on aime bien jouer contre eux, on a gagné 6-1 la dernière fois chez eux. Là on a des points à prendre pour se maintenir en Magnus d'abord, et ensuite pour les playoff. On a fait ce qu'il fallait."

Quentin Mahier (défenseur, DHC) : "On a été largement moins pénalisé que les autres fois, et ça a fait la différence. On a aussi tous été dedans, alors que d'habitude il y a toujours un joueur qui est au top, d'autres qui sont moins bien. Tout le monde était concerné ce soir, c'est aussi ça qui a fait la différence."


Dijon - Rouen 6-4 (4-2, 2-0, 0-1).
Mercredi 30 décembre 2015 à 20h à la patinoire Trimolet. 757 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Jérémie Douchy et Charlotte Girard.
Pénalités : Dijon 41' (8x2', 1x5', 1x20'), Rouen 32' (11x2', 1x10').
Tirs cadrés : Dijon 38 (14, 15, 9), Rouen 48 (19, 15, 14).

Evolution du score :
1-0 à 06'40" : Maslonka assisté de Wallen et Jeslinek
2-0 à 07'32" : Mc Millin assisté de Briand
2-1 à 08'12" : Lampérier assisté de Chakiachvili et Konttinen
2-2 à 08'52" : S. Treille assisté de Krog et Y. Treille
3-2 à 11'50" : Maslonka assisté de Wallen (sup. num.)
4-2 à 17'37" : Mahier assisté de Maslonka et Jeslinek
5-2 à 22'31" : Gutierrez assisté de Riendeau et Mulle
5-3 à 30'25" : Arrossamena assisté de Konttinen
6-3 à 31'32" : Wallen (tir de pénalité)
6-4 à 54'40" : Perrault assisté de Labelle et Coulombe