Finlande - Russie (Mondial junior 2016, finale)

Ce n'était pas forcément la finale la plus attendue, mais la Finlande et la Russie sont allés la chercher ! À domicile, la Finlande a fait parler son attaque une bonne partie du tournoi, mais a finalement battu la Suède dans un match défensif. La Russie, sauvée de justesse en quarts face aux Danois, a ensuite produit son meilleur match face aux Américains. L'or est en jeu...

Valeri Bragin poursuit l'alternance de gardiens : Ilya Samsonov, vainqueur en demi-finale la veille, est remplacé par Alexander Georgiev.

La Russie prend les devants

La Russie entame avec un pressing assez haut, tentant d'intimider physiquement son adversaire. On sent clairement beaucoup de prudence de la part des deux formations dans ces premières minutes. La Finlande obtient tout de même les premiers tirs, peu dangereux cependant. La partie se débloque après six minutes à la faveur d'une pénalité, lorsque le héros des quarts sort de sa boîte. Vladislav Kamenev reçoit le palet au cercle et expédie une volée violente en supériorité numérique (0-1).

La Russie se lance à l'abordage pour creuser l'écart, au risque de se faire piéger en contre. Georgiev sauve ainsi une échappée de Roope Hintz, lequel tente ensuite de dévier un tir de l'aile. Kirill Kaprizov gagne un duel peu après et Niko Mikkola doit l'accrocher, recevant deux minutes dans l'affaire. Le jeu de puissance s'installe, tourne bien et se crée plusieurs situations chaudes, avec des tirs de peu à côté ou des palets traînant dans l'enclave, mal repris. Yegor Korshkov ou Kamenev, par exemple, se montrent très mobiles. Peu après le retour à cinq contre cinq, Andrei Kuzmenko, servi tout seul au deuxième poteau, lève son tir et se heurte à la plaque du portier finlandais. Kaapo Kähkonen tient le fort alors que les tirs surviennent de tous les côtés, sur attaque placée ou en contre, à l'instar d'un missile de Maxim Lazarev.

La Finlande laisse passer l'orage et profite d'une faute d'Artur Lauta pour aligner le meilleur jeu de puissance du tournoi (41%). Vili Saarijärvi mène à la pointe et sort deux gros tirs, sans réussite, de même que Antti Kalapudas. La pénalité est tuée mais le jeu reste dans la zone russe avec des blancs de plus en plus proches de la cage. Les défenseurs se jettent sur tous les palets, contrent les passes et les tirs, et virent en tête à la pause : 1-0 !

Un deuxième tiers verrouillé

Le rythme monte d'un cran dès la reprise, mais la Russie verrouille bien la neutre. Georgiev a peu de travail, mais après cinq minutes, une pénalité installe la Finlande en attaque. Radel Fazleev vole un palet et se présente seul devant le gardien en infériorité : Kähkonen gagne son duel ! L'alerte freine un peu les Finlandais, qui ne parviennent pas vraiment à obtenir d'occasion franche. Bref, les locaux n'y sont pas trop, à l'image de Patrik Laine, qui rate une mise en échec sur un adversaire et prend au passage son coéquipier Jesse Puljujärvi !

L'indiscipline commence cependant à peser et une troisième pénalité russe survient vers la mi-match. Encore une fois, la défense reste impériale, gagnant ses duels physiques, dominant avec un bon positionnement et anticipation. Laine et Puljujarvi ne ménagent pas leur peine, tentant des tirs excentrés ou en attaquant la cage, mais il n'y a pas beaucoup de place... Les Russes tiennent toujours leur maigre avantage après deux périodes.

Montagnes russes

Un but d'avance, un avantage suffisant ? Les Russes ont prouvé la veille que non, marquant deux buts coup sur coup pour renverser les Américains. La Finlande a bien retenu la leçon et égalise après quelques secondes de jeu. Récupération dans la neutre et attaque rapide, Jesse Puljujärvi reçoit le disque, décale Patrik Laine qui trouve enfin l'ouverture en profitant de l'écran involontaire d'un défenseur, d'un joli tir en tête de cercle (1-1).

Les locaux manquent de doubler la mise une minute plus tard en se créant un deux contre un. Le tir est dévié par Georgiev et la Russie déboule à l'opposée. Andrei Svetlakov gagne un duel le long de la bande, s'avance et son tir trompe Kahkonen côté mitaine (1-2).

Tout est à refaire et le public s'en trouve un peu assommé, lui qui venait tout juste de reprendre vie. Car la Russie a repris la main. Svetlakov, puis un tour de cage dangereux, sollicitent Kähkonen. La Russie échoue à creuser l'écart et le paie à mi-période. Laine met en échec Alexander Mikulovich dans le coin et récupère, Puljujaävi reçoit le palet et trouve à l'opposée Sebastian Aho pour l'égalisation (2-2). Le trio magique a encore frappé ! Le placement approximatif du défenseur Ygor Voronkov collé à son poteau a complètement libéré l'espoir de Carolina, mais la défense a bien été désorganisée par le contact de Laine, que le banc russe conteste forcément. La Finlande a repris confiance et le capitaine Mikko Rantanen s'offre par exemple un pivot à la bleue pour effacer son défenseur, avant de tester Georgiev du revers.

Le gardien doit ensuite aider son équipe à tuer une pénalité : la défense demeure solide et Svetlakov revient au jeu sans dommage. Malheureusement pour son camp, les officiels sanctionnent une nouvelle fois un de ses coéquipiers dans la foulée. À deux minutes de la fin du match et une seconde de la fin de la pénalité, Saarijärvi reçoit le palet à la bleue, feinte la volée pour éliminer le défenseur, et expédie un tir qui piège complètement Georgiev, détourné par Rantanen (3-2). Le capitaine russe Kamenev s'énerve, reçoit une pénalité et rentre au banc des punis en jetant sa crosse... avant d'être exclu. Le public est debout, pas du tout perturbé par une longue interruption suite à cet éclat.

Valeri Bragin pose rapidement un temps mort pour cadrer ses troupes dans la dernière ligne droite. Georgiev sort rapidement pour un attaquant. Les défenseurs nordiques ne laissent aucun espace et se jettent sur les palets. À sept secondes de la fin, un tir contré revient sur Ivan Provorov qui ne perd pas de temps et envoie vers le but : Svetlakov dévie au fond (3-3).

Un pays en fête

Coup de froid à Helsinki : le match continuera en prolongation, avec pas moins de vingt minutes à quatre-contre-quatre. Puljujärvi n'a besoin que d'un point pour égaler le record de Jaromir Jagr de points par un joueur de 17 ans... Et tout un pays porte haut les pancartes à son effigie. La Russie démarre fort avec une chance de Yevgeni Svechnikov et une de Radel Fazleev. Mais le match se termine après seulement 1'32" : Kasperi Kapanen, transparent jusque là dans ce match, récupère un palet et tourne dans la zone. Sa feinte sur un pas embarque Sergei Boikov, et il file vers le but, fixe Boikov, Provorov et Georgiev au premier poteau et contourne la cage. Le gardien est hors de position (4-3).

Deuxième finale de suite perdue par la Russie, et deuxième titre en trois ans pour la Finlande. Selänne et Koivu, présents en tribune, peuvent exulter : la relève est là !

Un match magnifique et plein de suspense pour clôturer un tournoi spectaculaire et enthousiaste. La Finlande bat le record d'affluence pour un Mondial junior en Europe, preuve que ce Championnat du monde U20 commence à devenir un événement captivant pour le public du vieux continent. La qualité de jeu affichée et les progrès sensibles de nombreux pays rendent il est vrai le spectacle encore plus passionnant.

Désignés joueurs du match : Mikko Rantanen pour la Finlande et Andrei Svetlakov pour la Russie.

 

Russie - Finlande 3-4 après prolongation (1-0, 0-0, 2-3, 0-1)
Mardi 5 janvier 2016, 20h. Hartwall Arena d'Helsinki, Finlande. 13479 spectateurs.
Arbitrage de Brett Iverson (CAN) et Christopher Pitoscia (USA) assistés de Brian Oliver (USA) et Henrik Pihlblad (SUE)
Pénalités : Russie 40' (2', 4', 4'+30'), Finlande 4' (4', 0', 0').
Tirs : Russie 25 (13, 2, 10, 0), Finlande 29 (9, 9, 10, 1).

Récapitulatif du score
1-0 à 04'50" : Kamenev assisté de Provorov et Lazarev (sup. num.)
1-1 à 40'24" : Laine assisté de Aho et Puljujarvi
2-1 à 41'41" : Svetlakov
2-2 à 50'07" : Aho assisté de Puljujärvi et Laine
2-3 à 57'51" : Rantanen assisté de Saarijärvi et Kalapudas (sup. num.)
3-3 à 59'54" : Svetlakov assisté de Provorov et Rykov (att. supp.)
3-4 à 61'33" : Kapanen assisté de Saarela


Russie

Attaquants
Aleksandr Polunin - Pavel Kraskovski (A) - Yegor Korshkov
Yevgeni Svechnikov - Vladislav Kamenev (C) - Maksim Lazarev
Kirill Kaprizov - Andrei Svetlakov (A) - Andrei Kuzmenko
Artur Lauta - Radel Fazleyev - Aleksandr Dergachyov

Défenseurs
Yegor Rykov - Nikita Zhuldikov
Sergei Boikov - Ivan Provorov
Dmitri Sergeyev - Damir Sharipzyanov
Aleksandr Mikulovich - Yegor Voronkov

Gardien : Aleksandr Georgiev
Remplaçant : Ilya Samsonov

Entraîneur : Valeri Bragin

Finlande

Attaquants
Patrik Laine - Sebastian Aho (A) - Jesse Puljujärvi
Aleksi Saarela - Julius Nättinen - Kasperi Kapanen
Antti Kalapudas - Roope Hintz (A) - Mikko Rantanen (C)
Kasper Bjorkqvist - Miska Siikonen - Juho Lammiko
Sebastian Repo

Défenseurs
Olli Juolevi - Joni Tuulola
Sami Niku - Niko Mikkola
Miro Keskitalo - Vili Saarijärvi

Gardien : Kaapo Kähkonen
Remplaçant : Veini Vehviläinen

Entraîneur : Jukka Jalonen