États-Unis - Russie (Mondial U20, demi-finale)

Impressionnants de sérénité, les Américains n'ont connu aucun souci en quarts de finale. Ce n'est pas le cas des Russes, sauvés in-extremis face au Danemark...

Cette demi-finale semble donc à l'avantage des Américains, qui ont montré beaucoup de constance dans ce tournoi, et une excellente rigueur défensive. La Russie a bien géré son premier tour, mais l'alerte des quarts de finale reste en tête. Qui rejoindra la Finlande en finale ? On se souvient que l'an dernier, la Russie avait profité de l'indiscipline américaine pour remporter le quart de finale. Les pénalités seront sans doute encore la clé de ce match.

Les États-Unis opportunistes

La partie débute avec une phase d'observation où aucune équipe ne parvient vraiment à développer son jeu. Après un premier arrêt d'Alex Nedeljkovic, les États-Unis concèdent deux minutes lorsque Brandon Carlo se montre trop agressif sur Kirill Kapryzov, tenace le long de la bande. Le deuxième jeu de puissance du tournoi s'installe face au troisième jeu en infériorité et menace rapidement le gardien. Pavel Kraskovski ne parvient pas à contourner la botte de Nedeljkovic. La défense ne concède plus rien, tuant avec maîtrise la deuxième minute d'avantage. La situation a donné un bon élan aux Russes, qui dominent légèrement.

Il faut attendre la huitième minute pour voir Matthew Tkachuk porter la première banderille sur la cage adverse. Le jeu de passe américain est bien rôdé et la vitesse d'exécution aussi. Une minute plus tard, les Blancs récupèrent le disque sur une mise au jeu défensive et partent en contre. Milano déborde à gauche et résiste au défenseur, avant de centrer vers le but. Bjork est une fausse piste plein axe, et Dvorak traîne au deuxième poteau pour ouvrir le score (1-0). La Russie échappe de peu à la correctionnelle sur un nouveau mouvement rapide, lorsque Hitchcock reçoit une passe seul dans l'axe. Il feinte Samsonov mais le disque passe à côté du poteau. La défense panique un peu et Ilya Samsonov sauve de justesse une troisième occasion de Tkachuk, oublié dans l'enclave. Il y a le feu chez les arrières et Ryan MacInnis frôle lui aussi le but.

Ron Wilson s'était un peu moqué des pénalités canadiennes en quarts... Il va devoir réviser son jugement, car ses joueurs tombent eux aussi dans l'indiscipline. Werenski et Tkachuk sortent en même temps et la Russie bénéficie de deux minutes entières de double avantage. Louis Belpedio effectue un énorme travail dans la première minute. Le jeu de passe des rouges est un peu lent et la première grosse occasion n'arrive qu'à douze secondes du retour à cinq contre cinq. Kraskovsky échoue sur Nedeljkovic, ultra-rapide dans son déplacement latéral. Pas mieux pour un tir côté opposé de Yegor Korshkov, hors cadre, et les États-Unis s'en sortent brillamment en n'ayant concédé qu'un seul tir cadré. Ils terminent le tiers avec une nouvelle chance dangereuse : Sonny Milano, encore lui, qui trouve depuis le camp Dvorak près de la cage. Les Américains virent en tête après ces vingt premières minutes très solides, et filent saluer Nedeljkovic avant de rentrer au vestiaire...

Renversement de situation

Les États-Unis n'ont pas très bien joué dans ce premier tiers, mais ils ont tout de même obtenu les meilleures chances face à des Russes peu inspirés et maladroits. Tkachuk commence par attaquer la cage puis Matthews, peu en vue jusque là, commence à se chauffer avec une première percée. Ce sont bien les rouges qui contrôlent l'essentiel du jeu, sans tir. En face, Dvorak et Milano font souffrir la défense en confisquant la rondelle. Les Russes ont le palet mais restent lents et cantonnés au périmètre, alors que les États-Unis gagnent la plupart des duels et attaquent les zones de vérité... Donato, puis Borgen, menacent ainsi Samsonov.

Cette sérénité américaine est mise à mal lorsque Milano concède deux minutes. Le palet tourne un peu difficilement, mais Korshkov obtient un bon tir, bloqué. Encore une fois, la défense laisse passer l'orage, ne tremblant que sur une ultime occasion de Kaprizov dans l'enclave. Nedeljkovic parait infranchissable, y compris sur un tir de Kamenev à travers la foule quelques minutes plus tard.

Infranchissable ? Non ! À cinq minutes de la pause, la Russie obtient finalement sa récompense. Korshkov tourne derrière la cage puis revient au cercle, pivote et lance. Le palet rebondit entre une dizaine de patins et Kraskovsky finit par le trouver et égaliser (1-1). Le but survolte les Russes, qui ne traînent pas pour doubler la mise. Korshkov, encore lui, récupère sur l'aile et, en puissance, attaque la cage. Le palet finit au fond (1-2). Une récompense, les Russes menant 12 tirs à 4 dans ce deuxième tiers. Sonnés, les États-Unis profitent d'un retard de jeu pour se remettre dans le bon sens. Ils obtiennent une belle occasion par Matthews à quelques secondes de la pause, et débutent le dernier tiers en supériorité numérique.

Une défense bien en place

Matthews et Tkachuk sonnent la charge, sans que les Américains ne parviennent à beaucoup cadrer durant cet avantage numérique. Seul White inquiète Samsonov, gêné par Tkachuk sur l'action. La Russie commettant un surnombre, l'opportunité de revenir se présente à nouveau. Le danger se précise, les blancs s'installant et multipliant les déplacements et les tirs, sans réussite. Le jeu quitte peu la défense russe, qui résiste bien, imposant son physique et dégageant les rebonds. Ron Wilson raccourcit son banc, mais les minutes défilent sans que la situation ne se renverse...

Nedeljkovic a peu de travail, mais assiste impuissant à des attaques américaines qui peinent à franchir le rideau défensif. Le gardien s'approche de plus en plus de son banc, anticipant une sortie pour un attaquant, alors que les Russes multiplient les dégagements interdits, forçant Bragin à poser un temps mort... Le gardien américain sort avec deux minutes à jouer et les blancs s'installent. Samsonov joue les héros en sortant plusieurs occasions franches : les secondes jouent à sa faveur et la Russie piège les Américains !

Victoire finale russe, grâce à un excellent travail défensif dans la neutre et beaucoup de discipline. Samsonov s'est par ailleurs montré décisif dans les cages. Comme l'an dernier, les États-Unis échouent sur l'obstacle russe, piégés par la discipline adverse et la rigueur dans le placement.

 

Russie - États-Unis 2-1 (0-1, 2-0, 0-0)
Lundi 4 janvier 2016, 20h. Hartwall Arena d'Helsinki, Finlande. 11812 spectateurs.
Arbitrage de Brett Iverson (CAN) et Marc Wiegand (SUI) assistés de Nicolas Chartrand-Piché (CAN) et Pasi Nieminen (FIN).
Pénalités : Russie 4' (0', 2', 2'), États-Unis 8' (6', 2', 0').
Tirs : Russie 33 (14, 13, 6), États-Unis 27 (9, 5, 13).

Récapitulatif du score
0-1 à 09'03" : Dvorak assisté de Milano et Werenski
1-1 à 35'08" : Kraskovski assisté de Korshkov
2-1 à 37'56" : Korshkov


Russie

Attaquants
Aleksandr Polunin - Pavel Kraskovski (A) - Yegor Korshkov
Yevgeni Svechnikov - Vladislav Kamenev (C) - Maksim Lazarev
Kirill Kaprizov - Andrei Svetlakov (A) - Andrei Kuzmenko
Artur Lauta - Radel Fazleyev - Aleksandr Dergachyov

Défenseurs
Yegor Rykov - Nikita Zhuldikov
Aleksandr Mikulovich - Ivan Provorov
Dmitri Sergeyev - Damir Sharipzyanov
Sergei Boikov - Yegor Voronkov

Gardien : Ilya Samsonov
Remplaçant : Aleksandr Georgiev

Entraîneur : Valeri Bragin

États-Unis

Attaquants
Matthew Tkachuk - Auston Matthews (A) - Colin White
Anders Bjork - Christian Dvorak - Sonny Milano
Ryan Hitchcock - Nick Schmaltz - Brock Boeser
Scott Eansor - Ryan MacInnis - Ryan Donato
Alex DeBrincat

Défenseurs
Zach Werenski (C) - Brandon Carlo
Louis Belpedio (A) - Will Borgen
Brandon Fortunato - Charlie McAvoy
Chad Krys

Gardien : Alex Nedeljkovic
Remplaçant : Brandon Halverson

Entraîneur : Ron Wilson