Dunkerque - Tours (Division 1, 19e journée)

Des Remparts en guise de chat noir ?
 
Le 24 octobre dernier, les Corsaires subissaient en Touraine une gifle (6-2) chez des Remparts alors au plus mal, et dont le début de saison était ponctué de sept défaites en autant de sorties. Un début de redressement confirmé sous les ordres du nouveau (re)venu Robert Millette, susceptible d'ouvrir le chemin des play-offs, car la huitième place est de plus en plus proche.
 
Devant des travées colorées par le début de Carnaval à l'occasion du traditionnel Bal du Chat Noir, les Dunkerquois tardent à enflammer la rencontre. Moins d'une minute s'est écoulée quand Vit Budínský inaugure la prison pour avoir trop pressé des Tourangeaux au jeu de puissance perfectible. Les Remparts concèdent deux dégagements interdits, le dernier sur une passe trop rapide de Ville Vepsäläinen. Son compatriote Rundgren, à gauche, emploie enfin Martel, dans un angle très restreint. De la ligne bleue, Radek Stepan se montre plus convaincant, mais son partenaire défensif Antoine Picot s'emmêle les pinceaux sur le forcing combiné de Dubé et Buonincontri et retient l'ancien Mulhousien.
 
L'attaque massive nordiste rivalise de timidité, des transmissions hasardeuses handicapant les hommes d'Antoine Richer. Ondrej Janik cause même une frayeur en voyant Thomas Saint-André lui chiper le palet pour l'expédier en force vers Martel, qui détourne au-dessus. Young dégage son camp mais un cinglage de Mikusovic remet les Corsaires dans le rouge… pour quelques secondes car Loïc Destoop est à son tour stoppé irrégulièrement derrière la cage. Les espaces s'ouvrent alors à Budínský, dont le centre trouve Maxime Brachet, à l'origine de la première grosse intervention de Filip Kubis.
 
Le portier visiteur, toujours apprécié du public de Raffoux, reste moins employé que son vis-à-vis Martel, pris à revers par une action Kafan – Mikhaylov, le palet demeurant dangereusement devant une cage ouverte. Suite à une charge contre la bande d'Alan Dana, Paulus Rundgren tente de réveiller l'attaque massive, mais il rate son tir sur réception et subit une obstruction de Destoop. Décalé sur la droite, Ryan Delorme réussit sa reprise sans contrôle, bien bloquée par un Martel encore impeccable sur une percée de Rundgren ponctuée d'un lancer à travers l'écran d'un défenseur adverse. Le Québécois écarte un dernier effort de Ville Vepsäläinen, initié dans le coin gauche, avant de voir Geoffrey Paillet, oublié sur la droite du but, trouver le filet de protection.
 
La période s'achève sur une altercation Buonincontri – Eischen, séparés par l'un des arbitres. Le second s'illustre de façon plus positive au retour des vestiaires, d'un lancer de la bleue en lucarne (0-1 à 20’51"). Dunkerque connaît une période difficile, ce dont les hommes de Robert Millette tentent de profiter par un grand nombre de lancers. Filip Kubis doit attendre cinq minutes pour intervenir et mettre fin à une nouvelle action initiée par Alan Dana, qui cherche Loïc Destoop dans l'enclave. C'est au moment où les voyants sont au vert que Paulus Rundgren se rend coupable d'un cinglage sur Janik. Le défenseur slovaque reste étendu plusieurs secondes sur le glaçon et la sanction tombe rapidement : le numéro 9 finlandais est invité à rejoindre prématurément le vestiaire.
 
Comme auparavant, le jeu de puissance patauge, jusqu'à une interception d'Alan Dana suivie d'un boulet de canon bien négocié par Kubis. Un autre défenseur prend le relais ; Adam Young tente sa chance de la droite, Marek Mikusovic s'écarte et dévie légèrement la trajectoire du palet, suffisamment pour prendre le natif de Pisek à revers (1-1 à 27’49"). Les Remparts demeurent à quatre éléments, mais Loïc Destoop, en déséquilibrant Saint-André parti en contre-attaque, gagne à son tour la geôle. On retrouve l'attaquant tourangeau à la reprise d'un gros travail de Chris Jones, très facile sur un déboulé aux abords de la cage, toutefois repris hors cadre.
 
Une obstruction de Brachet sur le capitaine Biroloni inverse le rapport de forces. Thomas Saint-André, après un nouvel échange de passes avec Jones, allume la mèche de la bleue, sans succès. Au retour à égalité, Chris Jones accélère plein axe entre la paire Ballet-Young. Ce dernier chute et voit l'ancien Morzinois buter sur Martel. Le palet n'est cependant pas bloqué, et Radek Stepan profite de l'aubaine devant la cage grande ouverte (1-2 à 38’15").
 
Entré en jeu au cours du tiers intermédiaire, Michaël Lamothe est envoyé en prison pour avoir trop retenu Lafrance dans le coin. Les Corsaires confient alors une partie de leur sort à la paire Mikusovic-Budínský, mais le premier, isolé au centre, rate son contrôle. Il faut enfin un retour in extremis de Vepsäläinen, à la sirène, pour priver le généreux Adam Young d'une grosse opportunité. La cage de Filip Kubis n'a pas été visée lors des huit dernières minutes.
 
La donne change pour la troisième période, où Dunkerque accélère sous la houlette de deux défenseurs. Une passe transversale de Francis Ballet trouve Alan Dana, encore aux avants-postes, dans un angle cependant fermé. Mis à mal par la paire Jones – Saint-André, le navire corsaire résiste à l'infériorité subséquente, surtout marquée par un bon mouvement de Vepsäläinen que son capitaine Birolini, bien marqué, ne peut conclure. Il repart de l'avant et Vit Budínský inverse les rôles, se retrouvant derrière la cage pour servir Mikusovic. Le grand 90 casse sa crosse en voulant reprendre. La précision fait en effet défaut aux Maritimes. François Moretti en témoigne à l'issue d'une action qu'il a initiée et conclu à côté du cadre, puis se casse les dents, à la renverse, sur un Filip Kubis brillant, auteur d'une double parade en déséquilibre.
 
Le dernier Rempart permet aux siens, plus prudents désormais, de souffler, dans un contexte tendu. Alexis Biroloni, chargé par Buonincontri, à qui il jette sa crosse de rage, passe près de la correctionnelle. Quant à Marek Mikusovic, mécontent à l'égard du corps arbitral sur une mise au jeu, il est puni pour 10 minutes, privant les siens d'un atout important. La situation semble inexpugnable tant l'étau se resserre désormais devant la cage tourangelle.
 
À 70 secondes du terme, Antoine Richer rappelle son portier, et le coup de poker lui sourit. Joé Dubé parvient à entrer dans la zone, confie le palet à Vit Budínský, dont le tir prend la direction de la lucarne gauche de son compatriote, pantois (2-2 à 59’04"). Et le public d'y croire à nouveau, certains spectateurs rebroussant chemin pour reprendre possession de leur siège.
 
Dunkerque prend le contrôle du jeu en prolongation. Cette fois alerté par Lafrance, Budínský tente de rééditer son action victorieuse, ce que la mitaine de Kubis a bien senti. La défense courbe encore l'échine sous les assauts de Thomas et Destoop, dont les deux essais puissants sont repoussés. Les Corsaires, installés en zone offensive, se rendent toutefois coupables d'une erreur de transmission et exposent Martel à une échappée anéantie par une faute de Francis Ballet, synonyme de tir de pénalité. Thomas Saint-André s'élance et clôt les débats en expédiant la rondelle à mi-hauteur côté mitaine (2-3 à 63’05").
 
Les Remparts valident ainsi un gain longtemps entrevu, à l'issue d'une prestation sérieuse leur permettant de recoller au huitième, Caen, qui a disputé une rencontre de moins. Leur abnégation et leur dispositif tactique ont cette fois encore nui à une formation nordiste parfois en manque d'inspiration, qui concède son huitième revers en dix prolongations (!), exercice où le visiteur du soir présente une fiche de 2/2.
 
 
Dunkerque – Tours 2-3 après prolongation (0-0, 1-2, 1-0, 0-1)
Samedi 16 janvier 2016 à 18h30 à la patinoire Michel-Raffoux. 576 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin assisté de Jérémy Kahli et Sébastien Levasseur.
Pénalités : Dunkerque 32' (10’, 8', 4’+10', 0'), Tours 41' (6’, 8’+5'+20', 2’, 0').
Tirs : Dunkerque 30 (6, 8, 12, 4), Tours 41 (15, 19, 5, 2).
 
Évolution du score :
0-1 à 20’51" : Eischen assisté de Xavier et Jones
1-1 à 27’49" : Mikusovic assisté de Young et Ballet (sup. num.)
1-2 à 38’15" : Stepan assisté de Jones et Eischen
2-2 à 59’04" : Budínský assisté de Dubé et Lafrance
2-3 à 63’05" : Saint-André (tir de pénalité)
 
 
Dunkerque
 
Attaquants :
Maxime Brachet - Marek Mikusovic - Vit Budínský
Michael Buonincontri - Joé Dubé - Antoine Houque
Clément Thomas (C) - Loïc Destoop - François Moretti
Younes Baazzi
 
Défenseurs :
Ondrej Janik - Jonathan Lafrance
Adam Young - Francis Ballet (A)
Alan Dana - Lionel Simon (A)
 
Gardien :
Marc-André Martel (sorti de 58’50" à 59’04")
 
Remplaçants : Pierrick Boudot (G), Victor Théry. Absents : Benjamin Bataille, Brendan Martial.
 
Tours
 
Attaquants :
Ville Vepsäläinen - Paulus Rundgren - Judicaël Xavier
Benoït Paillet - Chris Jones - Thomas Saint-André
Geoffrey Paillet - Konstantin Mikhaylov - Krystof Kafan
Mickaël Lamothe
 
Défenseurs :
Alexis Birolini (C) - Ryan Delorme
Christophe Colombel - Thomas Eischen
Radek Stepan - Antoine Picot
 
Gardien :
Filip Kubis
 
Remplaçants : Thomas Picot (G), Yoann Coubret, Mathieu Chambre-Chiron.