Brest – Bordeaux (Ligue Magnus, 22e journée)

Relâchement coupable 

Ils l’ont fait ! À l’issue d’une performance défensive de haute volée, les Albatros ont créé un nouvel exploit en allant s’imposer à Poissompré face à un Gamyo d’Épinal invincible à domicile jusqu’alors. Ce véritable coup de tonnerre brestois leur assure par la même occasion leur participation aux play-off et donc le maintien en Ligue Magnus à cinq journées du terme du championnat ! Une véritable sensation, sachant que Brest est le plus petit budget de la division.

Il reste pourtant du travail avant d’entamer les phases finales tant attendues. L’objectif étant déjà atteint, il faut bien s’en fixer un nouveau. Il s’agit donc désormais pour Brest d’obtenir l’avantage de la glace en terminant dans le top 4. Les Finistériens s’y attèlent dès ce soir face à une autre surprise du championnat, mais plutôt dans le mauvais sens du terme, les Boxers de Bordeaux.

Avec un recrutement à faire pâlir les autres équipes, les Girondins s’annonçaient comme un sérieux client et beaucoup les plaçaient en play-off dès leur première saison. C’était d’ailleurs l’objectif annoncé. À l’aube de cette 22e journée, le bilan, sans être déshonorant, est tout de même décevant compte tenu des moyens affichés avec une participation à la poule de maintien qui s’annonce de plus en plus probable. Ils ont néanmoins montré qu’ils ne baissaient pas les bras comme en témoigne leur récent succès à Mériadeck face à l’ogre rouennais (2-1 après tirs au but).

Les Albatros sont donc prévenus, ils auront en face d’eux un adversaire qui y croit toujours et ils vont rapidement le vérifier à leurs dépens avec un départ catastrophique. Jérémie Romand est envoyé au cachot pour coup de coude dès la quatrième minute de jeu (3’40’’). Antoine Bonvalot est sollicité mais a une fâcheuse tendance à repousser et non pas bloquer le danger. Il est déjoué une première fois par le combatif Kevin Dusseau qui s’obstine pour concrétiser la supériorité numérique côté droit (0-1 à 5’22).

Sur les dernières rencontres remportées par les Albatros, ils avaient l’avantage déterminant d’ouvrir rapidement la marque pour ensuite verrouiller le jeu et piéger leur adversaire. Ce but pris change le scénario puisque les Bretons sont obligés de rester en mode « ouvert ». Ils se révèlent très passifs défensivement et n’aident pas à la tâche un Bonvalot qui lâche trop de rebonds.

L’un d’eux, laissé sur un tir anodin, tombe dans l’escarcelle de Radim Valchar qui rôdait par là et qui ne se fait pas prier pour inscrire le deuxième but (0-2 à 8’03). Cela n’est pas terminé puisqu’une très mauvaise relance défensive est interceptée par Valier qui décale immédiatement à sa droite pour Lionel Tarantino qui marque en reprise ras glace (0-3 à 8’30’’).

Le kop bordelais qui s’est déplacé en masse jubile tandis que Sébastien Oprandi fulmine. Il fait rentrer Léo Bertein (8’30’’) pour tenter de relancer la machine. L’homme du match à Épinal est rapidement sollicité en stoppant Francis Charland qui était absolument seul (10’15’’). La défense locale est totalement absente ou très en retard sur les replis. Une pénalité de Valchar (12’04’’) n’est pas exploitée et c’est au contraire Bordeaux, revenu au complet, qui marque le quatrième but en deux contre un par Charland. Bertein a touché mais pas stoppé suffisamment le palet (0-4 à 14’45’’).

Les Albatros tentent de dégripper la machine en fin de tiers suite à une pénalité de Majercak (16’43’’) mais les Boxers sont bien en place et contrent beaucoup de tirs. La marque en reste là au premier buzzer. Les Albatros peuvent encore se remettre en selle dans le deuxième tiers après cette entame catastrophique.

Le fait de jeu important de la deuxième période est la charge dans le dos ultra-dangereuse effectuée par Jonathan Janil sur Doug Jessey (24’18’’). La sanction est lourde et logique : expulsion immédiate de l’international et cinq minutes de pénalité à tuer pour son équipe. L’occasion est belle pour relancer la partie mais si les tentatives sont nombreuses aucune ne fait mouche. Sébastian Ylönen a la baraka et sort des arrêts décisifs sur Prosvic (26’) et Graham Avenel (28’40’’), ou sa défense vient à sa rescousse pour dégager un palet sur sa ligne (27’30’’).

Les Girondins s’en sortent sans dommage et reviennent au complet. Un tournant du match incontestablement qui fait un peu plus pencher la victoire du côté des visiteurs. Le seul but du tiers intervient sur un tir de Lionel Tarantino après un service de Peter Valier qui surprend de justesse Bertein et assomme un peu plus les locaux (0-5 à 33’20’’).

La rencontre tourne à une véritable correction rarement vue au Rïnkla Stadium avec deux nouveaux buts inscrits dans la dernière période parfaitement gérée par les Boxers. Thomas Decock, du revers, marque rapidement après la reprise (0-6 à 42’04’’) et Gauthier plante le dernier clou dans le cercueil brestois avec un centre astucieux que Bertein dévie dans son propre but (0-7 à 50’33’’).

Défaite 7-0 pour le premier match à guichet fermé de la saison. Cela fait tâche, certes, mais peut s’expliquer. De toute évidence les Albatros ont été victimes d’une décompression et d'une équipe bordelaise bien plus motivée et travailleuse ce soir. Des qualités qui normalement reviennent aux Brestois cette saison, mais il n’en a pas été ainsi ce soir avec un relâchement coupable lourdement sanctionné.

Les choses sont néanmoins à relativiser. La décompression après les exploits des semaines passées est compréhensible et même un peu prévisible. L’objectif du top 4 est désormais fixé pour avoir une raison de continuer à avancer, mais cela n’a pas suffi à mobiliser des troupes relâchées qui se sont d’entrée mises hors-jeu en encaissant rapidement trois buts. Cela peut être un mal pour un bien, les Albatros redescendent un peu en altitude après avoir volé bien haut. À eux de se remobiliser.

Pour Bordeaux, ces trois points largement acquis ne serviront, hélas pour eux, probablement pas à grand-chose. Mathématiquement ils peuvent encore prétendre aux play-off mais les chances d’y participer restent très faibles. Cependant ils restent professionnels jusqu’au bout. La victoire face à Rouen et celle de ce soir permettent d’emmagasiner un capital confiance pour une équipe qui n’a pas su régulièrement développer ses indéniables qualités.


Brest – Bordeaux 0-7 (0-4, 0-1, 0-2)
Samedi 23 janvier 2016 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1402 spectateurs
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Charlotte Girard et Charles Edouard Salmon.
Pénalités : Brest 14' (2’, 4’, 8’), Bordeaux 37' (4’, 2’+5’+20’, 6’).
Tirs : Brest 26 (9, 12, 5), Bordeaux  22 (9, 7, 6)

Évolution du score :
0-1 à 05’22’’ : Dusseau assisté de Decock et Valchar (Sup. num)
0-2 à 08’03’’ : Valchar assisté de Majercak et Petit
0-3 à 08’30’’ : Tarantino assisté de Valier et Janil
0-4 à 14’45’’ : Charland assisté de Cyr et Janil
0-5 à 33’20’’ : Tarantino assisté de Valier et Esipov
0-6 à 42’04’’ : Decock assisté de Gillet et Gauthier
0-7 à 50’33’’ : Gauthier assisté de Valchar et Petit


Brest

Attaquants :
Alexandre Quesnel (A) - Roman Vondracek - Michal Dian
Martin Hujsa - Jaroslav Prosvic (C) - Christian Ouellet
Jonathan Avenel  - Graham Avenel – Jérémy Cormier
Quentin Berthon – David Bastien - Jérémie Romand

Défenseurs :
Mathieu Gagnon - Charles Landry
Gaëtan Cannizzo - Edgars Dikis
Doug Jessey – Charlie Doyle
Aurélien Gréverend (A) - Florent Aube

Gardiens :
Antoine Bonvalot puis Léo Bertein à partir de 8’30’’

Absents : Dimitri Motreff, Nicolas Motreff.

Bordeaux

Attaquants :
Jean Christophe Gauthier - Félix Petit – Radim Valchar
Thomas Decock - Mathieu Cyr - Francis Charland
Peter Valier - Lionel Tarantino - Aïna Rambelo
Gautier Lafrancesca - Vincent Cadren - Nicolas Mariage

Défenseurs :
Kevin Dusseau - Jonathan Janil
Andreï Esipov - Nicolas Besch
Jan Majercak - Aymeric Gillet

Gardien :
Sébastian Ylönen

Remplaçants : Mickaël Gasnier (G), Romain Horrut. Absents : Julien Desrosiers, François Paquin.