Dunkerque - Toulouse-Blagnac (Division 1, 23e journée)

Les Bélougas en voient de toutes les couleurs 
 
Quatre victoires de suite, au cours desquelles ils ont inscrit 25 buts, ont permis aux Dunkerquois de rattraper plusieurs points égarés au cours des différentes prolongations auxquelles ils s'étaient habitués. Ils espèrent encore s'approcher des Scorpions de Mulhouse, positionnés au quatrième rang avec certes une rencontre de moins pour les Alsaciens. Au cours de leur prolifique série, Dunkerque a notamment dominé, sur la glace de Jacques-Raynaud, une formation de Toulouse-Blagnac au plus mal, qu'ils retrouvent 11 jours plus tard.
 
Sous les yeux d'une assistance très colorée en cette période de carnaval, les Corsaires arborent un chandail aux tons de circonstance sur lequel figure le nom de l'association Injeno, qui vient en aide aux personnes polyhandicapées et/ou neuro-lésées. Les joueurs d'Antoine Richer manquent-ils de repères avec cette nouvelle tenue ? Vainqueurs à une seule reprise, face à Caen le 10 octobre, les Bélougas prouvent que, si leur sort est scellé, ils n'ont pas traversé la France en victime expiatoire. Sébastien Pommier est le premier à tenter sa chance de la bleue, Heikki Puustinen remuant derrière la cage pour offrir une belle occasion à Vincent Jacquemin, monté devant l'enclave. Sur une sortie ratée, Pierrick Boudot, titularisé comme au match aller, commet la première faute. Eddy Martin-Whalen prend les choses en mains, se démène dans la zone et ressort le palet vers la gâchette de son défenseur Niemelä, dont les deux tirs permettent à Boudot de se racheter.
 
La bonne séquence des Haut-Garonnais se termine par un palet perdu par Sanchez aux dépens de Budínský, renversé par Repetto. Clément Thomas, d'une salve dont il est coutumier, porte enfin le danger vers Thomas Pek. Le capitaine se mue ensuite en passeur, attendant l'immixtion de Francis Ballet, pour une rare reprise cadrée, car Vit Budínský n'a pas encore réglé la mire. La montée en puissance nordiste est perceptible, la défense noire montre quelques signes de rupture, à l'image de Damien Sanchez pris par la vitesse de Buonincontri.
 
Toutefois, sur un palet expédié vers l'avant par l'ancien Béthunois Rémi Doroginsky, Benjamin Bataille rate son contrôle en position de dernier défenseur. Et comme Eddy Martin-Whalen, principal atout adverse, rôde, la sanction est immédiate (0-1 à 11’51"). Les équipiers de l'ancien Montpelliérain se recroquevillent vite sur un gros tir de Mikusovic, leur portier étant contraint de geler le palet avant de contrôler en deux temps un centre-tir de Destoop. Ils contre-attaquent également dès que possible, hormis lorsque leur maître à jouer canadien monopolise le disque dans la zone, permettant à Micke Niemelä de défier, de l'entrée de la zone, un Boudot masqué. Le partenaire défensif Robert Kirner est à l'origine du deuxième filet, son lancer repoussé par le gardien formé à Clermont étant récupéré par Puustinen, altruiste pour servir Doroginsky seul devant la cage ouverte (0-2 à 18’45").
 
Le Finlandais est récompensé à la reprise. Positionné derrière Martin-Whalen sur une mise au jeu côté gauche, il tente de surprendre Boudot d'un lancer soudain. Le portier repousse la première tentative ? Il recommence, avec succès, quelques secondes plus tard, expédiant le disque en hauteur (0-3 à 22’51"). Pourtant, Dunkerque n'est pas vraiment dépassé par son adversaire. Les Maritimes auraient pu recoller avant la première sirène sur une erreur de Pek, sorti à la crosse aux abords d'une cage prise d'assaut par  Budínský, mais la réussite les fuit pour l'instant. Le gros travail de la paire québécoise Buonincontri – Dubé pour conserver la possession dans la zone n'est pas suivi d'effet, et Moretti trouve Destoop au centre, pour une déviation hors-cadre. Quand son défenseur Sanchez est réprimandé pour une charge rude sur Mikusovic, resté au sol, Thomas Pek fait également front. Comme il le peut, du haut du corps, face à Janik, de façon plus orthodoxe, de la botte, contre Dana. Un troisième défenseur, Ballet, prend le relais mais se heurte à une plaque salvatrice.
 
L'ancien Brestois maintient la pression au retour à cinq. Younes Baazzi a compris le message, se fraie un chemin… avant de manquer la cible. Dans cette période de tempête, Sébastien Pommier est dépossédé du palet par Marek Mikusovic, déjoué par Pek, vigilant et sauvé par son poteau sur un assaut de Young côté droit. Au plus mal et auteurs de plusieurs pertes de palet, les Toulousains sont à leur tour sanctionnés. Coupable d'une faute sur Destoop en entrée de zone, Codevelle assiste de la prison à une séquence initiée par le créateur Marek Mikusovic, bien aidé par le duo Buonincontri-Dubé, sur un jeu rapidement mené à droite et conclu au centre (1-3 à 31’08").
 
La pression demeure sur le TBHC, une nouvelle erreur est proche d'être exploitée par François Moretti. Pek fait l'arrêt mais le danger demeure. Marek Mikusovic remonte un nouveau palet et le transmet à Vit  Budínský, au lancer précis vers le haut du but (2-3 à 32’14"). Une minute plus tard, Joe Dubé, isolé de la gauche par Buonincontri, force le passage face aux jambières d'un portier slovaque laissé à lui-même (3-3 à 33’16"). Auparavant, Eddy Martin-Whalen avait eu l'occasion de donner un peu d'air aux siens, mais son lancer n'est pas cadré. Son banc réclame un temps-mort alors que le public entonne le chant « On dit qu'Dunkerque est mort », de circonstance après ces 68 secondes de folie… Sur le glaçon, Marek Mikusovic continue à servir de victime préférée des défenseurs venus du Sud-Ouest, toujours en difficulté dans la relance. Mis sur orbite en infériorité par son compère Budínský, le grand centre slovaque feinte Pek mais une faute de Baptiste Ylönen le contrarie dans le dernier geste.
 
Premiers à sortir du vestiaire, les Dunkerquois reprennent le jeu avec un nouveau gardien, Marc-André Martel ayant troqué son bonnet aux couleurs du Canadien pour le casque. Les assauts se poursuivent, Adam Young déborde un Robert Kirner proche de la faute, Destoop étant repris proprement par Faure. L'enthousiasme nordiste est freiné quand Budínský commet une faute au pressing sur Jacquemin. Masqué, Martel maîtrise le seul lancer, lointain, de Niemelä. Les Corsaires retrouvent le banni et le public se lève, encouragé en cela par les membres du Plexicrew, groupe toujours présent pour animer Raffoux avec ferveur et bonne humeur. Sous les vivats, les vagues se succèdent, avec plus ou moins de réussite. Brachet et Buonincontri confondent vitesse et précipitation, sanctionnés d'un hors-jeu. Destoop sert Moretti qui ne trouve que le filet de protection, avant de lancer en force vers une mitaine sécurisante.
 
C'est au tour de Mikusovic de subir les foudres du corps arbitral dans son échec-avant. Dunkerque s'apprête à sortir la carapace mais Adam Young, toujours prompt à contrer, provoque une faute de Kirner, tout en conservant le contrôle d'un palet récupéré au centre par Joe Dubé. Le numéro 92 prend soin de contrôler le caoutchouc pour le loger, du revers, hors de portée de Thomas Pek, celui-ci ne pouvant que l'effleurer (4-3 à 52’55"). Il reste quelques secondes à tuer et les Corsaires, enfin aux commandes, s'attellent à défendre leur courte et précieuse avance. Heikki Puustinen, sur un déboulé, et Damien Sanchez, de la ligne bleue, tentent bien de percer le rideau, Martel veille.
 
À cinq minutes du terme, un cinglage sifflé à l'encontre de ce même Sanchez irrite les visiteurs. Le numéro 2 écope d'une méconduite, obligeant indirectement Niemelä à suppléer son dernier rempart et ainsi maintenir intacts l'espoir d'arracher la prolongation. Michaël Buonincontri, dont la percée est annihilée par Pek, ne peut convertir cette supériorité. Il reste trois minutes au TBHC, qui, par son trio Puustinen – Martin-Whalen – Doroginsky, cherche une solution qui ne viendra pas ; Dunkerque repart de l'avant par son homme fort Joe Dubé. Échappé sur la gauche, le Québécois provoque la faute de Pommier. Celle de trop pour le capitaine Maxime Faup, renvoyé prématurément au vestiaire pour avoir contesté avec trop de véhémence cette décision. La frustration ternit la fin de rencontre des Bélougas, Hugo Tornatore étant lui aussi puni après le dernier coup de sirène.
 
Deux erreurs défensives bien exploités par des Toulousains réalistes ont longtemps fait croire aux Corsaires que la soirée était maudite. Ils ont réussi à surpasser leur manque de réussite, illustré par une dernière action à une touche de palet que Vit Budínský aurait habituellement conclue devant une cage ouverte, grâce notamment à un Joe Dubé au plus fort de sa forme, incessant poison pour porter à cinq le nombre de succès consécutifs.
 
 
Dunkerque – Toulouse-Blagnac 4-3 (0-2, 3-1, 1-0).
Samedi 6 février 2016 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 563 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Perronin assisté de Joffrey Yssembourg et Cédric Turbert.
Pénalités : Dunkerque 10' (4’, 2', 4'), Toulouse-Blagnac 114' (2’, 6', 6'+3x10'+20'+2x25').
Tirs : Dunkerque 43 (12, 22, 9), Toulouse-Blagnac 29 (16, 5, 8).
 
Évolution du score :
0-1 à 11’51" : Martin-Whalen assisté de Doroginsky et Pommier
0-2 à 18’45" : Doroginsky assisté de Puustinen et Kirner
0-3 à 22’51" : Puustinen assisté de Martin-Whalen
1-3 à 31’08" : Dubé assisté de Buonincontri et Mikusovic (sup. num.)
2-3 à 32’14" : Budínský assisté de Mikusovic et Thomas
3-3 à 33’16" : Dubé assisté de Buonincontri et Brachet
4-3 à 52’55" : Dubé (inf. num.)
 
 
Dunkerque
 
Attaquants :
Clément Thomas (C) - Marek Mikusovic - Vit Budínský
Michael Buonincontri – Joé Dubé - Maxime Brachet 
Brendan Martial - Antoine Houque – Victor Théry
Younes Baazzi - Loïc Destoop - François Moretti
 
Défenseurs :
Ondrej Janik – Jonathan Lafrance
Adam Young - Francis Ballet (A)
Alan Dana - Lionel Simon (A)
Benjamin Bataille
 
Gardien :
Pierrick Boudot puis Marc-André Martel à 40’00"
 
Toulouse-Blagnac
 
Attaquants :
Heikki Puustinen - Eddy Martin-Whalen (A) - Rémi Doroginsky
Baptiste Ylönen - Maxime Faup (C) - Fabrice Faure
Alexis Codevelle - Thibaut Buils - Clément Blaser
 
Défenseurs :
Robert Kirner - Micke Niemelä
Damien Sanchez - Rémi Repetto
Sébastien Pommier - Vincent Jacquemin
 
Gardien :
Tomas Pek
 
Remplaçants : Paul Gigomas (G), Marvin Krukoff, Hugo Tornatore.