Mulhouse - Neuilly (Division 1, quart de finale, match 2)

Il y a énormément de monde dehors à attendre l'ouverture des portes pour assister à ce match retour de quarts de finale entre les Scorpions mulhousiens et les Bisons nocéens.

Les deux équipes se connaissent bien depuis une décennie pour évoluer sensiblement au même niveau (le haut de D1, ou le bas de LM pour le peu de fois où elles y ont fait incartade). L'équipe francilienne réussit plutôt bien aux Alsaciens, en témoignent les deux victoires engrangées en saison régulière par les joueurs de Jan Prochazka. Seulement voilà, le match aller fut remporté par Neuilly, malgré une bonne remontée au score dans les dernières minutes par les Haut-Rhinois. La série étant remportée au bout de deux victoires, Mulhouse n'a, ce soir, plus le choix : soit vaincre pour espérer avoir droit à une belle le lendemain, soit... les vacances, en cas de confirmation nocéenne.

MulhouseLes deux équipes, à l'effectif complet, commencent tambour battant : c'est rapide et musclé et Mulhouse donne très rapidement le ton sur un tir rageur à mi-distance de Rolands Vigners (1-0 à 1'20"), puis sur une combinaison Vigners-Joffre que le jeune Français conclut victorieusement d'un tir masqué (2-0 à 3'13"). On ne peut mieux commencer la partie.

L'entraîneur francilien demande aussitôt un temps mort, pour tenter de casser cette dynamique oppressante. Pourtant, le schéma de rouleau compresseur alsacien reprend de plus belle jusqu'à une échauffourée causée lors d'un changement de ligne simultané des deux équipes. Alexandre Labonte rentre au banc en chargeant virilement un adversaire. S'ensuit une grosse bousculade où les arbitres vont visiblement payer de leur personne pour séparer les protagonistes, très remontés.

Le rythme baisse ensuite très sensiblement, mais le schéma reste le même : Mulhouse est concentré, patient, vif, physique et opportuniste, quand Neuilly est désordonné et peine à rentrer collectivement dans la zone alsacienne. Ces mêmes Bisons, pourtant en supériorité numérique, connaissent même une grosse frayeur lorsqu'un trio alsacien remonte rapidement, contre un seul défenseur, sur Ramon Sopko qui bloque l'essai (17'08").

La période médiane se joue sur un schéma beaucoup plus contenu. Neuilly revient des vestiaires avec des lignes offensives modifiées, celle des Canadiens est notamment disséminée sur les 3 alignements. Est-ce que cette modification influe sur la réduction du score ? Peut-être. Lors d'une rare supériorité, l'ancien Mulhousien Ales Cerny lance vers Mickael Muller. Le palet rebondit devant son défenseur et Elie Raibon en profite pour reprendre, masqué, et lancer la rondelle entre les jambes du portier (2-1 à 24'24").

Le match est relancé, Neuilly presse un peu plus mais il est très difficile pour les deux équipes de rentrer durablement en zone offensive. Les Mulhousiens manquent de réussite sur leurs actions, que ce soit notamment lors d'une remontée turbo où ils auraient pû bénéficier de l'avantage d'une glissade du dernier défenseur nocéen, avant que la cage ne soit déplacée involontairement dans le mouvement (28'37"), où lors d'un avantage numérique où les Alsaciens sont trop lents pour exploiter le bénéfice des décalages que, pourtant, ils créent (35'12"). Attention quand même aux Nocéens, qui poussent de plus en plus sensiblement, profitant sans doute de la baisse d'intensité des Alsaciens, sans doute émoussés de tous leurs efforts.

Le coach alsacien a d'ailleurs dû remarquer la baisse d'emprise du match par ses hommes, puisque ceux-ci remontent sur la glace nettement plus actifs dans leurs efforts. C'est pourtant dans ce contexte resserré que Neuilly revient à égalité, lors d'un changement de ligne des deux équipes. Labonte sort énergiquement de son banc et bénéficie d'un rebond favorable lui permettant de distancer ses défenseurs pour aller crucifier le portier local, lors d'un des très rares essais cadrés de ce tiers par les visiteurs (2-2 à 46'47").

Les Mulhousiens semblent accuser le coup mais ne relâchent pas leurs efforts, notamment lors d'une minute de folie, où Ramon Sopko sort le grand jeu face à deux breakaways haut-rhinois (48'10" et 49'20"), bien suppléé par Cerny qui se jette face à un excellent décalage de Klejna (49'03")... Notons qu'à ces instants précis, Mulhouse joue en infériorité numérique ! C'est ensuite Vigners qui fait le plus gros avant de voir son tir s'écraser sur l'angle de la lucarne (50'16").

Autant d'actions qu'il aurait été souhaitable de concrétiser, car le restant de la partie est nettement plus resserré, voire tendu sur quelques situations d'ailleurs réprimées par l'arbitre. Neuilly cherche avant tout à bloquer plus énergiquement l'accès de sa zone, montrant ainsi son envie de fermer le jeu et d'attendre les prolongations, voire les tirs aux buts. La dernière supériorité mulhousienne confirme ce schéma fermé, notamment pour des scorpions visiblement pas les plus à l'aise dans cet exercice.

Les dix minutes de prolongation se jouent sur le même schéma, à savoir des Mulhousiens qui donnent leurs dernières forces dans des rushes, notamment lors de ce tir masqué de Klejna (64'35"), ou ce raid rageur de Vigners, quand Neuilly essaie avant tout de contenir. Il faut dire que la partie, assez physique, a solidement émoussé les protagonistes.

La séance de tirs de pénalités peut commencer, après quelques pinaillages (psychologiquement tactiques ?) des visiteurs qui estiment la glace insuffisamment refaite. Les Mulhousiens ne se montrent pas décontenancés pour autant puisque leurs trois tireurs logent de façon déterminée leur rondelle au fond de la cage de Sopko, quand seul Axel Rioux y parvient pour Neuilly. L'Illberg peut exploser de joie, ses joueurs viennent de s'accorder un sursis mérité.

Pourtant, jamais l'adage "Dominer n'est pas gagner" n'a semblé aussi évident que lors de cette partie. Les Mulhousiens n'ont pas été avares dans leurs efforts et leur concentration, mais ont manqué de réalisme face à leurs adversaires nocéens, notamment dans les deux cas de situations spéciales (breakaways en infériorité, rapidité d'exécution en supériorité), autant d'occasions ratées qui auraient pu leur coûter cher face aux Franciliens, nettement plus brouillons mais plus réalistes.

Le gain de cette partie est donc pour les Alsaciens un rappel à l'ordre. Demain, il faudra encore plus d'énergie, de détermination et surtout une concentration infaillible pour annihiler définitivement l'attentisme des visiteurs. D'un point de vue global, demain, les deux protagonistes n'auront d'autre choix que de se livrer entièrement, c'est une question de survie (sportive).

 

Mulhouse - Neuilly-sur-Marne 2-2 (2-0, 0-1, 0-1, 0-0) / 3-1 aux tirs au but
Samedi 5 mars 2016 à 18h00 à la patinoire de l'Illberg. 1608 spectateurs.
Arbitrage d'Alexis Grabit assisté de Sueva Torribio et Bastien Germaneaud.
Pénalités : Mulhouse 14' (6', 2', 6', 0) ; Neuilly 52' (10'+10', 4', 8'+10'+10', 0').
Tirs : Mulhouse 39 (12, 8, 13, 6) ; Neuilly 16 (5, 6, 2, 3).

Évolution du score :
1-0 à 01'20" : Vigners
2-0 à 03'13" : Joffre assisté de Vigners
2-1 à 24'24" : Raibon assisté de Cerny (sup. num.)
2-2 à 46'47" : Labonte

Tirs au but :
Mulhouse : Papa (réussi), Vigners (réussi), Ten Braak (réuss).
Neuilly : Rioux (réussi), Tremblay (raté).


Mulhouse

Attaquants :
Raphaël Papa – César Joffre (A) – Rolands Vigners
Milan Jurik (A) – Michal Klejna – Michal Kapicka
Lucas Latreuille – Leyland Plaire – Cody Mathieu puis Bryan Ten Braak à 24'00"

Défenseurs :
Martin Lucka – Ondrej Martinka
Lucas Bini (C) puis Brice Mansouri à 6'27" – Aleksandrs Galkins
Michal Petira – Martin Obuch

Gardien :
Mickael Muller

Remplaçants : Guillaume Richard (G), Maxime Lutz, Miguel Cavuella.

Neuilly-sur-Marne

Attaquants (alignements initiaux)
Elie Raibon – Julius Sinkovic – Pier Olivier Grand-Maison
Guillaume Pelletier – Simon Tremblay – Alexandre Labonte (A)
Kevin Guimbard – Quentin Jacquier – Axel Rioux
Marc Slupski

Défenseurs :
Matthieu Roy – Radek Mika (A)
Ales Cerny – Rémi Colotti
Arthur Cuzin – Maxime Dubuc (C)

Gardien :
Ramon Sopko

Remplaçants : Remi Husson (G), Luc Tanésie, Jeremy Fritsch, Benjamin Turlure.