Épinal - Angers (Ligue Magnus, demi-finale, match 2)

Une éclatante revanche !

C’est une séance de rattrapage qui attend les Gamyo, forcés de s’imposer pour ne pas se retrouver doublement menés au moment d’aller défier les Ducs à Angers. Une victoire rendue obligatoire par la défaite subie mardi soir (1-4) contre un adversaire ultra-réaliste, qui aura indéniablement bénéficié des prouesses de Raphaël Girard, son excellent portier. Un "mur" sur lequel les attaquants spinaliens auront inlassablement buté... au grand désespoir de Poissompré !

JULSETHWHITE RAPENNEOptant pour une approche tactique prudente, les Gamyo pressent moins haut qu’à l’accoutumée et laissent volontiers la possession du palet aux Ducs d’Angers. Des visiteurs très mordants, qui démarrent tambour battant et se font rapidement menaçants. Gaborit déborde côté droit avant d’adresser une frappe très excentrée qu’Hočevar laisse étonnement échapper (00'28"). Le signe d’une évidente fébrilité, d’autant que l’intéressé mettra de longues secondes à se redresser. La rondelle continue à circuler pendant ce temps, jusqu’à un tir de Gary Lévèque bloqué par Anže Kuralt qui n’a pas hésité à se jeter au devant du lancer (00'34").

Ripostant sur un bon mouvement de Fujerik près de la cage (01'03"), les Spinaliens défendent plus qu’ils n’attaquent vraiment en ces premiers instants. Bien regroupés, ils laissent venir leurs adversaires et travaillent fort derrière pour ne pas laisser le danger s’installer. Le palet, lorsqu’il est récupéré, se voit aussitôt convoité par des Angevins très pressants dans leur échec-avant.

Une bonne d’intensité, doublée d’un soupçon d’agressivité, qui ne les empêche pas de se faire contrer. Fujerik lance Plch, qui crochète son défenseur sur l’intérieur. Le vétéran tire sur Raphaël Girard (04'23") dans les instants précédents cette belle inspiration d’un Dominik Fujerik remisant sur Vojtěch Kloz après avoir contourné la cage. Le Tchèque, sitôt servi (sur le gauche du portier), expédie la rondelle au fond des filets (1-0 à 04'41"). Ce tir à mi-hauteur - presque à bout portant - échappe à la mitaine d’un portier n’ayant pas suffisamment couvert son montant...

KLOZ GIRARD BUSTOSévèrement puni d’un faire trébucher dans la foulée (05'10"), Raphaël Faure est prié d’aller chauffer le banc des pénalités. Une opportunité rapidement mise à profit par des locaux tirant dès qu’ils en ont l’occasion. Des frappes essentiellement bloquées ou déviées. Un trafic très dense régne dans le slot, où très peu de lancers parviennent à Girard, qui va voir l’histoire se répéter. Seul Moisand, d’un slap puissant (09'27"), le sollicite durant tout le temps que Walls aura dû passer au cachot pour retenir.

Il faut dire que les arbitres de la soirée ne laissent rien passer. Ils pèchent même par excès de zèle en sanctionnant les Vosgiens d’un surnombre peu évident (12'25"), peut-être encouragés dans cette décision par les gesticulations d’un Michaël Juret tenant fidèlement sa place en milieu de glace (le président angevin se plaisant à suivre les matchs depuis son propre banc). Les protestations de Stéphane Barin et Nicolas Martin valent même la double peine aux Lorrains, qui écopent d’un 2’+2’ finalement sans danger. Jeff May ne cadre en effet pas ses lancers, sauf ce tir contré dont Yannick Riendeau finira par s’emparer... avant qu’intervienne un poke-check salvateur de Martin Charpentier (13'39") !

FUJERIKDominik09032016

Les Spinaliens, bien regroupés, ont donc fait ce qu’il fallait pour tuer la première pénalité, finalement "annulée" par des "zébrés" jugeant Julien Albert coupable d’une obstruction dans son duel avec Ken Ograjenšek (14'33"). Le jeu devient par la suite plus fermé. Seul un mauvais contrôle de Julseth-White (dans sa zone) profite à Ograjenšek, qui lance un Kuralt voyant son lancer bien bloqué par Girard (15'15"). Lequel ne se fait pas surprendre par Klimíček, parti en débordement (15'41"). L’ex-étudiant d’Harvard, solide au poste, paraît bien plus serein qu’Andrej Hočevar, fébrile sur une relance de Julseth-White coupée du revers par Lacroix (16e), puis hésitant à sortir au-devant d’un Riendeau ne pouvant finaliser son échappée d’un revers gagnant (15'52"). L’ailier canadien (qui est allé s’enfermer sur la gauche du portier) a fait parler son coup de patin après avoir intercepté une passe en retrait mal assurée...

GABORITRobin09032016Bien décalé par Ograjenšek, Farina trouve la jambière de Girard (16'36") avant qu’Hordelalay n’échoue sur un portier (17'15") voyant ensuite Vinatier glisser son revers à côté (17'33"). Un manque de précision partagé par Robin Gaborit, à la conclusion d’une combinaison Lacroix-Riendeau le servant idéalement au second poteau, d’où il adresse un centre-tir longeant la ligne fatidique (19'50"). L’ultime action d’une première période bien négociée par des Gamyo dominant largement au chapitre des tirs cadrés (13 à 2).

Grand spécialiste des débuts de deuxième tiers-temps tonitruants (il marqua deux fois très rapidement contre Amiens au tour précédent), Anže Kuralt s’illustre en chipant rapidement la rondelle remportée par Maxime Lacroix à l’engagement (20'01"). Le Slovène, sur sa lancée, poursuit son effort avant de perdre le palet. Un puck que Lacroix flippe loin devant, en direction d’un Kloz se faisant étonnement surprendre par Riendeau. Lequel aussitôt centre en retrait devant la cage, où aucun Duc n’avait cru bon de se placer. Un avertissement sans frais pour les Gamyo, à qui les référés ne laissent rien passer. Anthony Rapenne se voit sévèrement sanctionné (21'02"), sans que cela ne profite aux visiteurs, seulement dangereux sur une frappe de Dimitri Thillet chauffant la mitaine d’Andrej Hočevar (21'28"). Matthieu Le Blond, échappé sur le côté en infériorité, voit son tir croisé finir dans le gant d’un Raphaël Girard relançant sans plus tarder (21'37").

Repris in extremis par Jeff May, Ján Plch a lui-aussi trouvé une brèche dans laquelle s’engouffrer (22'45"). Mais rien à voir avec ce boulevard né d’un changement de ligne dégarnissant tout le côté droit, où Riendeau se verra lancé par Lahesalu dans un déboulé ponctué d’une frappe cadrée (23'24"). Hočevar, sur la trajectoire, répond présent sur ce lancer, suivi de plusieurs temps forts spinaliens non concrétisés. Les Klouček, Moisand et autres Sabatier (25e) ratent une cible que Farina est tout près d’atteindre suite à un excellent travail d’Hordelalay (25'07").

PLCHJan09032016Tout s’accélère au deuxième tiers...

Le shoot dévié du Briançonnais manque de surprendre un Girard voyant finalement le danger s’éloigner. Le pressing incessant des attaquants vosgiens n’empêche pas les Ducs de ressortir le palet au profit de leur capitaine Julien Albert, qui va s’échapper sur le côté pour mieux repiquer vers la cage... où il sera finalement poke-checké (25'55") ! Hočevar intervient à point nommé, comme pour mieux montrer la voie à ses coéquipiers.

Et tout particulièrement au plus illustre d’entre eux. Un Ján Plch prenant personnellement les choses en main. Le vétéran y allant d’un slalom géant en assurant l’entrée en zone (plein centre) avant de fixer la défense, histoire de faire apprécier toute la précision de son lancer, qui s’enfile côté bouclier (2-0 à 27'44")...

C’est le début de la fin pour les Angevins, qui manquent d’en reprendre un dans la foulée. Sušanj, servi en retrait par Cacciotti, voyant le cadre se dérober (28'20"). Mais ce n’est que partie remise pour les Gamyo, qui enfoncent rapidement le clou. Hordelalay, mis sur orbite par Sušanj, s’en va remporter son duel singulier d’un magistral revers placé sous la barre de Girard (3-0 à 28'55"). Un but digne du Ján Plch des grandes heures, qui assomme totalement des visiteurs tentant de conjurer le sort en prenant aussitôt un temps mort...

KURALTAnze09032016Les gros nuages noirs qui s’accumulent au-dessus des joueurs du Maine-et-Loire vont s’éloigner, le temps d’une pénalité infligée à Ken Ograjenšek (29'22"). Une supériorité qu’ils manquent d’exploiter. Le palet circule vite et bien aux abords de la cage, sans que Riendeau, bien placé, ne puisse en profiter (29'50"). Hočevar se jette sur une rondelle âprement disputée, ce qui déclenche même un début d’échauffourée (Gaborit en venant aux mains avec Klouček). Mais tout va basculer sur une relance à la crosse complétement ratée. Raphaël Girard envoie directement sur Yannick Offret, qui rate son premier mouvement mais parvient à pivoter pour faire rebondir, du revers, la rondelle contre la jambière (4-0 à 30'04").

Pas le temps de souffler qu’une récupération de Le Blond permet à Sušanj de lancer Hordelalay. L’insaisissable feu-follet largue Lévèque (qui n’a pu couper la transmission) pour s’en aller dribbler Girard, d’une subtile feinte droite-gauche-droite lui permettant de glisser le puck, du revers, entre le montant droit et la jambière (5-0 à 30'58"). Anže Kuralt, parti sur la gauche, passe la sixième couche en marquant d’un tir sec. Une frappe excentrée filant petit côté, entre les bottes d’un portier totalement dépité (6-0 à 32'35")...

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas pour Girard, bien moins inspiré que mardi soir. Les Gamyo, qui s’étaient procuré une multitude d’occasions sans parvenir à les mettre au fond, ont cette fois su saisir leur chance en marquant cinq buts coup sur coup. Cinq buts en cinq minutes qui ont mis les Ducs K-O debout. C’est donc dans un contexte difficile qu’Alexis Neau fait son entrée, en déviant du bout de la mitaine une frappe tendue de Fujerik (33'23"), puis en bloquant la tentative de Peca (33'39"). Des débuts encourageants pour la doublure de Girard, qui parvient également à garder son angle droit fermé devant Offret (33'55") et Kuralt (parvenu à s’emparer du rebond né d’une reprise non cadrée, 34'11"). Ken Ograjenšek finit par lâcher son palet pour le transmettre à Ján Plch, qui résistera au défenseur avant de buter sur ce jeune portier (36'17").

Bien qHENDERSONBrian09032016u’étourdis par le jeu fluide et rapide des Spinaliens, les Angevins ont donc réussi à stopper l’hémorragie. Et sur l’une de leurs rares présences en zone offensive, ils vont même retrouver le chemin des filets. Matthieu Frecon voit sa reprise écrasée se transformer en passe décisive pour Brian Henderson. Hočevar, qui a anticipé le premier lancer, n’a pas eu le temps de se replacer (6-1 à 37'13"). Une réalisation anecdotique, même pas célébrée par l’international français. Les Ducs ayant, auparavant, croulé sous une avalanche de buts...

L’écart abyssal qui s’est creusé ne laisse plus guère de suspense au troisième tiers, qu’Angers démarre en infériorité (Gaborit s’étant vu reprocher un accrocher, 39'11"). Une pénalité tuée sans trembler par les visiteurs, qui voient des espaces se libérer. Le rapide (et très technique) Yannick Riendeau profite d’un contre favorable pour s’échapper sur le côté, sans pour autant mener à bien son break-away (42'18"). Robin Gaborit se montre également menaçant (42'35"), tout comme Julien Albert, en bonne position près du filet... mais bien trop long à se décider (Kloz le dépossédant du palet avec autorité, 44e) !

Aucune tergiversation n’est en revanche observée dans le mouvement d’Anže Kuralt, parfaitement servi par Ken Ograjenšek depuis l’arrondi. Le Slovène (suivi de près par Henderson) réceptionne la rondelle en pleine course derrière la cage ; passant ensuite d’un poteau à l’autre pour glisser le palet dans un trou de souris (7-1 à 43'56").

FARINAThibaut09032016Redevenu pleinement rassurant après un début de partie hésitant, Andrej Hočevar répond lui aussi présent sur une reprise appuyée d’un Matthieu Frecon se montrant très insistant (44'28"). L’ancien Gapençais récidive sur une échappée parachevée d’un revers glissé de peu à côté (49e). Se prenant aussitôt Sušanj sur le dos, sans que la rondelle ne revienne dans les crosses spinaliennes. Michael Busto déclenche un gros shoot finalement détourné.

Si Jean-François Jodoin profite de l’absence d’enjeu pour ouvrir son banc (et tourner à quatre trios avec les Griet, Gibert, Nalliod-Icazard et Alvau), Stéphane Barin donne lui aussi du temps de jeu à Maxime Martin. Le coach spinalien décide également de mettre en lumière ses joueurs de l’ombre, qu’il envoie jouer les dernières supériorités. On retrouve ainsi Martin Charpentier, Yannick Offret, Maxime Martin, Dorian Peca ou encore Thibaut Farina en powerplay, sur les pénalités respectivement infligées à Gibert (51'50"), Julseth-White (54'10") et Faure (56'38"). Les "hiboux" perdent quelques plumes dans cette fin de partie avec la sortie prématurée de Maxime Lacroix, victime d’un palet reçu en plein visage (48'35"). Le top-scoreur angevin a perdu plusieurs dents, non sans maculer la glace de quelques traces de sang...

Les esprits d’Offret et Busto vont eux s’échauffer (58'02"), quelques secondes avant ce one timer de Klimíček s’écrasant sur la barre de Neau (58'33"). Rageant, forcément, pour le défenseur tchèque, toujours en quête d'un premier but cette saison...

PLCH Jan MAYJeffC’est avec le sentiment du devoir accompli que les Gamyo ont pris la route d’Angers, forts d’une victoire n’ayant souffert d’aucune contestation. Un succès leur ayant permis d’égaliser dans cette série et de sereinement préparer les deux prochains combats qui les attendent sur la petite glace du Haras... 

Réactions d’après-match (dans 100 % Vosges)

Pierre-Charles Hordelalay (attaquant d'Épinal) : "On avait à cœur de faire une belle performance. Jouer comme hier avec une grosse intensité et un brin de réussite. On l'a eu ce soir et ça a fait la différence. On met le premier but et on remarque qu'ils ne réussissent pas à nous suivre physiquement. Ensuite, on a déroulé tranquillement. Là-bas, ça sera deux très gros matchs. On n'a pas spécialement peur. L'an dernier, on avait un déficit de 2-0 après les premiers matchs là-bas, on n'a jamais lâché et on a su l'emporter. Le plus important, c'est de remporter le prochain match."

Maxime Moisand (défenseur d'Épinal) : "Score anecdotique, comme hier (mardi), la seule différence est qu'hier on n'a pas su mettre nos actions au fond. Dans l'ensemble, on a été plus concentrés et lorsqu'on réussit à mettre du rythme, ça paye. On est déçu d'avoir lâché un match à la maison, on sait qu'on peut gagner là-bas, on l'a déjà fait cette saison. C'est très difficile de l'emporter à Angers sur leur petite glace. Mais on a les capacités de renverser la tendance et de le faire. Ca sera une bataille à chaque match."

 

Épinal - Angers 7-1 (1-0, 5-1, 1-0)
Mercredi 9 mars à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 688 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek et Jérémy Rauline, assistés de Thomas Caillot et Clément Gonçalves.
Pénalités : Épinal 12’ (4’, 4’, 4’) ; Angers 30’ (6’, 4’, 10’+10’)
Tirs : Épinal 38 (13, 14, 11) ; Angers 18 (2, 6, 10)

Évolution du score :
1-0 à 04'37" : Kloz assisté de Fujerik et Plch
2-0 à 27'44" : Plch assisté de Rapenne et Fujerik
3-0 à 28'55" : Hordelalay assisté d'Ograjenšek
4-0 à 30'04" : Offret assisté de Sušanj (inf. num.)
5-0 à 30'58" : Hordelalay assisté de Sušanj et Le Blond (inf. num.)
6-0 à 32'35" : Kuralt assisté de Moisand
6-1 à 37'13" : Henderson assisté de Frecon
7-1 à 43'56" : Kuralt assisté d'Ograjenšek et Sabatier

Épinal

Attaquants :
Steven Cacciotti - Florian Sabatier - Anže Kuralt
Anthony Rapenne - Dominik Fujerik - Ján Plch (A)
Dorian Peca - Hugo Vinatier - Yannick Offret (A)
Pierre-Charles Hordelalay - Matthieu Le Blond - Ken Ograjenšek
Maxime Martin (à partir de 50’)

Défenseurs :
Maxime Moisand (C) - Tomáš Klouček
Jiří Klimíček - Vojtěch Kloz
Gašper Sušanj - Thibaut Farina
Martin Charpentier

Gardien :
Andrej Hočevar

Remplaçant : Lucas Savoye (G) 

Angers

Attaquants :
Yannick Riendeau - Maxime Lacroix - Robin Gaborit
Dimitri Thillet - Cody Campbell - Julien Albert (C)
Matthieu Frecon - Braden Walls - Brian Henderson
Maxime Griet, Gautier Alvau, Gauthier Gibert et Augustin Nalliod-Icazard (à partir de 47’)

Défenseurs :
Gary Lévèque (A) - Michael Busto (A)
Jeff May - Nolan Julseth-White
Raphaël Faure - Lauri Lahesalu

Gardiens :
Raphaël Girard puis Alexis Neau à 32'35"

Remplaçant : Sébastien Valade. Absents : Josh Lunden (commotion), Jimmy Jensen (genou)