Épinal - Angers (Ligue Magnus, demi-finale, match 7)

Une bien cruelle fin de saison...

Dieu sait que les Gamyo aiment se produire à Poissompré, véritable sanctuaire pour leurs fidèles supporters. Mais à n’en pas douter, les Kloz, Klouček et autres Moisand auraient préféré se passer de ces retrouvailles dominicales avec l’un de leurs plus farouches opposants. Des Ducs venus les y défier une dernière fois, moins de quarante-huit heures après cette courte victoire (4-3 t.a.b.) arrachée sur leur petite glace du Haras. Un succès d’autant plus important qu’ils jouaient leur survie dans cette série s’approchant fatalement de son dénouement...

dorian PECA dans le slot angevinPuisqu’il ne doit en rester qu’un, cette "belle" aux allures de finale marque donc la suite, mais aussi la fin de ce long feuilleton spinalo-angevin. L’affaire aurait pourtant pu être réglée vendredi tant la qualification semblait à portée de mains des Vosgiens. Mais ceux-ci, qui menaient 3-1 à sept minutes de la fin, se sont fait rattraper... puis terrasser à l’issue des tirs au but !

Nul ne sait donc qui d’Épinal ou d’Angers retrouvera très prochainement Rouen. Tout devant se décider à l’occasion d’un match couperet, comme ce fut le cas l’an passé entre l’ICE version Bozon et les Ducs du très décrié président Juret. Un excellent souvenir pour les nombreux aficionados des Gamyo, qui avaient réussi l’immense exploit de s’imposer au Haras. Les Spinaliens gagnant ainsi le droit de disputer leur toute première finale de championnat.

GABORITRobin09032016Revivre de telles émotions ne serait assurément pas pour déplaire à tous leurs partisans. Un "peuple orange" espérant voir la "malédiction" d’Angers perdurer. Mais si les Ducs ont toujours perdu les septièmes manches qui leur a fallu disputer, ils ne partent aucunement battus dans ce match à impérativement gagner. La victoire remportée vendredi, alors qu’ils faisaient face à l’élimination, n’a fait qu’accroître leur détermination.

Habitués depuis de longues semaines à se passer des services de Josh Lunden, les Angevins ont également appris à composer sans l’imposant Michael Busto, mis hors d’état de jouer samedi dernier. Contrairement à son homologue spinalien (qui peut compter sur toutes ses forces vives), Jean-François Jodoin ne peut donc véritablement s’appuyer que sur dix attaquants et cinq défenseurs de métier.

Ce contingent qualitativement limité est pourtant loin de manquer de qualité. Il nous en fait d’ailleurs une rapide démonstration, sur une belle action collective en première intention. Yannick Riendeau dévie habilement la longue ouverture de Jeff May vers Robin Gaborit, qui décoche un premier tir cadré (repoussé du bouclier, 00'20"). Les Gamyo ripostent aussitôt sous l’impulsion d’Anže Kuralt. L’ailier slovène déborde jusqu’à parachever son accélération d’un tour de cage lui permettant de trouver un Cacciotti tirant beaucoup trop mollement (00'33").

On pouvait craindre que l’enjeu ne tue le jeu, mais cette septième manche, pleine d’intensité, est partie sur des bases très élevées. Les deux équipes ne lésinent pas sur le patinage, ni sur l’échec-avant. Un pressing très haut des attaquant angevins gêne considérablement des Spinaliens faisant le plus clair du jeu, sans pour autant se montrer très dangereux. Il faut dire que le slot est verrouillé par des défenseurs s’imposant physiquement devant Girard, qui n’interviendra véritablement qu’après un raté de Lahesalu. L’Estonien relance directement sur un Cacciotti s’en allant buter sur le portier... avant que Kuralt (qui avait bien suivi) n’échoue lui-aussi (03'57") !

LACROIXMaxime08032016Souvent menés...

Emmenés par un trio Riendeau-Lacroix-Gaborit combinant parfaitement, les Ducs tentent eux de rapidement se projeter vers l’avant. Solides derrières, ils n’hésitent pas à jouer long, comme sur cette longue ouverture de Lauri Lahesalu renversée par Gary Lévèque sur le côté gauche, directement dans la course de Maxime Lacroix. Le Franco-canadien, arrivé lancé, fixe le gardien avant de faire parler ses poignets pour scorer d’un tir très précis, qui s’enfile par-dessus la mitaine d’Hočevar, en lucarne opposée (0-1 à 05'05").

Il n’en faut pas davantage pour qu’Angers prenne le match en main. Une domination s’accentue au gré des palets récupérés par des visiteurs se montrant de plus en plus pressants. Julseth-White profite d’un puck ressorti par Lacroix pour s’essayer d’un lancer dévié manquant de prendre Hočevar à contre-pied (07'35"). Gaborit, involontairement servi par Klouček, finit lui par répondre à l’appel de Riendeau, qui cherchera à marquer entre les jambières d’un portier gardant les bottes suffisamment fermées (07'00").

Dominateurs, les visiteurs redoublent d’efforts et obtiennent plusieurs temps forts. Mais il suffit d’une passe en retrait mal contrôlée (à la bleue) par Jeff May pour qu’Hordelalay manque de s’échapper. L’ailier spinalien est accroché par le défenseur canadien mais l’avantage est laissé aux Vosgiens, jusqu’à ce Cacciotti n’échoue face au gardien (09'29"). May rejoint ensuite le banc des pénalités, d’où il verra Florian Sabatier égaliser d’un tir en pivot filant les jambières du cerbère (1-1 à 09'56"). Son lancer rasant, déclenché depuis le cercle d’engagement gauche, a surpris le portier, totalement masqué.

Ce but fait le plus grand bien aux Spinaliens, qui SABATIERFlorian20032016subissaient de plus en plus dangereusement. Retrouvant un peu d’allant, ils s’appuient sur la vitesse des Kuralt, Rapenne et autres Moisand, toujours très percutants dans leurs débordements. Mais faute de pouvoir s’approcher trop près du portier, les Gamyo finissent par perdre la rondelle pour mieux se faire contrer. Lacroix, bien lancé dans la profondeur, crée le surnombre avant d’adresser une passe en retrait que Riendeau ne peut réceptionner. Le palet profite finalement à Jeff May, qui frappe un tir croisé à mi-hauteur terminant dans la mitaine d’un Andrej Hočevar (12'20") voyant ensuite la lointaine tentative de Gary Lévèque heurter le haut de son poteau (12'59").

Malchanceux sur cette action, Gary Lévèque se rend bientôt coupable d’un accrochage sur Ján Plch (13'42"). Mais alors que le jeu de puissance spinalien est installé, une grosse charge assénée (en toute impunité) à Kuralt incite Sabatier à répliquer (14'05"). De quoi l’envoyer au cachot, pour libérer des espaces aussitôt exploités par l’un de ses plus rapides coéquipiers. Le feu-follet Pierre-Charles Hordelalay, qui verra toutefois sa progression freinée (14'27"). Rien n’empêche en revanche Anže Kuralt de s’emparer d’un rebond pour contourner la cage, avec l’idée de glisser la rondelle à l’opposé. Un mouvement qui aura sûrement abouti sans l’intervention salvatrice d’un Girard s’étant parfaitement détendu pour placer sa mitaine au ras du montant (14'35").

Intensifiant leur échec-avant, les hommes de Stéphane Barin exercent une pression visant à faire déjouer les solides arrières d’Angers. Un bon forecheck d’Ograjenšek va ainsi perturber Lahesalu, qui en perdra son palet au profit du Slovène, dont le centre sera finalement contré (15e). La menace se précise sur une nouvelle incursion d’un Hordelalay prenant sa chance de loin, sans parvenir à cadrer (15'37"). Mais les défenseurs angevins défendent suffisamment bien pour repousser les assauts des Gamyo. Quitte à souvent laisser leurs crosses traîner...

trio spinalien

S’il en est un qui peut mettre cette arrière-garde en difficulté, c’est bien Kuralt, dont la capacité d’accélération est une vraie source de danger. Lauri Lahesalu, poussé à la faute, est ainsi sanctionné (15'37"), sans que cela ne porte préjudice à ses coéquipiers, bien regroupés devant leur solide portier. Girard dévie du bout de la mitaine un tir d’Ograjenšek plus précis que véritablement puissant (17'07"). Le gardien canadien détourne un slap de Moisand (18'33") avant de s'y reprendre à deux fois sur un lancer de Klimíček (18'57"). Ograjenšek, suite à une récupération de Le Blond, se recentre sur son coup droit sans parvenir à cadrer (19'21").

mise en échec KloucekTerminant difficilement ce premier tiers-temps, les Ducs reviennent des vestiaires beaucoup plus mordants. Maxime Lacroix rafle l’engagement, avant que le palet ne revienne en retrait sur Nolan Julseth-White, qui transmet à Jeff May. Voyant Kuralt arriver, le Canadien choisit alors d’envoyer loin devant. Cacciotti, sur la trajectoire, ne peut couper cette longue relance servant idéalement Lacroix. Le top-scoreur angevin ponctue son accélération d’un tir bas trouvant la mitaine d’Hočevar (20'12").

Travaillant d’arrache-pied, les attaquants d’Angers brillent par leur abatage et se montrent très présents en échec-avant. Walls et Gaborit ne se privent pas d’apporter une petite touche physique à ce pressing assorti d’un rapide repli. Un patinage de tous les instants permettant aux visiteurs de garder le palet à l’avant, au détriment de Spinaliens défendant plus qu’ils n’attaquent vraiment. L’étreinte ne se desserre qu’à la suite d’un bon travail d’Offret poursuivi par Vinatier, qui verra son tir croisé chauffer la mitaine du portier (24'54"). Un Raphaël Girard jouant ensuite du bouclier pour repousser la tentative de Matthieu Le Blond, bien décalé par Ken Ograjenšek (25'23").

Les Gamyo procèdent par contres mais le jeu reste à l’avantage d’Angers, qui garde la possession du palet. Le travail de sape des attaquants, qu’on sent décidés à ne rien lâcher, éloigne le danger d’une cage bien gardée par un Girard se dressant efficacement devant Sušanj (27'45"). Le Québécois, tombé derrière son filet en voulant bloquer une rondelle envoyée au fond, se remet rapidement de ses émotions pour fermer la porte au nez d’Hugo Vinatier (28'16"). Une passe mal assurée de Jeff May, interceptée par Ken Ograjenšek, permet une entrée en zone suivie d’une remise destinée à Tomáš Klouček, qui s’essaye d’un tir croisé bien capté (29'05"). L’ex-NHLer, suite à un palet bien ressorti par Moisand, échoue ensuite dans un angle plus fermé (29'39").

Ce surcroît d’activité aux abords du gardien angeviRIENDEAUYannick09032016n n’aura donc pas profité aux Lorrains, sauvés par l’étonnante imprécision d’un Lacroix ratant la cible à bout portant (30'26"). Un raté que le centre franco-canadien, pourtant parfaitement servi par Gaborit, va digérer sur le banc des pénalités (un retenir très sévère lui ayant été reproché). Mais pas de quoi décontenancer ses coéquipiers, qui vont faire bloc devant un Girard n’ayant qu’à repousser une lourde frappe de Sušanj durant cette infériorité (30'56"). Les Gamyo, à force de faire tourner, en ont oublié de tirer...

Le powerplay n’est décidément pas la tasse de thé des Vosgiens, qui ont la fâcheuse tendance à le réduire à un enchaînement de passes. C’est loin d’être le cas d’Angers, qui obtient une nouvelle opportunité suite à une pénalité sévèrement infligée à Matthieu Le Blond (34'02"). L’attaquant-défensif, parti batailler avec Julseth-White afin récupérer un palet qu’il venait d’envoyer au fond, s’est vu sanctionner pour dureté. D’autant plus frustrant, pour les Gamyo, que le jeu s’est vu arrêté au moment précis où Ograjenšek, très bien placé, se préparait à armer son lancer...

Non content d’avoir remporté la mise au jeu, Maxime Lacroix va rapidement se voir décalé par Jeff May. Mais après avoir trouvé la mitaine d’Hočevar, le meilleur buteur du championnat fait trembler les filets, d’une reprise très précise à mi-hauteur, côté bouclier (1-2 à 34'49"). Le Franco-canadien, totalement démarqué entre les cercles, s’est vu parfaitement servi par Riendeau (qui aura lui-même relayé la passe de May) pour signer un doublé.

... mais jamais largués !

Le leader offensif d’Angers a encore frappé, refroidissant une nouvelle fois Poissompré. Mais s’ils peinent à se montrer aussi flamboyants qu’à l’accoutumée, les Gamyo vont s’accrocher, dans le sillage d’un Ken Ograjenšek tentant désespérément de surnager. L’international slovène s’essaie tout d’abord d’un lancer repoussé dans l’axe (sans que ce rebond ne bénéficie à ses coéquipiers, 37'08"), avant de retenter sa chance, sans pour autant parvenir à se défaire d’un Lahesalu très collant (37'17").

KLOZVojtech10102015Et lorsqu’Ograjenšek part souffler sur son banc, c’est Kloz qui se montre insistant. Le défenseur tchèque, servi sur la gauche de Girard, parvient à se recentrer avant de tirer, directement dans le masque du portier. Jimmy Jensen, au point de chute du rebond, part pour dégager le puck... mais se voit coiffé au poteau par le colosse des Gamyo, qui donne le coup de crosse suffisant pour propulser le palet au fond des filets (2-2 à 37'53").

Tout reste donc à faire l’aube d’un troisième tiers-temps s’annonçant diablement stressant tant ce match est indécis. Bien malin qui peut alors dire de quel côté la balance va pencher tant le suspense reste entier. C’est donc avec un grand soulagement que les supporters spinaliens voient la lourde frappe de Yannick Riendeau flirter avec le montant (40'09"). Fujerik sonne la riposte (40'37") avant qu’Hordelalay ne transperce la défense pour s’essayer d’un revers finalement bloqué (40'29").

Un air de K-O flotte alors sur Poissompré, assommée par le tir gagnant d’un Julien Albert pourtant très excentré (2-3 à 44'13"). Ce lancer anodin, pris sitôt la ligne bleue franchie, a surpris Hočevar, qu’on a connu beaucoup plus inspiré.

Un véritable coup de massue pour les Gamyo, qui accusent le coup et se laissent submerger. Les Riendeau, Gaborit et autres Lacroix s’en donnant à cœur joie, portés par leur belle complémentarité. Ce diable de Lacroix passe même tout près d’en remettre une couche en tirant de peu à côté suite à une rapide montée parfaitement orchestrée par ses deux ailiers (45'39"). Vojtěch Kloz, sanctionné d’un accrocher (46'06"), assiste en spectateur impuissant à une autre action rondement menée. Une entrée en zone (à l’extrême limite du hors-jeu) effectuée par un Riendeau écartant sur May, dont le centre sera coupé par Gaborit à bout portant. Une passe déviée hors du cadre... alors que tout le monde la voyait dedans (46'42") !

Poissompré, qui commence à désespérer, s’insurge en voyant Braden Walls faire littéralement voler la crosse de Gašper Sušanj, sans que cela ne fasse broncher les référés (49e). Mais l’écrin spinalien ne cèdera pas longtemps au découragement. Cacciotti, après avoir assuré l’entrée en zone côté droit, remise derrière lui sur Sabatier... qui trouve finalement la déviation de Plch à bout portant (3-3 à 49'31") !

MAYJeff06012016Le coaching de Stéphane Barin, qui a redonné à son alignement sa configuration du début de saison, s’est donc avéré payant. Et sur leur lancée, les Gamyo vont continuer à pousser. Hugo Vinatier, au duel avec Maxime Lacroix derrière le filet, se voit déséquilibré par le tout dernier récipiendaire du trophée Ramsay (51'24"). Mais dans la continuité des précédentes supériorités, le jeu de puissance vosgien chercher la faille sans jamais la trouver. Seul Dominik Fujerik hérite d’une bonne situation (53e). D’une fenêtre de tir aussitôt refermée...

Défendant corps et biens, les Angevins tuent ainsi cette pénalité avant qu’un tir trop prévisible de Klouček ne soit bloqué par Julseth-White. Ce dernier voit Braden Walls démarqué mais sa passe en profondeur, imprécise, finit dans les patins de son compatriote canadien (53'31"). Lacroix, excentré, obtient également une opportunité, qu’il envoie directement sur le portier (54'22").

Le trio Kuralt-Fujerik-Ograjenšek, fraîchement reformé, retrouve ses automatismes du début de saison sur un rapide enchaînement, que Lévèque parvient in-extremis à endiguer (56'51"). La cage angevine se voit ensuite grossièrement déplacée, sans qu’aucun retard de jeu ne soit signalé.

On entre alors dans le "money time". Un moment crucial durant lequel il vaut mieux ne pas se faire pénaliser. Les Gamyo vont pourtant se faire sanctionner, dans la foulée d’une action qui aurait pu profiter à Gaborit, accroché au moment de tirer (58'05"). Florian Sabatier se rend coupable d’une obstruction aux yeux des référés (58'16"). Une décision lourde de conséquence puisqu’elle influe directement sur la suite des événements. Les Ducs d’Angers, en supériorité, ne mettent qu’une poignée de secondes pour marquer. Cody Campbell, sitôt la mise au jeu remportée, remise à la bleue sur Jeff May, qui déclenche un lancer dévié par Nolan Julseth-White dans le haut du filet (3-4 à 58'22"). Un but crève-cœur pour les Spinaliens, qui voient alors leur élimination se profiler à l’horizon...

À deux secondes près !

Luttant de toutes leurs forces pour échapper à ce funeste destin, ils sortent sans tarder leur gardien (58'37"), puis prennent un temps mort (59'06"). Le compte à rebours est lancé. Les Ducs, poussés dans leurs derniers retranchements, font corps devant leur gardien. C’est alors qu’une pénalité est infligée à Cody Campbell (59'20"). Une sentence doublée par un changement tardif venu du banc. De quoi inciter les Gamyo, à six contre trois, à ne plus lâcher leur proie. Et bien leur en prend puisqu’un one timer de Plch repoussé par Girard va revenir sur Ograjenšek. Le Slovène, complètement excentré, se voit alors bien inspiré de renverser au second poteau, où Anže Kuralt s’est fait oublier. Le numéro 92 n’a plus qu’à pousser la rondelle dans une cage ouverte pour arracher des prolongations totalement inespérées... alors qu’il restait seulement deux petites secondes à jouer (4-4 à 59'58"). À croire que les dieux du hockey ne veulent pas voir cette série se terminer...

KURALTAnze20022016Poissompré, en ébullition, a littéralement explosé telle une grenade dégoupillée. L’euphorie n’est donc pas retombée au moment d’aborder cette mort-subite que les Spinaliens, revenus de très loin, amorcent en supériorité. Un avantage numérique tout près de profiter à Maxime Moisand, bien décalé par Ján Plch, qui voit son one timer s’écraser sur le montant (60'45"). Les Ducs peuvent donc s’estimer chanceux d’avoir pu tuer cette pénalité...

Tout à l’avantage des "orange", cette prolongation prend une tournure défavorable pour les visiteurs après une charge dangereuse assénée par Robin Gaborit. Le solide ailier écope d’une pénalité mineure assortie d’une méconduite (64'04"). On se dit alors qu’Angers, au bord de la rupture, va craquer. Mais Girard, tel un roseau, plie sans céder. Les "hiboux", à genoux, s’en remettent aux prouesses de leur portier, bien présent devant Cacciotti (64'53") puis tout simplement prodigieux sur une reprise de Plch à bout portant. Le gardien canadien se couche sur sa ligne pour geler un palet brûlant (65'24"). Raphaël Girard, chaud bouillant, remet ça dans la foulée sur une frappe sèche de Ken Ograjenšek, qu’il repousse on ne sait comment (65'40")...

S’érigeant en muraille infranchissable devant le filet, le diplômé d’Harvard repousse ensuite tous les lancers qui lui sont adressés, de loin comme de près. Une solidité se prolongeant jusqu’à la redoutable épreuve des tirs de barrage. Une fusillade lancée par Yannick Riendeau, qui s’en ira glisser la rondelle dans un trou de souris (entre la mitaine et le poteau droit) au moyen d’une feinte gauche-droite habilement exécutée.

Maudits penalties...

L’air est irrespirable. Poissompré retient son souffle. Mais Anže Kuralt, qui lui emboîte le pas, voit son dribble échouer sur la jambière gauche du portier. Pas plus de réussite pour Maxime Lacroix, dont le tir à mi-hauteur frappe les jambières d’Andrej Hočevar.

Le Blond de dosLes Gamyo jouent avec les nerfs de leurs supporters, soulagés de voir Maxime Moisand trouver le petit filet, côté bouclier. Une joie de courte durée : Campbell s’en va aussitôt désarçonner Hočevar après l’avoir parfaitement fixé. Le Canadien, revenu sur sa droite après avoir feinté à gauche, n’a plus eu qu’à glisser le puck dans l’espace ainsi libéré...

Cette réussite met une énorme pression sur les épaules de Florian Sabatier, sur qui repose l’ultime espoir spinalien. Mais l’ex-Rémois, dans l’obligation de marquer, voit son essai rebondir sur la jambière droite d’un Girard laissant exploser sa joie. Le gardien québécois peut en effet jubiler. Au bout du suspense, c’est Angers qui s’est qualifié ; laissant à son adversaire spinalien d’éternels regrets...

Le déception est immense dans les travées, où les supporters n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Une page vient en effet de se tourner, fermant brutalement l’un des plus beaux chapitres de l’histoire du hockey spinalien. Une saison exceptionnelle qu’on n’oubliera pas de sitôt. Un engouement sans précédent s’était créé autour de ces Gamyo pouvant être fiers de ce qu’ils ont accomplis, malgré leurs visages défaits et leurs yeux rougis. Reste à surmonter la déception de cette cruelle élimination, prononcée à l’issue de ces maudits tirs au but. Un exercice très particulier qui n’aura jamais réussi aux hommes de Stéphane Barin cette saison...

PLCHJan20032016Au temps des au-revoir succède celui des adieux. Ceux d’un très grand Monsieur. Ján Plch, véritable monument du hockey spinalien, qui raccroche les patins à 41 ans après plus de 200 buts et près de 600 points récoltés en onze saisons passées au service du club vosgien. Un moment très émouvant pour tous les joueurs, supporters et dirigeants, qui lui seront éternellement reconnaissants... 

Réactions d’après-match (dans 100 % Vosges)

Anthony Maurice (manager général d'Épinal) : "Il n'y a que le hockey qui peut procurer ces émotions. On égalise à deux secondes de la fin, en prolongations, on touche la barre et les penaltys c'est un peu du 50-50. De la déception mais de la fierté aussi en voyant notre saison. On avait la série en main, comme l'an dernier pendant la finale, mais ce sont des petites choses qui font basculer la victoire d'un côté comme de l'autre. On a perdu le fil en fin de match 6 à Angers. Ils méritent leur qualification. Déçu car c'est la fin de beaucoup de choses et le début d'une autre. Je suis ému, il y a encore de belles images à écrire. Je pense à mon père qui laisse la main et à Ján Plch qui a construit ce club avec nous et qui s'arrête là."

MoisandMaxime26092015Ján Plch (attaquant d'Épinal) : "Aujourd'hui, c'est vraiment dommage, mais nous avons tout donné. Il faut respecter l'adversaire. Nous avons fait un superbe parcours cette année, les supporters ont encore été exceptionnels. Je vais encore réfléchir à mon avenir dans les prochains jours. Je pense que ma carrière de joueur va s'arrêter à 99,9 %. Mais j'aimerais beaucoup m'orienter vers un rôle d'entraîneur. Je garderai toujours en mémoire cette ville et ma carrière ici, la finale de la Coupe de France et celle de playoffs, l'an dernier, plus particulièrement."

Maxime Moisand (défenseur et capitaine d'Épinal) : "Beaucoup de déception et de frustration car nous avions le contrôle de la série contre Angers et beaucoup d'émotion aussi. Nous avions le potentiel pour aller plus loin. L'aventure était géniale. J'aurais aimé offrir un titre aux supporters, on verra dans le futur. Le club progresse, nous avions l'ambition d'aller chercher ce titre. Il ne suffit plus d'obtenir de bons résultats à Épinal, il faut des titres, c'est une preuve de progrès. On a réussi à construit un groupe formidable. Une "putain" de famille. On méritait cette finale mais je suis fier de ce qu'on a fait. On va voir ce qu'il se passe à l'intersaison. La question de mon avenir n'est pas encore réfléchie. Nous verrons bien dans les prochaines semaines."

 

Épinal - Angers 4-5 après tirs au but (1-1, 1-1, 2-2, 0-0, 0-1)
Dimanche 20 mars à 18h30 à la patinoire de Poissompré. Plus de 1 600 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Geoffrey Barcelo, assistés de Gwilherm Margry et Clément Gonçalves.Pénalités : Épinal (18’ (2’, 2’, 4’, 10’) ; Angers 26’ (6’, 2’, 6’, 2’+10’)
Tirs : Épinal 47 (11, 18, 10, 8) ; Angers 29 (8, 10, 9, 2)

Évolution du score :
0-1 à 05'05" : Lacroix assisté de Lahesalu et Lévèque
1-1 à 09'56" : Sabatier assisté de Moisand et Kuralt (sup. num.)
1-2 à 34'49" : Lacroix assisté de May et Riendeau (sup. num.)
2-2 à 37'53" : Kloz assisté de Charpentier et Cacciotti
2-3 à 44'13" : Albert assisté de Campbell et Julseth-White
3-3 à 49'31" : Plch assisté de Sabatier et Cacciotti
3-4 à 58'22" : Julseth-White assisté de May et Campbell (sup. num.)
4-4 à 59'58" : Kuralt assisté d'Ograjenšek et Plch (double sup. num.)

Tirs au but :
Épinal : Kuralt (raté), Moisand (réussi), Sabatier (raté)
Angers : Riendeau (réussi), Lacroix (raté), Campbell (réussi)


Épinal

Attaquants :
Steven Cacciotti - Florian Sabatier - Anže Kuralt
Anthony Rapenne - Dominik Fujerik - Ján Plch (A)
Dorian Peca - Hugo Vinatier - Yannick Offret (A)
Pierre-Charles Hordelalay - Matthieu Le Blond - Ken Ograjenšek

Défenseurs :
Maxime Moisand (C) - Tomáš Klouček
Jiří Klimíček - Vojtěch Kloz
Gašper Sušanj - Thibaut Farina
Martin Charpentier

Gardien :
Andrej Hočevar (sorti de sa cage de 58'37" à 60'00")

Remplaçants : Lucas Savoye (G), Maxime Martin.

Angers

Attaquants :
Yannick Riendeau - Maxime Lacroix - Robin Gaborit
Dimitri Thillet [puis Jensen] - Cody Campbell (A) - Julien Albert (C)
Braden Walls - Brian Henderson - Jimmy Jensen [puis Matthieu Frecon]

Défenseurs :
Jeff May - Nolan Julseth-White
Gary Lévèque (A) - Lauri Lahesalu
Raphaël Faure

Gardien :
Raphaël Girard.

Remplaçants : Alexis Neau (G), Sébastien Valade, Maxime Griet, Gautier Alvau, Gauthier Gibert et Augustin Nalliod-Icazard. Absents : Josh Lunden (commotion), Michael Busto (fracture de la mâchoire).