Canada - États-Unis : l'autre rivalité

Le 17e Championnat du monde Élite féminin, disputé à Kamloops au Canada, a rendu son verdict. Qui sont les médaillées et les reléguées ? 

WWC2016On connaît donc l'épouvantail que rencontrera la France dans un an en Division 1A. Les Japonaises étaient parvenues à se sauver l'année dernière aux dépens de l'Allemagne. Elles n'ont pu éviter cette fois-ci la relégation, battues par deux fois par la Suisse. En 2017, Françaises et Japonaises joueront dix ans après leur dernière confrontation. Au Mondial Division 1 2007 à Nikko, les Bleues s'étaient inclinées lourdement 7-0 face au Japon. Mais les temps changent...

Le dernier carré de ce Championnat du monde était identique aux deux éditions précédentes puisque l'on retrouvait évidemment les deux nations reines de la discipline, le Canada et les États-Unis, ainsi que la Finlande et la Russie.

Pauvres Russes qui avaient certes assuré l'essentiel face aux Suédoises en quart mais qui n'ont pu rivaliser face aux écuries nord-américaines. 8-1 Canada, 8-0 États-Unis... puis de nouveau les États-Unis en demi-finale avec une dernière correction 9-0, les Russes n'ont pas résisté bien longtemps face aux deux puissances du hockey féminin.

La Finlande s'en est mieux sortie. Surtout grâce à la gardienne Meeri Räisanen, toujours à l'aise devant ses filets. Face au Canada en demi-finale, les Lionnes ont gardé le 1-1 jusqu'à la 38e minute et le but de Meghan Agosta qui a permis au Canada de prendre les devants. A un quart d'heure de la fin, les Canadiennes menaient 3-1 mais ne croyez pas pour autant que c'en était fini. Les Finlandaises se sont battues jusqu'au bout, créant une fin de match totalement folle puisque quatre buts ont été marqués dans les cinq dernières minutes. Le Canada s'est qualifié logiquement, 5-3, non sans avoir eu quelques frayeurs.

Loin d'être ridicules en demi-finale, les Lionnes auraient mérité le bronze. Mais malgré de nouvelles performances solides de Räisänen, c'est la Russie qui s'est emparée de la troisième place en s'imposant aux tirs au but après un score vierge 0-0. Les essais gagnants en fusillade d'Anna Shukina et Olga Sosina ont permis à la Russie d'obtenir une troisième médaille aux Championnats du monde. Finalement, les Russes n'auront remporté que deux rencontres : le quart de finale et le match pour la médaille de bronze !

Place aux deux superpuissances 

Au début, ce sont huit équipes en compétition et à la fin, ce sont toujours les Américaines et les Canadiennes en finale. La règle d'or du hockey féminin est immuable tant aux Championnats du monde qu'aux Jeux olympiques. Si le Canada, qui évoluait cette année à domicile, est quadruple champion olympique, les Américaines ont elles remporté les deux derniers titres mondiaux ainsi que le premier duel du tour préliminaire (3-1). Cet affrontement canado-américain féminin est devenu une des grandes rivalités de la discipline avec des matchs toujours accrochés. L'édition 2016 n'a pas dérogé à la règle.

Devant 5850 spectateurs, la Canadienne Emerance Maschmeyer (33 arrêts) et l'Américaine Alex Rigsby (32 arrêts) ont réalisé un formidable duel à distance. 0-0. Mais cette fois-ci, pas de séance de tirs au but. A la 73e minute, Megan Bozek frappe, Jocelyne Lamoureux dévie la trajectoire, le puck ricoche sur la jambière de Maschmeyer, Alex Carpenter en profite pour pousser le puck au fond des filets dans le dos de la jeune gardienne du Canada. 

Comme toujours dans ce choc entre rivales nord-américaines, le destin est cruel. Il l'est particulièrement pour Emerance Maschmeyer (21 ans), préférée à la gloire Charline Labonté pour disputer sa première finale mondiale, qui n'aura cédé que sur un petit rebond capricieux qui vaut finalement de l'or.  

Avec ce succès, les États-Unis poursuivent une séquence impressionnante : troisième titre mondial consécutif, le septième ces neuf dernières années et une invincibilité aux Mondiaux portée à 14 victoires de rang, soit depuis 2013. Ce rendement confirme les nombreux talents qui composent la sélection US - toujours les sœurs jumelles Lamoureux et Hilary Knight en tête - mais aussi le système étanche prôné par Ken Klee. Avec seulement 3 buts encaissés en 5 rencontres, l'ancien défenseur star de Washington, à la barre du Team USA ces deux dernières années, a de quoi être satisfait.

En manque de réussite offensivement, notamment sur les supériorités numériques - 0 sur 6 essais dont 2 en prolongation - c'est un nouvel échec pour les Canadiennes en finale, le deuxième à domicile en trois ans. Elles auront une énième revanche à prendre l'année prochaine. Et devinez où ? Je vous donne un indice : c'est plus au sud que le Canada...

Commentaires d'après-match

Alex Carpenter (attaquante des États-Unis) : "L'enceinte est devenue silencieuse. Je n'étais pas vraiment sûre que ce soit dedans. Je n'étais même pas sûre que le tir initial soit rentré. Mais finalement, le but était valide et c'est le plus important."

Megan Duggan (attaquante des États-Unis) : "C'est toujours excitant de remporter un championnat du monde. Mais gagner contre nos rivales dans leur arène, c'est encore plus savoureux !"

Marie-Philip Poulin (attaquante du Canada) : "Ça fait mal. A chaque fois, vous travaillez dur pour ça et vous récoltez l'argent. C'est dur."

Équipe-étoile :

Meeri Räisänen (G / FIN) ; Monique Lamoureux (D / USA), Jenni Hiirikoski (D / FIN) ; Hilary Knight (A / USA), Rebecca Johnston (A / CAN), Christine Hueni (A / SUI).

Élue meilleure joueuse du tournoi : Hilary Knight (USA).
Élue meilleure gardienne du tournoi : Emerance Maschmeyer (CAN).
Élue meilleure défenseure du tournoi : Jenni Hiirikoski (FIN).
Élue meilleure attaquante du tournoi : Hilary Knight (USA).

Classement :

1. États-Unis
2. Canada
3. Russie
4. Finlande
5. Suède
6. République Tchèque
7. Suisse
8. Japon