Bélarus - France (EHC 2016, match 1)

L'équipe de France commence sa préparation aux championnats du monde, à un mois de l'échéance, dans un contexte forcément lourd. L'entraîneur-adjoint Pierre Pousse, victime d'un terrible accident face à une voiture en contresens sur l'autoroute, est blessé aux jambes et surtout endeuillé par le décès de sa femme. Stéphane Barin le remplace au pied levé pour assister Dave Henderson.

Il manque aux Bleus une petite moitié de titulaires potentiels, dont les deux leaders défensifs (Auvitu et Hecquefeuille). Elle dispose surtout de tous ses joueurs de Ligue Magnus, sauf quelques-uns qui sont légèrement blessés et pourraient rejoindre le groupe plus tard comme Loïc Lampérier et Brian Henderson.

Le Bélarus, quant à lui, a déjà la plupart de ses joueurs à disposition, hormis un finaliste de KHL (Geoff Platt, coéquipier du Français Stéphane Da Costa au CSKA) et quelques rares expatriés nord-américains. Les joueurs du Dynamo Minsk sont là depuis longtemps, et les finalistes du championnat national (moins Razvadovsky gravement blessé pendant la finale) viennent d'arriver. Ils sont mis au repos, sauf le jeune Roman Dyukov (20 ans), directement testé en première paire défensive. Néanmoins, le premier trio offensif qui avait fait bonne impression aux derniers Mondiaux n'est pas encore prêt. Aleksei Kalyuzhny, confirmé en tant que capitaine, fait une pause en raison de problèmes de hanche, et un seul des deux frères Kostitsyn est apte au jeu pour l'instant.

KOVAL Vitali 120506 369La principale différence entre les deux équipes tient néanmoins dans le niveau de préparation. Le camp du Bélarus a commencé depuis dix jours, alors que les Français ne se sont pas entraînés avant de prendre l'avion. Ils sont arrivés directement à Grodno, et c'est sur cette glace "étrangère" qu'ils essaient de se mettre dans le rythme et de travailler les systèmes et les unités spéciales.

Deux jours, c'est néanmoins très court, et cela se ressent sur la première supériorité numérique, pas encore au point. Après une sortie un peu hasardeuse de Florian Hardy, sans conséquence, Damien Fleury se procure la première grosse occasion du match sur une rapide contre-attaque, arrêtée par Vitali Koval. Une obstruction est alors sifflée contre Yorick Treille, une pénalité que la France tue sans trop de mal. Le Bélarus laisse d'étonnants espaces. Le néo-défenseur Grégory Béron s'engouffre ainsi dans une brèche jusqu'au gardien, qui ferme la porte. La fin de tiers est tout de même dominée par l'équipe locale, avec une longue séquence installée de la troisième ligne, puis des tirs de Kulakov et Stepanov qui mettent Hardy sur la brèche jusqu'à la sirène.

En début de deuxième période, Andrei Stepanov gratte un palet contre la bande et vient encore tester le gardien français, mais une minute plus tard, ce sont les Bleus qui ouvrent le score sur une mise au jeu en zone offensive : Eliot Berthon gagne l'engagement pour un tir instantané de Damien Fleury, et Charles Bertrand prend le rebond axial à mi-distance, dans le haut du filet. L'équipe de France bénéficie ensuite de deux avantages numériques... qui aboutissent surtout à deux contre-attaques dangereuses de Kovyrshin et de Drozd. C'est ensuite à 5 contre 5 qu'Artur Gavrus s'échappe seul face à Hardy, de plus en plus solide face à un adversaire qui a élevé l'intensité. Son vis-à-vis Vitali Koval n'est pas en reste en fin de période.

Le troisième tiers-temps s'ouvre par un cinglage de Damien Fleury. Pendant cette pénalité, Charles Linglet échoue d'abord à bout portant sur Hardy, mais l'action continue et le Canadien naturalisé biélorusse, qui a parfois trop tiré la couverture à lui sur certaines actions, a finalement la bonne inspiration. Il dribble un Grégory Béron sans crossse - il l'a cassée en commettant un cinglage - et sert Kovyrshin parfaitement placé au poteau opposé. Une pénalité différée ayant été sifflée contre Béron, les Français restent en infériorité, et ils souffrent de longues minutes, avec un dégagement interdit désespéré après le retour à cinq. Le Bélarus a maintenant l'emprise sur le match, mais se heurte toujours à un solide Hardy. Les jeux de puissance sont défaillants de part et d'autre et l'égalité est donc maintenue. Les Bleus auraient même pu réaliser le hold-up sur un 2 contre 1 à vingt secondes de la fin.

FLEURY Damien 140515 376Le Bélarus se crée deux occasions franches pendant la prolongation de cinq minutes. Andrei Kostistsyn arrive en face-à-face avec Hardy qu'il dribble, mais n'arrive pas à redresser son revers. Un tir d'Artur Gavrus frôle ensuite la lucarne. La France finit en infériorité car Chakiachvili a accroché Drozd qui l'a contourné, mais elle résiste.

Tout se joue donc aux tirs au but. Fleury et Desrosiers cherchent tous deux l'espace apparemment grand entre les bottes de Koval, sans doute un leurre du gardien. Kovyrshin parvient en revanche à glisser le palet derrière Hardy qui pensait avoir fait l'arrêt. Charles Bertrand égalise  avec une grande rapidité d'exécution, absente chez Stepanov qui ralentit devant la cage : un partout après trois tirs. Frustré sur son premier essai, Andrei Kostitsyn a donc une seconde chance, une troisième même en comptant celle de la prolongation, et il feinte bien Hardy en évitant son poke-check. Vitali Koval capte ensuite de la mitaine le revers de Ritz et offre la victoire à son équipe. Après 65 minutes de jeu, la revanche dès le lendemain après-midi nécessitera une bonne récupération.

Désignés joueurs du match : Vitali Koval pour le Bélarus et Eliot Berthon pour la France.

Commentaires d'après-match

Dave Lewis (entraîneur du Bélarus) : "Dans le vestiaire, j'ai présenté un nouveau rituel. J'ai attribué le casque symbolique de meilleur joueur du match dans notre équipe. Comme vous pouvez vous en douter, c'était Koval. Il n'a pas connu une bonne saison, mais il est en bonne forme. Il a eu sa chance de le montrer, et ne l'a pas manquée. Ce n'est que le premier match, nous devons encore nous améliorer. Nous n'avons pas encore assez travaillé les supériorités numériques, et cela se voyait."

Dave Henderson (entraîneur de la France) : "Nous n'avons eu que deux séances d'entraînement. J'ai dit à l'équipe que l'objectif principal de ces rencontres était de nous donner de la pratique. Un mois avant le championnat du monde, cela ne fait pas tant que ça. Les deux équipes ont bien joué, même si je pense que nous devons mieux jouer défensivement. Si le score de ce match a été bas, c'est parce que les deux gardiens ont été excellents."

 

Bélarus - France 2-1 après tirs au but (0-0, 0-1, 1-0, 0-0, 1-0)
Vendredi 8 avril 2016 à 19h00 à Grodno. 2370 spectateurs.
Arbitrage de Petr Amosov et Maksim Sidorenko (BLR).
Pénalités : Bélarus 20' (2', 4'+10', 4', 0') ; France 14' (2', 2', 8', 2').
Tirs : Bélarus 32 (11, 7, 9, 5) ; France 21 (7, 6, 7, 1).

Évolution du score :
0-1 à 24'00" : Bertrand assisté de Fleury et Moisand
1-1 à 41'35" : Kovyrshin assisté de Linglet (sup. num.)

Tirs au but :
France : Fleury (arrêté), Desrosiers (arrêté), Bertrand (réussi)
Bélarus : Kovyrshin (réussi), A. Kostsitsyn (arrêté), Stepanov (arrêté).
Tireurs supplémentaires : A. Kostsitsyn (B, réussi), Ritz (F, arrêté).


Bélarus

Attaquants :
Andrei Kostitsyn (-1, 2') - Yevgeni Kovyrshin (-1) - Charles Linglet (-1)
Sergei Drozd (2') - Andrei Stas - Artur Gavrus
Aleksandr Pavlovich (2') - Aleksandr Kulakov - Andrei Stepanov (2')
Konstantin Koltsov (10') - Artyom Volkov - Aleksandr Kitarov

Défenseurs :
Ivan Usenko (-1) - Roman Dyukov (-1)
Nikita Ustinenko - Andrei Filichkin
Oleg Goroshko - Ilya Shinkevich
Evgeni Nogachyov (2') - Dmitri Znakharenko

Gardien :
Vitali Koval

Remplaçant : Dmitri Milchakov (G). En réserve : Kevin Lalande (G), Dmitri Korobov (blessé), Kristian Khenkel (repos),

Artyom Demkov (repos), Aleksei Kalyuzhny (hanche), Sergei Kostitsyn (convalescence), Nikita Komarov, Stanislav Lopachuk, Dmitri Ambrazheychyk.

France

Attaquants :
Julien Desrosiers (2') - Laurent Meunier (C) - Yorick Treille (2')
Damien Fleury (+1, 4') - Eliot Berthon (+1) - Charles Bertrand (+1)
Sacha Treille - Nicolas Ritz - Anthony Rech
Jordann Perret - Damien Raux - Vincent Kara
Nicolas Arrossamena

Défenseurs :
Nicolas Besch - Antonin Manavian
Florian Chakiachvili (4') - Grégory Béron (2')
Teddy Trabichet - Jonathan Janil (+1)
Maxime Moisand (+1)

Gardien :
Florian Hardy

Remplaçant : Clément Fouquerel (G). En réserve : Raphaël Faure, Florian Douay.