Bélarus - France (EHC 2016, match 2)

Le retour manqué de Fouquerel 

Le capitaine français Laurent Meunier a été mis au repos pour ce second match, ce qui modifie un peu les lignes. Le Bélarus, quant à lui, a changé pas mal de joueurs pour injecter du "sang frais". Il teste aussi un nouveau gardien, Milchakov succédant à Koval : ce poste est le plus sensible pour cette équipe car aucun titulaire ne se dégage entre des portiers qui ont tous connu une saison médiocre.

Les Bleus tirent les premiers sur Milchakov, qui apparaît sûr, mais ce sont les Biélorusses qui ouvrent le score au bout de cinq minutes. La défense française s'est mal coordonnée et Dmitri Znakharenko est tout seul face au but pour reprendre un rebond. L'équipe locale tue ensuite une pénalité de Demkov puis remet sa pression par le vétéran Koltsov, ailier hier et replacé aujourd'hui au centre. La France égalise par un tir croisé de Nicolas Ritz, servi par une passe diagonale de Desrosiers à travers la zone neutre, mais elle ne convertit pas une nouvelle supériorité numérique. Le Bélarus applique un fort pressing dans la zone offensive dans la dernière minute de la première période.

RITZ Nicolas 140515 388Hormis un 2 contre 1 inexplicablement gâché, la France subit le jeu en deuxième période. Une pénalité de Manavian s'achève tandis que le Bélarus initie une belle circulation de palet en triangle, avec un rebond de Gavrus pour conclure. Nicolas Besch égalise trente secondes plus tard... mais les arbitres invalident le but après recours à la vidéo.

À la mi-match, la France change de gardien pour lancer Clément Fouquerel. Un moment-clé pour lui. Cela fait trois ans qu'il est en équipe de France, mais il ne compte jusqu'ici que trois sélections, peu convaincantes (4 buts encaissés par match en moyenne avec 85,7% d'arrêts). Or, cette saison, pendant sa convalescence après une opération de l'épaule, de nouveaux gardiens ont été testés en bleu (Ylönen et Bertein) et menacent maintenant sa place de numéro 4 dans la hiérarchie nationale, derrière Huet, Hardy et Quemener.

Fouquerel se chauffe tout d'abord en arrêtant un tir de Linglet, bien décalé par Koltsov. Il est ensuite bien protégé par sa défense pendant une pénalité de Béron. De retour au complet, Damien Fleury est proche de marquer en recevant une passe au second poteau, mais un défenseur biélorusse s'interpose in extremis. Alors que les Français paraissent dans une bonne phase, ils encaissent le 3-1 : parti de l'aile droite, Andrei Stepanov réussit un magnifique une-deux avec Kulakov pour dérouter Janil et arrive ainsi devant Fouquerel pour le tromper.

Le palet vole de crosse en crosse entre les joueurs rouges, et semble aller trop vite pour les joueurs français. Andrei Stepanov part de la bande et s'insère jusqu'au but, sans que Sacha Treille ne s'interpose, pour marquer en deux temps. Et alors que les Bleus tentent une timide réaction en zone offensive, une passe en retrait contrée arrive jusqu'à Stepanov, tout seul pour conclure son triplé personnel.

STEPANOV Andrei 120504 534Le bateau tricolore prend l'eau de toutes parts. Besch part en prison pour avoir gardé le palet en main. En avantage numérique, Stanislav Lopachuk feinte le tir et sert en fait dans le cercle opposé Charles Linglet, qui a le but grand ouvert. Un sérieux manque de hargne dans les duels, notamment de Moisand dans l'enclave face à Drozd, permet à Ambrozheychik d'ajouter le septième but, le quatrième en moins de cinq minutes ! Une pénalité de Manavian permettra ensuite à Sergei Drozd de conclure entre les cercles un très beau jeu en triangle pour clore le score à 8-1.

Rude soirée pour Clément Fouquerel, c'est sûr. Il ne doit pas porter le chapeau de la défaite, ni même du score, car il a été livré à lui-même sur la quasi-totalité des buts encaissés. Mais évidemment, 12 arrêts en 18 tirs ne plaident pas en sa faveur. Sa chance est passée, et il rentrera donc à la maison pendant que Cristobal Huet rejoindra l'effectif. Sebastian Ylönen, plus jeune d'un an, lui est préféré en troisième gardien.

Avec les arrivées de Lampérier, après une semaine de physiothérapie personnalisée, et des expatriés Hecquefeuille, Dieudé-Fauvel et Teddy Da Costa, certains doivent en effet quitter le groupe : le vétéran défensif Teddy Trabichet, l'ailier Nicolas Arrossamena et le dernier arrivé, le jeune Haut-Savoyard Florian Douay. Malgré sa puissance physique et sa belle saison en LNA suisse à Genève, il devra apprendre la patience comme les autres, car il est rare avec Dave Henderson qu'un joueur se fasse une place au Mondial dès sa première saison.

Doucement, l'équipe de France prend forme, même dans la douleur. Cette lourde défaite, sur un second match rapproché avec peu de préparation, ne présage pas en soi de la suite. Il reste de longues semaines de préparation, et d'autres renforts potentiels importants, comme Yohann Auvitu et Valentin Claireaux (play-offs en Finlande), Stéphane Da Costa (finale KHL), Antoine Roussel et Pierre-Édouard Bellemare (play-offs NHL).

Désignés joueurs du match : Andrei Stepanov pour le Bélarus et Nicolas Ritz pour la France.

Commentaires d'après-match

Dave Lewis (entraîneur du Bélarus) : "La première moitié du match a été vraiment équilibrée. Le deuxième but français refusé a peut-être été un tournant. Nous avons continué à mettre de l'intensité devant le but et nous avons su marquer. Il faut garder à l'esprit que nous avons changé une ligne complète pour introduire des forces fraîches. Nos adversaires n'ont pas eu cette opportunité. Notre but à ce stade est de voir ce dont les joueurs sont capables. Chaque match est différent. Je ne sais même complètement expliquer pourquoi nous avons mis autant de buts."

Dave Henderson (entraîneur de la France) : "Le score final est 8-1, mais il n'y avait que 2-1 à la mi-match. Nous avons alors perdu Chakiachvili blessé au genou et nous avons changé de gardien, mais malheureusement, il n'a pas montré le match qu'on attendait de lui. En fait, il y a des choses à corriger dans le jeu chez les deux équipes. Mais nous avons pris trop de pénalités. Et les Biélorusses ont su les exploiter."

 

Bélarus - France 8-1 (1-1, 2-0, 5-0)
Samedi 9 avril 2016 à 16h30 à Grodno. 1700 spectateurs.
Arbitrage de Petr Amosov et Maksim Sidorenko (BLR).
Pénalités : Bélarus 6' (4', 0', 2') ; France 24' (0', 4', 10'+10').
Tirs : Bélarus 37 (6, 13+7, 11) ; France 20 (10, 7, 3).

Évolution du score :
1-0 à 05'11" : Znakharenko assisté de Komarov et Khenkel
1-1 à 13'32" : Ritz assisté de Besch et Desrosiers
2-1 à 28'48" : Gavrus assisté de Stepanov et Lopachuk
3-1 à 36'44" : Stepanov assisté de Kulakov et Khenkel
4-1 à 41'49" : Stepanov assisté de Pavlovich et Kulakov
5-1 à 44'24" : Stepanov
6-1 à 45'22" : Linglet assisté de Lopachuk et Usenko (sup. num.)
7-1 à 46'40" : Ambrazheychyk assisté de Drozd et Usenko
8-1 à 54'36" : Drozd assisté d'Ambrazheychyk et Gavrus (sup. num.)


Bélarus

Attaquants :
Stanislav Lopachuk (2') - Konstantin Koltsov - Charles Linglet (-1)
Sergei Drozd (+1) - Dmitri Ambrazheychyk (+1) - Artur Gavrus (+2)
Artyom Demkov (+1, 2') - Artyom Volkov (+1) - Nikita Komarov
Aleksandr Pavlovich (+3, 2') - Aleksandr Kulakov (+3) - Andrei Stepanov (+4)

Défenseurs :
Ivan Usenko (+2) - Roman Dyukov (+1)
Nikita Ustinenko - Andrei Filichkin
Oleg Goroshko (+2) - Ilya Shinkevich (+2)
Kristian Khenkel (+1) - Dmitri Znakharenko (+1)

Gardien :
Dmitri Milchakov

Remplaçant : Kevin Lalande (G). En réserve : Vitali Koval (G), Dmitri Korobov (blessé), Aleksei Kalyuzhny (hanche), Sergei Kostitsyn (convalescence), Evgeni Nogachyov, Yevgeni Kovyrshin, Andrei Stas, Aleksandr Kitarov, Andrei Kostitsyn.

France

Attaquants :
Damien Fleury (-3) - Eliot Berthon (-3) - Charles Bertrand (-2)
Sacha Treille (-1, 4') - Nicolas Ritz - Julien Desrosiers (-1)
Florian Douay - Anthony Rech (2') - Yorick Treille (C)
Jordann Perret (-1) - Damien Raux (-2) - Nicolas Arrossamena (-1)
Vincent Kara

Défenseurs :
Florian Chakiachvili - Grégory Béron (-2, 2')
Nicolas Besch (-1, 2') - Antonin Manavian (-3, 4'+10')
Maxime Moisand (-1) - Jonathan Janil (-3)
Raphaël Faure (-1)

Gardien :
Florian Hardy puis Clément Fouquerel à 30'44"

En réserve : Sebastian Ylönen (G), Teddy Trabichet, Laurent Meunier.