Strasbourg 2 - Montpellier (barrage D2/D3, match retour)

L'Iceberg strasbourgeois est une patinoire où les Vipers de Montpellier se sont rarement produits. La dernière fois (la seule avant ce match d'ailleurs), c'était pour se prendre une pâtée (5-1) face au futur champion de D1, qui inaugurait par la même occasion sa toute nouvelle enceinte sportive.

Depuis, le destin de chacun de ces deux clubs a évolué : Montpellier recommence une nouvelle ère, en bas de l'échelle, quand Strasbourg vient de conforter, pour la 10e saison consécutive, sa légitimité sportive en Ligue Magnus. C'est donc bien son équipe réserve qui joue ce soir face aux Héraultais, et non plus l'équipe fanion. Cette équipe "2" est composée essentiellement de jeunes pousses locales (dont l'équipe U22 vient d'être sacrée championne de France Excellence) et va essayer de se maintenir en D2, après une saison régulière maigre en victoires, puis de récents barrages infructueux pour s'y maintenir, face à un Marseille guère plus fringant d'ailleurs.

Les Héraultais, fraîchement titrés en D3, sont venus au complet, y compris avec leurs dirigeants dans les gradins. En effet, et c'est une nouveauté cette saison, le titre de D3 ne suffit plus, il faut en plus vaincre le relégué potentiel de D2 pour espérer monter d'une marche dans la hiérarchie. On ne peut d'ailleurs pas dire que cette nouveauté ait eu beaucoup de publicité depuis le début de la saison. Et les spectateurs alsaciens durent être bien motivés pour y assister puisque l'horaire indiqué sur ce même site (18h30) n'était pas celui finalement décidé (20h30).

Le match aller à Végapolis fut serré puisque les Vipers ne l'ont remporté que par un seul but de différence (4-3). Le dernier match de cette saison, celui de ce soir, laissera donc pour l'une des deux équipes un goût amer en cas de défaite.

Autant le match de l'Étoile Noire contre les Spartiates marseillais fut compliqué et frustrant à jouer pour les locaux, autant l'entame de cette dernière partie laisse augurer un meilleur déroulement. En effet, sur l'un des premiers rushs, Erwan Agostini loge de près, à mi-hauteur, la rondelle dans la cage de Mojmir Bozik, en conclusion d'un rapide travail de combinaison aves ses deux acolytes de ligne (1-0 à 1'12"). Les Alsaciens patinent vite, jouent assez précisement et pressent très haut, ce qui gêne sensiblement des visiteurs pas encore sortis de leur bus. Tout juste entend-on "Ce n'est rien" sur leur banc lors de l'ouverture du score, histoire de relativiser leur début très poussif.

VipersPendant une petite dizaine de minutes, Montpellier courbe l'échine, et attend de voir les locaux s'essouffler pour remonter à son tour vers Ludovic Rio, comme sur ce tir flottant de la bleue, adressé par Ivan Bohin, qui ricoche juste devant le portier bas-rhin pour lui filer ensuite dessous (1-1 à 12'19"). Le tir, visiblement pas bien méchant, aboutit à un but, certes plutôt foireux mais qui coupe net les jambes des Strasbourgeois, et notamment de leur portier, ensuite encore bien fébrile sur 2-3 autres tirs montpelliérains. Les Vipers pressent progressivement et resserrent les espaces vers la zone neutre.

Ce schéma de resserrement se retrouve lors de toute la seconde période, nettement plus fermée que la précédente. De part et d'autre, on marque le bonhomme, ce qui a pour résultat de ne donner que peu de tirs cadrés durant les dix premières minutes du tiers. Strasbourg offre la première grosse occasion lors d'une double séquence initiée par une remontée de Colin Morillon, puis un palet flottant dans les airs que Nicolas Siegfriedt ne peut exploiter (32'07"). Les deux protagonistes se livrent dès lors un peu plus, et procurent un peu plus d'attrait à cette fin de période, notamment lors de ce tir de la bleue, plein axe, que Morillon transforme (2-1 à 37'58"). On sent alors les Alsaciens ragaillardis et en meilleure confiance.

Cette confiance sera de courte durée puisque, dès le retour des vestiaires, les visiteurs reviennent au score : il doit rester 10 secondes d'infériorité à jouer dans leur zone aux Strasbourgeois quand un très mauvais palet de relance est capté par Raimonds Danilics, qui se joue de son défenseur pour ensuite crucifier le gardien (2-2 à 40'29"). Une nouvelle fois rattrapés au score sur une nouvelle erreur grossière, les Bas-Rhinois accusent sérieusement le coup et perdent notamment leur esprit collectif, préférant remonter en solo vers Bozik. Les Héraultais, de leur côté, contrôlent consciencieusement l'accès à leur slot, tout en lançant dès que possible à l'avant, tactique rendue possible par le positionnement haut des locaux. C'est ainsi que Danilics, lumineusement lancé par Petr Janecka, prend de vitesse son défenseur pour ensuite tromper, du revers, l'infortuné Rio (2-3 à 44'02").

Dès lors, l'Étoile Noire bute constamment sur la défense des Vipers, dont le mot d'ordre est visiblement, et avant tout, de repousser le plus loin possible. Les Bas-Rhinois, quoique vaillants, échouent fréquemment soit par trop d'indivualisme, soit par trop d'hésitations au moment de tirer, notamment lorsqu'ils sont installés en zone adverse. Une dernière opportunité de revenir au score leur est offerte lorsque Robert Mokry est puni pour un trébucher plus que sévère (suivi d'une méconduite de dix minutes encore plus sévère dans la continuité). Hélas, le jeu de puissance n'est pas leur point fort des Alsaciens (10% d'efficacité cette saison, l'un des moins bons de la division 2) et cet ultime ne le démentira pas, tant les jeunes locaux auront de nouveau peiné à s'installer en zone adverse, même en sortant leur gardien. Au contraire, c'est de nouveau ce diable de Danilics qui récupère contre sa bande et envoie loin devant, dans la cage strasbourgeoise désertée (2-4 à 58'35").

C'en est fini définitivement pour Strasbourg qui assiste groggy, lorsque la sirène retentit une dernière fois, à l'allégresse des Montpelliérains. Les Vipers ont enfin leur visa sportif pour remonter en D2, çà vaut bien une pluie de gants et de crosses en l'air pour fêter ça.

Triste fut vécue cette saison, du côté de Cronenbourg. C'est d'autant plus dommage, sur ce match en particulier plutôt équilibré, que Montpellier a offert un visage un peu plus conquérant que son homologue marseillais venu, lui, pour bétonner. Les Vipers opéraient essentiellement à deux lignes, au hockey relativement précis et concentré. On aurait pu croire que Strasbourg ne recommencerait pas les mêmes erreurs fébriles qu'il y a trois semaines contre Marseille, et le début du 1er tiers, puis d'autres bonnes séquences au cours du match, l'ont laissé espérer. Hélas, la patience des visiteurs a eu raison de la fougue et de l'imprécision des locaux. La réserve de l'Etoile Noire est donc définitivement reléguée en Division 3. Enfin, définitivement... à moins que...

 

Strasbourg II - Montpellier 2-4 (1-1, 1-0, 0-3)
Samedi 16 avril 2016 à 20h30 à la patinoire de l'Iceberg. 300 spectateurs.
Arbitrage de M. Crégut assisté de MM. Chouleur et Zaegel.
Pénalités : Strasbourg 12' (2', 6', 4') ; Montpellier 22' (2', 4', 6'+10').
Tirs : Strasbourg 22 (7, 8, 7) ; Montpellier 27 (11, 10, 6).

Évolution du score :
1-0 à 01'12" : Agostini assisté de Messinger et Schultz
1-1 à 12'19" : Bohin assisté de Janecka
2-1 à 37'58" : Morillon
2-2 à 40'29" : Danilics (sup. num.)
2-3 à 44'02" : Danilics assisté de Janecka
2-4 à 58'35" : Danilics (inf. num., cage vide)


Strasbourg

Attaquants :
Nathan Grabherr - Nicolas Siegfriedt - Romain Schmitt
Yannick Maillot - Maxence Leroux - Valérian Mathieu
Pierre Schultz (C) puis Jordan Brenans (A) à 40' - Karl Messinger - Erwan Agostini
Matthieu Mehl

Défenseurs :
Maxime Deplanque - Luc Baillis
Colin Morillon - Paul Adrien Grasser
Alastair Franc - Johan Desplan

Gardien :
Ludovic Rio

Remplaçants : Hugo Souchère (G), Alex Blandin.

Montpellier

Attaquants :
Marek Michalovic - Petr Janecka - Raimonds Danilics
Franck Saunier - Juraj Ozorak - Pierre Pichard
César Lefranc - Yannick Galibert - Morgan Yon

Défenseurs :
Ivan Bohin (C) - Clément Rey
Pavol Fancovic, Robert Mokry, Arthur Coley

Gardien :
Mojmir Bozik

Remplaçants : Mickaël JeanPierre (G), Kilian Manus Scheidt, Olivier Batardière, Alex Palmitjavila, David Foltzer, Alexandre Vivien, Romain Cerneau.