Conférence de presse FFHG - équipe de France

Le point sur les dossiers en cours, le bilan d'étape et la préparation de l'équipe de France pour les championnats du monde.

Luc Tardif, président de la FFHG, sur le bilan décennal de la nouvelle fédération

Le 29 avril, nous fêterons nos dix ans. Quand on regarde avec le recul, nous sommes passés de 14500 à 20500 licenciés, nous sommes montés de la vingtième place mondiale environ à la douzième, chez les garçons comme chez les filles. De nouveaux patinoires ont ouvert leurs portes à Strasbourg, Gap, Epinal, Vaujany, Samoëns. Des projets sont à venir à Angers et Dunkerque, plus le centre national du hockey qui ouvrira ses portes le 19 novembre prochain à Cergy-Pontoise.

Nous avons convaincu les pouvoirs publics d'investir dans un équipement dédié au hockey, et ce sera une belle base arrière pour la préparation aux championnats du monde. On est ébahi de cet équipement. Les premiers centres nationaux ont été Clairefontaine (football) et Marcoussis (rugby), ensuite le Vélodrome, ensuite nous. On n'a pas la prétention d'être le football ou le rugby, mais on peut susciter par notre ambition des marques de confiance.

La nouvelle Ligue Magnus va voir le jour dans une configuration plus européenne et plus professionnelle, car avant on n'avait pas assez de matches. Cela provoquait des réserves des étrangers pour venir en France et l'exode de nos meilleurs joueurs.

BercyLe bémol de ce bilan, c'est la qualification olympique qui nous a échappé ; on jouera la suivante chez les garçons comme chez les filles la saison prochaine.

Luc Tardif sur l'organisation du Mondial 2017 à Paris et Cologne

Mon objectif à la création de la fédération était de ramener le hockey à Bercy. On a appris à organiser les matchs internationaux avec le protocole qu'il faut. On voyait que les co-organisations commençaient à se dessiner, au départ il a fallu convaincre nos amis allemands et on avait ainsi un tuteur qui a le savoir-faire. Le hockey aura 15 jours, aucun sport n'a mobilisé Bercy aussi longtemps. On avait des dates peu favorables cette année dans le calendrier, mais l'an prochain, la Coupe de France retournera aux dates qui nous conviennent, la finale aura lieu le 19 février 2017.

Éric Ropert, Directeur Général de la FFHG et du Comité d'Organisation du Mondial 2017

On a mis en place un plan dès le lendemain de l'attribution. La priorité est le marketing. On a 230 000 billets à vendre pour réussir notre chiffre d'affaires, c'est un gros enjeu. On se sert de l'expérience de l'Allemagne, et on bénéficie d'un a priori favorable de l'IIHF et de son agence Infront qui ont envie que le hockey sur glace se développe en France. On a engagé Martine Nemecek qui a organisé les championnats du monde d'athlétisme, la Coupe du monde de rugby et les Jeux équestres mondiaux. On voulait une expérience de haut niveau.

Nous avons trois cibles. D'abord, cette saison, mobiliser le milieu du hockey français dans chaque club, chaque ligue, pour remplir la salle et pour que les gens puissent s'identifier aux joueurs et aux valeurs que nous portons. C'était l'objet du "We can be heroes Tour" dans les patinoires de Ligue Magnus et les magasins proches de notre partenaire Déctathlon. Nous visons ensuite le public étranger, avec l'Office de Tourisme de Paris, et la région Ile-de-France où nous souhaitons mobiliser au-delà du public du hockey.

MascottesNous voulons que l'expérience soit la plus souriante possible. Notre concept est un fan village dans le parc avoisinant, qui sera un passage obligé. Ce sera un lieu ouvert à l'ambiance festive, accessible sans billet, mais avec un préfiltrage pour raisons de sécurité.

On cherchait une mascotte qui fonctionne dans les deux pays. Ce sont les Allemands qui ont proposé Astérix et Obélix. On était surpris au début, puis on a découvert qu'ils étaient extrêmement populaires. L'Allemagne est le deuxième marché mondial pour les ayant-droits, c'est un enjeu financier important mais nous sommes chanceux d'avoir pu passer un accord avec les Editions Albert René.

Stéphane Barin, entraîneur-adjoint de la France

L'intégration s'est bien passée, et vite dans les circonstances particulières sur lesquelles on ne va pas revenir. Quand Dave et la DTN m'ont demandé de remplacer Pierre Pousse, je n'ai pas beaucoup réfléchi. Je connais la maison, ça fait partie de mon ADN. Mon patron ne m'a pas encore crié dessus, alors ça ne doit pas trop mal se passer ! J'avais des habitudes de coaching différentes en club et il faut m'adapter, mais nous partageons la même volonté de faire briller la France.

Cristobal Huet, gardien de l'équipe de France

La forme n'est pas idéale. Je n'étais pas là la première semaine, je n'ai fait que 3-4 jours de préparation à Amiens. Après l'IRM, j'ai pris un peu de repos. Je me suis ré-entraîné depuis vendredi. Je n'en ai pas parlé avec Dave, mais l'idée est que je joue sans doute au minimum 2 matches sur les 3 restants. La victoire contre la Slovaquie fait du bien car il est difficile de perdre, même en préparation. On n'a pas la pression du maintien, mais on ne regarde jamais vers le bas. Si on arrive à prendre des points dans les premiers matchs, on sera en course pour les quarts de finale. L'an dernier, cela avait manqué, on avait eu l'impression de faire un bon match contre l'Allemagne, sans gagner.

Dave Henderson, sélectionneur national de la France

Les résultats ont été difficiles en début de préparation. On a préservé Cristo à cause d'une petite blessure à la cuisse. Il manquait trois défenseurs importants, les autres manquaient de repères. L'intensité et les exigences augmenteront la saison prochaine pour les joueurs évoluant en France avec la réforme de la Ligue Magnus. Les transmissions entre la défense et l'attaque ont longtemps été laborieuses, c'était mieux au dernier match car la partie défensive était plus en place dans la récupération du palet, dans la précision des passes, et au combat dans les zones de guerre devant la cage.

HendersonDaveBellemare - après les 5 jours de réunion de sortie et de bilan médical à Philadelphie - et Auvitu devraient nous rejoindre en Norvège ce week-end ou à notre arrivée à Saint-Pétersbourg. Stéphane Da Costa a des pépins de santé, il doit repasser un examin à son retour en France, on attend de voir s'il pourra nous rejoindre. La venue d'Antoine Roussel est compromise puisque Dallas est au deuxième tour des play-offs NHL. On avisera pour lui laisser une place selon l'évolution des résultats, mais je lui souhaite de gagner la Coupe Stanley.

Jordann Perret, ça fait un moment qu'on le regarde. Il a la vitesse, la hargne, l'intensité, la fougue de la jeunesse. Il gagne ses duels. Il ajoute quelque chose de différent sur le bloc Meunier-Treille, et le fait dans les trois zones. Il a moins d'expérience dans la zone défensive, mais n'a pas le même rôle que Laurent et Yorick. Leur bloc est fixé pour le prochain match. Pour la suite, on verra...

Tim Bozon, on l'avait pris trop tôt aux championnats du monde en Finlande en 2013. Ensuite, il est tombé malade. On a suivi ses résultats en AHL et en ECHL, on l'a mis sur la liste car on le connaît, sans le connaître. On a pu voir contre la Slovaquie que la maladie est derrière lui, il a pris de la force, du poids, il a même un peu grandi. Bien sûr, il est capable de dribbler, mais il n'y a pas que ça. Il joue dans les deux zones, c'est important car un centre doit être responsable dans sa zone. Quand il y récupérait le palet, il ne paniquait pas, il créait de la stabilité.

Questions diverses d'actualité posées par Hockey Archives...

... à Luc Tardif sur ses souhaits pour la composition du groupe à Paris en 2017

Nous souhaitons l'équipe du Canada à Paris car on a fait des tests et c'est celle que les gens associent au hockey. Comme les Allemands veulent avoir les Russes, on arrivera à s'entendre. L'IIHF autorise quelques entorses au ranking entre équipes de niveau proche pour la composition des poules.

... à Éric Ropert sur la fusion Chamonix/Morzine et le repêchage

Chamonix continue sa participation, et nous avons reçu un courrier du HCMAG qui expliquait se retirer du championnat pour fusionner avec Chamonix. Tout a été fait et validé avec les juristes. L'équipe jouera en alternance dans les deux patinoires. La fusion élargit la base de partenaires en tapant dans la vallée, alors que les deux clubs tapaient un peu aux mêmes portes en dehors de leurs villages.

Les dossiers de repêchage en remplacement de Morzine doivent arriver d'ici fin avril, il y a des déclarations orales mais ce qui compte est la qualité effective du dossier. La décision interviendra mi-mai. L'ordre du mérite sportif est 1 Nice (battu en barrages), 2 Lyon, 3 Briançon, 4 Anglet, mais il faudra que le dossier soit validé. Les dirigeants de Nice sont conscients que le budget, la patinoire et le staff ne sont aujourd'hui pas à la hauteur. Un responsable matériel peut être bénévole en D1, mais à 2 ou 3 matchs par semaine en Magnus, il ne peut être que pro. Les dirigeants niçois savent très bien de quels éléments ils ont besoin pour que leur dossier soit acceptable, on a échangé avec eux.

Certes, l'idée est de descendre progressivement les nouvelles exigences de la Ligue Magnus vers la D1, mais nous sommes prudents car nous avons connu l'époque des dépôts de bilan. On ne peut imposer aux clubs de division 1 d'avoir des structures professionnelles quand beaucoup de joueurs n'y sont pas pros.

... à Éric Ropert sur le tournoi de qualification olympique et la CHL

La préparation pour la qualification olympique commencera le 15 août. La CHL a convenu que les joueurs des pays impliqués dans la qualif olympique seraient libres du 23 août au 5 septembre, leurs rencontres se jouant avant ou après. Notre idée est que Rouen et Gap puissent se présenter avec tout leur effectif en CHL, on s'est battu pour que les clubs français y soient.

(photos Emmanuel Giraudeaux)