Des Bleus combatifs

La France et l'Allemagne co-organisent le Mondial 2017 et sont donc protégés. En revanche, l'amitié sur la glace n'est pas au programme pour ce match d'ouverture pour les deux équipes.

Des absents, mais trop de joueurs...

But France 1 IMG 4068

Dave Henderson implique rapidement ses quatre blocs sur la glace. Appliqués, les Bleus s'efforcent de relancer proprement et ne concèdent qu'un tir excentré dans les premières minutes. Après un premier tir de Fleury dans la mitaine, les Bleus brillent en contre. Yorick Treille et Meunier gagnent un duel dans la bande en défense, et Perret décolle sur le côté. Il fixe et trouve Raux à l'opposée, qui ne manque pas l'offrande (1-0).

Lampérier commet un cinglage juste après - il ne rejouera pas du match - et la France doit défendre. La confiance est là avec cette ouverture du score et Meunier part en contre, frôlant le deuxième but avec un nouvel échange avec Perret. L'équipe spéciale défend bien, et toute l'équipe maintient cette agressivité sur le porteur de palet adverse. De quoi obtenir une nouvelle occasion par Bertrand de près.

Le jeu s'équilibre, sans grande occasion franche. Boyle d'un côté, Sacha Treille de l'autre, puis Draisaitl trouvent les bottes des gardiens. Sur cette phase, la France se dégage mal et change de ligne trop lentement : le surnombre n'échappe pas aux officiels. Encore une fois, la France ne lâche rien, presse haut et prive l'Allemagne d'occasion. Les changements de ligne posent problème à la France. Trop lente encore, elle lâche une occasion sur l'aile opposée et Huet, bien avancé, stoppe le palet. La discipline pose problème cependant et Fleury commet un cinglage sur un contre fançais.France Allemagne IMG 4044

L'Allemagne obtient sa meilleure chance mais Huet couvre son deuxième poteau et gêle le palet, allongé sur la glace, sur une chance de Schütz au rebond de Hager.

Agressive vers l'avant, la France reste maladroite sur ses changements et commet un nouveau surnombre. Elle doit finir le tiers à trois contre cinq. Huet sauve devant Ehrhoff et les Bleus récupèrent un joueur juste avant de rentrer au vestiaire avec un but d'avance.

Le bon départ a été un peu plombé par l'indiscipline, qui a cassé l'élan français. La concentration de toute l'équipe permet malgré tout de tirer un bilan positif de ce tiers.

Une bonne réaction

France Allemagne IMG 4051Il reste 1'18" à tuer, et les Bleus n'y parviennent pas. Gogulla et Schütz combinent, Rieder, au deuxième poteau, conclut dans le dos de la défense (1-1).

La France reçoit une supériorité lorsque Schütz commet un faire trébucher, puis un retard de jeu leur donne 21 secondes de double supériorité. Teddy Da Costa est bien servi en diagonale et Pielmeier bloque bien la volée puissante. Puis, Bertrand manque le cadre sur un tir du cercle et Sacha Treille dévie hors cadre un nouvel essai.

L'Allemagne s'en sort et Noebels manque de peu de donner l'avantage à son camp en perçant l'axe de la défense française. Les Bleus relancent assez bien. Sur une montée de Trabichet, Claireaux, de l'aile, tente de retrouver le défenseur. Le Grenoblois, déséquilibré, percute le gardien.

Ce jeu de transition offre de jolis contres. Desrosiers, lancé par Bellemare, cherche à repiquer dans l'axe, mais Fleury passait dans la zone du gardien. Chakiachvili envoie lui au fond, et Pielmeier se troue : le palet finit sa course sur le dessus du but.

France Allemagne IMG 4166Alors que Rieder rentre brièvement au vestiaire, coupé à la pommette, la partie s'équilibre. Les deux formations se lancent dans le défi physique, cherchant à camper devant les gardiens pour faire écran. Ce bras de fer prend un coup d'arrêt avec un faire trébucher de Meunier dans la neutre, pris à contre-pied. La France plie, et Huet doit s'employer. Malheureusement, le retour à cinq est confus. Schütz arrive lancé et son tir ras glace trompe Huet (1-2).

Les Bleus répliquent de suite avec un bon tir de l'aile stoppé par Pielmeier. Le jeu français devient décousu et le palet file d'un but à l'autre. L'Allemagne est toute proche du troisième but et le disque est dégagé par miracle, après une présence trop longue de la ligne Bertrand. À l'opposée, Teddy Da Costa slalome et se crée un tir dangereux du revers.

À 50 secondes de la pause, Beron, servi à la pointe, lance au but et Claireaux dévie au fond des filets. Les officiels vérifient s'il n'y a pas crosse haute. Le but est validé, le premier de Claireaux aux championnats du monde et les premiers points de Béron et Chakiachvili : le banc français se montre (2-2). Tout reste à jouer dans le troisième tiers...

France Allemagne IMG 4191

Partie d'échecs

Le troisième tiers débute lentement, et Dieudé-Fauvel concèdent deux minutes de pénalité. Bien placés, les défenseurs voient cependant le disque traverser l'enclave jusqu'à Reimer qui reprend : Huet, en grand écart, sauve son camp. Flaake prend deux minutes sur l'action et les joueurs d'Henderson se retrouvent vite en supériorité. Le premier bloc s'installe bien et tente plusieurs tirs menaçants par Fleury, Auvitu et Bellemare, sans réussite. Dans l'élan, la France pose son jeu offensif et garde bien le palet dans la zone. L'Allemagne peine à dégager et offre même un tir à Ritz tout seul dans l'axe : Pïelmeier sort la mitaine.

France Allemagne IMG 4197La France rate encore un changement de ligne, lorsque Pielmeier joue vite un dégagement. Troisième surnombre du jour ! La défense tient parfaitement, ne concédant pas grand chose, alors que l'Allemagne s'efforçait de trouvait Reimer poteau opposé.

À cinq contre cinq, Huet sauve encore un tir de loin et le combat physique reprend. Contacts, duels... les deux équipes ne lâchent aucun espace. La tension monte, les deux équipes hésitant à prendre des risques. Les minutes défilent, tendues : prolongation !

L'Allemagne s'installe la première et lance de loin, à côté. Peu après, une bonne montée de Chakiachvili pousse Müller à la faute. Henderson prend son temps mort pour préparer ce jeu de puissance. Auvitu joue l'intégralité des deux minutes et le palet s'installe bien, avec plusieurs tirs pas toujours cadrés. Dans la continuité, les Bleus menacent la défense et ne concèdent qu'une seule vraie chance dans les derniers instants. Tirs au but !

But vainqueur D.Fleury MG 3061Drasaitl lance le premier, et trouve Huet sur sa route.
Desrosiers enchaîne. Sa feinte n'échappe pas à la jambière de Pielmeier.
Rieder suit et Huet le contre en grand écart.
Fleury arrive vite et trouve la lucarne ! 1-0 (photo)
Marcel Goc doit marquer. Huet le poke-checke et les Bleus s'imposent !

Les Bleus entament donc idéalement avec deux points, dans un match qui aurait pu basculer des deux côtés. La loterie des tirs au but a favorisé la France, qui peut prendre confiance après cette prestation solide. Il y a encore du travail en terme de discipline, mais la combativité des joueurs de Dave Henderson a fait merveille.

Désignés joueurs du match : Laurent Meunier (France) et Timo Pielmeier (Allemagne)

Commentaires d'après-match

Sacha Treille (attaquant de la France) : "C'est une entrée idéale, deux points qui vont nous mettre en confiance. C'est la meilleure façon d'entrer dans le tournoi, de donner le tempo. On n'a jamais lâché et fait 60 minutes complètes. Les pénalités sont à éviter, cela leur a donné la chance de revenir. Nous avons bien travaillé les derniers jours pour se mettre en place. Maintenant, ce n'est que le premier match, il ne faut pas s'enflammer."

Jordann Perret (attaquant de la France) : "Sur le but, j'attends des solutions, et j'opte pour la passe, ça a marché. Il y avait de l'adrénaline pour ce premier match, un stress positif. Je joue avec deux joueurs d'expérience qui me donnent de bons conseils et depuis le début de la préparation, on se trouve bien. Une super année qui continue ! J'ai eu beaucoup de temps de jeu, sur la deuxième ligne et en infériorité. Je prends le temps qu'on me donne et je me donne à fond. C'est bien de prendre des points contre l'Allemagne, cela donne confiance pour la suite. La Slovaquie sera un gros match, il faudra bien jouer défensivement et se montrer opportunistes."

Laurent Meunier (capitaine de la France) : "Nous sommes contents de la victoire, même si nous avons été indisciplinés et que nous avons donné à l'Allemagne une chance de renverser le match."

Damien Fleury (attaquant de la France) : "La première période a été difficile, à cause des pénalités. Nous avons été bons à quatre contre cinq et eu pas mal de bonnes occasions. À la fin du premier tiers, on s'est dit d'arrêter nos conneries et de commencer à jouer au hockey, d'avoir du fun. Tout le monde est capable de marquer dans cette équipe, comme on l'a montré en préparation. Cela donne confiance à tout le monde. Peu importe qui, il y a un bon travail défensif et la qualité pour marquer. Le tir au but ? J'ai joué toute l'année contre lui en Allemagne, je savais qu'il a tendance à descendre donc qu'il fallait tirer en hauteur. Je connaissais ses faiblesses, il ouvre le haut du filet."

Cristobal Huet (gardien de la France) : "L'an dernier, nous avions bien joué contre eux mais rien au final. c'est important d'avoir ce petit capital maintenant, mais si ça ne veut rien dire. Cela renforce nos certitudes sur notre jeu, notre façon d'aborder ce mondial. [Au sujet de ses débuts en 1997] Oui, c'est une fierté depuis de jouer pour la France. Il y a beaucoup d'excitation aussi car notre niveau monte au fil des ans, et il y a ce Mondial à Paris. Ce sera sûrement ma dernière année d'ailleurs, c'est beaucoup de sacrifices et ce n'est pas facile pour les enfants. [Les tireurs allemands ?] Non, rien préparé, zéro ! Je ne les connaissais pas."

Dave Henderson (entraîneur de la France) : "Un bon début, puis des pénalités. Trois surnombres, c'est trois de trop. Nous avons eu une préparation difficile. Là, il y avait de la nervosité, ce n'est jamais facile contre l'Allemagne. Les joueurs ont travaillé dur, après, les tirs au but, c'est la loterie. Il va falloir travailler sur ces pénalités inacceptables: deux cinglages en zone offensive et trois surnombres. Ce qui est bien, c'est que l'équipe n'a pas baissé les bras menée 2-1 et globalement, il y a eu de la discipline dans le plan de jeu. Nous étions bien dans les trois zones. [Quatre joueurs avec leur premier point au Mondial, c'est la réponse aux absences !] Avec Pierre Pousse et la FFHG, on travaille depuis des années, avec les stages U23 en République Tchèque et des sélections tout au long de l'année pour leur donner de l'expérience. Jordann Perret par exemple, il ne s'est pas posé de questions, il a amené de la vitesse et presque un deuxième but, où la cage a bougé. Un match plein, c'était un outsider en début de préparation mais il a montré qu'il était prêt, quand il le fallait. [Les absents en défense] Remplacer un blessé c'est pas facile, alors trois... Il faut le dé à coudre et bien recoudre ! Tout le monde a répondu présent, les efforts de tous ont payé. c'est la force mentale du groupe. Ce n'est pas un hasard si Laurent Meunier est joueur du match, il est un vrai leader sur la glace et sur le banc. L'équipe a continué à se battre. [Le jeu de puissance, muet ?] Une bonne possession, du mouvement mais pas assez tranchant, pas dangereux. [Les surnombres ?] La zone IIHF est plus petite, seulement 1m50 au lieu de deux ou trois. Aux joueurs de s'ajuster et de s'assurer que leur coéquipier est sorti avant de sauter sur la glace. [La Slovaquie ?] C'est une équipe rapide, qui sera sûrement moins physique que l'Allemagne. Ils ont des bonnes individualités, on l'a vu dans nos deux matchs de préparation."

La Marseillaise IMG 4376Marco Sturm (entraîneur de l'Allemagne) : "Nous sommes déçus bien sûr, mais il y a eu beaucoup de bonnes choses. Nous avons eu nos chances, mais le palet n'a pas tourné dans notre sens. Les gars étaient nerveux au début, mais ils sont fiers et ont joué en équipe, pour prendre un bon point. Cette première expérience d'entraîneur se passe bien, grâce à un staff expérimenté, et aux joueurs, qui travaillent dur. Les entrainements étaient bons et ce n'est qu'un début. Oui, j'ai beaucoup joué en Amérique du Nord, côtoyé de grands entraîneurs et joueurs. J'essaie de prendre le meilleur de chaque. Le style se rapproche de ce que j'ai vécu là bas, je suis plus à l'aise ainsi."

 

France - Allemagne 2-2 (1-0, 1-2, 0-0, 0-0) / 1-0 aux tirs au but
Samedi 7 mai 2016, 16h15. Yubileyny arena de Saint-Pétersbourg. 3750 spectateurs.
Arbitrage de Martin Frano et Antonin Jerabek (TCH) assistés de Jon Kilian (NOR) et Sakari Suominen (FIN).
Tirs : France 22 (4, 8, 8, 2), Allemagne 29 (12, 10, 5, 2)
Pénalités : France ' (8', 2', '), Allemagne ' (0', 4', ')

Évolution du score
1-0 à 03'38" : Raux assisté de Perret et Meunier
1-1 à 20'26" : Rieder assisté de Gogulla et Schutz (sup. num.)
1-2 à 36'50" : Schutz assisté de Gogulla et Hager
2-2 à 39'10" : Claireaux assisté de Beron et Chakiachvili

Tirs au but 
Allemagne : Draisaitl (arrêt), Rieder (arrêt), Goc (arrêt)
France : Desrosiers (arrêt), Fleury (but)


France

Attaquants :
Damien Fleury (A) - Pierre-Edouard Bellemare (A) - Julien Desrosiers
Yorick Treille - Laurent Meunier (C) - Jordann Perret
Sacha Treille - Tim Bozon - Charles Bertrand
Nicolas Ritz - Teddy Da Costa - Valentin Claireaux
Loïc Lampérier

Défenseurs :
Yohann Auvitu - Teddy Trabichet
Grégory Béron - Florian Chakiachvili
Benjamin Dieudé-Fauvel - Damien Raux
Jonathan Janil

Gardien :
Cristobal Huet

Remplaçant : Florian Hardy (G). Réserviste : Ronan Quemener (G)

Allemagne

Attaquants :
Tobias Rieder - Leon Draisaitl - Patrick Reimer
Brooks Macek - Felix Schütz - Philip Gogulla
Jerome Flaake - Marcel Goc (C) - Marcel Noebels
Marcus Kink (A) - Yannic Seidenberg - Patrick Hager

Défenseurs :
Korbinian Holzer - Christian Ehrhoff (A)
Denis Reul - Moritz Muller
Daryl Boyle - Sinan Akdag
Constantin Braun

Gardien :
Timo Pielmeier

Remplaçant : Felix Brückmann (G). Réserviste : Torsten Ankerst.