Il fallait lire Hockey Archives, Edgars...

Les deux "vainqueurs" de la première journée, Tchèques et Lettons, s'affrontent pour continuer à capitaliser.

Le point pris par la Lettonie contre les Suédois peut en effet être comptabilisé comme une victoire. Dans ce groupe A, chaque point comptera, et le faux-pas de la Suisse contre le Kazakhstan le confirme : les Lettons peuvent s'attendre à tout, aussi bien à un quart de finale qu'à une relégation.

Les deux héros d'hier, les gardiens, ont été logiquement reposés pour ce second match en deux jours, mais ils ont placé la barre très haut pour leurs successeurs. Dominik Furch, l'homme qui a blanchi les Russes, cède sa place dans la cage tchèque à Pavel Francouz. Et dans les buts lettons, Elvis Merzlikins, la sensation de Lugano, passe le témoin au vétéran Edgars Masalskis.

PLEKANEC Tomas 110513 028Les Lettons entrent bien dans la partie. Mais alors qu'ils s'installent en zone offensive, le tir de Galvins est contré et Červenka récupère le palet. Le grand espoir David Pastrňák envoie alors une longue passe vers son capitaine Tomáš Plekanec, qui envoie un missile sous les bottes de Masalskis (0-1). Pas forcément le but idéal pour celui qui voudrait défendre son poste de gardien titulaire...

La soirée de Masalskis commence vraiment mal. Bicevskis laisse traîner sa crosse entre les jambes de Koukal, et cette première pénalité est convertie en quelques secondes. Plekanec gagne l'engagement puis convertit à bout portant, sous le bras du gardien balte, un beau jeu en triangle de Červenka et Kaspar (0-2).

Les Lettons accusent le coup. Les Tchèques sont maintenant à la fois plus précis techniquement et plus actifs sur le palet. Deux joueurs baltes sortent toutefois du lot par leur dynamisme, le centre de NHL Zemgus Girgensons et le jeune Rodrigo Abols. Ils amènent d'ailleurs les premières supériorités numériques par leur effort de patinage. La Lettonie, à court de solutions, ne saura rien en faire.

La pénalité contre Michal Řepík (sa deuxième de suite pour le même motif !), qui a retenu Masims Sirokovs dans un duel, est à cheval sur les deux premiers tiers-temps. La Lettonie est ainsi proche de réduire le score à la reprise : la déviation de Miks Indrasis sur tir de Cibulskis passe juste à côté de la cible.

Les Tchèques contrôlent ensuite le palet et le jeu. Après les deux buts encaissés en cinq tirs en première période, Edgars Masalskis en profite pour montrer qu'il a encore de beaux restes. Il réalise même un véritable festival : un poke-check face à Zaťovič en échappée solitaire, une mitaine basse pour capter un tir de Robert Kousal, un arrêt du bout du patin face à Kempný parfaitement décalé avec la cage ouverte par Tomas Filippi, et enfin un nouveau grand écart en face-à-face avec Richard Jarůšek. Oui, papy est encore souple et n'a pas l'intention de laisser sa place à un gamin !

MASALSKIS Edgars 130505 653Les performances de leur gardien semblent donner confiance aux Lettons. Ils semblaient dépassés jusque là, mais les voilà soudain qui repassent à l'attaque. Ils se procurent d'abord une séquence installée d'une minute, et juste après, lancent une contre-attaque rapide à deux joueurs. La belle passe du revers d'Andris Dzerins trouve Roberts Bukarts, et le tir du joueur d'Extraliga tchèque transperce Francouz au niveau de l'épaule (1-2).

La Lettonie est revigorée, peut-être même un peu trop. Ronald Kenins prend de l'élan et charge violemment Tomáš Kundrátek dans le coin de la patinoire. Le joueur tchèque, blessé, doit quitter la patinoire pendant que l'on nettoie la glace. L'attaquant balte des Canucks de Vancouver est expulsé pour une charge à la tête. Les cinq minutes d'avantage numérique pourraient tuer le match, mais Masalskis se montre malin comme un vieux singe en levant le bras après avoir pris un palet dans le masque. Il n'a pas mal du tout, et l'arbitre, pas dupe, en sourit, mais si ça peut permettre à son équipe de souffler sous la pression. Le tir en angle de David Pastrňák ne trouve que le poteau et le score reste de 1-2 à la pause.

Les Tchèques vont grandement regretter ces longues minutes de supériorité numérique non utilisées, qui se prolongent ensuite par un surnombre letton. Ils ont pourtant l'habitude de galérer plus que de mesure face à la Lettonie, mais sont toujours incapables de se mettre à l'abri. Lorsque Kašpar part en prison, le powerplay balte, jusqu'ici inoffensif, fait mouche. Le tir de Rodrigo Abols - qui a pris la place de Kenins - rebondit dans les bottes de Francouz et Zemgus Girgensons, laissé tout seul devant le gardien par Jordan (qui a tenté de contrer le tir initial) et Jeřábek, prend le rebond avant d'exploser de joie (2-2).

REDLIHS Mikelis 130210 317Mieux encore, à trois minutes de la fin, Roberts Bukarts résiste à la charge de Kolar qui devait l'aplatir dans la bande et attire même un second joueur tchèque dans le coin : il sort le palet pour Andris Dzerins qui voit aussitôt Mikelis Redlihs libre dans l'axe (3-2). La Lettonie tient une victoire historique... ou pas. On entre dans la dernière minute, et un tir flottant de la ligne bleue de Michal Kempný est dévié du bout de la palette par Michal Řepík (3-3).

Hormis Dzerins qui se met à dribbler tous ses adversaires sur une action, les Lettons ont l'air déjà bien contents de ce point marqué pendant la prolongation. Mais un petit point plus un risque de suspension de Kenins, ce serait un butin assez maigre après être passé si près de l'exploit.

Bien sûr, la Lettonie a peut-être l'idée d'attendre la "loterie" des tirs au but. Mais cette loterie n'en est pas une quand une des deux équipes compte "l'huissier de justice" Lukáš Kašpar dans ses rangs. À le voir prendre position sans se méfier le moins du monde, Masalskis n'a pas révisé ses classiques. La prochaine fois, il consultera Hockey Archives : comme en quart de finale et en demi-finale des Mondiaux 2010, comme en février, comme en avril, Kašpar réalise sa "spéciale" entre les jambes du gardien. C'est tellement plus sûr que les feintes : ni Kovar ni Koukal n'arriveront à conclure en levant le palet dans le cadre une fois Masalskis mis en grand écart

Parmi les trois tireurs lettons, Kaspars Daugavins est le plus proche du but avec un pénalty étonnant : il avance très lentement, puis accélère très brutalement pour feinter le gardien par la droite et rabattre le palet... sur le poteau. La Lettonie gratte encore un point face à une grosse équipe de la poule, mais un seul.

Désignés joueurs du match : Tomáš Plekanec pour la Tchéquie et Edgars Masalskis pour la Lettonie.

 

Lettonie - Tchéquie 3-3 (0-1, 1-1, 2-1, 0-0) / 0-1 aux tirs au but
Samedi 7 mai 2016 à 20h15 au Palais de glace VTB de Moscou. 4650 spectateurs.
Arbitrage de Jozef Kubus (SVK) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Aleksandr Otmakhov (RUS) et Nikolaj Ponomarjow (ALL).
Pénalités : Lettonie 31' (2', 2'+5'+20', 2', 0'), Tchéquie 8' (6', 0', 2', 0').
Tirs : Lettonie 25 (7, 9, 7, 2), Tchéquie 38 (5, 18, 12, 3).

Évolution du score :
0-1 à 03'33" : Plekanec assisté de Pastrňák et Červenka
0-2 à 06'23" : Plekanec assisté de Kašpar et Červenka (sup. num.)
1-2 à 35'26" : Bukarts assisté de Dzerins et Redlihs
2-2 à 48'20" : Girgensons assisté d'Abols et Daugavins (sup. num.)
3-2 à 57'41" : Redlihs assisté de Dzerins et Bukarts
3-3 à 59'01" : Řepík assisté de Jeřábek et Kovář

Tirs au but :
Tchéquie : Kaspar (réussi), Kovar (arrêté), Koukal (poteau).
Lettonie : Abols (arrêté), Daugavins (poteau), Bukarts (palet échappé).


Lettonie (2' pour surnombre)

Attaquants :
Kaspars Daugaviņš (C) - Zemgus Girgensons (A, -1) - Ronalds Ķēniņš (+1, 5'+20')
Roberts Bukarts (+1) - Andris Džeriņš (+2) - Mikelis Rēdlihs (+2)
Edgars Kulda - Gints Meija (A, -1) - Miks Indrašis (-1)
Gunārs Skvorcovs - Māris Bičevskis (2') - Rodrigo Ābols
Vitālijs Pavlovs [une présence]

Défenseurs
Edgars Siksna - Guntis Galviņš (-1)
Kristaps Sotnieks (+1) - Maksims Širokovs (-1)
Oskars Cibuļskis (-1, 2') - Aleksandrs Jerofejevs (+1)
Ralfs Freibergs

Gardien
Edgars Masaļskis

Remplaçant : Elvis Merzļikins (G). En tribunes : Aleksejs Širokovs, Jānis Andersons.

Tchéquie

Attaquants :
Roman Červenka (A, +1) - Tomáš Plekanec (C, 2') - David Pastrňák
Michal Birner (+1) - Jan Kovář (+1) - Michal Řepík (+1, 4')
Tomáš Zohorna - Robert Kousal - Lukáš Kašpar (2')
Petr Koukal (-1) - Tomáš Filippi (-1) - Richard Jarůšek (-1)
Martin Zaťovič

Défenseurs :
Michal Jordán - Jakub Jeřábek
Jan Kolář - Radim Šimek
Michal Kempný - Tomáš Kundrátek
Milan Douděra

Gardien :
Pavel Francouz [sorti de 58'57" à 59'01"]

Remplaçant : Dominik Furch (G).