La Norvège tire et le Danemarque

Le duel Norvège-Danemark est en train de devenir un des classiques du championnat de monde de handb… euh, de hockey sur glace, non par le prestige des engagés mais par sa récurrence.

Les deux nations se croisent fréquemment depuis 2006 et la remontée des Norvégiens en élite. Le bilan est largement en faveur de la Norvège, avec sept victoires sur les huit dernières confrontations officielles (c’est-à-dire hors matchs amicaux) mais la plus récente, celle qui compte, est revenue aux Danois. C’était l’an dernier, et ce succès permit d’ailleurs au Danemark de se maintenir en élite. Cette année, les deux rivaux rêvent de déguster l’autre en entrée - plutôt qu’au dessert - et cette rencontre risque de déterminer l’avenir de l’un et de l’autre. En gros, le vainqueur peut espérer être l’usurpateur des quarts, le perdant risque de serrer les dents jusqu’au bout (pardon pour ceux qui attendaient une autre partie du corps, cet espoir était sans fondement).

S’il y a un lieu où le Danemark garde un patin d’avance sur son cousin septentrional, c’est entre lmes poteaux. Certes, l’époque Grotnes est révolue, mais Lars Haugen ne fait pas autant peur aux Danois que Sebastian Dahm effraie les Norvégiens. L’an dernier, Dahm avait, à lui tout seul, mis les Norvégiens en échec (calembour) et le voilà parti pour leur infliger le même sort. Après un échange de tirs sur les poteaux (Jannik Hansen contre Ole-Kristian Tollefsen), les Norvégiens lancent quinze fois contre six et ne récoltent que de la frustration. Pas faute d’essayer. Martinsen, par exemple, cage presque ouverte sur la droite de Dahm, voit son Némésis revenir à temps pour lui opposer... un manche de crosse.

HAUGEN Lars 140517 012Le hockey sur glace est un sport imprévisible mais il a ses règles, ses régularités. Rassurantes, pour tout dire. Ainsi, une équipe qui tire au but sans marquer finit souvent par baisser le rythme, la garde et la tête. L’adage est vérifié sans traîner. Une minute après le début du tiers médian, Frederik Storm trouve Nicklas Jensen dans la même position que Martinsen tantôt. L’ancien choix de draft des Canucks (aujourd’hui dans l’équipe ferme des NY Rangers) prend le temps d’étourdir Haugen et place le puck dans le plafond (0-1, 21'06").

Dahm, lui, prouve sa solidité en nettoyant tout, et s’il laisse un rebond devant Trettenes, les Danois font meute pour le protéger. À vrai dire, il a de moins en moins de boulot car ses copains équilibrent les débats offensifs et font même mieux en doublant leur avantage. Jesper B. Jensen s’aventure dans une zone peu familière, le slot adverse, et prouve qu’il ferait mieux d’y aller plus souvent. Servi par Eller, il place un imparable tir du poignet (0-2 à 34'12").

La Norvège se voit obligée de reprendre le collier pour la dernière période mais se demande bien comment chasser l’épouvantail Dahm, qui ne cille même pas quand Martinsen, bien malheureux, ou Bastiansen lui font face, yeux dans les yeux. Le tout se conclut sur une cage vide de Nicklas Jensen (0-3 à 59'45") et un sacré signal envoyé par le Danemark.

Écrasés aux tirs, un peu trop nerveux parfois (voir la fiche de Lars Eller), les gars de Jan Karlsson parviennent tout de même à engloutir un adversaire loin d’être le premier venu. Dans ce groupe où le Kazakhstan semble vouloir lui aussi casser quelques pieds, une surprise potentielle point à l’horizon. Les Norvégiens ne seraient pas étonnés qu’elle ressemble à un gardien au dossard 32.

Désignés joueurs du match : Lars Haugen pour la Norvège et Sebastian Dahm pour le Danemark.

Réactions d’après-match

Sebastian Dahm (gardien du Danemark) : "Ce groupe sera explosif. N’importe qui peut espérer les quarts et... craindre d’être relégué. Nous sommes bien partis mais il faut éviter de nous reposer sur ces lauriers"

Jesper B. Jensen (défenseur du Danemark) : "Je ne sais pas comment moi, un défenseur, ai pu me retrouver devant le but ! J’avais le champ libre et j’ai reçu une superbe passe de Lars Eller. Ce deuxième but était très important pour se détacher."

 

Norvège - Danemark 0-3 (0-0, 0-1, 0-2)
Samedi 7 mai 2016 à 16h15 au Palais de glace VTB de Moscou. 6668 spectateurs.
Arbitrage de Stefan Fonselius (FIN) et Tobias Wehrli (SUI) assistés de Henrik Pihlblad (SUE) et Peter Sefcik (SVK).
Pénalités : Norvège 4' (2', 2', 0') ; Danemark 16' (2', 6', 8').
Tirs : Norvège 44 (15, 10, 19) ; Danemark 28 (6, 15, 7).

Évolution du score :
0-1 à 21'06" : Nicklas Jensen assisté de Storm et Madsen
0-2 à 34'12" : J.B. Jensen assisté de Eller et Nielsen
0-3 à 59'45" : Nicklas Jensen assisté de Nielsen (cage vide)


Norvège

Attaquants :
Andreas Martinsen (-1) - Ken André Olimb (-1) - Mathis Olimb (-2)
Mats Rosseli Olsen (-1) - Anders Bastiansen (A, -1) - Mats Zuccarello Aasen (-2, 2')
Martin Røymark - Kristian Forsberg (-1) - Mathias Trettenes
Robin Dahlstrøm - Andreas Stene (-1) - Niklas Roest puis à 40' Thomas Valkvae Olsen (-1)

Défenseurs :
Jonas Holøs (-1) - Mattias Nørstebø (2')
Johannes Johannessen (-1) - Ole-Kristian Tollefsen (C, -1)
Mats Trygg (A, -1) - Henrik Odegaard (-1)

Gardien :
Lars Haugen [sorti à 58'21"]

Remplaçants : Lars Volden (G), Morten Ask (A). En réserve : Steffen Søberg (G), Dennis Sveum (D), Michael Haga (A).

Danemark (2' pour surnombre)

Attaquants :
Nikolaj Ehlers (+2) - Lars Eller (+1, 5x2') - Jannik Hansen (+1)
Frederik Storm (+1) - Morten Madsen (A, +2) - Nicklas Jensen (+2, 2')
Patrick Bjorkstrand - Mads Christensen - Morten Green (C)
Morten Poulsen - Kirill Starkov - Mathias Bau

Défenseurs :
Jesper B. Jensen (A, +2) - Nicholas Jensen
Mads Bødker (+1) - Stefan Lassen (+1)
Daniel Nielsen (+2) - Oliver Lauridsen (2')

Gardien :
Sebastian Dahm

Remplaçants : Simon Nielsen (G), Markus Lauridsen (D), Emil Kristensen (D).