Et si la Suisse risquait la relégation ?

Même les équipes qui pensent d'habitude aux quarts de finale ne sont pas à l'abri de la relégation dans le groupe A. Entre la Norvège et la Suisse, battues au premier match, le vaincu sera ainsi en mauvaise posture.

Bien sûr, les deux équipes peuvent se dire qu'elles ont dominé hier, qu'elles n'ont simplement pas eu de réussite offensive, mais ce genre d'excuses ne les sauvera pas longtemps. Elles doivent réagir. Côté suisse, Patrick Fischer a laissé sur le banc Reto Berra, qui a encaissé un but de 40 mètres. Robert Mayer fait donc ses débuts en championnat du monde.

Roy Johansen a aussi changé de gardien (Lars Volden succède à Haugen), mais il a surtout modifié ses lignes. Les frères Olimb ont trop peu fructifié leurs longues possessions avec Martinsen, ils sont désormais alignés avec le fan de football Mats Rosselli Olsen, pendant que les joueurs de NHL Andreas Martinsen et Mats Zuccarello entourent Bastiansen en première ligne.

Mais aujourd'hui, Zuccarello a trouvé - et c'est rare - plus petit que soi. Pendant que la star norvégienne est éprouvée physiquement par les Suisses, Lino Martschini - qui fait trois centimètres de moins à 1m68 - participe grandement à l'attaque helvétique qui entre bien dans le match. Au bout d'une minute, Tollefsen est pénalisé pour un cinglage. Quand Yannic Weber lance de la ligne bleue, la Nati a deux joueurs devant la cage, Grégory Hoffmann et Samuel Walser, et c'est ce qui permet au second nommé de glisser le rebond derrière Volden dans un angle fermé. Mats Rosselli Olsen écarte le palet un poil trop tard, alors qu'il a déjà franchi la ligne, et le but est accordé après recours à la vidéo (0-1).

FORSBERG Kristian 140517 050Sitôt qu'elle a ouvert le score, la Suisse devient extrêmement passive et se replie sur sa défense en 1-3-1. La Norvège prend donc peu à peu le dessus. À la faveur d'une pénalité différée, elle s'installe à 6 contre 5 avec Mats Zuccarello en joueur supplémentaire. Mats Rosselli Olsen se positionne devant le gardien et fait un très bon travail pour lui boucher la vue, facilitant ainsi le tir du haut du cercle droit de Ken André Olimb (1-1).

La deuxième période commence à 4 contre 4 en raison de prises de bec juste avant la pause, et les Norvégiens se portent tout de suite à l'offensive avec la vivacité de Zuccarello et des frères Olimb. La troisième ligne prolonge le travail à 5 contre 5, et la passe en retrait de Kristian Forsberg est reprise face au but par Martin Røymark (2-1).

La Suisse est obligée de prendre plus de risques, mais elle ne prend pas les bons. La passe latérale en entrée de zone de Gaëtan Haas - que l'on ne reverra plus sur la glace... - est interceptée par Mats Rosselli Olsen qui lance la contre-attaque et centre pour Ken André Olimb, dont le tir est détourné par la jambière de Robert Mayer.

La domination territoriale des Suisses ne masque pas leur inefficacité usuelle dans le dernier geste. La meilleure illustration est le manque de spontanéité de Dino Wieser qui semble avoir une demi-seconde de réflexion quand il est servi en bonne position, permettant au gardien de grand gabarit Lars Volden de peaufiner son placement.

En fin de deuxième période, une faute inutile en zone offensive de Moser, qui a accroché Nørstebø, coûte très cher. Le tir à mi-distance de Mathis Olimb, sur passe de son frère, se loge dans le haut du filet (3-1).

DIAZ Raphael 130519 655On n'attend pas de la Suisse une grande inventivité offensive. Il faut juste qu'elle soit assez active pour provoquer des buts de raccroc. Elle s'y met au troisième tiers-temps. Son deuxième but, elle l'obtient - comme le premier - en mettant du monde devant la cage. Le tir de la bleue de Raphael Diaz dans la botte du gardien permet un rebond de Simon Moser (3-2).

Le meilleur lancement de jeu offensif de la Suisse vient en fait... du gardien Robert Mayer ! Il signe une relance magnifique vers Nino Niederreiter, qui oblige Volden à un arrêt difficile en deux temps. La Nati s'échine, en vain. Marc Wieser, qui a remplacé Martschini en première ligne, est plus besogneux que précis et rate sa passe pour Ambühl sur une bonne contre-attaque. Dans le même temps, les longues conservations de palet à chaque présence de la ligne des Olimb gagnent beaucoup de temps et rapprochent la Norvège de la victoire.

Mayer quitte sa cage à l'avant-dernière minute alors que la Suisse jette ses dernières forces. Un palet dévié trois fois comme au billard est paré in extremis du bout de la botte par Lars Volden. Et finalement, à dix secondes de la fin, alors que tout semble perdu, Félicien Du Bois égalise d'un slap foudroyant (3-3). La sono envoie "The final countdown" avant la prolongation : de quoi faire grommeler les Norvégiens qui n'auront pas réussi à l'atteindre avec la victoire.

La prolongation à 4 contre 4 est favorable à la Norvège, hormis un débordement de Niederreiter qui subit un croc-en-jambe sans intervention de l'arbitre. La crosse haute de Yannic Weber est en revanche sifflée. Andreas Martinsen reprend dans le haut du filet la passe de derrière la cage de Mathis Olimb (4-3).

Depuis quatre ans que la formule à poules de huit a été introduite, on n'a jamais vu un groupe où toutes les équipes ont déjà marqué des points après deux rencontres. Or, la Suisse et la Norvège ont maintenant 2 points, comme la Lettonie et comme le Kazakhstan ! Aucune équipe ne se détache "par le bas" et tout le monde va trembler - ou rêver - très longtemps...

Désignés joueurs du match : Ken Andre Olimb pour la Norvège et Félicien du Bois pour la Suisse.

 

Norvège - Suisse 4-3 après prolongation (1-1, 2-0, 0-2, 1-0)
Dimanche 8 mai 2016 à 16h15 au Palais de glace VTB de Moscou. 4515 spectateurs.
Arbitrage de Daniel Piechaczek (ALL) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Fraser McIntyre (USA) et Nikolaj Ponomarjow (ALL).
Pénalités : Norvège 8' (6', 2', 0', 0') ; Suisse 6' (2', 2', 0', 2').
Tirs : Norvège 26 (8, 5, 10, 3) ; Suisse 39 (15, 7, 15, 2).

Évolution du score :
0-1 à 02'27" : Walser assisté de Weber et Martschini (sup. num.)
1-1 à 14'07" : K.A. Olimb assisté de M. Olimb et Zuccarello
2-1 à 23'03" : Røymark assisté de Forsberg
3-1 à 38'03" : M. Olimb assisté de K.A. Olimb et Rosselli Olsen (sup. num.)
3-2 à 43'24" : Moser assisté de Diaz et Niederreiter
3-3 à 59'50" : Du Bois assisté de Diaz et Ambühl
4-3 à 63'23" : Martinsen assisté de M. Olimb et Trygg (sup. num.)


Norvège

Attaquants :
Andreas Martinsen (-1) - Anders Bastiansen (A, -1, 2') - Mats Zuccarello Aasen
Mats Rosseli Olsen (+1, 2') - Ken André Olimb (+1) - Mathis Olimb (+1, 2')
Martin Røymark - Kristian Forsberg (-1) - Thomas Valkvae Olsen (+1)
Robin Dahlstrøm - Andreas Stene (-1) - Mathias Trettenes

Défenseurs :
Jonas Holøs (-1) - Mattias Nørstebø
Johannes Johannessen (+1) - Ole-Kristian Tollefsen (C, +1, 2')
Mats Trygg (A) - Henrik Odegaard (-1)

Gardien :
Lars Volden

Remplaçants : Lars Haugen (G), Morten Ask (A), Michael Haga (A). En réserve : Steffen Søberg (G), Dennis Sveum (D), Niklas Roest (A).

Suisse

Attaquants :
Denis Hollenstein (+1) - Andres Ambühl (C, 2') - Lino Martschini
Nino Niederreiter (+2) - Gaëtan Haas - Simon Moser (A, +2, 2')
Gregory Hofmann (-2) - Samuel Walser (-1) - Sven Andrighetto (-2)
Dino Wieser - Morris Trachsler (+1) - Julian Walker
Marc Wieser

Défenseurs :
Patrick Geering - Félicien du Bois (+1)
Raphaël Diaz (A) - Eric Blum
Yannick Weber (2') - Robin Grossmann (-1)

Gardien :
Robert Mayer [sorti de 58'27" à 59'50"]

Remplaçants : Reto Berra (G), Noah Schneeberger. En tribune : Sandro Zurkirchen (G), Christian Marti (D), Reto Schäppi (A).