Trois points et Olimb

C'est peu dire que le Kazakhstan emm…. le Mondial. D'abord en renouvelant la pratique des passeports tamponnés un peu rapidement afin de se doter d'une première ligne performante (pour ceux qui se souviennent, Busillo, Iob ou Chitarroni avaient au moins le mérite d'un patronyme à peu près local).

Ensuite, les chevaux des steppes sont assez difficiles à dompter, contrairement aux prévisions qui les voyaient déjà fermer la marche du groupe de Moscou. La Suisse leur a lâché deux points, et la Russie, des litres de sueur avant de s'imposer péniblement. En fin de compte, les Kazakhstanais ont deux unités à l'heure de défier la Norvège, qui affiche le même bilan (une victoire en prolongation, une défaite sèche) mais sans avoir affronté aucun gros. Au contraire, un blanchissage subi contre le Danemark a semé le doute dans leurs esprits, à moitié dissipé par une victoire contre la Suisse qui, pour sa part, vient de se rassurer contre le Danemark.

SAVCHENKO Roman 120506 157Bref, pour ne pas être le roi de cette drôle de fête, il vaut mieux engranger des points sans trop penser à la suite. Prendre des lancers dans toutes les positions - les Norvégiens savent faire - et, à défaut, être efficace - spécialité kazakhe. Voire compter sur le doigt du destin, ce que fait Johannessen en prenant sa chance de la bleue sur une mise au jeu. Son tir sans fracas rencontre la botte de Savchenko et rampe jusqu'au filet droit du désemparé Kolesnik (1-0, 03'24").

Coup de bol que Martinsen cherche immédiatement à faire fructifier, mais c'est la ligne de mercenaires qui réplique en contre, sur une entrée de zone en supériorité numérique. Boyd en retrait, Dawes en avance et hop (1-1 à 07'00"), en ayant tiré deux fois moins que son adversaire, le Kazakhstan finit le tiers à égalité.

À force de se casser le casque sur Kolesnik, les Norvégiens comprennent qu'il vaut mieux peupler le slot, comme sur le premier but, et attendre une déviation opportune. C'est la façon la plus simple de battre un cerbère en confiance et elle fait ses preuves quand Ken Andre Olimb fructifie un lancer dévié de Nørstebø (2-1 à 33'04").

Mérité, tant le Kazakhstan se retranche ? Certes oui, mais il ne faut pas dénigrer la capacité de réaction d'une équipe qui a encaissé six buts russes sans dérailler. Un power-play se présente juste après le but norvégien et, ironie du sort, les blanc et or copient la recette adverse pour égaliser : Bochenski conclut (2-2 à 35'47"). Rosseli Olsen, qui avait perdu sa crosse, assiste à cela en spectateur mais reste calme, cette fois-ci.

Plus que Mathis Olimb. Lui qui, depuis le début du Mondial, a pris plus de minutes de geôle qu'inscrit de points ne peut se contenter de ces stats et de ce score. Il a du patin, Mathis, plus que les défenseurs adverses. Sentant le deuxième tiers s'achever et le besoin d'assommer un opposant récalcitrant, il s'empare du puck, dépasse la bleue, déporte Kolesnik devant des Kazakhs sans réaction et fait exploser le filet et ses supporters. Joli ! Joli et décisif (3-2 à 38'17").

OLIMB Mathis 140517 014Le match est alors plié, le Kazakhstan trouvant le moyen de ne tenter que cinq tirs dans le dernier tiers, ce qui touche à la caricature. Kolesnik sort tôt, Zuccarello Aasen en profite (4-2 à 57'37") et on ferme les bans.

Trop dépendant d'une première ligne assez égoïste (Dawes troisième meilleur marqueur de l'épreuve avec une fiche de -2), les Kazakhstanais pourraient finalement rejoindre le destin de relégués chroniques malgré de belles performances initiales. La Norvège, en revanche, a surmonté sa panique du début. Avec cinq points mais encore tous les gros à aborder, elle ne s'inquiète pas trop et évite de se faire des illusions, surtout avec 7,1% d'efficacité aux tirs...

Désignés hommes du match : Mathis Olimb (Norvège) et Brandon Bochenski (Kazakhstan).

Réactions d'après-match

Johannes Johannessen (défenseur de la Norvège) : "Un excellent match pour nous et une victoire vraiment importante. Oui, je suis heureux d'avoir marqué mais sincèrement, l'essentiel est que nous ayons notre mot à dire dans ce groupe à partir de maintenant."

Ken Andre Olimb (attaquant de la Norvège) : "Le rendez-vous à venir contre les Tchèques est redoutable. On savait d'emblée qu'avec les Suédois et les Russes, ils forment un trio au-dessus du lot dans ce groupe mais, après tout, n'importe qui semble capable de voler des points. Alors nous conservons nos espoirs intacts."

 

Norvège - Kazakhstan 4-2 (1-1, 2-1, 1-0)
Mardi 10 mai 2016 à 20h15 au Palais de glace VTB de Moscou. 7384 spectateurs.
Arbitrage de Timothy Mayer (USA) et Linus Ohlund (SUE) assistés de Henrik Pihlblad (SUE) et Nikolaj Ponomarjow (ALL).
Pénalités : Norvège 0' (8', 2', 2') ; Kazakhstan 12' (8', 6', 4').
Tirs : Norvège 43 (18, 12, 13) ; Kazakhstan 19 (9, 5, 5).

Évolution du score :
1-0 à 03'24" : Johannesen assisté de Forsberg
1-1 à 07'00" : Dawes assisté de Boyd et Semyonov (sup. num.)
2-1 à 33'04" : K.A. Olimb assisté de Rosseli Olsen et Nørstebø
2-2 à 35'47" : Bochenski assisté de Savchenko et Dawes (sup. num.)
3-2 à 38'17" : M. Olimb assisté de K.A. Olimb et Holøs
4-2 à 57'37" : Zuccarello assisté de Haugen (cage vide)


Norvège

Attaquants :
Andreas Bastiansen (A, +1) - Andreas Martinsen (6') - Mats Zuccarello Aasen (+1)
Ken Andre Olimb (+2, 2') - Mathis Olimb (+2, 2') - Mats Rosseli Olsen (+2)
Martin Røymark (+1) - Kristian Forsberg (+1) - Thomas Valkvae Olsen (+1) puis Morten Ask à 40'00"
Matthias Trettenes - Andreas Stene - Robin Dahlstrøm

Défenseurs :
Jonas Holøs (+3) - Mattias Nørstebø (+1)
Johannes Johannessen (+1) - Ole-Kristian Tollefsen (C, +3, 2')
Mats Trygg (A) - Henrik Odegaard

Gardien :
Lars Haugen

Remplaçants : Lars Volden (G), Michael Haga (A). En réserve : Steffen Søberg (G), Dennis Sveum (D).

Kazakhstan (2' pour surnombre)

Attaquants :
Nigel Dawes (A, -1, 2') - Dustin Boyd (-2) - Brandon Bochenski (A, -2)
Roman Starchenko (C, -1, 2') - Nikita Ivanov (-1, 2') - Evgeni Rymarev (-2)
Vadim Krasnoslobodtsev (-2, 2') - Maksim Khudyakov (-1, 2') - Konstantin Pushkaryov
Mikhail Panshin - Ilya Solaryov - Vladimir Markelov

Défenseurs :
Vyacheslav Tryasunov (-3) - Maksim Semyonov (-3, 2')
Roman Savchenko (-1) - Aleksandr Lipin (-1)
Andrei Korabeinikov - Artemi Lakiza (4')

Gardien :
Vitali Kolesnik [sorti de 57'05" à 57'37", de 58'02" à 58'08" et de 58'15" à 60'00"].

Remplaçant : Pavel Poluetkov (G), Ilya Lobanov (D), Daniar Kairov (D). En réserve : Dmitri Malgin (G), Aleksandr Shin (A).