La Suisse maîtrise son destin

Les Suisses ont perdu leur quatrième place au profit du Danemark. Il leur faut donc faire chuter la Suède, qu'ils considèrent comme leur "bête noire", même s'ils l'avaient battue en poule en 2013 (avant la revanche scandinave en finale).

Les Suédois bénéficient certes du renfort d'André Burakovsky, placé en troisième ligne, mais pas encore des défenseurs NHL. D'ailleurs John Klingberg n'a pas passé le test médical, et Ekholm viendra seul. C'est un arrière déjà présent sur place, Anton Lindholm, qui a finalement été activé. Il remplace Fransson.

Les nouvelles intentions offensives suisses se manifestent cette fois dès le début de match, alors que Patrick Fischer avait jusqu'ici été un disciple de Sean Simpson plus dans les paroles que dans les actes.

ERICSSON Jimmie 150503 012Magnus Nygren prend une pénalité idiote de retard de jeu, mais le capitaine suisse Andres Ambühl fait faute à son tour trente secondes plus tard. Pendant le court passage suédois à 5 contre 4, le tir de Linus Omark part dans les airs, et Jimmie Ericsson rabat le rebond... avec une crosse placée plus haut que la barre transversale. Le but est logiquement invalidé. La Nati est prévenue qu'elle doit éviter les fautes et le powerplay suédois.

À cinq contre cinq, c'est bien la Suisse qui contrôle le palet, alors que la possession est normalement une spécialité suédoise. Les rouges se montrent beaucoup plus impliqués dans les duels. Il est donc logique de les voir monopoliser la rondelle. La troisième ligne en particulier réalise de longues séquences en zone offensive grâce à son travail collectif très solidaire dans les bandes. Ce n'est que justice de la voire ouvrir le score par un tir du poignet à mi-distance de Sven Andrighetto, en lucarne (1-0, 18'21").

La Suède obtient son premier avantage numérique complet dès le retour sur la glace. Un but en cage ouverte est refusé à Fantenberg, car Reto Berra, après plusieurs arrêts importants, a été mis hors circuit par une obstruction de Wennberg, pénalisé de deux minutes... bien qu'Ambühl ait contribué à le pousser.

La Suisse a plus de dynamisme dans les jambes, à l'instar de l'accélération de Grégory Hoffmann qui ne cadre pas son tir, alors que la Suède reste brouillonne. Reste la menace des fautes : quand Geering accroche Omark derrière sa cage, la Suisse s'en sort. Mais la pénalité stupide de Niederreiter est de trop. "El Niño" ne sait toujours pas maîtriser son tempérament et va chercher des noises à Lundberg après un contact. L'égalisation arrive en six secondes à peine. Jimmie Ericssson met du trafic dans le slot pendant le slap de Linus Omark, et Johan Sundström a suivi pour envoyer le palet du revers au fond des filets (1-1, 31'12").

Déjà passé en prison au début du deuxième tiers-temps, Félicien Du Bois y retourne à la fin pour avoir fait trébucher Sundström. Reto Berra garde la mitaine sûre en infériorité face au lancer de Jimmie Ericsson... à son tour sanctionné à deux secondes de la fin pour avoir propulsé Geering dans sa cage.

NIEDERREITER Nino 130519 566La Suisse est donc à 5 contre 4 au retour des vestiaires, mais Grégory Hoffmann, seul au poteau droit, rate encore le cadre sur un rebond en or. Ce n'est que partie remise car la Suède se fait prendre au piège du surnombre. Denis Hollenstein manie parfaitement l'art de la déviation sur un slap puissant d'Eric Blum (2-1, 44'58").

La Nati continue à attaquer et en est récompensée car Gustafsson retient Moser derrière la cage. Nino Niederreiter subit ensuite une dure charge d'Adam Larsson, sanctionné sévèrement pour coup de coude. Patrick Fischer utilise alors son temps mort car son équipe joue à 5 contre 3 pour 17 secondes, mais elle perd le palet. À 5 contre 4, Andrighetto repique dans l'axe comme sur son but et tente de placer le palet au même endroit, mais Jacob Markström ne se laisse pas avoir deux fois et lève sa mitaine pour s'en saisir. Walser est à son tour sanctionné pour une obstruction tout aussi sévère sur Sundström. La Suisse se retrouver donc une minute en infériorité... et c'est suffisant pour que Gustav Nyquist égalise en déviant la passe d'Adam Larsson (2-2, 50'02").

Puisque le jeu revient enfin à 5 contre 5, on constate que la dynamique a changé de camp. C'est maintenant la Suède qui contrôle le jeu et tient fermement le palet en zone offensive. Denis Hollenstein joue les bûcherons en cassant la crosse de Nyquist et Du Bois retient ce même Nyquist échappé : au tour de Pär Mårts de demander son temps mort avant une minute à jouer à 5 contre 3. Yannick Weber y coupe bien la passe au second poteau pour Ericsson, même si la déviation risque de marquer contre son camp. À 4 contre 5, Ambühl fait preuve d'une abnégation remarquable et dégage le palet.

On en reste donc à 2-2, même si un Weber soudain déchaîné prend deux bons lancers dans les vingt dernières secondes. Le point pris est absolument essentiel pour la Suisse puisqu'il lui permet de redevenir quatrième et donc d'être maîtresse de son destin.

La prolongation se résume à une longue séquence offensive suédoise. Jimmie Ericsson réalise une passe aveugle entre ses jambes pour décaler Johan Sundström, dont le lancer est repoussé... par le masque de Reto Berra.

André Burakovsky marque entre les bottes du gardien, alors que Hollenstein échoue au même endroit. Les deux super-techniciens suédois se trouent : Linus Klasen feinte ou rate (?!) son lancer et arrive juste devant Berra qui écarte le palet, alors que Linus Omark rate un contrôle et se retrouve dans un angle impossible. Nino Niederreiter peut alors égaliser dans le haut du filet. 1-1 après trois tirs. Niederreiter reste sur la glace et part cette fois côté revers, mais Markström attrape la rondelle. Le "joker" Burakovsky réussit en revanche à marquer une seconde fois, à mi-hauteur côté mitaine de Berra. La Suède engrange un petit succès qu'elle célèbre sobrement.

La Suisse jouera son destin face aux Tchèques, les premiers de la poule : il faudra qu'elle prenne autant de points que le Danemark l'aura fait contre le Kazakhstan, autant dire qu'il risque de lui falloir une victoire. Mais alors qu'elle a semblé subir le contrecoup du match à la Russie ce soir, la Nati aura cette fois un jour de repos très utile pour reprendre des forces.

Désignés joueurs du match : Sven Andrighetto pour la Suisse et Mikael Backlund pour la Suède.

 

Suisse - Suède 2-2 (1-0, 0-1, 1-1, 0-0) / 1-2 aux tirs au but
Dimanche 15 mai 2016 à 16h15 au Palais de glace VTB de Moscou. 8214 spectateurs.
Arbitrage Stefan Fonselius (SUE) et Brett Iverson (CAN) assistés de Pasi Nieminen (FIN) et Nikolaj Ponomarjow (ALL).
Pénalités : Suisse 18' (2', 10', 6', 0') ; Suède 16' (2', 8', 6', 0').
Tirs : Suisse 29 (12, 11, 5, 1) ; Suède 35 (6, 17, 8, 4).

Évolution du score :
1-0 à 18'21" : Andrighetto assisté de Schneeberger
1-1 à 31'12" : Sundström assisté d'Omark et Nygren (sup. num.)
2-1 à 44'58" : Hollenstein assisté de Blum et Ambühl (sup. num.)
2-2 à 50'02" : Nyquist assisté de Larsson et Rosen (sup. num.)

Tirs au but :
Suède : Burakovsky (réussi), Klasen (palet perdu), Omark (à côté).
Suisse : Hollenstein (jambière), Andrighetto (plaque), Niederreiter (réussi).
Tireurs supplémentaires : Niederreiter (mitaine), Burakovsky (réussi).


Suisse

Attaquants :
Nino Niederreiter (2') - Morris Trachsler - Simon Moser (A)
Gregory Hofmann - Samuel Walser (2') - Andres Ambühl (C, 2')
Denis Hollenstein (+1, 2') - Reto Schäppi - Sven Andrighetto (+1)
Dino Wieser - Julian Walker (+1) - Marc Wieser
Lino Martschini [une présence]

Défenseurs :
Patrick Geering (2') - Félicien du Bois (A, 6')
Yannick Weber (2') - Eric Blum
Noah Schneeberger (+1) - Robin Grossmann (+1)
Christian Marti [une présence]

Gardien :
Reto Berra

Remplaçant : Robert Mayer (G). En tribune : Sandro Zurkirchen (G), Raphaël Diaz (D, épaule), Gaëtan Haas (A).

Suède (2' pour surnombre)

Attaquants :
Linus Omark (2') - Mikael Backlund (A) - Jimmie Ericsson (C, 2')
Gustav Nyquist (-1) - Alexander Wennberg (-1, 2') - Linus Klasen (-1)
André Burakovsky - Robert Rosén - Johan Sundström (2')
Martin Lundberg - Mattias Sjögren - John Norman
Mattias Ritola

Défenseurs :
Adam Larsson (2') - Erik Gustafsson [n°29] (A, -1, 2')
Anton Lindholm (-1) - Erik Gustafsson [n°56]
Oscar Fantenberg - Magnus Nygren (2')

Gardien :
Jacob Markström

Remplaçants : Viktor Fasth (G), Patrik Cehlin. Réserviste : Johan Fransson (D).