La Suède pas au niveau ?

Ce dernier match du groupe A a un enjeu évident : le vainqueur de ce Russie-Suède affrontera l'Allemagne en quart de finale, alors que le perdant rencontrera le perdant de Finlande-Canada. Pas le même niveau.

Pas le même niveau, c'est aussi ce qu'on peut se dire au sujet des adversaires du soir. Dans une ambiance surexcitée, les Russes étouffent des Suédois qui éprouvent les pires difficultés à sortir de leur zone. La domination reste identique ligne après ligne, mais la plus impressionnante reste une fois de plus le trio du SKA Saint-Pétersbourg champion KHL 2014/15.

SHIROKOV Sergei 120520 368Ces trois joueurs exploitent toute la largeur de la patinoire et savent se placer pour reprendre des passes dans des angles fermés sans que ni le gardien ni la défense n'aient le temps d'intervenir. Ils marquent deux buts de cette façon. Artemi Panarin concentre ainsi trois Suédois autour de lui quand il décale à droite Evgeni Dadonov. Le palet, sur la tranche, prend une trajectoire curieuse mais passe au-dessus de la jambière gauche de Jacob Markström. Plus classique, le one-timer de Panarin dans le cercle gauche après une passe transversale de Vadim Shipachyov.

La Suède est à genoux, et elle peut s'estimer heureuse que Markström ait empêché à trois secondes de la pause un troisième but de Sergei Shirokov, placé ce soir sur la ligne d'Ovechkin. 18 tirs en 20 minutes, à 5 contre 5, et avec un jeu russe qui ne cherche pas le tir à tout prix mais soigne les passes. C'est tout simplement monstrueux.

Deux buts en hockey sur glace, ce n'est pourtant pas grand-chose. Surtout avec un avantage numérique qui se présente en tout début de deuxième période. La Suède s'installe, mais son capitaine Jimmie Ericsson, chargé de perturber le gardien, est sévèrement sanctionné pour obstruction. On joue donc à 4 contre 4, et Pavel Datsyuk plante un nouveau clou dans une Tre Kronor agonisante. Si elle n'est pas encore morte, elle le doit simplement à Markström qui continue d'enchaîner les arrêts. Les spécialistes d'infériorité numérique comme John Norman se montrent aussi valeureux quand Ericsson retourne en prison. C'est déjà ça.

Le jeu s'équilibre un peu. Les Scandinaves se créent certes quelques occasions. Mais ils sont dépassés défensivement. Face à tant de talent, il est impératif de gagner les batailles dans les bandes. Or, Linus Omark perd le palet dans sa zone face à Pavel Datsyuk, qui s'amuse avec la rondelle confiée à Mozyakin. Celui-ci a l'air de danser sur un patin quand il décale Roman Lyubimov avec une cage ouverte pour le 4-0. Quelques figurants habillés de jaune servent de décor à leur exhibition de patinage...

EKHOLM Mattias 150511 649En troisième période, la réduction du score intervient rapidement, par un tir croisé du joker de NHL, le défenseur offensif Mattias Ekholm. C'est un but moyen pour Bobrovsky, qui soignera quand même ses statistiques avec 36 arrêts ce soir, pas tous difficiles. La Tre Kronor fait en effet illusion dans ce dernier tiers. Il faut dire que la Russie a carrément cessé de jouer, comme un enfant qui s'est bien amusé et veut passer à autre chose. Pour autant, ce changement de physionomie n'a laissé à aucun instant penser que le match aurait pu basculer.

Le score final et le total de tirs sont loin de traduire l'impression d'emprise totale de la Russie après quarante minutes. Ayant subi trop de défections, la Suède ne semble tout simplement pas avoir les armes pour lutter face à une telle équipe. Mais dans ce cas, pourquoi en aurait-elle pour aller défier les Canadiens en quart de finale à Saint-Pétersbourg ? Les Suédois ont intérêt à se réveiller.

Désignés joueurs du match : Evgeni Dadonov pour la Russie et Mattias Ekholm pour la Suède.

Commentaires d'après-match

Oleg Znarok (entraîneur de la Russie) : "Nous avons fait deux bonnes périodes, je n'ai pas aimé la troisième. Nous avons abandonné l'initiative. Je ne sais pas à quoi nos joueurs pensaient. Nous tâcherons de comprendre. Tout sera OK en supériorité numérique. Tout le monde n'était pas à l'entraînement, donc nous ne sommes pas exercés, mais nous le ferons demain au complet. Les Allemands sont prêts physiquement, ils mettent une grosse pression."

 

Russie - Suède 4-1 (2-0, 2-0, 0-1)
Mardi 17 mai 2016 à 16h15 au Palais de glace VTB de Moscou. 12181 spectateurs.
Arbitrage de Jozef Kubus (SVK) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Nicolas Chartrand-Piché (CAN) et Fraser McIntyre (USA).
Pénalités : Russie 4' (0', 2', 2') ; Suède 8' (0', 4', 4').
Tirs : Russie 40 (18, 17, 5) ; Suède 37 (9, 12, 16).

Évolution du score :
1-0 à 14'43" : Dadonov assisté de Panarin et Shipachyov
2-0 à 17'52" : Panarin assisté de Shipachyov et Marchenko
3-0 à 21'34" : Datsyuk assisté de Zaïtsev
4-0 à 29'40" : Lyubimov assisté de Mozyakin et Datsyuk
4-1 à 41'06" : Ekholm assisté de Larsson et Wennberg (sup. num.)


Russie

Attaquants :
Aleksandr Ovechkin (A) - Evgeni Kuznetsov - Sergei Shirokov
Sergei Mozyakin (+2) - Pavel Datsyuk (C, +2) - Stepan Sannikov
Artemi Panarin (+2) - Vadim Shipachyov (A, +2) - Evgeni Dadonov (+2)
Ivan Telegin - Sergei Kalinin - Roman Lyubimov (+1)

Défenseurs :
Aleksei Emelin - Vyacheslav Voïnov (2')
Anton Belov (+1) - Maksim Chudinov (+1)
Aleksei Marchenko (+4) - Nikita Zaitsev (+3)
Dmitri Orlov (+1)

Gardien :
Sergei Bobrovski

Remplaçants : Ilya Sorokin (G), Aleksandr Burmistrov. En réserve : Igor Shestyorkin (G), Viktor Antipin (D), Sergei Plotnikov (A).

Suède

Attaquants :
Linus Omark (-1) - Mikael Backlund (A) - Jimmie Ericsson (C, -1, 4')
Gustav Nyquist (-1) - Alexander Wennberg (-1) - André Burakovsky
Mattias Ritola (-2) - Johan Sundström (-2) - Linus Klasen (-2)
Martin Lundberg (2') - Mattias Sjögren (-1) - John Norman

Défenseurs :
Adam Larsson (-2) - Erik Gustafsson [n°29] (A, -1)
Mattias Ekholm (-1) - Johan Fransson (-1)
Oscar Fantenberg (-1) - Erik Gustafsson [n°56] (-2)
Anton Lindholm

Gardien :
Jacob Markström

Remplaçants : Viktor Fasth (G), Robert Rosén. Réservistes : Joel Lassinantti (G), Magnus Nygren (D), Patrik Cehlin (A).