San Jose Sharks - Pittsburgh Penguins (Finale de la coupe Stanley, match 3)

Les Sharks sont dans les cordes ! Dominés lors de quatre des six tiers-temps disputés, les Californiens sont menés deux victoires à zéro. L'Histoire ne joue pas en leur faveur : seules cinq équipes ont surmonté ce handicap en finale, contre quarante-quatre défaites...

San José doit trouver un moyen de maîtriser la vitesse des Penguins. En effet, les joueurs de Steve Sullivan gênent la relance adverse et accélérent très fort en contre. Pittsburgh n'a certes gagné le match 2 qu'après prolongations, mais surtout parce que Martin Jones s'est montré brillant dans les cages des Sharks.

Tous les compteurs sont donc au vert pour Pittsburgh, à peine agacé par les commentaires adverses sur la mise au jeu gagnante de Sidney Crosby durant la période supplémentaire du match 2. Couture, notamment, avait accusé le capitaine des Penguins de tricherie dans cet exercice... La polémique a fait long feu, les Sharks cherchant à rétropédaler assez vite en expliquant que "tout le monde trichait" au cercle. Réduire le pourcentage de victoire au cercle (71% au match 2) de Crosby ne se fera quoi qu'il en soit que sur la glace.

Il leur faut avant tout retrouver leur possession de palet, leur point fort. Ce qu'ils n'ont réussi à faire que dans le deuxième tiers du match 1 et le troisième du match 2... Ce sera sans Tomas Hertl. Le Tchèque, auteur de trois poteaux au match précédent, est blessé "en bas du corps", selon la formule consacrée. Dainius Zubrus revient dans l'alignement, et Pete De Boer doit donc remanier ses lignes. Un coup dur, car Hertl a peut-être été le meilleur attaquant de San José dans cette finale.

Les Penguins sur leur lancée

San José commence en allant vers l'avant, avec une grosse charge de Pavelski sur Letang derrière la cage, qui donne le ton du match. Les défenseurs se portent au soutien, mais Pittsburgh n'est pas en reste et se crée quelques présences longue durée en attaque. À la troisième minute, cette situation se termine par une crosse haute de Ward sur Sheary, qui offre le premier jeu de puissance à Pittsburgh. Ce dernier est resté muet aux deux premiers matchs (0/5).

La défense bloque bien les entrées en zone et ne concède qu'un seul tir excentré. Malheureusement pour eux, cela ne tient pas au retour à cinq. Jones joue mal un palet derrière son but. Pittsburgh intercepte et revient à la bleue. Lovejoy lance du point d'appui un palet qui roule sur le côté, et son tir est dévié par la jambe de Polak (0-1). Après 6'30", les Penguins mènent cinq tirs à zéro, et ouvrent donc logiquement la marque. Le premier tir adverse revient à Polak de l'aile, avec un Pavelski rôdant près de la cage. Le schéma des deux premiers matchs semble se reproduire et le public s'est un peu éteint...

Jusqu'à ce qu'à mi-tiers, un bon échec-avant permette de récupérer le palet le long de la bande. Thornton remise vers Braun dans l'axe, qui contrôle du patin. Son tir surprend Murray, complètement masqué, et qui n'esquisse pas le moindre geste (1-1).

San José a retrouvé de l'énergie mais part à l'abordage sans couverture. Martin monte trop, Bonino lance Kessel qui file en échappée. Jones gagne son duel et sauve son camp !

Les Sharks reprennent le jeu à leur compte, multipliant les mises en échec - Tierney sur Kunitz, Polak sur Malkin... -, récupérant des palets et enchaînant leur jeu de passes avec précision. En revanche, les tirs n'arrivent pas encore jusqu'à Murray, à l'exception d'un essai de Marleau, créé par un gros travail de Donskoi, et un tir du Finlandais sorti de la mitaine. L'échec-avant se montre bien plus dangereux : Karlsson travaille fort et Braun teste encore Murray d'un tir excentré.

À la pause, les deux équipes sont dos-à-dos. Pittsburgh a nettement dominé durant les dix premières minutes, avant que San José ne retrouve son jeu fait d'impact physique et de conservation de palet. L'avantage au tir reste cependant très net en faveur des visiteurs, même si beaucoup de lancers étaient excentrés.

Les Sharks retrouvent leur jeu, sans réussite

Le tiers reprend avec une certaine nervosité. Les deux formations peinent à conserver le palet et la possession change de camp toutes les deux passes. Burns obtient la meilleure occasion après cinq minutes sur une passe en retrait entre ses jambes de Karlsson. Dans le slot, le grand défenseur n'arrive pas à lever son palet au-dessus de la mitaine de Murray, qui réalise un arrêt réflexe à bout portant.

Une action qui lance le tiers-temps. Crosby tente se s'échapper et Braun défend superbement, avant de relancer vers Tierney qui ouvre un 2-contre-1. Il sert Ward, et Murray le bloque en grand écart.

À la huitième minute, Couture élimine Letang trop avancé et démarre lui aussi en deux-contre-un. Son tir percute le poteau. Bien que Pittsburgh mène seize tirs à neuf, le danger est bien plus grand en faveur des locaux.

À la mi-tiers, une présence offensive menaçante contraint Hagelin à concéder une rare pénalité. Très disciplinés depuis le début de la finale, les Penguins s'attendent à souffrir face au meilleur jeu de puissance des playoffs. Cela commence fort : Burns, seul au deuxième poteau, échoue sur Murray après avoir reçu le rebond de la passe de Thornton.

Malheureusement pour les joueurs de De Boer, ce sera la seule occasion. Le compteur de tirs grimpe et s'équilibre. Au quart d'heure de jeu, les Penguins ne comptent que deux tirs en deuxième période, et Thornton dévie un lancer de Martin sur la botte de Murray pour le huitième des Sharks. Le troisième tir, signé Hörnqvist à bout portant, n'échappe pas à la vigilance de Jones.

Les occasions continuent pour les Sharks. Määttä contrôle mal un palet bondissant et Ward surgit. Il est mis au sol et son tir n'inquiète pas Murray. À une minute de la fin, une rare action offensive de Pittsburgh finit au fond. Crosby et Sheary bataillent dans le coin et le disque revient à Lovejoy qui lance de la bleue. Hornqvist traîne devant la cage et dévie sous le bras de Jones (1-2).

À la dernière seconde, Donskoi reçoit le palet dans le slot et cherche la lucarne... au-dessus ! Malgré une franche domination et des occasions énormes, San José se trouve donc mené au score dans son antre et en grand danger dans cette finale.

Ward, encore décisif

Victorieux de vingt de ses vingt-cinq derniers matchs, Murray reste l'homme du match côté Pittsburgh. Sa défense a aussi très bien joué, bloquant bon nombre de tirs et résistant aux duels physiques imposés par leur adversaire. L'attaque fait le reste.

Hörnqvist et Sheary entament bien le dernier tiers et Jones doit sortir trois tirs en trois minutes. Du coup, l'élan affiché dans le deuxième tiers a disparu et les Californiens demeurent muets. De Boer insiste auprès de ses joueurs pour établir un échec-avant agressif et modifie ses lignes, montant Couture aux côtés de Thornton et Pavelski. Effet immédiat : Bonino commet une crosse haute et Thornton est coupé à la pommette. Quatre minutes de jeu de puissance pour les Sharks.

Les passes découpent vite la défense et Pavelski décale Marleau, pour un tir dangereux bloqué difficilement par Murray. Une énorme occasion manquée par le vétéran, au club depuis 1997...

La défense plie sur ce mouvement de palet et les tirs se multiplient. Ward sert Donskoi, et Murray sauve. Les blocs des Penguins aussi tiennent la défense et De Boer sent que le match se joue maintenant. Il reste une bonne minute et il pose un temps mort pour reposer sa première ligne, très sollicitée durant cette supériorité.

L'accélération qui suit ne suffit pas et les Penguins s'en sortent... non ! À la dernière seconde d'avantage numérique, San José entre en zone en trois-contre-deux, Thornton exploitant le changement de ligne adverse. Ward reçoit la passe de Donskoi plein axe, et, en entrée de zone, expédie un lancer balayé surpuissant presque sans opposition, qui échappe au gardien (2-2).

Il y a le feu dans la défense. Couture et Ward font des misères, poussés par le public, et Murray sauve encore. Pittsburgh subit, concède des dégagements interdits et peine à entrer en zone offensive. Pavelski, servi au cercle, trouve encore la mitaine de Murray.

Face à cette domination, Steve Sullivan joue lui aussi sur ses lignes, alignant Malkin et Crosby ensemble aux côtés de Kunitz. Il faut à tout prix casser l'élan des Sharks, qui, à quelques minutes de la fin, ont obtenu 62 tentatives de tirs à 50 (tirs cadrés, hors cadre ou bloqués). Le compteur de tirs cadrés, en revanche, favorise les visiteurs. Pittsburgh obtient même la dernière chance du temps réglementaire sur un tir de Letang, à travers une foule de joueurs devant Jones.

Un tour de cage gagnant

Pour le deuxième match consécutif, tout se jouera en prolongations, une période supplémentaire que San José n'a pas su maîtriser depuis le début des playoffs (0-4). Les hommes de De Boer tentent d'entrée d'effacer cette statistique. Burns lance du point d'appui, Pavelski dévie et Murray bloque Thornton à bout portant. Polak, puis Thornton en bonne posture, manquent le cadre.

La ligne Hagelin-Bonino-Kessel continue à porter le danger. Un lancer du Suédois, avec Bonino en écran et en déviation, force Jones à un arrêt réflexe. Les Penguins sont dans un temps fort et accélèrent. Bonino, encore lui, frôle le but gagnant sur un rebond de Letang. Kunitz, lui, trouve l'épaule du portier des Sharks. En face, Pavelski intercepte et le deux-contre-un profite à Thornton : arrêt de Murray, qui sauve aussi l'essai du capitaine adverse de volée dans la continuité.

À bout portant, Malkin ne cadre pas une bonne occasion, interceptant un palet de Vlasic, dans un match complètement ouvert. Donskoi slalome à son tour et le palet file à côté. Le KO parait tout proche, tant les deux formations s'échangent des occasions. Le duo Crosby-Malkin n'est pas loin de faire la différence et Pittsburgh pousse.

Pourtant, ce snt les Sharks qui finissent par trancher. L'échec-avant de Karlsson paie même s'il perd sa crosse dans le duel. Il est relayé par Tierney puis Donskoi, sortis du banc. Le Finlandais gagne son duel derrière la cage, ressort face à deux défenseurs, mais son tir en pivot en hauteur ne laisse aucune chance à Murray, bien trop à genoux depuis le départ de l'action (3-2).

Les Sharks ont cherché tout au long du match à imposer leur échec-avant, leur jeu physique, et à tirer en hauteur sur Murray. Cela a fini par payer, non sans mal. Il aura fallu un grand Martin Jones pour tenir leur défense, gênée encore une fois par la vitesse de Pittsburgh, qui n'a jamais hésité à lancer à la cage, y compris depuis des positions excentrées. La défense des Penguins, qui a énormément subi dans le match, a malgré tout réussi à bloquer bon nombre de tirs - 38, dont 12 des 17 essais de Burns notamment. Quand on sait que la moyenne de tirs bloqués était d'habitude de 17 par match, cela pose tout de suite le danger... La finale est relancée !


San José Sharks - Pittsburgh Penguins 3-2 après prolongation (1-1, 0-1, 1-0, 1-0)
Samedi 4 juin 2016, 20h. SAP Center de San José, Californie. 17 562 spectateurs.
Arbitrage de Dan O'Halloran et Dan O'Rourke assistés de Derek Amell et Jonny Murray
Tirs : San José 26 (6, 9, 7, 4), Pittsburgh 42 (14, 6, 13, 9),
Pénalités : Pittsburgh 6' (0', 2', 4') San José 2' (2', 0', 0')
Mises en échec : San José 47, Pittsburgh 17.
Mises au jeu : San José 39, Pittsburgh 36.

Récapitulatif du score
0-1 à 05'29" : Lovejoy
1-1 à 09'34" : Braun assisté de Thornton et Vlasic
1-2 à 39'07" : Hornqvist assisté de Lovejoy et Maatta
2-2 à 48'48" : Ward assisté de Donskoi et Thornton
3-2 à 72'18" : Donskoi assisté de Tierney

 
San José Sharks

Attaquants
Melker Karlsson - Joe Pavelski (C)- Joe Thornton (A)
Patrick Marleau - Logan Couture (A) - Jonas Donskoi
Matt Nieto - Chris Tierney - Joel Ward
Dainius Zubrus - Nick Spaling - Tommy Wingels

Défenseurs
Marc-Edouard Vlasic - Justin Braun
Paul Martin - Brent Burns
Brenden Dillon - Vojtek Polak

Gardien : Martin Jones
Remplaçant : James Reimer

Blessés : Tomas Hertl (AG), Matt Tennyson (D)

Réservistes : Dylan DeMelo (D), Ryan Carpenter (AD), Nikolay Goldobin (AG), Micheal Haley (AG), Aaron Dell (G), Mirco Mueller (D), Barclay Goodrow (AG)

Pittsburgh Penguins

Attaquants
Chris Kunitz (A) - Sidney Crosby (C) - Patric Hornqvist
Carl Hagelin - Nick Bonino - Phil Kessel
Conor Sheary - Evgeny Malkin (A) - Bryan Rust
Tom Kuhnhackl - Matt Cullen - Eric Fehr

Défenseurs
Kris Letang - Brian Dumoulin
Ben Lovejoy - Olli Maatta
Ian Cole - Justin Schultz

Gardien : Matt Murray
Remplaçant : Marc-André Fleury

Blessé : Trevor Daley (D, fracture de la cheville)

Réservistes : Jeff Zatkoff (G), Tristan Jarry (G), Derick Pouliot (D), Steve Oleksy (D), Tim Erixon (D), Kael Mouillierat (C), Oskar Sundqvist (C), Daniel Sprong (AD), Josh Archibald (AD), Dominik Simon (AG), Jean-Sebastien Dea (C), Beau Bennett (AD)