San José Sharks - Pittsburgh Penguins (finale de la coupe Stanley, match 4)

Les Sharks respirent après leur victoire en prolongation pour revenir à 2-1 dans la série. Mais le chemin est encore long et la victoire est impérative ce soir, sous peine de devoir lutter à Pittsburgh contre une équipe voulant soulever le trophée devant ses fans.

Pete De Boer doit encore se priver des services de Tomas Hertl, mais peut s'appuyer sur un Martin Jones étincellant dans les cages. En face, Matt Murray a moins convaincu, encaissant deux buts un peu faibles samedi.

La finale a mis en valeur les joueurs de troisième et quatrième ligne des deux formations, ainsi que les rookies - Sheary et Donskoi étant les premiers rookies à marquer en prolongation depuis 1986 dans une finale. Les stars vont-elles se réveiller ce soir ?

Le groupe Metallica lance la partie avec l'hymne national : les guitares de ce mini-concert seront vendues aux enchères pour une oeuvre caritative.

Pittsburgh mène encore

Le match débute à toute vitesse avec un tir de Dumoulin et une réplique de Braun. San José commence à faire le jeu et à porter le palet vers l'avant, trouvant quelques décalages prometteurs. Sur une interception, Thornton démarre ainsi en deux-contre-un avec Pavelski et choisit le tir, détourné par Murray.

Les Californiens privent leur adversaire de palets, mais se font peur sur un palet mal dégagé. Crosby attire la défense et Dumoulin se trouve esseulé face au but. Jones sauve son camp.

En revanche, il ne peut rien faire sur une action à la huitième minute. À la base, un contre favorable dans la neutre qui met quatre joueurs des Sharks dans le vent pendant un changement de ligne. Kessel s'infiltre et tire sur le côté. Le rebond revient sur Cole à l'opposée, qui fait mouche avant que Jones ne réussisse à se replacer (0-1). Encore une fois, une montée d'un défenseur crée le surnombre et le danger sur la cage de San José. Et encore une fois, Pittsburgh marque le premier but. Cole signe là son premier but en 105 matchs !

La réaction est immédiate. Thornton patiente bien au point d'un appui et lance Pavelski plein axe. Karlsson fonce faire l'écran et Murray sauve de la mitaine.

La partie reste très physique, avec des mises en échec et des duels féroces. Dumoulin obtient une nouvelle occasion dangereuse avec un Jones hors de position, mais n'arrive pas à lever son palet. Dans la foulée, Vlasic charge Crosby dans la neutre, le renvoyant sur son banc à travers la porte ouverte, et les officiels sanctionnent le défenseur.

Le jeu de puissance des visiteurs est resté muet depuis le début de la finale. Letang tente sa chance en premier et les passes s'enchaînent bien. Malkin trouve ensuite la plaque de Jones en tirant entre les jambes de Braun. Les Sharks échappent à la sanction et restent dans le match. Une mise au jeu gagnée relance le danger. Burns s'avance et son tir de l'aile perturbe Murray, qui s'interpose sur le rebond laissé.

Marleau remonte ensuite un palet le long de la bande et devance Lovejoy, qui l'accroche : deux minutes. Burns lance ses missiles de loin, et la défense continue à bloquer un maximum de tirs. San José s'installe pendant deux minutes, mais ne cadre guère. Cela a le mérite de remettre les joueurs de De Boer dans le bon sens avec quelques situations chaudes dans la continuité. Pittsburgh n'a pas dominé comme dans les autres matchs - le compteur de tirs est équilibré - mais mène encore au score, 1-0, après vingt minutes.

Un public assomé

Le public local se sent come groggy après ce premier tiers. Comment le relancer ? Certainement pas avec une pénalité... Karlsson commet une obstruction sur une mise au jeu offensive. Le jeu de puissance ne traîne pas et Pittsburgh double la mise lorsque, du cercle, Kessel envoie une passe-tir vers Malkin, collé au poteau (0-2). Un but et une passe déjà pour le Russe, qui, selon les déclarations de son entraîneur, pouvait "encore monter d'un niveau" dans cette série. Réponse positive sur la glace !

Sur la présence suivante, Schultz trouve la barre et les Penguins ont frôlé le KO. Et Kühnhackl touche lui aussi du métal, depuis le cercle droit juste après !

San José a la tête dans le seau. La première ligne tente de réagir, et toutes les lignes enchaînent avec plus de patinage... mais aucune occasion, les tirs restant à l'avantage des visiteurs. L'impact physique monte d'un cran, à l'image d'une mise en échec puissante de Wingels sur Cole.

Pittsburgh continue de s'appuyer sur un jeu très structuré, bien placé, avec un bon soutien des défenseurs et une qualité de relance impressionnante. En face, le jeu des Sharks paraît bien plus brouillon et maladroit. De Boer modifie donc ses lignes, remontant Couture aux côtés de Thornton et Pavelski. Sur une bonne pression de Karlsson en quatrième ligne, Spaling récupère et trouve à son tour la barre transversale.

Puis, sur une interception, Couture se retrouve seul au cercle et Murray repousse sa tentative. Les défenseurs californiens commencent à jouer plus haut pour apporter leur contribution. Burns percute ainsi et pousse Rust à la faute. San José reçoit un avantage numérique à 2'28" de la pause. La mobilité des Penguins gêne l'attaque adverse, incapable de s'installer malgré les efforts de Burns ou Donskoi. Lovejoy, notamment, coupe plusieurs passes dangereuses. Pittsburgh tient le match en main après deux périodes.

Une réaction d'orgueil trop tardive

Les Penguins affichent un bilan de 49 victoires et seulement 2 défaites lorsqu'ils mènent après deux tiers cette saison. Autant dire que la tâche des Sharks est d'envergure ! Tierney et Karlsson s'y emploient rapidement avec deux tirs de près. Puis, une bonne entrée de zone permet à Couture de lancer Marleau en échappée : le vétéran échoue sur Murray !

Le gardien sauve encore sur un lancer lointain de Tierney, alors que les locaux accélèrent. Thornton, dans le coin, trouve Pavelski et le portier sauve encore. Les Penguins reculent, subissent et restent dangereux en contre. Mais la pression finit par payer. Polak tient un palet à la bleue, sert Dillon à l'opposée qui lance. Le tir est bloqué et dégagé... sur Karlsson dans l'axe, qui a échappé au marquage de Crosby. En déséquilibre, le Suédois réduit le score (1-2). Le public explose et la partie est relancée.

Les changements de ligne ont fonctionné pour De Boer, qui a cette fois déplacé Donskoi, très en jambes, aux côtés de Thornton et Pavelski. Le capitaine local, servi par Marleau en tour de cage, échoue lui aussi sur le gardien pour son cinquième tir du match. Le compteur de tirs grimpe : les Penguins n'ont jamais eu si peu de tirs dans un match dans ces playoffs 2016.

Les Californiens continuent de peser sur la défense pour forcer la décision, avec un échec-avant agressif et beaucoup de duels. Mais la défense résiste bien. Pittsburgh effectue un bon travail pour cantonner le jeu dans les bandes. Les contres font encore frissonner le public, à l'instar d'une montée de Cullen, qui échoue sur Jones à deux minutes de la fin. Et quelques secondes plus tard, les Penguins récupèrent un palet dans la neutre. Hagelin lance Fehr plein axe dans le dos des deux défenseurs. L'ancien Capitals fusille Jones (1-3).

Le portier sort pour un six-contre-cinq, puis De Boer pose son temps mort. Donskoi, servi par Pavelski, puis Burns de loin trouvent Murray, et les défenseurs se sacrifient au bloc. Pittsburgh tient jusqu'au bout.

Les Penguins ne sont plus qu'à une victoire de leur quatrième coupe Stanley et pourront soulever le trophée à domicile jeudi en cas de victoire - ce qui serait une première pour une formation de Pittsburgh depuis le base-ball en 1960. Dominateurs en tirs dans toute la série contre Tampa et les trois premiers matchs de la finale, les Penguins ont cette fois cédé dans cet exercice, notamment lors d'une troisième période dominée par San José. Mais la défense a brillé, contenant le jeu vers l'extérieur, relançant très bien et s'appuyant sur un Matt Murray décisif. L'opportunisme offensif a fait le reste.

San José paraît en train de passer à côté de sa finale, jouant par intermittences son style réel. Il faudra réagir jeudi, sans l'avantage du dernier changement de ligne. Et réussir un exploit : 31 des 32 équipes menant 3-1 ont soulevé la coupe Stanley. Il faudra faire aussi bien que Toronto en 1942 face à Detroit...

 

San José Sharks - Pittsburgh Penguins 1-3 (0-1, 0-1, 1-1)
Lundi 6 juin 2016, 20h. SAP Center de San José, Californie. 17 562 spectateurs.
Arbitrage de Wes McCauley et Kelly Sutherland assistés de Brian Murphy et Pierre Racicot
Tirs : San José 24 (8, 4, 12) Pittsburgh 20 (6, 7, 7)
Pénalités : San José 4' (2', 2', 0') Pittsburgh 4' (2', 2', 0')
Mises en échec : San José 46, Pittsburgh 31.
Mises au jeu : San José 37, Pittsburgh 30.

Récapitulatif du score
0-1 à 07'36" : Cole assisté de Kessel et Malkin
0-2 à 22'37" : Malkin assisté de Kessel et Letang (sup. num.)
1-2 à 48'07" : Karlsson assisté de Tierney et Dillon
1-3 à 57'58" : Fehr assisté de Hagelin et Määttä
 

San José Sharks

Attaquants
Melker Karlsson [puis Couture puis Donskoi] - Joe Pavelski (C) - Joe Thornton (A)
Patrick Marleau - Logan Couture (A) - Jonas Donskoi
Matt Nieto - Chris Tierney - Joel Ward
Dainius Zubrus - Nick Spaling - Tommy Wingels

Défenseurs
Marc-Edouard Vlasic - Justin Braun
Paul Martin - Brent Burns
Brenden Dillon - Vojtek Polak

Gardien : Martin Jones
Remplaçant : James Reimer

Blessés : Tomas Hertl (AG), Matt Tennyson (D)
Réservistes : Dylan DeMelo (D), Ryan Carpenter (AD), Nikolay Goldobin (AG), Micheal Haley (AG), Aaron Dell (G), Mirco Mueller (D), Barclay Goodrow (AG)

Pittsburgh Penguins

Attaquants
Chris Kunitz (A) - Sidney Crosby (C) - Patric Hörnqvist
Carl Hagelin - Nick Bonino - Phil Kessel
Conor Sheary - Evgeny Malkin (A) - Bryan Rust
Tom Kühnhackl - Matt Cullen - Eric Fehr

Défenseurs
Kris Letang - Brian Dumoulin
Ben Lovejoy - Olli Määttä
Ian Cole - Justin Schultz

Gardien : Matt Murray
Remplaçant : Marc-André Fleury

Blessé : Trevor Daley (D, fracture de la cheville)
Réservistes : Jeff Zatkoff (G), Tristan Jarry (G), Derick Pouliot (D), Steve Oleksy (D), Tim Erixon (D), Kael Mouillierat (C), Oskar Sundqvist (C), Daniel Sprong (AD), Josh Archibald (AD), Dominik Simon (AG), Jean-Sebastien Dea (C), Beau Bennett (AD)