Pittsburgh Penguins - San José Sharks (finale de la coupe Stanley, match 5)

Les billets se sont arrachés pour ce match, atteignant des sommes record (on parle de tickets à 24 000 euros au marché noir !)... Les malheureux qui n'ont pu obtenir une place peuplent l'esplanade de la patinoire devant les écrans géants.

Pittsburgh tient sa coupe à portée de mains. La première depuis 2009, et l'occasion de la soulever devant son public, ce qu'aucun sport majeur n'a fait à Pittsburgh depuis 1960. La pression est importante, et la confiance aussi. Les Penguins ont toujours marqué le premier but dans cette finale et n'ont jamais été menés au score.

San José doit réagir, toujours sans Tomas Hertl, blessé. Il faut améliorer le jeu de transition, imposer son échec avant et faire en sorte que la première ligne ne soit pas cantonnée dans son propre camp par l'adversaire. Les quatre matchs ont connu un scénario similaire et casser le rythme des Penguins est impératif. L'Histoire ne parle pas en faveur des Sharks : seul Toronto, en 1962, a su renverser un déficit de trois victoires à une. Et seuls 14 équipes sur 31 ont réduit l'écart à 3-2...

Un départ canon

Les Californiens entament bien avec une présence de la ligne Couture, ponctuée de deux tirs de Burns. Le grand défenseur enchaîne avec un troisième tir en tour de cage, après que Karlsson ait gagné le palet en premier dans le coin. Burns trouve un espace le long du poteau et San José ouvre le score après une minute (0-1). Encore une fois, Murray est battu sur un tour de cage, pour la troisième fois de la série.

Le "barbu" continue et lance sur une passe en retrait de Wingels. Murray repousse de la plaque. Déjà quatre tirs en deux minutes pour Burns ! Les joueurs de De Boer confisquent le palet. Marleau remonte le disque et Couture travaille dans le coin avec Karlsson, remet au point d'appui et Braun lance à travers la foule. Couture, planté devant Murray, dévie au fond (0-2). Deux buts en trois minutes et le public est sous le choc. San José ne pouvait pas mieux commencer : un échec avant agressif et des lignes de tir depuis la bleue. Mais Pittsburgh ne lâche rien. Bonino gagne une mise au jeu et Kessel se trouve en bonne position. Jones s'avance bien et parvient à bloquer le tir.

L'essentiel du jeu se passe dans le camp des Penguins. Pavelski vole un palet dans la crosse de Letang, et Dumoulin parvient à bloquer la passe vers Karlsson, qui était tout seul devant le but. L'intensité continue de monter.

Mais Zubrus veut aider Vlasic au duel et dégage le palet au-dessus. Le retard de jeu place Pittsburgh en supériorité. Vingt-trois secondes plus tard, le palet franchit la ligne. Malkin reçoit le palet au deuxième poteau sur une passe transversale de Kessel, et le tir du Russe trouve le patin de Braun (1-2). Le public explose et le match est relancé.

Sur la présence qui suit, Dillon dégage mal un palet et Bonino entre en zone à droite. Depuis le cercle, il égalise avec Hagelin en écran, qui touche le palet du buste (2-2). Deux buts en vingt-deux secondes et l'avance durement obtenue par San José a déjà disparu.

Pittsburgh est en feu et les tirs pleuvent. Jones réalise un miracle en grand écart sur Kessel, puis face à Hagelin du côté. Sur la défensive, Burns cherche la grosse charge sur Dumoulin et sa crosse le touche au visage : deux minutes.

Le jeu de puissance tourne et Crosby trouve Kunitz en retrait : sur le poteau. Puis, tout le monde croit au but sur une nouvelle occasion. Le tir de Kessel frappe les deux poteaux en longeant la ligne, et ressort ! Les Sharks ont plié, mais tiennent jusqu'au bout et reviennent à cinq. Pittsburgh mènent 10-1 en tirs sur les huit dernières minutes et a parfaitement effacé le mauvais départ dans ce match.

Après cette période folle, les deux équipes ralentissent le rythme et posent un peu plus leur jeu. San José reprend vers l'avant et la ligne Tierney-Ward crée le danger. Les Penguins exploitent vite la moindre erreur et Fehr se présente presque seul sur un palet perdu par Pavelski dans la neutre. Jones sauve les meubles. Les Sharks restent sur la bonne voie. Gros travail derrière la cage de Couture et Marleau, qui reviennent vers Burns à la bleue. Il déplace vite vers Dillon à l'opposée, qui trouve Couture ligne de fond. La passe dans le dos du numéro 39 est superbe et Melker Karlsson ajuste Murray côté mitaine, pas très rassurant sur l'action (2-3).

Trois buts en cinq tirs pour San José, qui s'est montré particulièrement précis ! Malgré quelques situations chaudes - Kessel pour Bonino, tir de Kunitz avec Rust au rebond - Jones ne lâche rien et les Sharks virent en tête après vingt minutes débridées.

Un Jones étincelant

Le rythme ne retombe pas au début du deuxième tiers. Servi par une longue passe, Malkin déborde, efface Burns et attaque la cage. Pittsburgh parvient à s'appuyer sur sa vitesse dans la neutre et pousse sur la cage de Jones. Le jeu devient physique. À l'échec-avant, Polak échappe à la punition alors qu'il commet une nette charge dans le dos de Dumoulin. Malgré tout, le danger est supérieur sur la cage californienne, avec des essais de Sheary, Letang et Crosby à bout portant. Rust déborde aussi et attaque la cage... Jones tient sa jambière en opposition pour un arrêt spectaculaire.

En face, une belle entrée en zone sur une longue relance de Jones permet à Tierney d'effectuer une passe-abandon pour Ward. Le tir puissant est repoussé par Murray, mais les Penguins concèdent un surnombre très visible sur l'action. Couture, en deux temps, se heurte à Murray, qui dévie ensuite un tir de Vlasic. La pénalité est tuée mais a remis les Sharks dans le bon sens... du moins provisoirement. Crosby réalise encore une passe magique dans son dos vers Sheary, et Jones sauve encore.

À la mi-match, la pression des Penguins coûte une pénalité. Le cinglage de Karlsson sur Sheary installe le jeu de puissance local et la défense se sacrifie pour bloquer les tirs et efface l'infériorité. Le jeu file d'un côté à l'autre à toute vitesse. Sur une montée de Cole, relayé par Kunitz, le palet traîne devant le but de Jones dans la confusion avant d'être dégagé. Le portier californien reste intraitable avec un triple arrêt en grand écart sur Kessel, Bonino et Hagelin. Il enchaîne avec un nouvel arrêt sur un revers de Sheary dévié par Hörnqvist. Le Suédois échoue ensuite à bout portant, servi par Malkin. Une séquence hors norme pour Jones !

Pour briser l'élan, San José s'applique à garder le palet dans la bande avec des duels costauds. Murray n'a pas eu beaucoup de travail, mais s'en sort bien sur un lancer de Burns dévié par Karlsson à quelques secondes de la pause. San José a résisté et continue à mener 3-2, grâce à un Martin Jones de gala, auteur de 17 arrêts dans le deuxième tiers.

Tous en défense !

Le tiers reprend avec de bonnes intentions de Pittsburgh, mais le premier tir dangereux revient à Couture, du revers, après avoir éliminé Dumoulin. Auteur d'un but et deux passes, Couture est l'autre homme du match côté Sharks. Les visiteurs s'appliquent défensivement et ne prennent aucun risque à la relance, se contentant de dégager dès que possible. Les Penguins appuient encore avec la ligne Malkin, qui fait passer des frissons sur la cage de Jones avec un tir de Lovejoy dévié par Kunitz. Jones sauve aussi devant Crosby - dévié par Hörnqvist - et Sheary deux fois alors que la pression monte.

San José ne respire qu'avec la ligne Couture, qui parvient à créer du danger. Karlsson le trouve au fond, et le jeune attaquant remise sur Marleau : Murray sauve de justesse de la mitaine au dessus de sa botte.

La partie se ferme peu à peu et les occasions se font plus rares. Pavelski trouve la plaque de Murray sur un tir un pivot puis bloque un tir de Letang, qui lui vaut un bandage au bras. Jones pour sa part bloque un lancer venu de l'aile continuant son excellent travail. De Boer réduit son banc : Wingels et Zubrus restent en dehors de la glace.

Sheary lance Crosby, et Jones, très avancé, repousse de l'épaule. À l'opposée, une percée de Donskoi provoque une faute et San José aligne son jeu de puissance à six minutes de la fin. La défense cantonne le jeu sur les extérieurs dans des duels stériles et la pénalité est tuée sans danger pour Murray. Pittsburgh reprend l'offensive et un palet mal dégagé revient sur Rust, dont le revers menace encore Jones, qui contrôle aussi le rebond de Hagelin.

San José défend, dégage, repousse le palet le plus loin possible. Les minutes défilent... et Murray sort pour un attaquant à 1'30" de la fin. Thornton intercepte dans la neutre, fixe dos au but et décale Pavelski. Le capitaine patiente pour éliminer la défense et ajuste la cage vide (2-4). Steve Sullivan pose son temps mort à une minute de la fin à la faveur d'un dégagement interdit adverse. Les travées se vident : malgré un ultime tir de Malkin, San José s'impose dans ce match 5 et reste en vie dans cette finale.

Pas de fête à Pittsburgh, à la grande déception du public dans et hors de la patinoire. La faute à Martin Jones, auteur de 44 arrêts, record du club en playoffs. Les Sharks sont bien entrés dans le match avant de résister à la tornade adverse, avec de gros sacrifices défensifs. Pittsburgh a nettement dominé la partie mais il faudra remettre le couvert dimanche en Californie... Parfois, la meilleure équipe du match ne gagne pas.

 

Pittsburgh Penguins - San José Sharks 2-4 (2-3, 0-0, 0-1)
Jeudi 9 juin 2016, 19h. Consol Energy Center de Pittsburgh, Pennsylvanie. 18680 spectateurs.
Arbitrage de Dan O'Halloran et Dan O'Rourke assistés de Derek Amell et Jonny Murray
Tirs : Pittsburgh 46 (15, 17, 14), San José 22 (7, 8, 7)
Pénalités : Pittsburgh 6' (0', 2', 4') San José 8' (4', 2', 2')
Mises en échec : Pittsburgh 32, San José 30.
Mises au jeu : Pittsburgh 34, San José 36

Récapitulatif du score
0-1 à 01'04" : Burns assisté de Karlsson et Couture
0-2 à 02'53" : Couture assisté de Braun
1-2 à 04'44" : Malkin assisté de Kessel et Letang (sup. num.)
2-2 à 05'06" : Hagelin assisté de Bonino
2-3 à 14'47" : Karlsson assisté de Couture et Dillon
2-4 à 58'40" : Pavelski assisté de Thornton (cage vide)
 

San José Sharks

Attaquants
Jonas Donskoi - Joe Pavelski (C) - Joe Thornton (A)
Patrick Marleau - Logan Couture (A) - Melker Karlsson
Matt Nieto - Chris Tierney - Joel Ward
Dainius Zubrus - Nick Spaling - Tommy Wingels

Défenseurs
Marc-Edouard Vlasic - Justin Braun
Paul Martin - Brent Burns
Brenden Dillon - Vojtek Polak

Gardien : Martin Jones
Remplaçant : James Reimer

Blessés : Tomas Hertl (AG), Matt Tennyson (D)
Réservistes : Dylan DeMelo (D), Ryan Carpenter (AD), Nikolay Goldobin (AG), Micheal Haley (AG), Aaron Dell (G), Mirco Mueller (D), Barclay Goodrow (AG)

Pittsburgh Penguins

Attaquants
Chris Kunitz (A) - Sidney Crosby (C) - Patric Hörnqvist
Carl Hagelin - Nick Bonino - Phil Kessel
Conor Sheary - Evgeny Malkin (A) - Bryan Rust
Tom Kühnhackl - Matt Cullen - Eric Fehr

Défenseurs
Kris Letang - Brian Dumoulin
Ben Lovejoy - Olli Määttä
Ian Cole - Justin Schultz

Gardien : Matt Murray
Remplaçant : Marc-André Fleury

Blessé : Trevor Daley (D, fracture de la cheville)
Réservistes : Jeff Zatkoff (G), Tristan Jarry (G), Derick Pouliot (D), Steve Oleksy (D), Tim Erixon (D), Kael Mouillierat (C), Oskar Sundqvist (C), Daniel Sprong (AD), Josh Archibald (AD), Dominik Simon (AG), Jean-Sebastien Dea (C), Beau Bennett (AD)