Publicité

Pays-Bas - Espagne (Mondial D2A, Jour 2)

L'ultime match de la soirée est traditionnellement celui du pays hôte. Mais plus qu'un match de championnat, c'est une petite finale qui va se jouer ce soir au Pabellón de Hielo.

Si les Néerlandais, de par leur statut de relégués, sont les favoris de la compétition (et ce malgré l'absence de nombre de leurs cadres), les Espagnols entendent bien jouer les trouble-fête, qui plus est chez eux. Et ils doivent le faire dès le deuxième soir et au lendemain d'une victoire contrastée contre les promus chinois. Si les hommes de Luciano Basile ont eu l'entière maitrise de la partie la veille, ils se sont heurtés à une relative inefficacité offensive. De leur côté, l'équipe coachée par Chris Eimers ont eu eux-aussi une partie accroché face aux Serbes. Mais les deux équipes se présentent dans une configuration somme toute assez similaire à la veille, preuve de la confiance des deux coachs dans leurs choix pour ce début de championnat.

L'entame de match est à l'avantage des Bataves qui exercent un pressing haut, ce qui pousse les Ibériques à la faute. Le héros de la veille, Pablo Muñoz, est sanctionné d'un faire-trébucher avant la fin de la première minute de jeu et Juan Brabo le rejoint sur le banc quelques secondes plus tard, offrant une situation de double supériorité numériques aux Néerlandais pendant 22 secondes. Mais cette situation ne donnera rien, les deux lancers des Oranges passant à côté du cadre. Le jeu se poursuit, toujours à l'avantage des "visiteurs" bien qu'ils n'arrivent pas à trop créer le danger sur les buts d'Alcaine, la faute à une équipe espagnole bien en place. Mais l'arbitre du soir, M. Rasmus Toppel, Danois de son état, va créer la situation la plus cocasse de la compétition. Les Espagnols envoient le palet au fond, Erik Tummers est le premier sur le puck derrière le but et se fait charger, solidement, par l'avant Ignacio Solorzano. L'arbitre levant le bras pour annoncer la pénalité, on s'imagine une faute espagnole. Or Juan Muñoz récupère le palet, le contrôle et tente un centre à destination de Solorzano. Donc là, c'est clair, la faute est néerlandaise. Muñoz voit son centre intercepté du bout du patin  par Tummers et le palet atterrit dans la palette de Gus van Nes. Ce coup-ci, les deux équipes sont à l'arrêt mais … l'arbitre ne siffle toujours pas ! Et van Nes repart donc à l'attaque, sous les yeux d'une assistance médusée ! Mais le problème c'est que, pendant ce temps, Ander Alcaine avait quitté sa cage pour faire rentrer un joueur de champ supplémentaire. Dans la confusion la plus totale, van Nes est donc proche d'une cage vide mais passant à proximité du banc espagnol, Alcaine retourne sur la glace et charge, licitement, l'attaquant néerlandais ! La défense espagnole réussit à récupérer le palet et l'arbitre siffle enfin. Et il voulait bien siffler la charge initiale de Solorzano ! Pendant quelques secondes, l'arbitre a donc perdu le fil de sa rencontre et cela aurait pu offrir un but particulièrement "injuste" aux Espagnols. Sur la pénalité, les Bataves tenteront bien d'en réclamer une seconde pour surnombre –quand Alcaine est revenu sur la glace, personne n'est sorti- mais monsieur Toppel, conscient qu'il était quand même un peu coupable sur le coup, ne leur offrira pas ce cadeau.

Même lorsqu'ils ne sont pas en infériorité, les Espagnols ont du mal à se projeter vers l'avant. L'équilibre de la veille semble s'être délié et les contre-attaques se font à deux maximum, quand il ne s'agit pas d'un homme seul qui tente de se jouer de toute la défensive néerlandaise. Ce sont donc les Néerlandais qui dominent la partie mais ne parviennent pas à tromper la vigilance d'un Alcaine toujours aussi serein. Et lorsque les Bataves se mettent à la faute, sur un énième trébucher dans cette compétition, les Ibériques peuvent enfin se montrer dangereux. Si le lancer puissant de Carlos Quevedo est envoyé au-dessus par la crosse du portier Idzenga, si celui de Fuentes finit lui aussi dans le filet de protection, le lancer de Juan Muñoz, consécutif à un beau jeu de passe, est tout près de tromper un Idzenga bien masqué. Finalement, cette situation de supériorité numérique ne sera qu'une parenthèse de courte durée dans la domination néerlandaise. La première ligne des Oranges avec le centre Tom Marx et les ailiers Bruijsten et Joly se montrent la plus active. La technique de Joly associée à la puissance de Bruijsten et au travail incessant de Marx met la défensive locale en difficulté mais ils ne parviennent pas, présence après présence, à trouver la solution de tir idéale. Et quand les autres lignes y parviennent, ils se heurtent à un Alcaine impérial depuis le début de la compétition.

Et si les Espagnols parviennent à atteindre la pause sur un score nul et vierge malgré avoir subi 16 tirs cadrés, ils le doivent en très grande partie à leur gardien, Ander Alcaine. Bien sûr, Alcaine est le joueur espagnol le plus connu dans l'hexagone, son passage à Briançon ayant marqué les esprits de la Ligue Magnus. Celui qui a commencé le hockey à 5 ans parce que "c'était plus populaire que le football à Jaca" est devenu gardien parce qu'il n'y en avait pas dans sa classe d'âge et qu'il s'est dit que ça serait mieux de "jouer 60 minutes, plutôt que d'avoir à changer toutes les 45 secondes". Formé dans sa ville natale de Jaca, Alcaine devient vite le gamin le plus en vue du pays. Coéquipiers et adversaires finissent par l'appeler le "Hasek espagnol" en référence au portier qui dominait la NHL en ces temps-là. A 17 ans, alors qu'il a déjà commencé à évoluer dans l'équipe nationale des U20, il choisit de quitter le nid familial pour aller joueur au Barca. Dès sa première année en Catalogne, il remporte le titre chez les Séniors, échouant en demi-finales puis finale les deux saisons suivantes. Mais à chaque saison Alcaine s'imposait un peu plus et était déjà le portier indéboulonnable de la sélection. Cette sélection sénior, il la côtoyait depuis 2009, année où il participa aux championnats U18, U20 et séniors ! Alors lorsque Luciano Basile reprit la sélection en 2011, il n'hésita pas à amener avec lui le jeune portier jusqu'à Briançon. Lorsque son arrivée fut révélée, beaucoup pensèrent qu'il viendrait officier comme back-up ou, au mieux, comme numéro un bis. Mais vite, très vite, tout le monde se rendit compte du talent du jeune gardien ibérique. Avec les Diables Rouges, il termine quatrième de la saison régulière mais se fait sortir en quarts de finale des playoffs. Mieux, il remporte la Coupe de la Ligue et est nommé en fin de saison "Révélation de l'année" par le quotidien sportif L'Équipe. Cette saison en France, les connaissances de Luciano Basile au Canada et l'œil curieux de François Allaire vont permettre à Alcaine de participer au camp d'été des Maple Leafs de Toronto… Bien sûr la NHL est loin, sans doute trop pour le jeune Ander mais cela prouve tout le potentiel du garçon. Alors quand, après ce test, il décide de rentrer en Espagne et d'abandonner le hockey professionnel, beaucoup s'interrogent sur le pourquoi. Aussi prometteur soit-il, Alcaine reste lucide et préfère s'armer d'un bon bagage académique plutôt que de tenter le tout pour le tout dans une carrière professionnelle qui peut s'arrêter du jour au lendemain. Adieu la NHL, adieu la Magnus, Alcaine rejoint Vitoria puis Jaca pour truster les titres de champion national (quatre en quatre ans) et exercer sa profession d'Odontologue, chose qui doit être bien pratique pour bon nombre de ses collègues hockeyeurs. Pourtant, avec ce qu'il prouve encore ce soir, nul doute qu'Ander Alcaine Val, de son nom complet, aurait encore largement sa place dans un championnat professionnel comme, par exemple, au hasard, la Ligue Magnus ! Encore faudrait-il parvenir à le convaincre !

La seconde période reprend comme on avait laissé la première se finir, avec une domination néerlandaise. Raphaël Joly est le premier en action sur un contre en deux-contre-un accompagné de Marx. Ce dernier fait un faux-appel mais le défenseur espagnol ne tombe pas dans le panneau et se jette pour contrer le tir de Joly. Ce dernier voit son lancer dévié par la barre transversale d'Alcaine pour qui c'est la première réelle mise en danger et ce, après 15" de jeu seulement. Pourtant, les Espagnols ne vont pas se laisser faire longtemps. On sent que pendant la pause, le discours de Basile et de ses assistants a remis les pendules à l'heure et voilà que les Ibériques patinent de nouveau dans le bon sens. Ils se créent même la meilleure action construite de la rencontre : le tir puissant de Garcia-Arias est repoussé plein axe par Idzenga mais ce dernier sort une magistrale parade de la mitaine sur la reprise à bout portant de Carlos Quevedo ! Si coup-ci la cabane n'est pas passé loin de tomber sur le chien, les Néerlandais sont en totale perdition en atteste deux actions : tout d'abord, une anecdotique, lorsque Julian van Lijden se fait charger contre la porte de son banc et que celle-ci n'était pas bien fermée, propulsant le grand néerlandais dans une situation inconfortable mais dont il ressort fort heureusement indemne. La seconde, dans le jeu, fait suite à un magnifique jeu en triangle entre Alejandro Carbonell, Gaston Gonzalez et Pablo Muñoz dont le lancer est magnifiquement captée une fois de plus par Idzenga. Les Néerlandais n'y sont plus et leur coach n'hésite pas à prendre son temps-mort pour exhorter ses joueurs à se remettre dans le sens de la marche ! Las, rien n'y fait, les hommes de Basile ont le dessus et 40" après ce temps-mort, les Bataves sont sanctionnés et se retrouvent à court d'un homme. Il ne faudra là aussi pas plus de 40" aux Espagnols pour trouver la faille : Quevedo sert Guillermo Betrán à la bleue dont le lancer est dévié –sans doute par un crosse néerlandaise- juste devant le but, envoyant le palet au-dessus du portier orange (0-1, 25'42"). L'ouverture du score est finalement logique vu la physionomie de cette seconde période, surtout que sur l'action précédente, le Gapençais Alejandro Carbonell avait vu son tir échouer entre les jambes d'Idzenga, à la limite de la ligne. Ce but réveille le public espagnol qui se lance dans un puissant "A por ellos" pour arranger leurs joueurs. Les Espagnols gardent le contrôle du palet et des actions et leurs adversaires ne peuvent finalement souffler que lors des supériorités numériques, et encore ! Sur l'une d'elles, van Lijden s'offre un joli numéro de soliste mais Alcaine veille au grain ; sur le contre Pablo Muñoz est le plus prompt à se saisir du palet et effectue une jolie passe au second poteau pour un Carbonell qui arrive lancé mais dont la reprise passe quelques millimètres à côté du montant hollandais. Cela n'est que partie remise puisqu'à 30" de la fin, Pablo Muñoz déborde sur la gauche et son centre est astucieusement (ou hasardeusement ?) dévié par Juan Brabo dans le but (0-2, 39'37") ! Dans ce tiers médian, les Ibériques ont totalement renversé la tendance : de 4 tirs à 16 dans le premier tiers, ils passent à 13-6 en leur faveur et surtout ils ont réussi à trouver deux fois la faille. Le pressing haut imposé par Luciano Basile a porté ses fruits et les Néerlandais se retrouvent d'ores et déjà en danger au moment de rentrer au vestiaire.

La troisième période est entamée pied au plancher par les deux équipes qui se rendent coup-pour-coup. Les Néerlandais sont les plus dangereux, lorsque Joey Oosterveld, plus rapide, passe entre deux défenseurs espagnols pour réceptionner un centre de Jasper Kick, mais le move d'Oosterveld est impeccablement repoussé par le "mur Alcaine" qui tient sa cage inviolée depuis près de 110' désormais. Le vrai coup qui va faire basculer la rencontre, c'est un coup de genou, celui dont va se rendre coupable Juan Brabo et qui l'envoie aux vestiaires avec une infériorité de 5' à tuer pour ses coéquipiers. Le power-play batave semblait se bonifier au fil du match, il va désormais concrétiser : sur un lancer de la bleue de Tummers, Kevin Bruijsten, placé devant le filet, parvient enfin à mettre un terme à l'invincibilité d'Alcaine (1-2, 51'49"). Le momentum a réellement changé de camp et les Bataves se font de plus en plus pressants. Alcaine a beau multiplier les parades, la pression constante met à mal le physique ibérique. Et si les Espagnols pensent tuer le match sur un lancer de la bleue d'Alejandro Hernandez, c'est pour voir le poteau repousser leur rêve. Et c'est pour finalement se faire crucifier à 1'30" de la fin. Kevin Bruijsten déborde sur la droite, repique au centre et adresse un lancer précis et sec qui va se loger au ras du poteau d'Alcaine pour l'égalisation (2-2, 58'31"). A 89 secondes près, les Espagnols tenaient leur exploit, mais voilà que tout est à refaire. Brabo, expulsé et qui regarde le match derrière les plexis désormais est dépité, tout comme le banc hispanique. Le pire est pourtant évité de justesse pour les Espagnols : il reste moins d'une minute à jouer lorsque Jurryt Smid se présente seul devant Alcaine ! Hernandez se sacrifie alors en accrochant volontairement le défenseur néerlandais pour l'empêcher de tromper le portier. Si le tir de pénalité n'est pas passé loin, cela va obliger les Espagnols à finir le tiers et à débuter la prolongation avec un homme en moins.

Et si les Néerlandais sont parvenus à accrocher la prolongation, c'est en partie dû à un autre homme bien connu en France, l'attaquant Kevin Bruijsten. Plus au nord de Briançon, c'est à Amiens que le grand batave s'est fait un nom en Ligue Magnus. Formé à Nimègue, c'est là-bas puis à Amsterdam qu'il se fait connaître, accumulant les bonnes saisons au côté du gratin des joueurs néerlandais comme Marco Postma, Marcel Kars, Brad Smulders ou Léo van den Thillart, bien connu également en France pour avoir évolué à Viry et Amiens lui aussi, ainsi que lors des rencontres internationales où il a bien fait souffrir l'équipe de France. Élément prometteur, Bruijsten se lance un premier défi à l'étranger en rejoignant Essen au quatrième niveau allemand. Avec les Moskitos, il connait une saison anonyme car même s'il évolue sur le premier bloc, il finira au-delà des 100 meilleurs pointeurs de la ligue. Peu convaincu par son expérience, il revient au pays un an plus tard. Si collectivement, il remporte le titre national dès sa première saison, individuellement, il connaîtra une progression constante, traversant quatre clubs en cinq ans. Deux premières saisons de le Top30 des pointeurs de la ligue, une dans le Top20 puis le voilà 9è puis 6è lors de ses deux dernières saisons. Meilleur pointeur et buteur d'Heerenven pour la saison 2013-14, il est repéré par Barry Smith qui le fait signer avec les Gothiques d'Amiens. Sa première saison sera de bonne facture : second meilleur pointeur de l'équipe en Magnus, premier en coupe de la Ligue. Mais l'attaquant néerlandais ne fait pas l'unanimité et Le Courrier Picard l'annonce même dans les partants possibles à l'intersaison. Mais finalement, fin-mai, il est annoncé reconduit dans l'équipe amiénoise. Si la première partie de saison est bonne, avec notamment 9pts en coupe de la Ligue, la seconde est à l'image de son équipe et Bruijsten apparaît de moins en moins sur les feuilles de stats. Le bilan de son passage est contrasté, à l'image d'un joueur certes complet mais qui n'excelle nulle part : bon buteur mais pas excellent, bon passeur mais pas excellent, bon physique mais pas excellent. Pourtant ce joueur est un vrai combattant comme il le prouve encore ce soir. Il est de tous les combats, offensifs comme défensifs. Mais comme la Ligue Magnus s'est refusée à lui, c'est désormais en Autriche qu'il tentera sa chance.

La prolongation commence donc avec une Espagne à trois  contre quatre. Mais les Ibères font front, obligeant les Néerlandais à tirer de loin, un domaine dans lequel Ander Alcaine ne laisse que peu d'espoirs à ses adversaires. De son côté Juan Brabo est dans tous ses états, suivant sans pouvoir participer aux efforts de ses coéquipiers. Revenus à égalité numérique, on pouvait penser que les Espagnols allaient revenir dans le match, mais il n'en fut rien. Le tir de van Gestel, de loin et excentré sur la droite, est détourné par un joueur espagnol, ce qui prend Alcaine à contre-pied, offrant la victoire aux Bataves sur un coup de billard (3-2, 62'04"). Vaincus mais ovationnés par le public, les joueurs espagnols ont livré une partie de belle facture mais ont dû s'incliner contre des Néerlandais qui ont su profiter de leurs moments forts pour remporter la partie. Si pour ces derniers le chemin vers la promotion continue, il convient de constater que leurs deux victoires ont été acquises dans la douleur. Pour les Espagnols, il ne faut pas baisser pavillon puisqu'ils sont encore en course pour une médaille, voir beaucoup mieux en cas de défaillance des Oranges.

Élus joueurs du match : Sjoerd Idzenga pour les Pays-Bas, Ander Alcaine pour l'Espagne.

Pays-Bas – Espagne 3-2 (0-0, 0-2, 2-0, 1-0)
Dimanche 10 avril à 20h00 au Pabellón de Hielo de Jaca. 1100 spectateurs.
Arbitrage de Rasmus Toppel (DAN) assisté de Attila Nagy (HON) et Emil Yletyinen (SUE).
Pénalités : Pays-Bas 6' (2', 4', 0', 0'), Espagne 39' (6', 6', 2'+5'+20', 0').
Tirs : Pays-Bas 38 (16, 6, 14, 2), Espagne 22 (4, 13, 5, 0).

Évolution du score :
0-1 à 25'42" : G.Betran assisté de Quevedo et Carbonell (sup. num.)
0-2 à 39'37" : Brabo assisté de P.Muñoz
1-2 à 51'49" : Bruijsten assisté de Tummers et van Gestel (sup. num.)
2-2 à 58'31" : Bruijsten assisté de Tummers
3-2 à 62'04" : van Gestel assisté de Tummers

Pays-Bas

Attaquants :
Tom Marx – Raphael Joly (A) – Kevin Bruijsten (C)
Ronald Wurm – Alan van Bentem – Julian van Lijden
Joey Oosterveld – Jeffrey Melissant – Mike Verschuren
Guus van Nes – Max Hermens – Jasper Kick

Défenseurs :
Erik Tummers (A) – Boet van Gestel
Jurryt Smid – Mark Hoekstra
Niels van der Vossen – Guido Vols

Gardien :
Sjoerd Idzenga

Remplaçant : Ruud Leeuwesteijn (G).

Espagne

Attaquants :
Gastón González – Alejandro Carbonell – Pablo Muñoz (A)
Juan Muñoz – Patrick Fuentes – Ignacio Solorzano
Pablo Pantoja – Carlos Quevedo – Javier García-Arias
Juan Gordo – Pol González – Pablo Puyuelo (C)
Adrián Betrán

Défenseurs :
Guillermo Betrán (A) – Juan Brabo
Adrian Ubieto – Alejandro Hernández
Jorge Bea – Alfonso García
Ignacio Vicente

Gardien :
Ander Alcaine

Remplaçant : Ignacio García (G).