Bilan de NHL 2015/16 : équipes classées de 21 à 30

Une nouvelle saison s'achève, avec le couronnement des Pittsburgh Penguins pour la quatrième fois de leur histoire. Un titre qui vient de loin, tant l'équipe paraissait au fond du trou en décembre. Le changement d'entraîneur a produit des effets spectaculaires et les Penguins furent la meilleure équipe de la deuxième partie de saison, juste devant l'autre finaliste, les Sharks de San José.

Sur un plan général, la saison confirme un certain équilibre entre les franchises, puisque la moitié des participants en playoffs ne s'était pas qualifiée la saison précédente. La parité n'a jamais semblé aussi forte. Confirmations et révélations se sont succédées, les déceptions aussi. À commencer par les sept franchises canadiennes, qui ont toutes manqué les phases finales !

Alors que la NHL vient d'annoncer l'arrivée d'une trente-et-unième franchise à Las Vegas pour 2017-2018, c'est l'heure du bilan...


Toronto Maple Leafs30e : Maple Leafs de Toronto (69 pts)

Mike Babcock et Lou Lamoriello ont pris les commandes de l'équipe et avaient annoncé une saison de transition, de reconstruction. C'est pourquoi les supporters ne sont pas si dépités après tant de matchs médiocres et de résultats catastrophiques - 53 défaites, record de franchise. Car l'espoir existe, et les Leafs ont été décimés par les blessure cette année (448 matchs manqués en cumulé, n°1 de la ligue).

L'essentiel du travail accompli cette saison a consisté à se débarasser des plus gros salaires, des joueurs en fin de contrat ou surpayés, afin de récolter choix de draft et jeunes espoirs, en visant plus ou moins clairement la meilleure chance à la loterie de la draft. Lamoriello a atteint cet objectif.

Sur le plan offensif, Toronto termine 28e, avec l'avant-dernier jeu de puissance. La blessure de James van Riemsdyk a coûté très cher. Le grand ailier n'a disputé que 40 matchs (14 buts, 29 pts), et Tyler Bozak guère plus (57 matchs, 35 pts). Du coup, Nazem Kadri s'est retrouvé un peu seul et termine tout de même meilleur pointeur (45 pts) malgré un pourcentage au tir abyssal (6,5%). Il lui faudra aussi retrouver de la discipline, le jeune centre ayant été suspendu à trois reprises cette saison. Aucun joueur n'a atteint le plateau des vingt buts. Leo Komarov, l'une des rares satisfactions cette saison, s'en est approché avec 19, de même que Pierre-Alexandre Parenteau. Mais l'effectif a beaucoup changé au cours de la saison. Après la date limite des transactions qui a vu le départ de Matthias, Greening, Winnik et Spaling, le staff a fait appel à de nombreux jeunes venus d'AHL, où les Marlies réussissaient une saison dominante. William Nylander a parfaitement converti sa chance en signant 13 pts en 22 matchs. Zach Hyman, Connor Brown, Josh Leivo et Nikita Soshnikov notamment ont tous acquis une expérience précieuse pour l'an prochain. Les anciens premiers choix Frederik Gauthier et Kasperi Kapanen ont eux aussi débuté.

En défense, Dion Phaneuf a été échangé à la date limite des transactions, de même que Roman Polak. Le nouveau défenseur n°1 est donc Morgan Rielly (21 ans), qui termine avec 36 pts et a enchaîné avec un titre de champion du monde avec le Canada. Jake Gardiner a plutôt déçu et alimente encore les rumeurs de transfert (31 pts, -15). Plus intéressant, Martin Marincin a réalisé une saison honorable dans un rôle défensif pur, du moins en fin de saison, mais il commet encore trop de pertes de palets. Le vétéran Matt Hunwick a stabilisé la défense mais eu un temps de jeu bien trop grand. Le chantier est loin d'être fini à l'arrière, ou Connor Carrick, Scott Harrington et Stuart Percy n'ont joué que quelques bouts de matchs, prometteurs certes.

Le talon d'Achille des Leafs se situe encore et toujours dans les buts. Surpayé, Jonathan Bernier ne saisit toujours pas sa chance de n°1 et a même été envoyé en AHL pour se refaire la santé. Son pourcentage d'arrêts de 90,8% reste très insuffisant à ce niveau, et il a longtemps perdu sa place au profit de James Reimer (91,8%). En fin de contrat, celui-ci a été envoyé à San José avec Polak et Spaling en fin de saison. Le rookie Garret Sparks a donc été aligné à 17 reprises, avec des prestations relativement moyennes.

Toronto n'en est donc qu'au début du chantier. Gagner le droit de piocher en premier lors de la draft pour recruter le centre de franchise Auston Matthews apparait comme un solide début, d'autant que Toronto comptait au total 11 choix de repêchage. En acquérant et signant Frederik Andersen, l'opération "consolidation dans les cages" a déjà bien avancé.

 

Edmonton Oilers29e : Edmonton Oilers (70 pts)

Pour la dernière saison au Rexall Place avant le déménagement dans la nouvelle arène, le Rogers Place, les Oilers d'Edmonton n'ont toujours pas décollé du bas de tableau. La cascade de n°1 de draft acquis ces dernières années n'a pas suffi, Edmonton péchant toujours dans les cages et en défense. Les blessures n'ont rien arrangé (367 matchs cumulés).

En attaque, Taylor Hall a disputé les 82 matchs et est apparu comme le vrai meneur attendu. Il signe 65 pts et 26 buts et a progressé défensivement. Plus étonnant, l'identité du deuxième pointeur. Le jeune Allemand Leon Draisaitl a été rappelé en début de saison et n'a pas regardé derrière lui. Avec 19 buts et 51 pts en 72 matchs, il a pris date pour l'avenir, même s'il a eu plus de mal à finir la saison. On attendait beaucoup du prodige Connor McDavid. Le n°1 de draft 2015 a été tout ce qu'on attendait de lui, c'est à dire dominant. Malheureusement, une fracture de la clavicule en novembre l'a privé de la moitié de la saison. Il n'a joué que 45 matchs, signant 48 pts et une troisième place au trophée Calder, que beaucoup lui auraient donné sans hésiter s'il avait joué plus longtemps... Derrière, on trouve bien peu d'attaquants compétitifs.

Eberle (25 buts en 69 matchs) a déçu, tout comme Nugent-Hopkins (34 pts en 55 matchs), sans que l'on sache vraiment si les blessures les ralentissaient. Benoit Pouliot, signé à prix d'or, a plutôt joué son rôle, même si lui aussi a été limité à 55 matchs (36 pts). Edmonton n'avait en revanche guère de profondeur de banc et attend toujours un réveil de Nail Yakupov, dont l'avenir ne parait plus guère se situer dans l'Alberta (23 pts en 60 matchs). Les échanges de fin de saison ont permis d'obtenir Patrick Maroon, qui a très bien fini aux côtés de McDavid, signant 14 pts en 16 matchs. Le chantier en attaque continue, mais le top-6 est en bonne voie.

Tout autre est le chantier de la défense. Todd McLellan a tenté de redonner une rigueur défensive à cette équipe, mais a partiellement échoué. Il faut dire qu'Oscar Klefbom, qui avait très bien débuté, n'a finalement joué que 30 matchs, et qu'Edmonton a fini la saison avec des joueurs sans expérience ou de ligue mineure... Andrej Sekera fut la seule caution expérimentée et n'a manqué qu'un seul match. Il était bien seul, mais l'avenir s'éclaircit. Brandon Davidson par exemple a surpris son monde, avec 51 matchs disputés et 11 pts. Surtout, son ratio de +7 détone dans une équipe où tous ses coéquipiers ont plongé. Davidson apparaît comme le premier bon défenseur développé par les Oilers depuis bien longtemps, et son parcours atypique en fait un joueur attachant : sixième tour de draft, rescapé d'un cancer des testicules, il avait dû abandonner le hockey jeune car sa famille n'arrivait plus à financer son rêve.

Darnell Nurse, ancien premier choix, a débuté et beaucoup appris (69 matchs, 10 pts). Mark Fayne, autre joueur d'expérience, n'a joué que 69 matchs, et, s'il paraît surpayé, n'est pas le pire arrière de l'équipe. Le chantier a duré toute la saison, avec le départ de Justin Schultz à la date limite. L'ex-star universitaire, acquise à prix d'or, fut catastrophique sous les couleurs des Oilers, avant de se réveler à Pittsburgh pour soulever la coupe ! Gryba, Clendening, Oesterle, Pardy, Reinhart ou Hunt ont meublé la défense avec des prestations plus ou moins intéressantes. Quant à Andrew Ference et Nikita Nikitin, ils n'ont quasiment pas joué et leurs contrats pèsent une tonne...

La seule bonne nouvelle dans ce fatras, c'est la prestation de Cam Talbot dans les cages. Le gardien a coûté un premier choix donné aux Rangers, mais a justifié son acquisition avec 91,7% d'arrêts et 2,55 buts encaissés. Encourageant, et il a confirmé à Moscou avec une médaille d'or au Mondial. Son remplaçant Anders Nilsson a en revanche déçu, et a été échangé en cours d'année, permettant de lancer le jeune espoir Laurent Brossoit.

Le staff des Oilers parait voir le bout du tunnel, mais il faudra que l'équipe reste en santé. Recruter du solide en défense reste cependant indispensable pour espérer quelque chose. Mais sacrifier Taylor Hall pour Adam Larsson (lire par ailleurs) semble quand même un énorme prix à payer pour cela...

 

vancouverCanucksLogo28e : Vancouver Canucks (75 pts)

Un an après avoir participé aux playoffs, les Canucks finissent en bas de tableau, témoignage d'une équipe à la direction brinquebalante. Vancouver a multiplié les choix incompréhensibles depuis plusieurs saisons et cette nouvelle édition le confirme.

En attaque, la franchise de Colombie Britannique dépend encore bien trop des jumeaux Sedin. Daniel signe 28 buts et 61 pts, Henrik 11 buts et 55 points. Les deux hommes terminent loin devant leurs coéquipiers au classement des pointeurs, mais loin aussi de leurs prestations de l'an passé. Les Suédois prennent de l'âge et la relève n'apparaît pas vraiment. Pire, leur compère Radim Vrbata, étincelant l'an dernier, signe la pire saison de sa carrière avec seulement 13 buts et 27 pts, et un ratio de -30, l'un des pires de la ligue ! Certes, il a connu des pépins physiques, mais on comprend mal les choix de Willie Desjardins sur son traitement de Vrbata tout au long de la saison.

Dans ces conditions, sur qui compter ? Le tout jeune Bo Horvat a certes progressé (16 buts, 40 pts) mais reste friable défensivement (-30). Jannik Hansen, en revanche, tranche dans ce domaine avec un improbable +16, et a bien fini la saison aux côtés des Sedin (22 buts, 38 pts). Malheureusement, aucun autre joueur n'a franchi les 30 pts et les 191 buts cette saison se classent avant-derniers de la ligue. Sven Bärtschi s'est certes enfin imposé (15 buts, 28 pts) mais cela reste anecdotique. On peut se demander d'ailleurs si l'attaque a vraiment un réservoir. Jared McCann avait donné quelques bons résultats, mais il a été échangé dès la fin de saison contre Erik Gudbranson, un défenseur. L'ancien premier choix Hunter Shinkaruk a lui été envoyé à Calgary contre Markus Granlund. Linden Vey n'a pas confirmé. Brandon Sutter, acquis à pris d'or l'été dernier, n'a joué que 20 matchs (9 pts) cette saison. En bref, Vancouver dispose d'une ligne offensive, et de rien derrière.

La défense n'a pas fait mieux, s'affichant comme l'une des pires de la ligue (243 buts encaissés). Dan Hamhuis a assuré son rôle de vétéran mais n'a pu disputer que 58 matchs. Chris Tanev et Alex Edler ont limité la casse. Mais derrière... Le rookie Ben Hutton a réalisé une prestation honnête, mais friable. Sélectionné par le Canada au Mondial, il a finalement surtout vécu le tournoi depuis les tribunes. Luca Sbisa n'a pas trop mal fait, mais n'a joué que la moitié de saison, et on peine à dénicher un autre arrière correct...

Les gardiens ont donc fait ce qu'ils ont pu. Ryan Miller (91,6%) paraît en bout de course mais a tenu le fort autant que possible sans soutien offensif. Jacob Markström, ancien grand espoir des Panthers, a enfin gagné sa place de remplaçant, avec des prestations identiques à celles de Miller (91,5%). En somme, le Suédois, titulaire au Mondial russe pour son pays, a franchi un cap et semble pouvoir prendre la relève. Les deux hommes sont la principale raison pour laquelle Vancouver ne finit pas dernier...

Vancouver est à la croisée des chemins, tiraillée entre sa loyauté/dépendance aux frères Sedin, et sans aucune profondeur de banc. On imagine mal cette franchise décoller du bas de tableau avant des années. Une conclusion que l'on tire depuis plusieurs saisons déjà...


Columbus Bluejackets Logo27e : Columbus Blue Jackets (76 pts)

Décimés par les blessures, les Blue Jackets version 2015 avaient fini la saison en feu et frôlé les playoffs. On imaginait le rebond pour cette nouvelle année, marquée par un recrutement fort - le jeune Brandon Saad, récent champion avec Chicago. Las, Columbus a raté son début de saison avec sept défaites de suite, voyant ainsi son entraîneur Todd Richards débarqué au profit du bouillant John Tortorella.

Celui-ci a rapidement pris en grippe le jeune centre vedette Ryan Johansen, finalement échangé à Nashville contre le défenseur Seth Jones. Echange rare entre deux jeunes stars émergentes, mais qui n'a pas permis de répondre réellement aux problèmes de Columbus. Au final, c'est peut-être la saison la plus décevante de l'histoire de la franchise. Treizième saison sans playoffs sur quinze, mais, cette fois, il y avait des attentes et de l'investissement. Tortorella et ses envies de culture d'équipe, d'identité, se heurtent au mur d'une équipe où personne n'a vraiment envie de jouer - le nombre de joueurs réclamant un départ y est ridiculement élevé.

Cette saison, l'attaque n'a pas pu compter sur son capitaine. Un an après une saison royale, Nick Foligno est devenu un joueur anonyme (12 buts, 37 pts, -14). L'équipe a été menée par Cam Atkinson (53 pts dont 27 buts) et Brandon Saad, qui a signé 31 buts et 53 pts. Il y a eu une certaine homogénéité puisque Hartnell (49 pts), Jenner (30 buts, 49 pts), Dubinsky (48 pts) et Wennberg (8 buts, 40 pts) ont produit. Saad, Wennberg et Jenner sont encore jeunes et peuvent intégrer le top-6 pendant de longues saisons. Le départ de Johansen laisse cependant un grand vide au centre et Columbus n'a qu'une collection d'ailiers pour l'instant... L'équipe compte surtout de nombreux joueurs surpayés, avec des clauses contraignantes, à commencer par David Clarkson, mais aussi Gregory Campbell, Rene Bourque ou Jared Boll, qui lient les mains du manager général Jarmo Kekäläinen.

La défense fut la grande faiblesse cette saison, avec 252 buts encaissés, soit l'avant-dernière fiche de la ligue. Ryan Murray a enfin joué une saison complète et apparait comme le défenseur d'avenir attendu, mais on a plus de réserves sur David Savard - blessé à la cheville -, Jack Johnson - gêné par une blessure à l'épaule - et le trop indiscipliné Dalton Prout. Quant à Fyodor Tyutin, il n'a plus de vitesse mais encore deux ans de contrat, bien trop... Seth Jones a montré quelques bonnes choses en une demi-saison, mais il y a encore du travail, notamment en précision (deux buts seulement).

Bien sûr, le poste de gardien n'a pas aidé. L'ancien vainqueur du Vezina, Sergei Bobrovsky, a encore subi des pépins physiques et n'a joué que 37 matchs, relativement médiocres (90,8% d'arrêts). Les autres ne paraissaient pas pouvoir arrêter un ballon de plage (Curtis McElhinney notamment), jusqu'à l'émergence surprise du rookie Joonas Korpisalo, auteur d'un respectable 92% d'arrêts et d'un bilan comptable positif. De quoi interroger sur l'avenir de l'équipe...

Columbus a donc complètement raté sa saison, mais dispose encore de jeunes talents prometteurs. Eliminer de l'équation les contrats trop pesants et quelques vétérans en bout de course est impératif, ainsi que renforcer le secteur défensif. Un rebond dans les cages aiderait bien, également... Fort heureusement, l'équipe AHL a remporté la coupe Calder : le réservoir de jeunes s'annonce brillant.


cgy26e : Calgary Flames (77 pts)

Pour voir du spectacle, il fallait se rendre dans l'Alberta. Le Saddledome accueillait la onzième attaque de la ligue, et la trentième défense... Difficile donc de tirer un bilan d'une équipe engluée dans un hockey très ouvert ! L'an dernier, les Flames avaient connu le deuxième tour des playoffs malgré des statistiques de possession abyssales, portées par un pourcentage au tir étonnant. On s'attendait à un déclin, mais peut-être pas aussi marqué. Il l'a été d'entrée, avec neuf défaites en onze matchs. Un superbe bilan à domicile leur a permis de revenir dans la course, pour s'écrouler en fin d'année.

L'attaque n'a guère connu de problèmes. Johnny "Hockey" Gaudreau a empilé les points, avec 30 buts et 48 passes. Le petit attaquant a impressionné toute la saison. Sean Monahan (27 buts, 63 pts) a lui aussi connu une bonne saison. Malgré tout, Monahan, Gaudreau et Bouma furent suspendus par leur coach en février pour un retard à l'entraînement, témoignage d'une ambiance étrange dans l'équipe... En revanche, Jiri Hudler n'a pas confirmé et a été échangé en Floride à la date limite. Mikael Backlund (47 pts, +10), Joe Colborne (44 pts) et le jeune Sam Bennett (36 pts) ont produit, alors que Michael Frolik, signé après le titre de Chicago, a moins apporté offensivement (32 pts).

La ligne de défense n'a pas bien défendu, mais a apporté en attaque. Mark Giordano signe 21 buts et 56 pts, un score de haute valeur pour un arrière. TJ Brodie et Dougie Hamilton - acquis pour trois choix de draft à l'intersaison -, avec 45 et 43 pts, ont eux aussi amené le danger. Cependant, le dernier larron du top-4, Dennis Wideman, n'a pas joué toute la saison. Victime d'une commotion, il a bousculé un arbitre et manqué 19 matchs sur suspension. Kris Russell a pour sa part été échangé.

Une attaque efficace et variée, une défense qui apporte son écot : c'est bien le poste de gardien qui a coûté cher aux Flames. Jonas Hiller n'a pas pu porter son camp vers les playoffs comme l'an dernier : avec 87,9% d'arrêts et 3,51 buts encaissés dans 26 matchs, le Suisse a perdu sa place au profit d'un Karri Rämö guère plus convaincant (90,9%) et de Joni Ortio (90,2%). Le calcul d'avoir trois gardiens n'a pas fonctionné du tout. Bob Hartley, l'entraîneur, a perdu son poste un an après avoir gagné le trophée Jack Adams d'entraîneur de l'année. L'acquisition de Brian Elliott à la draft sera-t-elle la solution ?

 

Winnipeg Jets New Logo25e : Winnipeg Jets (78 pts)

Un an après la première participation en playoffs de la franchise du Manitoba, les fans ont complètement déchanté. L'équipe n'a jamais vraiment été dans la course et laisse plus de questions que de réponses.

L'attaque a peiné, avec seulement 215 buts marqués, au point que certains observateurs estiment que l'offensive ne contient que des seconds couteaux et aucune première ligne. Pourtant, Blake Wheeler (78 pts) et le jeune Mark Scheifele (29 buts, 61 pts) ont franchi un cap, le second remportant même l'or au Mondial. Ce sont les lignes secondaires qui ont peiné. Bryan Little (42 pts), Mathieu Perrault (41 pts) et Drew Stafford (38 pts) n'ont pas convaincu, notamment défensivement. Le capitaine Andrew Ladd a pour sa part disparu des écrans radar un an après la meilleure saison de sa carrière. En fin de contrat, il a été échangé après 59 matchs (34 pts) à Chicago. Le retour dans l'effectif du Russe Alex Burmistrov n'a pas autant apporté qu'espéré (7 buts, 21 pts) et, finalement, la seule satisfaction reste l'adaptation prometteuse du rookie sniper danois Nikolaj Ehlers (15 buts, 38 pts), dont le temps de jeu a augmenté au fil de la saison. Trouver de la profondeur offensive est impérative. L'apparition d'Andrew Copp (13 buts) apparait comme une première étape, tout comme l'acquisition de Marko Dano de Chicago.

Défensivement, Dustin Byfuglien reste décisif et compte 53 pts cette saison, dont 19 buts. Son profil rare de puissance physique et de danger offensif en fait le pilier de l'équipe, et les Jets ont décidé de ne pas l'échanger. Economiquement, il fallait choisir entre Ladd et Byfuglien, et c'est l'arrière qui est resté. En soutien, Tyler Myers a retrouvé des couleurs (27 pts, +6) pour sa première saison complète à Winnipeg. Jacob Trouba montre des signes de progression (21 pts, +10) mais semble en conflit avec son club : les rumeurs de transfert vont bon train. Tobias Enström a en revanche regressé sur le plus comptable (16 pts). Malgré tout, l'indiscipline de l'équipe (29e) a coûté très cher.

La cascade de joueurs utilisés cette saison témoigne d'une navigation à vue et de choix pas consolidés. Une situation qui se confirme dans les cages où le staff a utilisé à parts égales trois portiers. Ondrej Pavelec, brillant l'an dernier, n'a pas confirmé (33 matchs, 90,4%) et a perdu du temps de jeu au profit de Michael Hutchinson (30 matchs, 90,7%) et surtout de Connor Hellebuyck. Le médaillé de bronze du Mondial 2015 semble le grand gagnant de l'année (26 matchs, 91,8%, 2,34 buts encaissés). Il faudra rapidement transiger... Au final, les Jets se tournent vers l'avenir : Kyle Connor, Josh Morrissey et surtout Patrik Laine font de Winnipeg l'une des formations les plus prometteuses de la ligue.

 

Arizona Coyotes24e : Arizona Coyotes (78 pts)

Placée dernière de la ligue par la plupart des observateurs, la franchise de l'Arizona a déjoué les pronostics une bonne partie de la saison avant de craquer dans la dernière ligne droite. Une progression de 22 pts par rapport à l'an dernier, même s'il en a manqué 9 de mieux pour atteindre les playoffs.

La clé du succès est venu d'une attaque sérieusement améliorée, passant de 2,01 buts par match à 2,54. Les rookies Max Domi (18 buts, 52 pts, +3) et Anthony Duclair (20 buts, 44 pts, +12) figurent en haut de la liste des satisfactions et renforcent un top-6 décevant ces dernières années. Malheureusement, le capitaine Shane Doan arrive en bout de course - malgré une saison respectable de 28 buts et 47 pts, l'une de ses plus productives depuis bien longtemps.

Les autres attaquants ont coulé dans les deux sens du jeu. On attendait mieux d'Antoine Vermette (17 buts, 38 pts, -14) et Martin Hanzal (13 buts, 41 pts, -5), sans parler de Mikkel Boedker (13 buts, 39 pts, -28), finalement échangé à la date limite des transactions. C'est là que le chantier débute : les deux jeunes ont porté l'équipe, mais il faudra retrouver de la profondeur de banc.

En effet, le meilleur marqueur de l'équipe reste un défenseur. Yandle n'est plus là, mais Oliver Ekman-Larsson a pris le relais et ses 21 buts, 55 pts s'affichent en haut du classement des pointeurs. Gênant... Derrière, Michael Stone s'est bien installé et signe une saison productive (36 pts). Connor Murphy a clairement franchi un cap (17 pts, +5) dans un rôle défensif pur. Le vétéran Zbynek Michalek assure encore des minutes solides, et le jeune Suédois Klas Dahlbeck a connu une première saison complète honnête. Le chantier global reste immense, car derrière les têtes d'affiche, l'alignement se compose de joueurs de niveau médiocre et peu efficaces.

Mike Smith a bien rebondi dans les cages et ce retour à un niveau digne de son rang explique en grande partie le rebond au classement (91,6%). Il a connu quelques pépins physiques, ce qui a permis de lancer le Québécois Louis Domingue, qui a consolidé sa place de numéro deux (91,2%). Globalement, l'équipe semble sur le bon chemin, mais la marge est étroite et les chances de playoffs l'an prochain restent réduites. Il faudra tout le talent du nouveau directeur général pour continuer ce redressement. John Chayka, 27 ans seulement, a remplacé Don Maloney en juin, ce qui fait de lui le plus jeune dirigeant d'équipe de la NHL. Chayka a fondé et dirigé Stathletes Inc., une société d'analyses statistiques du hockey, et incarne ainsi la nouvelle vague d'experts qui intègre la NHL depuis deux ans.

 

Buffalo Sabres23e : Buffalo Sabres (81 pts)

La reconstruction est quasiment terminée : les Sabres ont effectuée une spectaculaire remontée au classement, bien qu'insuffisante pour atteindre les playoffs (+27 pts). L'équipe a su resserer sa défense, mais doit encore progresser offensivement pour viser plus haut. Les 201 buts marqués ne se classent que 26es de la ligue, alors que la défense se classe 16e. Le 12e jeu de puissance de la NHL a peiné à cinq-contre-cinq. Malgré tout, l'équipe a vu ses statistiques augmenter positivement dans tous les secteurs : tirs, équipes spéciales, possession.

L'attaque a produit quatre marqueurs de 20 buts, ce qui est encourageant. Ryan O'Reilly (21 buts, 60 pts) fut le meneur attendu. Le numéro deux de la dernière draft, Jack Eichel, a démarré doucement mais a bien fini et termine meilleur buteur et deuxième au classement des rookies (24 buts, 56 pts). L'autre ancien n°2, Sam Reinhart, l'a talonné (23 buts, 42 pts). Les deux joueurs s'annoncent comme deux futurs grands. Enfin, on attendait plus d'Evander Kane, limité à 65 matchs (20 buts, 35 pts). L'ancien Jets s'est même trouvé impliqué dans une bagarre de bar la saison finie, au point d'être arrêté par la police en juillet... Pour le reste, les autres lignes ont peu produit : Moulson (21 pts), Gionta (33), Marcus Foligno (21) et Girgensons (18) n'ont guère brillé. La profondeur de banc devra monter d'un cran l'an prochain. Le nombre de jeunes talents qui ont fait leurs débuts cette année rend la compétition fascinante. Tyler Ennis, ancien meneur offensif, n'a pour sa part joué que 23 matchs, blessé.

Défensivement, ce n'était donc pas si mauvais, en dépit de ratio +/- très bas pour toute l'équipe. L'émergence de Rasmus Ristolainen comme vrai défenseur numéro 1 (41 pts) fait plaisir. Avec Zach Bogosian (24 pts) et Cody Franson (17 pts), le top-3 paraît de bonne facture. Reste à compléter le groupe. Jake McCabe (14 pts, +6) et Mark Pysyk ont ainsi montré de très belles choses.

Les gardiens sont les grands responsables de cette remontée au classement. Chad Johnson (45 matchs, 92%) a profité des blessure de Robin Lehner à la cheville dès le premier match et pour trois mois (21 matchs, 92,4%) pour s'emparer du poste de n°1, sans grande marge. L'espoir Linus Ullmark a en effet joué presque autant (20 matchs, 91,3%).

Les Sabres de Dan Bylsma sont donc devenus plus difficiles à jouer, plus regroupés défensivement. Il faut espérer que la progression des jeunes attaquants permette de franchir un cap pour atteindre le top-8, mais l'optimisme est de rigueur.

 

montreal22e : Montréal Canadiens (82 pts)

Que de changements en un an ! Montréal jouait l'an dernier dans la cour des grands et visait le titre. Cette saison, tout partait bien. Le CH entamait par neuf victoires de rang, un record d'équipe... avant de s'écrouler à partir du mois de décembre. La raison ? La blessure de Carey Price. Fragilisé par un souci "en bas du corps" fin octobre, il manquait un mois de compétition, avant d'aggraver les choses dès son retour fin novembre. Le gardien all-star et meilleur joueur de la saison dernière ne rejouera pas de la saison.

Pour couronner le tout, la blessure du feu follet Brendan Gallagher fin novembre pour deux mois amputait l'attaque de l'un de ses meilleurs francs-tireurs. Le public a passé la saison à critiquer les choix de Michel Therrien sur la glace et ceux de Marc Bergevin hors glace...

En attaque, le CH a trouvé deux joueurs à trente buts. Le capitaine Max Pacioretty, parfois critiqué, a malgré tout produit (64 pts). Plus prometteur, le jeune Alex Galchenyuk, balloté entre l'aile et le centre, a connu la meilleure saison de sa carrière, sans manquer le moindre match (56 pts). Tomas Plekanec, solide défensivement, reste un bon joueur de soutien (14 buts, 54 pts). Avec un Gallagher diminué (19 buts, 40 pts en 59 matchs), voilà tout pour l'impact offensif.

Derrière ? Pas grand chose ! Desharnais, Eller ou Mitchell furent plutôt anecdotiques, et Weise et Fleischmann échangés en cours d'année. Le staff a testé beaucoup de jeunes du coup, avec une réussite moyenne. Sven Andrighetto a pris date, de même que Daniel Carr. Il y a encore du travail pour Michael McCarron et Jacob de la Rose. L'acquisition de Philip Danault semble enfin prometteuse.

Un chantier en attaque donc, mais aussi en défense. L'électrique PK Subban (51 pts) s'est rendu indispensable toute l'année pour soutenir l'attaque. Markov (44 pts) l'a bien couvert. On a vu Nathan Beaulieu progresser (19 pts) mais on attendait plus d'Emelin (12 pts, 0 but) et surtout de Petry (16 pts).

Dans les cages, en l'absence de Price, le CH a fait tout d'abord confiance au rookie Mike Condon, qui a donc joué 55 matchs (90,3%). Il s'est montré très inconstant, déclinant au fil des semaines, au point de forcer le staff à transiger pour Ben Scrivens, qui n'a pas vraiment fait mieux (90,6%). Montréal reste dépendant de son gardien vedette, sans doute plus qu'aucune autre équipe de la ligue.

Le mal couvait donc à Montréal. On sentait déjà en 2015 que l'équipe manquait d'allant offensif sorti de son jeu de puissance, de profondeur de banc, manquait aussi de soutien devant Price. La saison 2016 l'a mis en lumière de manière criante. Bergevin a fini par trancher : juste avant l'ouverture du marché des agents libres, juste avant que la clause de non échange du contrat record de PK Subban ne s'active, il choisissait d'envoyer son meilleur arrière à Nashville (lire par ailleurs). Un mouvement qui intègre les échanges les plus controversés de l'histoire du CH...

 

colorado avalanche logo21e : Colorado Avalanche (82 pts)

Pour sa vingtième saison à Denver, l'Avalanche reste engluée dans le bas de tableau, à la lisière des playoffs. Patrick Roy semble avoir épuisé sa magie, loin du succès de ses débuts.

L'équipe reste dominée en possession de palet et a particulièrement manqué de constance aux moments importants. En fin de saison, alors que le Wild perdait match sur match, Colorado n'a pas su en profiter et a signé par exemple six défaites de rang... L'incapacité de l'équipe à tenir les scores en fin de match a coûté très cher.

Offensivement, Colorado a joué l'équilibre : les six meilleurs marqueurs se tiennent en douze points. Matt Duchene a mené l'équipe (30 buts, 59 pts), devançant le capitaine Landeskog (20 buts, 53 pts), au style abrasif qui lui a valu quelques suspensions. Le rapide Nathan MacKinnon (21 buts, 52 pts) a bien figuré, tout comme le nouvel arrivant Carl Söderberg, qui a beaucoup apporté en dehors du pointage (12 buts, 51 pts). Le vétéran Jarome Iginla reste toujours aussi productif (22 buts, 47 pts). Satisfaisant aussi, l'apport de Blake Comeau en troisième ligne (36 pts). La progression de l'ancien Sabre Mikhail Grigorenko termine le chapitre des satisfactions. Pour la première saison en tant que réel titulaire, le Russe signe 27 pts et un ratio de +2 qui est l'un des rares positifs de l'équipe.

C'est bien la défense qui a peiné, avec 240 buts encaissés (23e de la ligue). Tyson Barrie a beaucoup apporté en attaque (49 pts) mais a laissé des espaces, et son nom figure en haut des listes de rumeurs de transferts. François Beauchemin et Erik Johnson ont apporté de l'expérience, avec parfois des difficultés (34 et 27 pts). Il reste du travail pour consolider ce secteur où une bonne dizaine de joueurs ont alterné sur la dernière paire.

De toute façon, la dernière apparition en playoffs était surtout l'oeuvre de Semyon Varlamov. Si le gardien est un cran en dessous, Colorado connait des gros problèmes. Cette saison, il a signé un modeste 91,4% d'arrêts, insuffisant. Calvin Pickard a joué moitié moins de matchs, mais mieux figuré (2,56 buts encaissés, 92,2%).

Deux ans après une saison de 112 pts, Colorado semble continuer de regresser. Le style de jeu prôné par Patrick Roy a-t-il atteint ses limites ? Gagner sans possession paraît plus que jamais mission impossible dans cette NHL.