France - Italie (Qualification JO 2018, groupe F)

C'est dans le cadre assez rustique de la Jordal Amfi, la patinoire du club de Vålerenga, que se déroule ce tournoi de qualification olympique si capital pour les pays participants. De l'extérieur, rien n'indique qu'un match de hockey sur glace va se dérouler, et les entrées des coulisses sont ouvertes, loin de l'ambiance sécuritaire de l'époque actuelle.

Il ne faut pas pourtant pas se détendre dans cette ambiance bucolique, mais au contraire mettre toute l'intensité requise dès le premier match, souvent piégeux pour les Bleus. La trentaine de supporters français se charge de l'appel à la patrie en chantant une Marseillaise avant le match. À eux seuls, ils composent de loin la majorité du public ! On recense deux supporters italiens. En enlevant ceux qui ont une accréditation autour du cou, on doit compter au maximum cinq authentiques spectateurs dans la salle !

20160901 FRAITA IMG 8714 Action

La victoire est impérative face à la jeune équipe d'Italie, qui n'aligne plus que deux naturalisés (Giulio Scandella et Nate Di Casmirro) et dont les objectifs réalistes sont à plus long terme. L'équipe de France est favorite même si elle est privée de deux joueurs précieux blessés, Yohann Auvitu pour la relance défensive et Antoine Roussel pour l'impact physique et la présence dans le slot.

20160901 FRAITA IMG 8742 SDaCostaLes six premières minutes, d'observation, sont légèrement à l'avantage des Italiens. Ces derniers ne brillent guère par leur patinage mais Anton Bernard vient tout de même rôder devant la cage. Les Français entrent ensuite dans le match. Ils trouvent de belles passes, par exemple une passe transversale levée en zone neutre de Damien Fleury pour Teddy Da Costa (qui se fait enlever le palet juste devant le but) ou un centre de Laurent Meunier pour Jordann Perret au second poteau. Les lancers les plus dangereux sont l'oeuvre de Pierre-Édouard Bellemare : un tir en pivot sur lequel Andreas Bernard ferme de justesse ses bottes, et un lancer en supériorité numérique qui frappe l'épaule du gardien italien.

Un tir excentré de Teddy Da Costa échappe un peu à Bernard qui laisse un rebond filer devant sa cage, mais sa défense récupère et Florian Chakiachvili commet une faute en zone neutre sur la transition. La pénalité est tuée malgré deux tirs consécutifs du défenseur Alex Gellert, né en Italie où il a commencé le hockey quand son père - l'entraîneur canadien Kim Gellert - y travaillait. La première période se termine donc sur un score vierge malgré la domination française. Bellemare a tiré à côté sur une passe de derrière la cage de Kévin Hecquefeuille à trente secondes de la pause.

Difficile de gérer ce match. Le discours dans le vestiaire doit sans doute dire de hausser le ton physiquement, pour ne pas se laisser endormir. Encore faut-il doser la juste intensité. Jordan Perret se laisse emporter en chargeant Zanatta contre la bande au fond de la zone italienne et prend 2'+10'. Pendant la pénalité, Diego Kostner parvient à repiquer de derrière la cage pour marquer seul face à Huet (0-1, photo).

20160901 FRAITA IMG 8745 Kostner But

La France est souvent en difficulté quand elle n'ouvre pas le score, mais cette fois la réaction est rapide. La ligne de Laurent Meunier (où le novice Floran Douay remplace le puni Perret... et gardera le poste) signe une longue présence en zone offensive et met le trafic dans le slot qui permet l'égalisation de Florian Chakiachvili sur un beau lancer (1-1).

La France doit faire plus de vigilance à la ligne bleue offensive. Hecquefeuille y commet plusieurs mauvais contrôles, et une passe mollassonne de Laurent Meunier aurait pu engendrer une dangereuse échappée de Markus Spinell... si celui-ci était plus vif. Le capitaine français réussit à revenir en défense pour annihiler lui-même l'action. Les Bleus ont néanmoins accéléré le rythme et gagnent maintenant tous les duels, avec beaucoupo de hargne. Teddy Da Costa passe en retrait pour Damien Fleury, mais Bernard fait l'arrêt à bout portant. Comme au premier tiers, la domination française de plus en plus telle n'empêche pas que le score soit toujours nul.

20160901 FRAITA IMG 8761 Douay Bernard

Plus que vingt minutes pour concrétiser. Bellemare n'y arrive toujours pas en déviant un centre de la droite de Stéphane Da Costa. Les frères Kostner tendent les bâtons pour se faire battre : Diego est pénalisé pour retard de jeu et Simon s'emmêle les pinceaux en sortant le palet de sa zone. Fleury repique depuis l'arrière de la cage sur une action similaire au but italien, la réussite en moins. La supériorité numérique est donc sans effet.

Teddy Da Costa concède une pénalité en zone offensive à huit minutes et demie de la fin, mais les Bleus la tuent. Le temps défile en leur défaveur et ils semblent fébriles face à une équipe italienne pas toujours adroite mais bien organisée. Andreas Bernard ne lâche maintenant plus de rebonds et capte le lancer puissant de Sacha Treille dans les trois dernières minutes.

20160901 FRAITA IMG 8770 SDaCosta DiCasmirro

L'équipe de France va donc inaugurer la toute nouvelle règle de la prolongation à 3 contre 3 en match international ! Elle durera à peine 27 secondes. La première occasion est italienne, mais Pierre-Édouard Bellemare décale ensuite Stéphane Da Costa qui expédie un tir croisé dans la lucarne opposée.

Dans la précédente qualification olympique, l'Allemagne avait perdu 1-2 en prolongation contre cette équipe d'Italie et s'était mal embarquée. Aujourd'hui, les Bleus ont évité le pire et gardent la maîtrise de leur destin, même si les prochains adversaires seront d'un tout autre niveau.

Désignés joueurs du match : Marco Insam pour l'Italie et Pierre-Édouard Bellemare pour la France.

20160901 FRAITA IMG 8775 Bellemare Morini

Commentaires d'après-match

Dave Henderson (entraîneur de la France) : "L'essentiel du jeu s'est fait dans la zone italienne, surtout au deuxième tiers où on les a dominés outrageusement. Le premier but sur leur jeu de puissance résulte d'une incompréhension dans le coin, mais je suis satisfait de notre réaction après le 1-0. Les joueurs ont appliqué ce qu'on a demandé preqque à la lettre. Après les défaites en préparation, on a fait quelques ajustements dans le forecheck et dans le jeu sans palet en zone neutre. Nous avons été meilleurs dans la discipline, dans la récupération et la transmission. Le seul hic, c'est le manque de réussite offensive. [...] On a travaillé le 3 contre 3. On a mis en place 4 doublettes offensives et 3 défenseurs pour les cinq minutes, en prévoyant de voir à la fin du match qui est frais. On a associé des joueurs qui ont montré de la complicité depuis le début du camp. On comptait sur le talent de Bellemare et Da Costa qui était supérieur au leur, et on espérait que ça puisse se terminer rapidement. [...] Quand on voit les gens qui font 3 heures de vol pour nous soutenir, ça aide l'équipe. Les entendre chanter la Marseillaise avant le match, ça a fait du bien."

Damien Fleury (attaquant de la France, en photo ci-dessous) : "C'est dommage, car on a poussé du début à la fin. J'ai eu deux grosses occasions et il fait deux gros arrêts... Mais l'essentiel est fait, il fallait la victoire, que ce soit dans le temps réglementaire ou non. Cela nous met dans une spirale positive. On a changé de système avant le tournoi, et ça a bien marché, on s'est créé de gros temps de jeu offensifs."

20160901 FRAITA IMG 8720 Fleury Bernard

 

France - Italie 2-1 après prolongation (0-0, 1-1, 0-0, 1-0)
Jeudi 1er septembre 2016 à 16h00 au Jordal Amfi d'Oslo. 643 spectateurs officiellement [rires dans la salle]
Arbitrage de Stephen Reneau (USA) et Maksim Sidorenko (BLR) assistés de Joop Leermakers (HOL) et Alexander Waldejer (GBR).
Pénalités : France 16' (2', 2'+10', 2', 0') ; Italie 4' (2', 0', 2', 0').
Tirs : France 31 (13, 12, 5, 1) ; Italie 24 (10, 4, 9, 1).

Évolution du score :
0-1 à 23'20" : D. Kostner assisté de S. Kostner (sup. num.)
1-1 à 25'40" : Chakiachvili assisté de Hecquefeuille et Meunier
2-1 à 60'27" : S. Da Costa assisté de Bellemare et Chakiachvili


France

Attaquants :
Sacha Treille - Pierre-Édouard Bellemare (A, +1) - Stéphane Da Costa (+2)
Damien Fleury - Maxime Lacroix - Teddy Da Costa (2')
Jordann Perret (2'+10') - Laurent Meunier (C, +1) - Yorick Treille (A)
Floran Douay (+1) - Brian Henderson - Valentin Claireaux
Loïc Lampérier

Défenseurs :
Florian Chakiachvili (+2, 2') - Antonin Manavian
Nicolas Besch - Kévin Hecquefeuille (+1)
alternance entre Damien Raux, Jonathan Janil et Grégory Béron

Gardien :
Cristobal Huet

Remplaçant : Ronan Quemener (G).

Italie

Attaquants :
Giulio Scandella (-1) - Anton Bernard (C) - Marco Insam (A)
Giovanni Morini (2') - Simon Kostner - Diego Kostner (A, 2')
Nathan Di Casmirro - Raphael Andergassen - Markus Gander
Michele Marchetti (-1) - Tommaso Traversa (-1) - Markus Spinell (-1)

Défenseurs :
Alex Trivellato (-1) - Thomas Larkin (-1)
Stefano Marchetti - Alexander Gellert
Luca Zanatta (-1) - Armin Hofer (-1)
Enrico Miglioranzi - Hannes Oberdorfer

Gardien :
Andreas Bernard

Remplaçant : Frédéric Cloutier (G).