France - Kazakhstan (Qualification JO 2018, groupe F)

Victorieuses la veille en prolongations, les deux équipes ont pris les commandes de cette poule pré-olympique. Le vainqueur éliminera le perdant de la course au voyage en Corée...

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le Kazakhstan, ce n'est pas l'adversaire préféré des Français. Les deux formations se sont rencontrées lors des trois derniers tournois de qualification olympique, pour trois victoires kazakhes. De la défaite cruelle à Klagenfurt en 2005 ne restent que trois joueurs - Bellemare, Huet et Meunier - mais nul doute qu'ils auront à cœur de tirer leur coéquipiers vers le haut. La défaite en 2013 à Riga avait aussi plombé les chances de qualification pour Sochi : il y a de la revanche dans l'air.

Du côté kazakh, la bonne nouvelle est venue de Vitali Kolesnik. Blessé en cours de troisième tiers la veille au soir contre la Norvège, l'excellent gardien du Barys Astana tient bien sa place dans ce match capital cet après-midi.

Côté français, Dave Henderson maintient sa confiance en Floran Douay, promu sur la troisième ligne Meunier-Yorick Treille lors de la méconduite de Jordann Perret contre l'Italie. Perret sera le treizième attaquant. Stéphane Da Costa, victime d'une gastro-entérite la veille au soir, a passé une partie de la nuit à l'hôpital avec une perfusion. Rentré à 6h30 ce matin, il a fait un test à l'échauffement et tiendra sa place.

L'entraîneur des Bleus modifie aussi des paires défensives, associant cette fois Chakiachvili à Hecquefeuille et Manavian à Besch, tout en continuant une rotation Raux-Janil-Béron sur la troisième paire. L'enjeu est donc d'importance : ne pas perdre ses chances olympiques cet après-midi...

La France réagit fort

160902 FRAKAZ IMG 8896 France butEt à ce petit jeu de stress, le Kazakhstan entame de manière idéale. Kevin Hecquefeuille hésite sur ses options à la rouge, et Nigel Dawes lui enlève le palet d'un poke-check. Le petit attaquant entre en zone côté gauche et son tir en tête de cercle surprend Huet en lucarne (0-1). Coup de froid sur le banc des Bleus...

Maxime Lacroix chauffe Kolesnik pour remettre son équipe sur de bons rails. Il est suivi d'un essai de Meunier dans la mitaine après un bon travail de Claireaux. Deux séquences qui lancent un temps fort français, bien installés dans la zone adverse. La meilleure chance revient à Douay à bout portant sur un service de Claireaux de derrière la cage. Kolesnik tient bon et sauve un nouveau tir sur la présence suivante, puis un essai de Chakiachvili ras glace...

La pression bleue finit par payer. La première ligne travaille fort ligne de fond et le palet finit par traîner devant le but, où Sacha Treille surgit pour gratter le rebond (1-1). Le temps fort français ne faiblit pas et pousse Starchenko au cinglage. La France ne réussit pas à installer durablement son jeu de puissance et n'obtient qu'un tir de Besch en fin d'avantage.
160902 FRAKAZ IMG 8904 SDaCosta tirL'élan reste en faveur des Bleus, qui se montrent justes dans leurs transmissions, leur relance. Il y a de la détermination et de la combativité. À cinq minutes du terme, la première ligne contient la défense kazakh dans sa zone. La France change un joueur et Fleury sort du banc et fonce directement à la cage dans le dos de la défense, où il dévie de la jambe un centre précis de Stéphane Da Costa au fond des filets. Après révision vidéo, le but est logiquement validé (2-1).

La France déroule un hockey bien propre, avec un jeu de passe précis. Malheureusement, à deux minutes de la pause, Teddy DaCosta commet un cinglage qui remet le Kazakhstan en mode offensif. Dallman mène le jeu et trouve ras glace la déviation de Dawes, hors cadre. La France échappe à la sanction et vire en tête, 2-1 à la pause.

160902 FRAKAZ IMG 8908 Douay Khudyakov

Guerre des nerfs

160902 FRAKAZ IMG 8909 Meunier SavchenkoÀ la reprise, Teddy Da Costa sort du banc des prisons après trois secondes et manque de peu de marquer en reprenant un rebond de Chakiachvili en pivot. Le palet file hors cadre. Petit à petit, le Kazakhstan sort de sa coquille et la France recule. Le danger reste modeste sur la cage de Huet cependant. Un tir au-dessus, un sur sa botte en huit minutes, cela reste gérable.

Le jeu est vivant, avec un palet qui file d'une zone à l'autre, sans grande occasion cependant. À neuf minutes de la pause, Yorick Treille concède deux minutes sur son repli défensif. Le jeu de puissance s'installe, mais ne parvient pas à trouver de ligne de tir, bien gêné par le placement français. Bellemare bloque notamment deux tirs à la bleue. Les minutes défilent, avec plusieurs opportunités pour le Kazakhstan, que Huet maîtrise bien. Le cerbère français repousse également un ultime tir de Dawes, esseulé dans l'axe, et permet à la France de conserver un but d'avance après deux périodes. Le Kazakhstan a globalement dominé ce tiers, mais n'a pas réussi à franchir la muraille bleue.

160902 FRAKAZ IMG 8916 Huet horscadre

Un final en feu d'artifice

Le Kazakhstan entame bien la période avec le duo Rymarev-Starchenko, toujours aussi dangereux. Le premier passe derrière la cage et tente la même action que la veille pour remiser dans le dos vers Starchenko, mais Huet n'est pas Haugen et il ne mord pas à la feinte.

160902 FRAKAZ IMG 8929 Lacroix KhudyakovL'élan se brise sur une pénalité de Belgibayev, mais la France cafouille sa pénalité différée et le surnombre n'échappe pas aux officiels. Les deux équipes jouent donc à quatre contre quatre. Stéphane Da Costa se régale avec l'espace et attaque la cage, le disque file à côté. Puis, il slalome dans la défense et décale Janil pour un tir ras glace dangereux.

La France maîtrise son sujet et continue à se montrer juste dans ses choix. L'échec-avant gêne la relance adverse et le Kazakhstan cafouille un palet, au point que Fleury le reçoit tout seul devant Kolesnik ! Mais le gardien suit bien la feinte de l'attaquant de KHL et, avec l'aide d'une défense paniquée, dégage le rebond laissé... Fleury, agacé, en frappe sa crosse sur le banc.
160902 FRAKAZ IMG 8940 duelLa France a raté le break, et la tension reste palpable. Huet contrôle encore bien un lancer de loin avec écran et le travail défensif de tous les joueurs, à l'instar d'un Claireaux combatif, est exemplaire. Ceci dit, les contres kazakhs demeurent dangereux. Rymarev et Starchenko décollent en deux-contre-un et le capitaine échoue sur un Huet intraitable.

En face, les Bleus ne sont pas en reste. Claireaux travaille derrière le but et le disque revient sur Lampérier à la bleue. Son tir manque de puissance mais la série d'écrans est à deux centimètres de tromper Kolesnik. Le disque frôle le montant droit.

Après une grosse présence de la première ligne française, le Kazakhstan repart à l'opposée. Chakiachvili se sacrifie devant le tir. Puis, Teddy Da Costa récupère un palet qui traîne et voit Fleury partir dans la neutre entre deux défenseurs. La passe est parfaite, et le buteur des Bleus ne rate pas son duel (3-1). Mieux, à 2'20" de la sirène, une bonne action défensive lance Douay en un-contre-un sur l'aile droite. Son tir fusille Kolesnik (4-1). Le match est plié, et la France termine même en supériorité pour une faute de Nikita Ivanov.

La bête noire est vaincue : la France bat enfin le Kazakhstan dans un tournoi de qualification olympique. Avec cinq points, les Bleus éteignent les chances kazakhes de se qualifier et prennent rendez-vous avec la Norvège dimanche. Et, sait-on jamais, si l'Italie venait à aider...

Désignés joueurs du match : Damien Fleury (France) et Kevin Dallman (Kazakhstan)

160902 FRAKAZ IMG 8943 victoire

Commentaires d'après-match :

Damien Fleury (attaquant de la France) : "[Son premier but] Stéphane fait un beau mouvement et il m'a vu rentrer, je fonce à la cage... C'est bien parti dans ce tournoi, il y a un enjeu énorme et il faut bien gérer la pression. Mais des gros matchs comme ça, on en rêve tous, c'est pour ça qu'on joue. On a travaillé dur pour arriver là."

Pierre-Édouard Bellemare (attaquant de la France) : "Le but encaissé, c'était peut-être un mal pour un bien. Cela nous a permis de nous remettre dedans, surtout nous, la première ligne. Cela nous a mis en colère. On a su jouer simple. Les rares fois où on a joué compliqué, on a failli payer le prix. Quand on fait une erreur, on se parle sur le banc, on grandit ensemble. Le Kazakhstan nous a toujours mis dans la panade, on les a battus avec la façon. On a notre destin entre nos mains. À la française, un peu chiens fous, on va chercher la qualification."

Laurent Meunier (capitaine de la France) : "On a fait un gros match d'équipe, tout le monde a travaillé ensemble. Le but pris nous a peut-être donné le boost. On a fait une super première période, notre meilleure depuis longtemps, on était dans leur zone tout le temps. Cela s'est rééquilibré dans les deux périodes suivantes, mais on a défendu ensemble. On était bien dans les combats. On était en place, on a donné des soutiens, on a bougé le puck rapidement. Maintenant il faut battre la Norvège. Le niveau des adversaires monte à chaque match, c'est bien pour nous."

Floran Douay (attaquant de la France) : "C'est incroyable d'être ici. Si on me l'avait dit il y a trois semaines, pas sûr que je m'y attendais. J'ai travaillé dur pendant la préparation. J'ai été facilement intégré, il y a de super bons leaders qui t'accueillent, et je connaissais Cristo et Meuns pour les avoir affronté en championnat [suisse]. On est tous là pour réussir cet objectif. Pour l'instant, on travaille fort. Je n'étais pas destiné à cette ligne au début, mais Dave m'y a placé, et Yo et Meuns m'ont mis dans des dispositions incroyables. Ils n'ont pas mal parlé pour me faire savoir ce qu'ils attendaient de moi. C'est bien de marquer, mais je retiens que c'est surtout un but pour l'équipe, à un moment à 3-1 où ils pouvaient encore revenir."

Dave Henderson (entraîneur de la France) : "On a été très disciplinés, dans l'effort total. On a su être agressifs dans le bon sens du terme. On démarre très mal, mais on ne s'est pas déstabilisé. Les quatre blocs, les défenseurs et le gardien ont tous fait du bon travail. C'est un de nos meilleurs matchs depuis un bon bout de temps. C'est une satisfaction pour la victoire et pour la manière. On a produit un jeu défensif sans faille et un jeu offensif efficace."
 

France - Kazakhstan 4-1 (2-1, 0-0, 2-0)
Vendredi 2 septembre 2016, 20h. Patinoire Jordal Amfi d'Oslo, Norvège. 378 spectateurs.
Arbitrage de Maksim Sidorenko (BLR) et Gordon Schukies (ALL) assistés de Masi Puolakka (FIN) et Alexander Waldejer (GBR)
Tirs : France 29 (10, 7, 12), Kazakhstan 25 (7, 12, 6)
Pénalités : France 6' (2', 2', 2') Kazakhstan 6' (2', 0', 4')

Récapitulatif du score :
0-1 à 00'20" : Dawes
1-1 à 07'10" : S. Treille assisté de Chakiachvili
2-1 à 15'32" : Fleury assisté de S. Da Costa
3-1 à 55'31" : Fleury assisté de Janil
4-1 à 57'40" : Douay assisté de Y. Treille

160902 FRAKAZ IMG 8946 bleus supporters

France

Attaquants :
Sacha Treille - Pierre-Édouard Bellemare (A, +1) - Stéphane Da Costa (+1)
Damien Fleury (+2) - Maxime Lacroix (+1) - Teddy Da Costa (2', +1)
Floran Douay (+1) - Laurent Meunier (C, +1) - Yorick Treille (A, 2', +1)
Loïc Lampérier - Brian Henderson - Valentin Claireaux
Jordann Perret

Défenseurs :
Florian Chakiachvili - Kévin Hecquefeuille
Nicolas Besch (+1) - Antonin Manavian (+1)
alternance entre Damien Raux (+2), Jonathan Janil (+2) et Grégory Béron

Gardien :
Cristobal Huet

Remplaçant : Ronan Quemener (G).

Kazakhstan

Attaquants :
Nigel Dawes (-1) - Ivan Kuchin (-1) - Brandon Bochenski (A, -1)
Roman Starchenko (C, 2') - Maksim Khudyakov - Yevgeni Rymarev
Aleksandr Shin (-2) - Nikita Ivanov (2', -2) - Konstantin Pushkaryov (-2)
Nursultan Belgibayev (2') - Dmitri Grents - Vladimir Markelov

Défenseurs :
Maksim Semyonov - Kevin Dallman (A, -1)
Roman Savchenko (-1) - Vyacheslav Tryasunov
Aleksandr Lipin (-2) - Artemi Lakiza (-2)
Madiar Ibraibekov

Gardien :
Vitali Kolesnik

Remplaçant : Dmitri Malgin (G).