Norvège - Italie (Qualification JO 2018, groupe F)

L'équipe de France a enlevé une sacrée épine du pied des Norvégiens en leur permettant de retrouver la maîtrise de leur destin. Ils doivent maintenant en être dignes en ajoutant cette fois le résultat à la manière. Une défaite dans le temps réglementaire ce soir les éliminerait en effet avant même d'affronter les Bleus ! Au vu du niveau respectif affiché par la Norvège et l'Italie hier, ce scénario paraît à vrai dire peu probable.

160902 NORITA IMG 9068 Hofer Dans une patinoire que l'on peut qualifier pour la première fois de bien remplie, les rouges font tout de suite le siège de la cage de Frédéric Cloutier. Le vétéran canadien naturalisé a été préféré à Andreas Bernard, qui avait longtemps frustré les Français hier sans être pour autant rassurant dans toutes ses interventions. Lars Haugen, très coupable sur un but hier, reste en revanche dans la cage norvégienne.

Après six minutes de domination norvégienne stérile, Stefano Marchetti reste collé à la bande par une charge d'Andreas Martinsen. Le défenseur italien essaie de montrer tour à tour à chacun des arbitres qu'il est blessé au visage : la comédie ne sert à rien car la sanction infligée (2'+10') est la règle pour une charge dans le dos. Le jeu de puissance de l'Italie est bien timide face à des Norvégiens physiquement plus solides qui maîtrisent les duels. Le public savoure quand Ole-Kristian Tollefsen plaque contre la bande le minuscule attaquant Tommaso Traversa. Le même déficit physique se manifeste en défense dès le retour à cinq contre cinq. Personne n'empêche Mathis Olimb - ni une grande masse ni un joueur de slot - d'insister pour pousser le palet derrière Cloutier (1-0, photo).

160902 NORITAIMG 8991 1er but nor

Le fossé est évident. Il faut une nouvelle pénalité de Rosselli Olsen pour que les Italiens émettent leur deuxième tir (de la ligne bleue et en pleine poitrine du gardien) alors que la Norvège en compte 13, autrement plus dangereux.

La possession locale est si nette que, lorsqu'une pénalité différée est sifflée, le jeu à six contre cinq se prolonge près d'une minute avant qu'un Italien ne se saisisse du palet sur un rebond devant son gardien. Sur la supériorité numérique, Tommy Kristiansen bouche totalement la vue de Cloutier, sans qu'il y ait la moindre tentative de l'en déloger, et dévie entre ses bottes un tir de Zuccarello (2-0, photo).

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En deuxième période, la Norvège s'amuse toujours autant en zone offensive. La feinte de corps de Mats Zuccarello pour se faufiler depuis l'arrière du but entre le défenseur Alex Trivellato et la cage est somptueuse. Rien n'arrête la star norvégienne au numéro 36. Traversa (171 cm) propose un combat "poids mouche" à Zuccarello (173 cm), qui le renverse au sol en même pas cinq secondes. Mais le score n'évolue pas. Frédéric Cloutier réussit un arrêt-réflexe du bouclier après un beau jeu en triangle exécuté par les frères Olimb juste avant la mi-match.

Mine de rien, la Norvège lance beaucoup moins souvent au but et se laisse aller à la facilité. Elle en est punie. L'Italie, plus à l'aise dans ses relances, réduit le score. Tommaso Traversa file sur la gauche et remet en retrait au second poteau pour un tir de Markus Spinell. Passé entre-temps par l'arrière de la cage, Traversa met le rebond entre les bottes de gardien (2-1). Ce but désarçonne les Norvégiens. Leur fluidité a disparu. Maintenant, ils cafouillent leur hockey. En avantage numérique, ils se font contrer deux fois avant l'entrée en zone par Di Casmirro puis par Marchetti.

Mats Zuccarello

La Norvège doit se retrousser les manches pour ne pas connaître une nouvelle déconvenue. Au troisième tiers-temps, elle prend d'assaut le but adverse, comme en début de match, et sort de nouveau les muscles. Tommy Kristiansen est tout près de conclure sur un tour de cage. Et quand Giovanni Morini se met à slalomer à l'entrée de zone norvégienne, il est brutalement stoppé par un mur nommé Tollefsen. Pourtant, la menace reste réelle. Sur un duel perdu contre la bande en zone neutre, le palet revient dans l'axe vers Giulio Scandella qui va droit au but. Lars Haugen fait l'arrêt.

Les occasions norvégiennes se multiplient. Ken André Olimb reprend une passe de derrière la cage de Mats Rosseli Olsen, sans tromper Cloutier. La conduite de palet de Zuccarello lui permet de servir Patrick Thoresen dans le slot, mais Armin Hofer parvient à contrer la rondelle. À mi-période, Simon Kostner propulse Tollefsen contre la bande en zone offensive. Sur l'avantage numérique, un tir de Zuccarello frappe la poteau, mais le lancer de la ligne bleue de Jonas Holøs entre dans les filets, grâce au bon écran d'Andreas Martinsen (3-1).

Les espoirs italiens s'envolent définitivement avec la méconduite pour le match infligée à Anton Bernard en raison d'un piquage. Sur les dernières minutes, les hommes de Stefan Mair en passent donc cinq en infériorité numérique. Andreas Martinsen en profite pour clore la marque en déviant entre les cercles un service de Ken André Olimb (4-1).

160902 NORITA IMG 9116 defense

On connaissait la supériorité technique individuelle des Norvégiens, mais comme ils manquent de finisseurs patentés, ils n'ont pas réussi à faire la différence à cinq contre cinq. Ils se sont imposés grâce à leur supériorité physique, et plus précisément grâce aux écrans placés devant le gardien par les gros gabarits Andreas Martinsen et Tommy Kristiansen. Il faut dire que les défenseurs italiens manquent singulièrement d'agressivité, à l'exception notable du numéro 27 Thomas Larkin, trop seul à bousculer les adversaires.

Les Français devront être plus virulents dans leur enclave s'ils veulent s'imposer dans ce qui constituera la finale du tournoi. Après les retournements de situation de ces deux premières journées, le script est redevenu simple : le vainqueur du dernier match France-Norvège, dimanche après-midi, se qualifiera pour les Jeux Olympiques 2018 à Pyeongchang. Et malgré la virtuosité technique de Zuccarello et des Olimb, les Bleus ont une carte à jouer s'ils font un match aussi plein et aussi limpide que face au Kazakhstan.

Désignés joueurs du match : Raphael Andergassen pour l'Italie et Jonas Holøs pour la Norvège.

160902 NORITA IMG 9074 MathisOlimb Cloutier

Commentaires d'après-match

Tommaso Traversa (attaquant de l'Italie) : "C'est une équipe qui patine, qui donne tout. On a essayé de donner tout ce qu'on a. Zuccarello est un joueur au centre de gravité très bas, difficile à arrêter. Dommage qu'il y ait eu ce powerplay à six minutes de la fin."

Frédéric Cloutier (gardien de l'Italie) : "La punition de cinq minutes nous coûte la chance de revenir dans le match. Je ne sais pas trop quelle faute l'arbitre a sifflé. Nous n'avons pas mal joué, mais ils ont capitalisé sur leurs chances. Notre équipe est jeune, on va beaucoup apprendre de ce tournoi. L'important, c'est la manière, de faire bonne figure. Jusque là, le tournoi est positif, et il nous reste une partie pour faire de notre mieux. Il faudra bien jouer dimanche."

Tommy Kristiansen (attaquant de la Norvège) : "Nous sommes de nouveau dans la course, et nous sommes excités de jouer contre la France. Nous avons été trop suffisants après avoir dominé la première période. On a commencé à jouer trop facile, on n'a pas pris les tirs quand on le pouvait. Les gardiens sont bons maintenant. S'ils voient les tirs, ils les attrapent. Il faut les masquer pour marquer."

Patrick Thoresen (attaquant de la Norvège) : "Nous étions très satisfaits en arrivant cet après-midi de voir que la France menait et gagnait. Nous avons de nouveau notre destin en mains. Nous sommes là où nous le voulions, une finale contre la France. Nous devrons être plus hargneux, ne pas être trop patients, comme dans cette deuxième période où nous n'avons pas joué comme il le faudrait. L'efficacité offensive sera la clé. Il en faudra car les deux équipes ont de bons gardiens."

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Norvège - Italie 4-1 (2-0, 0-1, 2-0)
Vendredi 2 septembre 2016 à 20h00 au Jordal Amfi d'Oslo. 3751 spectateurs.
Arbitrage de Jozef Kubus (SVK) et Stephen Reneau (USA) assistés de Balazs Kovacs (HON) et Joep Leermakers (HOL).
Pénalités : Norvège 14' (4'+10', 0', 0') ; Italie 31' (2', 2', 2'+5'+20').
Tirs : Norvège 34 (16, 7, 11) ; Italie 13 (4, 6, 3).

Évolution du score :
1-0 à 08'35" : M. Olimb assisté de Thoresen
2-0 à 18'39" : Kristiansen assisté de Thoresen et Zuccarello (sup. num.)
2-1 à 34'51" : Traversa assisté de Spinell
3-1 à 51'26" : Holøs assisté de M. Olimb et K.A. Olimb (sup. num.)
4-1 à 57'51" : Martinsen assisté de K.A. Olimb (sup. num.)

 
Norvège

Attaquants
Mats Zuccarello (A, -1) - Anders Bastiansen - Patrick Thoresen (A)
Mathis Olimb (+1) - Ken Andre Olimb - Mats Rosseli Olsen (2')
Andreas Martinsen (2'+10') - Mathias Trettenes - Martin Røymark (+1)
Tommy Kristiansen - Kristian Forsberg - Eirik Salsten
Niklas Roest

Défenseurs
Jonas Holøs - Mattias Nørstebø
Dennis Sveum - Ole-Kristian Tollefsen (C)
Stefan Espeland - Henrik Ødegaard (-1)

Gardien :
Lars Haugen

Remplaçants : Steffen Søberg (G), Christian Kaasastul (D). En réserve : Henrik Haukeland (G).

Italie

Attaquants :
Giulio Scandella (2') - Anton Bernard (C, -1, 5'+20') - Marco Insam (A)
Giovanni Morini (-1) - Simon Kostner (2') - Diego Kostner (A, 2')
Nathan Di Casmirro - Raphael Andergassen - Markus Gander (-1)
Michele Marchetti (+1) - Tommaso Traversa (+1) - Markus Spinell (+1)

Défenseurs :
Alex Trivellato - Thomas Larkin
Stefano Marchetti - Alexander Gellert
Luca Zanatta - Armin Hofer
Hannes Oberdörfer

Gardien :
Frédéric Cloutier

Remplaçants : Andreas Bernard (G), Enrico Miglioranzi (D). En réserve : Gianluca Vallini (G).