Bilan de NHL 2015/16 : équipes classées de 9 à 20

Suite du bilan de la saison 2015-2016 dans la National Hockey League, avec les équipes classées de 9 à 20 : les formations non qualifiées en playoffs et celles battues dès le premier tour.

 


130px Logo Devils New Jersey.svg20e : New Jersey Devils (84 pts)

Les observateurs attendaient peu de choses des Devils, en complète reconstruction après la fin de l'ère Lou Lamoriello. Mais le manager général Ray Shero a su trouver les bonnes recettes pour concocter un effectif compétitif, en course pour les playoffs jusqu'au dernier mois. Le néo-coach John Hynes a plutôt convaincu, optant pour un style mobile et combatif. New Jersey a résisté défensivement (8e), tout en terminant dernière attaque de la ligue, la faute à un jeu à cinq contre cinq déficient. La réussite de son jeu de puissance (9e) et de son jeu en infériorité (8e) ont porté l'équipe.

Il faut dire que l'offensive a beaucoup souffert de la blessure de Michael Cammalleri, limité à 42 matchs (14 buts, 38 pts). Le petit ailier dominait son sujet et a laissé un grand vide dans une équipe qui n'a pu aligner le vétéran Patrik Elias que 16 matchs (2 buts, 8 pts dont 3 au dernier match). À 39 ans, le Tchèque est en fin de contrat et espère pouvoir rempiler une dernière saison dans son club de toujours. Le souci de l'attaque n'est pas venu des deux premières lignes. Acquis pour deux choix de draft, Kyle Palmieri a répondu par la meilleure saison de sa carrière (30 buts, 57 pts) et s'est montré l'attaquant le plus régulier. Adam Henrique a lui aussi atteint les 30 buts (50 pts), lors d'un dernier match aux allures de fête : Palmieri et Henrique atteignaient les 30 buts, Elias signait 3 pts et le jeune Pavel Zacha, premier choix 2015, deux assistances pour son premier match en carrière, où débutaient aussi les grands espoirs Miles Wood et Steve Santini.

Hormis cela, Travis Zajac a un peu rebondi (14 buts, 42 pts) mais cela reste léger pour un centre de première ligne. Enfin, Lee Stempniak, signé après un essai lors du camp, a relancé sa carrière (16 buts, 41 pts) avant d'être échangé à Boston en fin de saison. Derrière ? Personne ! Il aura fallu attendre la mi-saison pour que deux jeunes commencent à faire leur trou. Reid Boucher, ancien sniper de Sarnia (8 buts, 19 pts en 39 matchs mais -13) et Joseph Blandisi (5 buts, 17 pts en 41 matchs, -14) ont montré de bonnes choses, même si Blandisi n'a plus rien produit dans ses 23 dernières apparitions. Aucun autre joueur n'a franchi les 20 pts, avec le rookie Sergey Kalinin (8 buts, 15 pts) et le défensif Suédois Jacob Josefson (4 buts, 14 pts) à peine efficaces. La profondeur de banc pêchait sur le papier, et cela s'est bien vérifié sur la glace.

Fort heureusement, la défense a parfaitement joué son rôle. Le capitaine Andy Greene a assuré son immense temps de jeu (13 pts, +7) face aux meilleurs trios adverses, encadrant un Adam Larsson émergeant comme un pur spécialiste défensif difficilement franchissable (18 pts, +15). Les recrues David Schlemko (6 buts, 19 pts, -22) et John Moore (4 buts, 19 pts, -12) ont apporté un peu tout en restant fragiles dans leur zone. Le reste n'a pas convaincu : Jon Merrill parait stagner, Eric Gelinas a été échangé et bien d'autres testés avec une réussite moyenne. Le chantier défensif reste en cours.

Dans les cages, Cory Schneider a joué comme un potentiel Vezina (2.15 buts encaissés, 92,4% d'arrêts) malgré quelques pépins physiques, qui ont permis de tester Keith Kinkaid, à la peine cette saison (90,4%), et le jeune Scott Wedgewood, prometteur au cours de ses quatre apparitions (95,7%, 1.24 buts encaissés).

Au final, une saison pleine de promesses : le 82e match de la saison préfigure-t-il la saison prochaine ?

 

ottawa senators19e : Ottawa Senators (85 pts)

Pour la deuxième fois en trois saisons, la formation de la capitale canadienne échoue à se qualifier pour les playoffs, tout en terminant meilleure équipe canadienne... Ottawa a particulièrement pêché défensivement, avec 247 buts encaissés (28e défense) et un jeu en infériorité passoire (29e).

L'attaque n'a pas vraiment craqué, puisque cinq joueurs ont franchi le plateau des 20 buts. Mark Stone (23 buts, 61 pts) et Mike Hoffman (29 buts, 59 pts) ont confirmé leur saison de rookie en se transformant en nouveaux meneurs de l'équipe. Bobby Ryan (22 buts, 56 pts), Mika Zibanejad (21 buts, 51 pts) ont eux aussi franchi les cinquante points, offrant une solide variété. Mieux, la troisième ligne a produit : Jean-Gabriel Pageau a réalisé la meilleure saison de sa carrière (19 buts, 43 pts) et mené l'équipe avec un +17 témoin de son habileté défensive. Zack Smith est pour sa part sorti de nulle part pour marquer 25 buts. En revanche, Kyle Turris n'a pu disputer que 57 matchs (13 buts, 30 pts) et Clarke MacArthur 4. Deux absences qui ont coûté cher, même si l'attaque n'a pas vraiment posé de problèmes (9e de la ligue).

Le souci est venu des lignes arrières. Erik Karlsson jouant le rôle de quatrième attaquant - il a mené l'équipe avec 82 pts, dont 16 buts - il fallait pouvoir le couvrir. Malheureusement, sorti de Cody Ceci (10 buts, 26 pts, +9), les défenseurs n'ont pas tant brillé. Marc Methot (12 pts, +12) n'a joué que 69 matchs, et le staff a cherché la bonne combinaison toute la saison. Finalement, le manager général Bryan Murray optait pour un transfert spectaculaire, impliquant neuf joueurs. Dion Phaneuf quittait Toronto en compagnie de Matt Frattin et trois espoirs, contre Jared Cowen, Colin Greening, Milan Michalek, l'espoir Tobias Lindberg et un deuxième choix 2017. Ce mouvement d'envergure ne suffisait pas à atteindre les playoffs mais permettait aux deux rivaux de l'Ontario de s'échanger leurs problèmes...

Dans les cages, Craig Anderson et Andrew Hammond n'ont pas réussi à reproduire leurs exploits de la qualification 2015. Anderson (60 matchs, 91,6% d'arrêts) a joué l'essentiel de la saison, alors que le "Hamburglar" ne volait guère de matchs cette fois-ci (24 matchs, 7 victoires, 91,4%). L'émergence de Matthew O'Connor, ex-star universitaire, pourrait rebattre les cartes à l'approche de l'arrivée de la franchise de Las Vegas.

La saison médiocre d'Ottawa fut ainsi fatale au manager général et à l'entraîneur Dave Cameron, écartés dès la fin de saison. Le chantier continue chez les Senators.

 

logo carolina18e : Carolina Hurricanes (86 pts)

Placés dans les tréfonds du classement au début de la saison, les Carolina Hurricanes ont réussi une bien meilleure prestation qu'attendu. L'équipe échoue tout de même à se qualifier en playoffs, avec une dixième place à l'Est, à sept longueurs de la qualification. La défense a tenu la route (18e), l'attaque a en revanche peiné (28e).

Plus prometteur, l'éclosion d'une série de jeunes talents laisse envisager de meilleurs lendemains. Jeff Skinner, à peine 24 ans, n'a pas connu de pépins physiques cette année, disputant enfin 82 matchs. Il termine meilleur marqueur avec 28 buts et 51 pts. Deux autres joueurs ont franchi le plateau des vingt unités : Jordan Staal (20 buts, 48 pts) et Victor Rask (21 buts, 48 pts), 23 ans, qui a clairement franchi un cap. Son entente avec Elias Lindholm (21 ans, 11 buts, 39 pts) constitue sans doute le socle des Hurricanes de demain, même si Lindholm a souffert défensivement. Avec les transferts en cours de saison du capitaine historique Eric Staal, auteur d'une saison misérable (10 buts, 33 pts en 63 matchs) et de Kris Versteeg, Carolina a du chercher loin pour trouver d'auteurs pointeurs. Aucun autre attaquant n'a en effet franchi les trente points et seul Joakim Lindström a touché la barre des dix buts. Les lignes d'échec restent un chantier à finaliser.

Défensivement, la brigade d'arrières apparait comme l'une des plus prometteuses de la NHL. Justin Faulk, le sélectionné au All-Star Game, n'a que 24 ans et a mené l'équipe avec 16 buts et 37 pts, se montrant précieux en supériorité numérique. Le vétéran Ron Hainsey fait figure d'ancêtre, surtout avec l'échange en cours de saison de John-Michael Liles. L'essentiel du temps de jeu est retombé sur Noah Hanifin (18 ans, 22 pts), Jaccob Slavin (22 ans), Brett Pesce (22 ans), Ryan Murphy (21 ans) et Michal Jordan (26 ans), tous plus ou moins débutants dans la grande ligue.

Cette jeunesse et un manque de profondeur de banc ont contraint les gardiens à travailler fort. Cam Ward (90,9%) et Eddie Lack (90%) n'ont pas vraiment brillé et leur prestation explique sans doute l'échec de la qualification. Les deux hommes ont malgré tout reçu une prolongation de contrat, mais, avec l'arrivée de Las Vegas en NHL, il est probable que l'un des deux soit amené à faire rapidement ses valises...

 

boston bruins logo17e : Boston Bruins (93 pts)

Pour leur quatre-vingt-douzième saison en NHL, les Boston Bruins ont rejoint Montréal parmi les tenants de 3000 succès - une victoire en janvier face aux Devils. Malgré cet accomplissement, Boston a manqué les playoffs à l'issue d'une chute spectaculaire au classement, qui a laissé une impression d'inéluctable.

Après trois premiers mois compétitifs, notamment en déplacement, Boston bataillait pour le titre de division. Mais la suite fut plus mitigée. Les Bruins s'offraient des bilans décevants en janvier, mars et avril, au point d'échouer à 93 pts, ex-aequo avec Detroit, mais battu dans les confrontations directes. Un échec qui traduit le vieillissement d'une équipe ainsi, sans doute, qu'une certaine usure de l'entraîneur Claude Julien, qui a cependant échappé à la sanction du limogeage.

Pourtant, les armes étaient bien là. Boston compte pas moins de trois joueurs à plus de trente buts : l'inusable Patrice Bergeron (32 buts, 68 pts), le Suédois Loui Eriksson (30 buts, 63 pts) et la peste Brad Marchand (37 buts, 61 pts, +21) dont l'ébouriffante saison s'est terminée par un titre de Champion du Monde en Russie. Cette première ligne, ainsi que le Tchèque David Krejci (63 pts) ne sont pas responsables du fiasco de la saison, avec la cinquième attaque de la NHL. On ne peut guère en vouloir non plus au reste du banc, où plusieurs joueurs ont confirmé leurs promesses. Ryan Spooner (49 pts), Jimmy Hayes (29 pts) et le junior David Pastrnak (26 pts), voire l'ex-premier choix de Tampa Brett Connolly (25 pts) se sont petit à petit installés dans la rotation. Les ingrédients étaient bien là, mais en finissant avec neuf défaites sur les douze derniers matchs, Boston a coulé dans le sprint final et raté les playoffs pour la deuxième fois de suite, encore de justesse.

La défense a beaucoup été critiquée à la fin de la saison. Zdeno Chara manque désormais de vitesse, mais reste précieux offensivement (9 buts, 37 pts). Son rôle de meneur de jeu de puissance appartient maintenant à Torey Krug (4 buts, 44 pts), petit gabarit mobile et explosif. Le reste de la brigade défensive a peiné. Kevan et Colin Miller, moins expérimentés, ont réussi quelques prestations honnêtes, dans des rôles limités. Dennis Seidenberg apparait en revanche en bout de course et Adam McQuaid ne parait pas en mesure de jouer un rôle supérieur. Au final, une 19e place parmi les défenses.

Dans ces conditions, Boston joue à la limite. Et lorsque les gardiens sont un ton en dessous... Tuukka Rask, loin de son meilleur niveau (91,5% d'arrêts) n'a pas vraiment reçu beaucoup d'aide de Jonas Gustavsson, remplaçant insuffisant (2.72 buts encaissés, 90,8%).

Boston va devoir se poser les bonnes questions : une franchise vieillissante, des choix curieux à la draft... Les Bruins sont-ils sur le déclin ?

 

Les qualifiés en playoffs - battus au 1er tour

minnesota wild logo16e : Minnesota Wild (87 pts)

Qualifié surprise en 2015 grâce à une série incroyable de son gardien Devan Dubnyk, le Wild du Minnesota a réussi le même exploit en 2016 en obtenant à l'arrachée une place en playoffs. Pourtant, le début de saison poussif avait coûté sa place à l'entraîneur Mike Yeo, limogé le 13 février, après un mois de janvier horrible (3 succès, 7 défaites et 3 de plus après le temps supplémentaire). Le coach de la réserve, John Torchetti, fut promu en intérim et signait ensuite un respectable bilan : 10-4-1 en mars, qui propulsait le club à la huitième place à l'Ouest, à grand renfort de mise à l'écart de certains joueurs, vétérans compris. Dubnyk, décevant jusque là, retrouvait des couleurs.

La blessure du capitaine et âme de l'équipe, Zach Parise, coûtait cher et Minnesota perdait ses quatre matchs en avril, échappant tout de même au retour du Colorado englué dans ses propres problèmes. L'absence de Parise et de Vanek privait le Wild d'armes importantes en playoffs face à Dallas. Après avoir perdu les deux premiers matchs sur la route, le Wild gagnait le troisième, perdait le quatrième, sauvait sa tête au cinquième dans le Texas (but en prolongation de Koivu) avant de perdre un match fou à domicile : mené 4-0, le Wild marquait trois fois mais échouait dans son retour (5-4).

Que retenir d'une saison aussi inconstante ? Avant tout, le sentiment d'une formation très collective, dans laquelle aucun joueur ne s'est démarqué. Sept joueurs ont franchi les quarante points, avec Parise (25 buts, 53 pts), Nino Niederreiter (20 buts, 43 pts) et Charlie Coyle (21 buts, 42 pts) au delà des vingt unités. Mikko Koivu a mené l'équipe (56 pts) mais on attendait mieux des vétérans. Vanek et son contrat record finit à 18 buts et un ratio de -10, qui poussent le staff à racheter son contrat en fin de saison. Jason Pominville n'a pas vraiment décollé non plus (11 buts, 36 pts), mais s'est réveillé en playoffs (4 buts, 7 pts en 6 matchs). Le petit Mikael Granlund a accumulé les passes (13 buts, 44 pts) mais reste fragile en défense. Il faudra plus de contributions des lignes d'échec la saison prochaine, avec Erik Haula, qui a fini la saison blessé (14 buts, 34 pts, +21) en tête de liste, mais aussi Jason Zucker (23 pts) et Justin Fontaine (16 pts) à la production trop modeste.

20e attaque donc, mais 8e défense : Minnesota s'en est bien sorti dans cet exercice avec un Ryan Suter de feu (8 buts, 51 pts, +10). Les lignes arrières ne sont pas très âgées, ce qui laisse présager un futur intéressant. Jared Spurgeon, Mathew Dumba, Marco Scandella et Jonas Brodin n'ont pas 27 ans.

Dans les cages, le duo Devan Dubnyk-Darcy Kuemper a assuré l'essentiel avec des statistiques comparables (91,8% et 91,5% respectivement). Dubnyk a tout de même craqué en playoffs (87,7%) et n'a pas donné la même impression d'invulnérabilité que l'an dernier.

Au final, une saison marquée par l'inconstance. Une équipe capable d'être inarrétable comme de passer à côté. Entre vétérans usés et jeunes qui ne confirment pas, entre buts casquette et blessures, difficile d'estimer le réel niveau du Wild. Il n'y a aucune marge en tout cas dans une division aussi relevée.

 

detroit15e : Detroit Red Wings (93 pts)

Les Wings sont sur la voie du changement. Le départ de l'entraineur Mike Babcock n'a certes pas vraiment modifié les objectifs de l'équipe. Jeff Blashill a assuré la relève avec le minimum : une qualification en playoffs, suivie d'une élimination piteuse dès le premier tour. Certes, la série de 25 apparitions consécutives en phases finales est restée en vie, mais on ne peut s'empêcher de penser que l'équipe arrive à la croisée des chemins.

La 23e attaque de la ligue espérait s'appuyer sur sa relève. Las, ce sont encore les vétérans qui ont fait le travail. Henrik Zetterberg a mené l'équipe (13 buts, 50 pts) devant son compère Pavel Datsyuk (16 buts, 49 pts en 66 matchs). Le Russe, désormais fragile physiquement, a dit adieu à la NHL après l'élimination, laissant Detroit orphelin de son magicien. Dans ces conditions, il est temps que la nouvelle vague prenne ses responsabilités. La bonne surprise est venue de Dylan Larkin. Le junior, premier joueur de 19 ans dans l'alignement depuis vingt ans, a signé 23 buts et 45 points pour sa première saison, séduisant par son jeu défensif, avant de sortir du lot dans l'effectif américain au Mondial. En revanche, Tomas Tatar (21 buts, 45 pts) et Gustav Nyquist (17 buts, 43 pts) n'ont pas porté l'équipe comme espéré. Avec un Justin Abdelkader trop indiscipliné (120 minutes de prison, 19 buts, 42 pts), les armes offensives restaient bien trop modestes. Il va falloir que d'autres jeunes éclosent rapidement...

La défense n'a pas fait mieux avec une 17e place, qui traduit surtout les soucis dans les cages. Le vétéran Mike Green, signé à prix d'or à l'intersaison, a joué son rôle offensif (7 buts, 35 pts), même modestement. Mais derrière, Niklas Kronwall atteint ses limites (26 pts, -21) et Danny DeKeyser ne semble pas non plus un vrai défenseur de première paire (20 pts). Jonathan Ericsson ou Brendan Smith ne sont pas forcément plus convaincants, autant dire que ce secteur ne rassure guère.

La grande question des Red Wings reste la situation dans les cages. Petr Mrazek (54 matchs, 92,1% d'arrêts) semble avoir pris le pas sur Jimmy Howard (37 matchs, 90,6%) mais les deux gardiens ont montré tant d'inconstance que Jeff Blashill a été contraint en permanence de miser sur la stratégie du "le plus en forme".

Jamais Detroit n'a paru aussi fragile. Avec les retraites de Datsyuk (KHL) et Richards, il y a des trous dans les lignes offensives. On n'imagine pas vraiment les Wings en progression et la série de qualification en phases finales semble en danger.

 

150px Logo Flyers Philadelphie.svg14e : Philadelphia Flyers (96 pts)

On ne donnait pas cher des chances des Flyers cette saison. Deux non qualifications sur les trois dernières années prouvaient que l'effectif était un peu juste. Tout le crédit revient à Dave Hakstol, l'ancien entraîneur de North Dakota, qui a remplacé Craig Berube à l'intersaison.

Il y avait des doutes à tous les postes, et le début de saison ne fut pas glorieux. Des bilans médiocres à l'automne et une place hors du top-8, puis, petit à petit, l'équipe pennsylvanienne a retrouvé des couleurs. Un gros mois de février (8-4-3) puis de mars (9-3-2) ont permis aux Flyers de recoller et de doubler les Bruins sur le fil. Personne ne les voyait passer face aux Capitals, meilleure équipe de la saison régulière. Et effectivement, Washington remportait nettement les trois premiers matchs, capitalisant sur son jeu de puissance, exploitant l'indiscipline chronique de Philadelphie. Hakstol lançait alors Michal Neuvirth dans les cages et le portier remplaçant s'offrait les deux matchs suivants, dont un blanchissage de 44 arrêts au match 5 (contre 11 tirs aux Flyers !). Finalement, Washington remportait le match 6 sur le score de 1-0.

Au bilan, Philadelphie aura surtout manqué d'offensive. La 22e attaque de la ligue a compté trois joueurs au delà des 20 buts : Claude Giroux, loin de ses meilleures statistiques (22 buts, 67 pts), Wayne Simmonds (32 buts, 60 pts) et Brayden Schenn, en progression sensible (26 bus, 59 pts, +3). Jakub Voracek, l'un des joueurs de l'année 2015, a traîné sa misère toute la saison (11 buts, 55 pts). Giroux et Voracek auront mis longtemps à débloquer leur compteur... Il y a eu un petit manque de banc. Couturier, Raffl ou Read n'ont pas produit autant qu'espéré et les troisième et quatrième trios n'ont marqué que de manière épisodique.

Avec une 27e place au classement des pénalités, il ne faut pas chercher bien loin d'où viennent les soucis défensifs de l'équipe. Mark Streit, vieillissant, reste le leader d'une base arrière friable (15e défense). Une indiscipline symbolisée par le bouillant Radko Gudas (116 minutes), trop souvent suspendu. Michael Del Zotto n'a pas confirmé, le vétéran russe Evgeny Medvedev, rookie de 33 ans, n'a pas apporté grand chose et, après s'être débarrassé de Luke Schenn, il a fallu s'appuyer sur le jeune Brandon Manning, aux prestations honnêtes. Il aura fallu attendre le quart de la saison pour que Shayne Gostisbehere transforme radicalement les choses. L'arrière d'origine basque, ancien champion NCAA, a littéralement porté les Flyers jusqu'en playoffs, plantant 17 buts, 46 pts en 64 matchs, étincelant de mille feux au point de figurer parmi les finalistes du trophée Calder. "Ghost" a porté le jeu vers l'avant, alimenté les attaquants en caviars et terrorisé les gardiens par ses tirs et sa mobilité. Sans lui, Philadelphie aurait fini au fond du trou.

Peut-on pour autant en vouloir aux gardiens ? Pas vraiment. Même s'il a un peu raté ses playoffs, Steve Mason signe un 2,51 buts encaissés et 91,8% d'arrêts tout à fait respectables en 54 matchs. Michal Neuvirth l'a bien poussé, jouant 32 parties pour 2,27 buts encaissés et 92,4% d'arrêts, brillant également en playoffs (2 buts encaissés sur 105 tirs).

Dave Hakstol a encore du travail, mais il y a de bonnes choses dans l'effectif. Il manque sans doute un arrière plus solide, un attaquant de top-6 et un peu de profondeur de banc pour mieux rivaliser avec les meilleurs. S'ils restent en dehors du banc des pénalités...

 

150px Logo Rangers New York.svg13e : New York Rangers (101 pts)

Et si les Rangers arrivaient au bout du rouleau ? New York apparait comme l'équipe-type qui démarre tambour battant mais ne tient pas la distance. Les Rangers signent en effet le départ idéal : 7-2-2 en octobre, 10-4-0 en novembre, avec au passage une séquence de neuf victoires consécutives, la deuxième meilleure de l'histoire du club. Après un passage à vide en décembre, les Rangers bataillent toute la saison mais sécurisent relativement facilement leur place en playoffs en s'offrant la troisième place de la division, un point devant les Islanders.

Pourtant, ce succès relatif disparait complètement les phases finales venues. Après une défaite en ouverture, New York s'impose au match 2 sur la glace de Pittsburgh pour reprendre l'avantage de la glace. Un avantage inexistant, puisque les Rangers ne profitent pas des deux gardiens rookies adverses (Zatkoff, puis Murray) et s'écroulent à la maison (3-1, 5-0) puis sur la route (6-3).

Quel bilan tirer de cette première élimination dès le premier tour en cinq ans ? Offensivement, on compte dix joueurs au delà des 30 points, témoignage d'un danger varié. Mats Zuccarello s'est bien remis de sa grave blessure et n'a manqué qu'un seul match, menant l'équipe avec 61 pts (26 buts). Derick Brassard a confirmé son éclosion (27 buts, 58 pts et 4 pts en playoffs), tout comme Derek Stepan (22 buts, 53 pts). Mieux, les jeunes, comme JT Miller (22 buts, 43 pts), Chris Kreider (21 buts, 43 pts) et Kevin Hayes (14 buts, 36 pts) progressent bien. On attendait mieux de Rick Nash en revanche, limité à 60 matchs (15 buts, 36 pts), mais ce dernier s'est bien comporté en playoffs (2 buts, 4 pts). Les Rangers ont trouvé de la profondeur de banc avec Jesper Fast (10 buts, 30 pts) et Oscar Lindberg (13 buts, 28 pts). En revanche, l'acquisition d'Eric Staal à la date limite des échanges fut un fiasco retentissant (0 point en playoffs, -7).

La défense a trouvé des armes pour produire également. On attendait Keith Yandle, et l'ex-Coyotes n'a pas faibli, signant 47 pts, relayant un Ryan McDonagh ébouriffant (36 pts, +26). Kevin Klein a franchi un cap et Dan Girardi, souvent critiqué, n'a pas si mal joué.

Que dire enfin d'Henrik Lundqvist ? La légende suédoise a dépassé Mike Richter en février, dont les 667 matchs en carrière constituaient un record du club. "The King" le détient désormais, et rejoint Tony Esposito et Martin Brodeur avec onze saisons consécutives au delà des 20 victoires. Un exploit, mais Lundvqist a flanché en playoffs (86,7%), encaissant des buts inhabituels.

Après des années à lâcher des gros choix de draft et des jeunes talents pour acquérir des grands noms, New York affiche un système vide, gaspillant les meilleures années de l'un des meilleurs gardiens de l'histoire de la NHL. Le staff doit réfléchir activement pour la prochaine saison, mais, pas de souci, les Rangers devraient encore jouer les premiers rôles.


150px Kings de Los Angeles12e : Los Angeles Kings (102 pts)

Après une saison sans playoffs, les Kings ont retrouvé des couleurs et n'ont jamais paru en danger cette fois-ci. Mieux, ils ont bataillé une bonne partie de la saison avec Anaheim pour le titre de division. Tout s'est joué sur le fil et Los Angeles échouait, pour un point. Et ce petit point a fait une grosse différence, car les Californiens ont reçu le pire tirage possible pour eux : affronter les Sharks de San José ! Des Sharks revanchards après le fiasco deux ans plus tôt, lorsque les Kings avaient remonté un 0-3 puis gagné le titre. Los Angeles, sans doute trop confiant, a pris de mauvaises habitudes et a lâché quatre victoires à une, cédant trois manches d'un petit but, et n'en gagnant qu'une en mort subite. Le sixième match décisif fut un calvaire, avec une déroute 6-3.

Du coup, le bilan apparaît comme négatif, car l'ambition de remporter un troisième titre n'a pas été accomplie. Pour autant, tout n'est pas à jeter. Offensivement, l'équipe a fini au milieu de tableau, portée par Anze Kopitar. Le Slovène cumule 74 pts (25 buts) et deux trophées individuels : le Selke (meilleur attaquant-défensif, ratio de +34) et le Lady Byng pour la sportivité (16 minutes de prison seulement). Il devance au classement des pointeurs le toujours régulier Jeff Carter (24 buts, 62 pts) et Tyler Toffoli, qui a clairement franchi un palier (31 buts, 58 pts). Malheureusement, le jeune Canadien a disparu de la circulation en playoffs. L'abrasif Milan Lucic signe une saison correcte (20 buts, 55 pts) mais il est en fin de contrat et coûtera sans doute trop cher à reconduire. Enfin, Tanner Pearson complète le top-6 avec une saison moyenne (15 buts, 36 pts).

Le gros problème, c'est que le reste du banc n'a pas vraiment suivi. Les recrutements de Vincent Lecavalier et Kris Versteeg en cours de saison n'ont rien donné. Le capitaine Dustin Brown a très peu produit, au point que son capitanat est remis en cause. Marian Gaborik, fragile (54 matchs) n'a été que l'ombre de lui-même (12 buts, 22 pts). Dans ces conditions, les Sharks ont su maîtriser les quelques armes adverses assez facilement.

La défense a terminé 3e de la ligue, et le trophée Norris de meilleur défenseur pour Drew Doughty n'est pas vraiment usurpé. Avec 14 buts et 51 pts, Doughty a constamment porté le jeu dans le camp adverse, bien secondé par son ombre Jake Muzzin (40 pts). La deuxième paire, autour d'Alec Martinez (31 pts), illustre aussi le style de jeu des Kings, avec un fort soutien des arrières. L'éclosion de Brayden McNabb apporte un peu de sang neuf à cette arrière-garde.

Paradoxalement, cette excellente saison défensive ne doit pas tant que cela à Jonathan Quick, dont les 91,8% d'arrêts figurent plutôt en milieu de tableau. D'ailleurs, il a plutôt déçu en phases finales (88,6% d'arrêts, 3.04 buts encaissés). Moins décisif que lors des deux titres, Quick devra rebondir.

Los Angeles reste donc sur une bonne saison régulière, dont le succès est masqué par un tour de playoffs sans relief. Après deux titres en cinq ans, on s'attendait sans doute à mieux du côté des fans. L'équipe doit réfléchir assez vite à son identité et revenir à ses fondamentaux. La culture club qui a offert tant de succès a basculé pour un an dans la facilité et l'arrogance, de l'aveu même du manager général. Au final, une saison où les individualités ont brillé et ont été récompensées, au détriment du collectif...


150px Logo Blackhawks Chicago.svg11e : Chicago Blackhawks (103 pts)

Le manager général Stan Bowman a du faire des miracles encore une fois. À peine le titre fêté, il a fallu faire le grand ménage dans l'effectif pour respecter le plafond salarial. Raantta, Richards, Vermette et Vesteeg n'ont pas été conservés. Plus étonnant, le jeune talent Brandon Saad a demandé trop cher et a été envoyé à Columbus contre, entre autres, Anisimov, Tropp, Morin et Dano. En fin d'été, Patrick Sharp et Johnny Oduya, piliers des précédents succès, prenaient eux aussi le chemin du départ, rejoignant Dallas contre Trevor Daley et Ryan Garbutt. Mais la mayonnaise n'a pas vraiment pris. Presque tous ces arrivants ont été éconduits en cours de saison. Daley envoyé à Pittsburgh contre Scuderi, renvoyé ensuite à Los Angeles. Morin aux Leafs, Tropp et Garbutt aux Ducks, Dano aux Jets... Il ne reste rien ou presque de l'été de transactions !

Dans ces conditions, atteindre les playoffs relevait déjà d'une bonne performance. Signer douze victoires de rang en janvier mettait l'équipe sur de bons rails. Mieux, les Hawks tombaient contre les Blues de St Louis, équipe qui leur avait fortement réussi par le passé. Mais les Blues maîtrisaient cette fois leur némésis. Après une défaite 1-0 en prolongations, Chicago gagnait 3-2 sur la route et semblait en bonne posture. Las, les Blues remportaient deux matchs dans l'Illinois (3-2, 4-3) et prenaient les Hawks à la gorge. Dos au mur, Chicago faisait parler son expérience. Kane renversait le match 5 en double prolongations (4-3) et Chicago maîtrisait le sixième (6-3). Tout se jouait au septième match dans le Missouri. Menés 2-0, les Hawks revenaient à 2-2, avant de perdre la série sur un but de Brouwer en troisième période.

L'alchimie difficile de l'équipe n'a fonctionné que sur une seule ligne. Patrick Kane signe la plus belle saison d'un attaquant américain de toute l'histoire, avec 46 buts et 106 pts, qui lui valent les trophées de joueur de l'année (Ted Lindsay, Hart Memorial et Art Ross de meilleur pointeur). Sa séquence de 26 matchs avec un point a marqué l'année. Une performance compte tenu des distractions estivales autour d'une enquête pour une affaire de mœurs ! Kane a profité de son nouveau centre Anisimov (20 buts, 42 pts), mais surtout d'un ailier rookie que l'on attendait pas à ce niveau là. Artemi Panarin, 24 ans, avait brillé en KHL et aux championnats du monde, mais de là à planter 30 buts et 77 pts, le 9e total de la ligue, il y avait un pas ! L'explosif ailier russe a trouvé une entente rare avec Kane et remporte le trophée Calder, largement mérité, bien que son statut de "vétéran des championnats professionnels" ait parfois poussé certains observateurs à l'écarter des votes. Ce trio d'attaque a porté les Hawks au sixième rang avec 234 réalisations.

Pourtant, Jonathan Toews n'a pas eu grand monde pour l'aider (28 buts, 58 pts). Hossa a fortement décliné (33 pts) et le jeune Teravainen n'a pas eu autant d'impact qu'espéré (35 pts). Le rugueux Andrew Shaw, combattif mais limité (34 pts) témoigne d'une dure réalité : le banc, décimé par les échanges découlant des trois titres, ne suit plus. Chicago a été coulé par son bottom-6.

La défense termine à la dixième place et ses arrières ont du faire le travail pour aider l'attaque. Du coup, Seabrook (49 pts), Keith (43 pts), Hjalmarsson (24 pts), piliers des titres, ont du batailler. Plus rassurant, les prestations du rookie Erik Gustafsson et de Trevor van Riemsdyk laissent entrevoir un peu de relève.

Avec 92,4% d'arrêts, Corey Crawford signe une nouvelle fois une fiche remarquable. Scott Darling constitue un remplaçant solide, sans plus, mais le problème des Hawks ne vient pas des cages.

Le gros problème, c'est que l'essentiel du budget passe en sept hommes : Kane, Toews, Hossa, Keith, Seabrook et Hjalmarsson, ainsi que Crawford. Stan Bowman doit composer et faire des miracles pour compléter les deux tiers de l'équipe. Parfois, cela fonctionne - Panarin, van Riemsdyk - mais au bout d'un moment, les jeunes forces vives du club doivent être sacrifiées. Il faudra beaucoup de talent à la draft et se montrer persuasif sur certains jeunes agents libres universitaires ou européens pour espérer stabiliser le club au sommet. Et ce sera encore le cas à l'été 2016...

 

Florida Panthers10e : Florida Panthers (103 pts)

La jeune garde et le vieux loup montent petit à petit au classement. Les Panthers de Floride signent l'une des plus belles saisons de leur histoire, remportant le titre la division Atlantique à la surprise générale, avec un total de 103 pts (fiche de 47-26-9). La saison avait pourtant débuté modestement, mais Florida a explosé en décembre (11-3-0) et janvier (8-3-1), transformant la jeune équipe en machine inarrêtable.

Malheureusement, les Panthers ne franchiront pas le premier tour des playoffs. Face aux Islanders, qui n'ont eux-même guère connu le succès en phases finales depuis vingt ans, on assiste à une série magnifique, éclipsée par le renom des autres séries de playoffs. Les deux formations se rendent coup pour coup, mais New York, portée par son gardien Thomas Greiss, s'impose. Florida perd le premier match 5-4, avant de remporter le deuxième 3-1. Le troisième revient aux Islanders en mort subite (4-3), Florida s'offre le quatrième (2-1) et New York remporte ensuite les 5e et 6e en double mort subite. Dans ce dernier match, Tavares égalise à 54 secondes de la fin avant de marquer au bout du suspense dans le temps supplémentaire.

Jeune équipe, Florida ? Presque... "Papy Jagr" en a encore sous la semelle et la légende tchèque n'en finit plus de battre des records. À 44 ans, il termine meilleur pointeur de l'équipe avec 27 buts et 66 pts ! Inusable... L'alien Jagr devance dans son équipe un autre vétéran, Jussi Jokinen (18 buts, 60 pts), que l'on avait pas vu à pareille fête depuis longtemps. La jeunesse suit : Huberdeau (20 buts, 59 pts), Barkov (28 buts, 59 pts), Trocheck (25 buts, 53 ts), Reilly Smith (25 bus, 50 pts) et Nick Bjugstad (15 buts, 34 pts, en 67 matchs). Le danger vient de toutes les lignes et cette variété offensive fait figure d'exception dans la ligue. Il y a de quoi disposer d'une équipe redoutable pendant de longues années...

Et la défense n'est pas en reste. Si l'expérimenté Brian Campbell (31 pts, +31) arrive en fin de contrat, Florida dispose d'un futur numéro 1 en la personne d'Aaron Ekblad. À 20 ans à peine, le Calder 2015 a confirmé (15 buts, 36 pts) et affiche une maturité étonnante. Les progrès d'Alex Petrovic encouragent, et rendent Dmitri Kulikov dispensable - il est échangé peu après. Mieux, le jeune Mike Matheson, intégré dans l'équipe en fin de saison, jouera cinq matchs de playoffs en première paire avant de remporter l'or au Mondial en Russie. La relève est là...

Tout cet élan positif aurait-il vu le jour sans un grand gardien ? Roberto Luongo, et son humour légendaire sur Twitter, reste à 35 ans l'un des tous meilleurs gardiens de la NHL. Il le prouve encore cette saison, avec 2,35 buts encaissés de 92,2% d'arrêts, faisant encore mieux en playoffs (93,4%). Le temps ne semble avoir aucune prise sur lui, comme sur Jagr...

Pourtant, en dépit de cette année faste, l'échec au premier tour des playoffs a été durement vécu par le staff. Le manager général a procédé à de nombreux remaniements dans son service de scouting, écartant notamment Scott Luce, l'un des architectes de cette équipe de jeunes talents, ainsi que l'entraineur adjoint John Madden, avant d'échanger Kulikov. De quoi franchir une marche de mieux ?


lgo nhl anaheim ducks9e : Anaheim Ducks (103 pts)

Difficile de trouver une saison avec plus de montagnes russes que celle des Ducks d'Anaheim. Les joueurs de Bruce Boudreau entament la saison dans la cave, avec une fiche de 1-7-2 en octobre qui laisse envisager le pire. Ryan Getzlaf reste muet pendant des semaines avant d'ouvrir son compteur cage vide, et Corey Perry ne se montre guère plus efficace.

Progressivement pourtant, la franchise californienne, sans paniquer, va remonter la pente et proposer un jeu de bien meilleure qualité. Le tournant 2016 achève la mutation de l'équipe, qui revient inarrétable : 8-3-1 en janvier, 12-1-1 en février ! De candidat à la loterie, Anaheim devient champion de la division Pacifique, encore une fois. Et pour la quatrième saison de suite, l'avantage de la glace obtenu ne sert à rien avec une défaite au septième match, dès le premier tour, face à Nashville. Une série que les Ducks entament par deux défaites, avant d'écarter Gibson au profit d'Andersen dans les cages et de gagner les trois matchs qui suivent. Mais, pour la quatrième fois de suite, Anaheim n'arrive pas à boucler et perd les matchs 6 et 7...

Y-a-t-il un problème mental dans cette équipe ? Le manager général pense en tout cas que l'entraîneur est responsable et, malgré quatre énormes saisons régulières, Boudreau est écarté dès la fin de saison.

Ce titre de division provient encore d'une formation assez homogène, mais sans grande profondeur offensive. Getlzaf mène l'équipe avec son pire total de buts en carrière (13 buts, 63 pts), suivi de Perry, pur finisseur (34 buts, 62 pts). Kesler, centre défensif, a fait son travail (21 buts, 53 pts) et l'émergence de Rickard Rakell a fait du bien (20 buts, 43 pts) tout comme les 20 buts de Jakob Silfverberg. Le reste du banc n'a eu qu'une production anecdotique, aucun attaquant n'ayant passé les dix buts. Cette concentration offensive explique sans doute l'échec en playoffs, ou l'excellente défense des Predators s'est attaquée à la première ligne, rendant muet Perry (0 but, 4 passes) notamment. Un manque de banc criant...

Dans ces conditions, la jeune défense des Ducks a du mettre la main à la pâte, et Sami Vatanen (38 pts), Cam Fowler (28 ts) et Hampus Lindholm (28 pts) ont bien joué leur rôle. Reste que, globalement, les recrues de l'équipe n'ont rien donné ou presque, ce qui, pour le coup, apparaît comme un constat d'échec du staff.

Dans les cages, l'alternance Fredrik Andersen - John Gibson a été presque totale, avec un léger avantage à l'Américain, qui a cependant perdu sa place en playoffs. Un échange d'Andersen restait de toute façon inévitable et n'a pas traîné au cours de l'été.

L'ère Boudreau s'achève donc sans titre et les Ducks semblent plus que jamais figurer dans les candidats à la chute au classement. Les cadres productifs sont vieillissants et le manque de profondeur offensif contraint Anaheim à des matchs très serrés. En playoffs, cela ne pardonne pas, et cela fait quatre ans de suite qu'on le dit.