La Russie est-elle prête à affronter le Canada ?

Après un premier match de préparation moyen de la Russie face aux Tchèques, le match retour à Prague n'est pas forcément joué dans des conditions idéales.

Outre le fait que la glace de la O2 Arena a une surface olympique, non représentative de ce qui les attend en Amérique du Nord, elle est aussi dans un état très moyen. Cela ne surprend guère puisque la température dépasse 30 degrés à Prague. Le hockey estival est rarement le plus seyant.

Ce match présente surtout beaucpup d'enjeu pour les deux gardiens. Semyon Varlamov doit essayer de faire planer un doute par rapport aue numéro 1 présumé Bobrovsky. Quant à Michal Neuvirth, c'est tout simplement, à 28 ans, son grand début en équipe nationale ! Après avoir perdu sa place de titulaire à Washington puis connu deux échanges, il a signé comme agent libre l'été dernier à Philadelphie et a signé la meilleure saison de sa carrière. Il n'a pas de temps à perdre s'il veut s'installer devant la cage car son concurrent Petr Mrázek est considéré comme le grand gardien tchèque en devenir.

YEMELIN Alexei 120520 369Les autres changements opérés par la Russie ont eu pour effet d'ajouter de l'impact physique. Artyom Anisimov remplace Pavel Datsyuk au centre de quatrième ligne. Ces mots "Datsyuk au centre de la quatrième ligne" semblent tout droit sortis d'une dimension parallèle, a fortiori son positionnement comme réserviste, mais cette abondance de centres inhabituelle pour la Russie est due au choix de Znarok d'utiliser Evgeni Kuznetsov à ce poste, plutôt qu'à l'aile. En défense, Aleksei Emelin vient ajouter de l'agressivité.

L'arrière de Montréal, pas avare de mises en échec, est d'une certaine manière le joueur le plus en vue pendant deux périodes. Une charge assez haute en première période lui vaut déjà une réaction épidermique de Palát. Et quand Emelin donne un cross-check à Milan Michalek venu chatouiller les bottes de son gardien, l'ailier tchèque veut en venir aux mains, mais les juges de ligne se saisissent des deux hommes. Certains gestes sont souvent à la limite. Nesterov fait mal à Jordan contre la bande, et Ondrej Palát charge même genou contre genou son coéquipier de ligne à Tampa Bay, Nikita Kucherov. Chacun de ces gestes n'est sanctionné que de deux minutes.

Ces pénalités n'aident pas le match à décoller. Le powerplay de la Russie est franchement à la ramasse. Sur sa seule occasion, Shipachyov manque une cage à moitié vide pendant la pénalité de Palat. Les Tchèques sont plus dangereux et dominent, mais les 14000 spectateurs espéraient meilleur spectacle. La plus grande ovation est réservée... au judoka champion olympique Lukáš Krpálek lorsqu'il apparaît pendant une pause publicitaire.

Le jeu commence à s'animer en fin de deuxième tiers-temps. Plekanec bute sur Varlamov après une belle combinaison avec Hemský. De l'autre côté, Nikita Zaitsev tire sur la transversale, puis Ovechkin et Kucherov vendangent un 2 contre 1. Kucherov a voulu rendre la passe à son aîné : le défenseur tchèque Jakub Nakládal se couche pour bloquer le palet avec la crosse. Peut-être aurait-il fallu lancer... Cela fait trente minutes que la première ligne russe n'a pas proposé un seul tir cadré ! Il en suffit d'un, après tout. À la reprise, Kucherov est parfaitement placé pour reprendre la passe au second poteau de Kuznetsov.

Le public se réveille un peu et essaie de pousser son équipe à égaliser. Varlamov ne laisse rien passer face à Faksa, puis à Palát. Son plus bel arrêt, le gardien russe le signe devant Frolík, servi sur un plateau (sur une gamelle ?) devant le but par Plekanec. Mais à l'avant-dernière minute, Josef Jandač sort son portier pour un sixième joueur. Le capitaine Tomáš Plekanec, qui porte son équipe comme toujours, dévie une tentative de Frolík pour décrocher une prolongation. Cela faisait 229 minutes que les Tchèques n'avaient plus marqué dans la O2 Arena !

FROLIK Michael 110511 082La prolongation inédite à 3 contre 3 est dominée territorialement par les patineurs russes, mais les deux plus belles occasions sont pour les Tchèques en contre-attaque. Semyon Varlamov bloque de la jambière le tir de Jakub Voráček échappé, puis fait barrage, couché, à Aleš Hemský. On en vient donc aux tirs aux but. Pastrňák et Panarin échouent, mais Voráček marque entre les bottes du gardien, imité par Tarasenko. C'est ensuite Aleš Hemský qui tire sous le plaque de Varlamov. Auteur de 2 buts pour ses 2 premières sélections en équipe de Russie, Nikita Kucherov voit cette fois la réussite le fuir : il tire sur le poteau !

Si ces deux confrontations équilibrées ont rassuré les Tchèques, elles n'ont pas forcément inspiré les Russes. La ligne Shipachyov a été moins convaincante qu'au premier match, et Ovechkin et Malkin ne paraissent toujours pas vraiment à leur meilleur niveau. Le jeu de transition et la relance manquent encore de précision. Déjà à la peine dans leur enclave face à Hanzal, les défenseurs auront beaucoup de gabarits de ce type à écarter face au Canada, un tout autre défi. Seul Varlamov sort vraiment gagnant de ce match.

Commentaires d'après-match :

Oleg Znarok (entraîneur de la Russie) : "Le premier match était bien meilleur que celui-ci. Chez nous, nous avions joué sur une petite glace, ici sur grande glace, c'est un hockey complètement différent. Il y a des choses à améliorer, il faut tirer plus et être moins académiques. Nous avons de très bons attaquants et nous essayons d'avoir la possession. C'est utile pour moi d'avoir pu jouer à 3 contre 3 pour la première fois, c'était le meilleur moment pour cette expérience. C'est du tracas pour les entraîneurs, bien sûr, mais un format très intéressant pour le public."

Josef Jandač (entraîneur de la Tchéquie) : "À Saint-Pétersbourg, nous avions plus tiré qu'eux, mais il faut distinguer quels genres de tirs. Nous avions fait du bon travail dans le slot, mais en même temps, nous n'avions pas eu des occasions très dangereuses. Kes Russes ont beaucoup combiné, aujourd'hui encore, et préféré la passe au tir. Les équipes nord-américaines iront plus directement à la cage. À 3 contre 3, il faut d'excellents patineurs avec de la technique et de la capacité de décision. Nous avons choisi l'option 1 défenseur - 2 attaquants, même si nous avions aussi réfléchi à 3 attaquants. Nous avions choisi les gars pour les pénaltys."

Aleš Hemský (attaquant de la République Tchèque) : "Durant un pénalty, on sait ce qu'on veut faire, mais parfois on doit changer à la dernière minute. J'ai presque perdu le palet, et quand je l'ai regardé, il était presque au but. Sur cette glace assez mauvaise, il était difficile d'inventer quoi que ce soir, alors j'ai tiré."

Michal Neuvirth (gardien de la République Tchèque) : "Les Russes ont des joueurs de classe mondiale, presque irréels. C'est pourquoi j'ai essayé d'attendre jusqu'à la dernière seconde. j'ai un peu trop tardé avec Tarasenko, il a montré quel grand joueur il est. Il a un tir soudain. Je me sentais bien à l'échauffement et j'ai abordé le match avec confiance. Je voulais surtout faire plaisir aux fans. Cette victoire encourageante va nous donner confiance. Nous l'avons méritée par notre travail collectif. Nous allons nous entraîner et voyager dans une super ambiance."

 

Tchéquie - Russie 1-1 (0-0, 0-0, 1-1, 0-0) / 2-1 aux tirs au but
Samedi 10 septembre 2016 à 16h40 à la O2 Arena de Prague. 13848 spectateurs.
Arbitrage de Gord Dwyer (CAN) et Jan Hribik (TCH) assistés de Michel Cormier (CAN) et Libor Suchanek (TCH).
Pénalités : Tchéquie 12' (6', 6', 0'), Russie 12' (4', 6', 2').
Tirs : Tchéquie 34 (15, 8, 9, 2), Russie 21 (6, 5, 4, 6).

Évolution du score :
0-1 à 41'04" : Kucherov assisté de Kuznetsov et Emelin
1-1 à 58'49" : Plekanec assisté de Frolík et Polák

Tirs au but :
Tchéquie : Pastrňák (arrêté), Voráček (réussi), Hemský (réussi).
Russie : Panarin (arrêté), Tarasenko (réussi), Kucherov (poteau).


Tchéquie

Attaquants :
Milan Michálek (4') - Tomáš Plekanec (C, +1) - Jakub Voráček
Ondřej Palát (6') - Martin Hanzal (-1) - David Pastrňák
Aleš Hemský - Radek Faksa - Michael Frolík (+1)
Michal Birner (2') - Dmitrij Jaškin

Défenseurs :
Jakub Nakládal (-1) - Andrej Šustr (-1)
Michal Kempný (+1) - Roman Polák (+1)
Michal Jordán - Zbynek Michálek
Tomáš Kundrátek

Gardien :
Michal Neuvirth [sorti de 58'20" à 58'49"]

Remplaçant : Petr Mrázek (G). En réserve : Ondrej Pavelec (G), Vladimir Sobotka (épaule), Roman Červenka (joue encore en LNA ce soir avec Fribourg).

Russie

Attaquants :
Aleksandr Ovechkin (+1) - Evgeni Kuznetsov (+1) - Nikita Kucherov (+1)
Nikolaï Kulyomin (-1, 2') - Evgeni Malkin - Vladimir Tarasenko (-1)
Evgeni Dadonov - Vadim Shipachyov (4') - Artemi Panarin
Ivan Telegin - Artyom Anisimov - Vladislav Namestnikov

Défenseurs :
Nikita Zaitsev - Evgeni Orlov
Aleksei Emelin (4') - Nikita Nesterov (2')
Dmitry Kulikov - Aleksei Marchenko

Gardien :
Semyon Varlamov

Remplaçant : Andrei Vasilievsky (G). En réserve : Sergei Bobrovski (G), Andrei Markov, Pavel Datsyuk.