La Russie obtient ce qu'elle cherchait

Privée de Pavel Datsyuk blessé, la Russie connaît sa mission : la victoire est impérative ce soir pour se qualifier en demi-finale et obtenir un duel contre le Canada.

L'enjeu est bien moins important pour la Finlande, déjà éliminée, et qui peut juste jouer les trouble-fête et espérer ne pas finir bredouille dans ce tournoi.

Un premier tiers maladroit

BOBROVSKI Sergei 150516 825Les supporters de l'équipe nord-américaine sont clairement en faveur de la Finlande, séduits par la prestation des jeunes U23 la veille contre la Suède. La Russie ne s'en laisse pas compter et appuie physiquement d'entrée, provoquant ainsi un contre de Dadonov en un-contre-un.

Rask s'illustre peu après devant Tarasenko, servi entre les cercles en retrait. Kulemin vole ensuite un palet et, au duel, parvient à donner à Namestnikov pour une nouvelle occasion. Ces actions témoignent de la stratégie russe de contre-attaque. Marquée par une forte possession offensive finlandaise, elle ne débouche sur aucun tir cadré pendant près de dix minutes, avant que Korpikoski ne sollicite enfin Bobrovsky.

Le portier russe manque ensuite de se faire surprendre sur un palet envoyé au fond, et qui rebondit étrangement vers son patin. Les occasions restent cependant russes. Ovechkin reçoit ainsi un palet au cercle et se heurte encore à Rask, après un bon travail de son centre du soir, Kuznetsov.

À la douzième minute, Markov accroche Donskoi et laisse la Finlande en supériorité. Telegin bloque d'entrée une volée de Laine - et sort, touché - puis, Rask peine à maîtriser un palet et Kuznetsov est à deux doigts de le suprendre. Le reste du jeu de puissance n'offre que deux tirs excentrés, les Nordiques cherchant trop la passe parfaite.

Dominateurs en possession, les Finlandais poussent Ovechkin à la faute, Donskoi provoquant un accrochage. Laine, Vatanen et Barkov font bien circuler le palet, mais la défense russe coupe bien les lignes de tirs et ne concède qu'un tir sauvé de la botte par Bobrovsky. Teräväinen se montre dangereux mais la pénalité est tuée et, quelques secondes après, Korpikoski accroche Orlov. La Russie finit le tiers en supériorité, et en jouera surtout l'essentiel en deuxième période.

Les Russes opportunistes

1'45" d'avantage numérique pour débuter, les coéquipiers d'Ovechkin s'installent... sans parvenir à cadrer le moindre tir. Les Finlandais s'accrochent, bloquent des tirs, et interceptent, aussi. Une erreur de la défense crée un deux-contre-un, et une passe en retrait trouve Granlund, dont le tir percute le poteau.

La réussite est russe : Ovechkin slalome dans la défense. Tout le monde s'attend au tir, mais il sert Tarasenko, tout seul devant le but vide (1-0). Grossière erreur de marquage finlandaise, après une grossière erreur de relance...

Moins de deux minutes plus tard, l'échec-avant de Telegin provoque un revirement, Komarov, au duel dans le coin, dégageant en plein sur Shipachyov. Ce dernier redonne le palet à Telegin devant la cage, qui, en puissance, fixe Rask avant de le battre ras glace poteau opposé (2-0).

En confiance avec ces deux buts d'avance, la Russie laisse le palet à son adversaire et continue à verrouiller défensivement, avec un bon travail pour couper les lignes et bloquer les tirs.

Une rare erreur défensive permet à Granlund de se retrouver en bonne posture dans le slot, servi par Koivu : l'attaquant du Wild échoue sur l'épaule d'un Bobrovsky tout surpris d'être sur le chemin du tir. La ligne Laine-Barkov-Aho commence à prendre le jeu à son compte et s'offre une longue présence offensive, sans réussir à cadrer, mais en obtenant un dégagement interdit russe. Le temps mort s'impose...

La partie reste fermée. À cinq minutes de la fin du deuxième tiers, on ne compte toujours que dix tirs de chaque côté ! Le onzième des Finlandais n'arrive toujours pas, Komarov ne cadrant pas en très bonne position au cercle, pas plus que Aho sur un beau mouvement à droite.

En fin de période, Koivu rentre au vestiaire, touché à la cheville après avoir bloqué un tir quelques minutes plus tôt. La tiers finit sur une action forte. Kucherov récupère un palet et lance sur Rask, qui lâche le rebond. Le disque lui échappe et retombe sur la crosse de Tarasenko. L'attaquant de St. Louis a le champ libre mais fait teinter le métal... Deux buts d'avance à la pause : la Russie y est presque.

Un tiers soporifique

MALKIN Yevgeni 150516 634Mais ce n'est pas dans l'ADN de la Finlande de laisser tomber. Teräväinen collecte un palet à l'échec-avant et sert Koivu pour une solide occasion, repoussée par Bobrovsky.

Le jeu s'ouvre et Määttä contre de justesse un tir de Namestnikov, protégeant une cage ouverte. Puis, Kucherov rate le cadre au cercle gauche... Korpikoski concédant deux minutes, le temps fort russe continue. Le jeu de puissance ne profite pas, d'autant que Panarin est puni à son tour sur un repli défensif.

À quatre-contre-quatre, Malkin enfonce le clou. Ristolainen percute un arbitre en attaque et les Russes en profitent. Ils déboulent en contre et en surnombre. Malkin, conscient que c'est un attaquant - Granlund - qui défend devant lui, fixe et trompe Rask d'un violent tir du poignet croisé (3-0).

La messe est dite et les minutes qui suivent s'animent un peu, avec un jeu d'un but à l'autre et de nombreux tirs sans grand danger. La Finlande peine toujours à cadrer...

La fin de match manque de relief, avec certes beaucoup de patinage, mais peu de danger réel. Les deux formations perdent trop vite le palet pour créer des occasions.

À cinq minutes de la fin, Lepistö trouve Lehterä sur le côté du but, et Bobrovsky a encore suivi : c'est la meilleure chance depuis le début du tiers, et la dernière du match.


Brillante à Saint-Pétersbourg, la Finlande n'a été que l'ombre d'elle-même dans ce tournoi. Un seul but marqué en trois matchs, c'est bien évidemment insuffisant pour espérer quoi que ce soit. La défense avait été rajeunie pour l'occasion et a montré ses limites, avec une certaine naïveté, un manque de soutien en attaque et quelques relances ratées. Les jeunes de la ligne d'attaque ont mieux paru, mais restent encore un peu court dans un tournoi aussi relevé.

La Russie se sort donc d'un traquenard en atteignant la demi-finale, à la faveur de sa victoire un peu hold-up contre les U23 nord-américains. Dominés dans ce match, ils avaient réussi à renverser la vapeur en quelques minutes. Ce soir, leur succès ne souffre pas de contestation, les Russes s'étant montré plus précis offensivement. Cependant, ils peuvent remercier Bobrovsky, impérial dans les trois rencontres... Il faudra qu'il continue sur sa lancée face au Canada.


Commentaires d'après-match :

Alexander Ovechkin (attaquant de la Russie) : "Le Canada, ça sera un match amusant. C'est super de jouer cela, deux équipes avec une forte rivalité. Ce sera difficile, très difficile car nous jouerons chez eux. Mais ça sera très, très excitant. Le poteau finlandais a sans doute été le tournant du match, car nous marquons deux fois juste après. Cela nous a donné de l'air, et nous avons pu jouer simple, sans rien leur donner."

Lauri Marjamäki (entraîneur de la Finlande) : "Nous avons bien débuté, avec une solide première période. Nous avons obtenu beaucoup de bonnes occasions, mais n'avons pas marqué. Après avoir tué la pénalité en deuxième tiers, nous obtenons une grose occasion, mais Granlund trouve le poteau et nous prenons un peu derrière. Tout le monde sait que lorsque vous marquez, vous gagnez une certaine énergie et un état d'esprit positif. Mais nous n'avons pas marqué."

 

Finlande - Russie 0-3 (0-0, 0-2, 0-1)
Jeudi 22 septembre 2016 au Air Canada Centre de Toronto. 12098 spectateurs.
Arbitrage de Eric Furlatt et Wes McCauley (CAN) assistés de Jonny Murray et Shane Heyer (CAN).
Pénalités : Finlande 4' (2', 0', 4'), Russie 6' (4', 0', 2').
Tirs : Finlande 21 (6, 6, 9), Russie 22 (5, 5, 11).

Évolution du score :
0-1 à 23'42" : Tarasenko assisté de Ovechkin
0-2 à 25'01" : Telegin assisté de Shipachyov
0-3 à 43'39" : Malkin assisté de Emelin


Russie

Attaquants :
Aleksandr Ovechkin (C, 2', +1) - Evgeni Kuznetsov (+1) - Vladimir Tarasenko (+2)
Artemi Panarin (2') - Evgeni Malkin (A, +1) - Nikolaï Kulyomin
Ivan Telegin (+1) - Vadim Shipachyov (+1) - Evgeni Dadonov (+1)
Vladislav Namestnikov - Artyom Anisimov - Nikita Kucherov

Défenseurs :
Evgeni Orlov (+1) - Nikita Zaitsev (+1)
Andrei Markov (2') - Aleksei Emelin (+1)
Dmitry Kulikov (+2) - Aleksei Marchenko (+1)

Gardien :
Sergei Bobrovsky

Remplaçant : Semyon Varlamov (G). En réserve : Andrei Vasilievsky (G), Nikita Nesterov (D), Pavel Datsyuk (A).

Finlande

Attaquants :
Mikael Granlund (-2) - Mikko Koivu (C, -1) - Joonas Donskoi
Jussi Jokinen (-1) - Valtteri Filppula (A, -2) - Leo Komarov (-1)
Patrik Laine - Aleksander Barkov - Sebastian Aho
Teuvo Teräväinen (-1) - Jori Lehterä - Lauri Korpikoski (4')

Défenseurs :
Rasmus Ristolainen (-1) - Sami Lepistö (-2)
Olli Määttä - Sami Vatanen (-1)
Jyrki Jokipakka (-1) - Ville Pokka (-1)

Gardien :
Tuukka Rask

Remplaçant : Pekka Rinne (G). En réserve : Mikko Koskinen (G), Esa Lindell (D), Erik Haula (A).