Dijon - Épinal (Ligue Magnus, 4e journée)

Dijon vs Épinal, une opposition qu'on ne présente plus, que Dijon n'a plus gagné en tribunes depuis des années - et ne gagnera visiblement pas ce soir - et qui, sur la glace, tourne d'année en année en faveur de l'équipe financièrement la plus à l'aise. Épinal, donc, depuis que les Dauphins sont devenus Gamyos.
 
MANSSONMathias20082016Les Ducs, ce soir, se présentent sans Rindal ni Fallon mais également, et ce n'était pas prévu, sans Benoît Quessandier. Pour autant, l'équipe débute énergiquement ; le premier powerplay, en revanche, voit Épinal foncer à la cage de Buysse à la faveur d'un engagement gagné. On joue depuis moins de trois minutes, et les deux gardiens ont déjà eu à s'illustrer : le ton est donné.
 
Les locaux, en supériorité, ne conservent que difficilement le palet mais signent tout de même une ou deux tentatives intéressantes, entre autres en occupant le slot. Las, sur un palet perdu par Taylor Stefishen à la bleue, Épinal, en contre, crucifie Buysse. Dire qu'on ne l'avait pas vu venir serait mentir et, comme à Angers, les Dijonnais vont maintenant devoir montrer qu'ils ont de la ressource mentale après ce coup sur la tête (0-1, 3'58").
 
Les Gamyos, eux, ont lâché les chevaux après ce premier succès devant la cage. En attaque comme en défense, les visiteurs montrent une énergie impressionnante, ne laissant que peu de place aux Ducs. À 7'44", Hocevar est contraint à un arrêt décisif sur un enchaînement idéal des Ducs, qui montrent enfin que oui, eux aussi savent monter de belles actions. Les Dijonnais y récupèrent de la confiance, et parviennent enfin à s'installer en zone spinalienne, mais Hocevar fait toujours rempart, au moins jusqu'à ce contre mené par Månsson et Stefishen, qui trompent tellement bien le portier vosgien que ce dernier n'a d'autre solution que bouger sa cage, et se voit logiquement sanctionné d'un retard de jeu. Maigre consolation, quand on y pense, mais que les Ducs, rageurs, exploitent au mieux : le décalage d'Edwards et Andersson sur Hocevar fait mouche (1-1, 11'23").
 
Épinal, qui s'endormait un peu sur ses acquis, se réveille d'un coup. En zone offensive, Sabatier ou Arrossamena s'efforcent de tromper les Ducs sur des mouvements inattendus, sans succès. Le powerplay spinalien, que Trimolet découvre tandis qu'on entre dans les dernières minutes du tiers, n'est pas transcendant. Les Gamyos se gênent sur leurs entrées en zone, et les deux minutes sont somme toute tuées sans grandes difficultés. Rapidement, Épinal se voit offrir une nouvelle supériorité, Dijon confirmant cette mauvaise tendance à enchaîner les pénalités. Un gros travail de Stefishen, entre autre, permet aux locaux de ne jamais se trouver trop en danger ; même le plus gros arrêt de cette phase de jeu se trouve être du fait de Hocevar, en sortie de prison de Månsson. Alors que le début du match laissait imaginer une rencontre à sens unique, la fin du tiers, au contraire, fait envisager des perspectives toutes autres.
 
Dijon est en supériorité à la reprise, et ne perd pas de temps à solliciter Hocevar, mais le shoot de Maher à la bleue ne permet pas d'obtenir le rebond espéré. Épinal se tire sain et sauf de sa pénalité, et envahit de nouveau la zone dijonnaise. Les Spinaliens ont toutefois largement ralenti la cadence par rapport au premier tiers, et c'est une phase de jeu relativement équilibrée, mais moins haletante qui s'enclenche. Dans ce contexte, où on ne sait pas bien de quel côté la pièce pourrait tomber, la pénalité de White tombe mal ; fort heureusement, le powerplay spinalien n'a pas progressé pendant la pause, et Buysse n'a que peu de travail.
 
Le retour à 5 contre 5 est en revanche totalement folklorique : Dijon multiplie les maladresses, rend le palet à Épinal, au lieu de repartir à l'attaque, et finit par encaisser un but qu'on pourrait qualifier d'idiot si les Gamyos n'avaient pas parfaitement exploité la momentanée faiblesse locale (1-2, 27'05"). Sans ce défaut récurrent, Dijon n'aurait pas l'air largué dans un deuxième tiers disputé; il faudra absolument que les joueurs se corrigent ou l'addition en fin de saison sera salée. Les fautes évitables devront également l'être : Stefishen, avec son cinglage, ne réalise pas l'opération la plus stratégique du match, alors que les Ducs étaient en supériorité. Le powerplay spinalien a certes été à peine plus dangereux et beaucoup moins long, mais la fatigue ne se payera-t-elle pas pour autant en fin de match ?
 
HOCEVARAndrej1Au retour des deux équipes au complet, Épinal a repris logiquement le dessus, et Dijon manque de lucidité, laissant par exemple Chapuis seul d'un côté de la cage de Buysse. Un peu plus tard, un 2 contre 1 porte encore le danger devant les buts locaux, mais Joffre s'interpose parfaitement pour intercepter la dernière passe. La fin du deuxième tiers laisse le public sur sa faim. Épinal n'a pas dominé autant qu'on s'y serait attendu, montrant combien des ajustements sont encore nécessaires en ce début de saison. En face, Dijon s'est compliqué la vie, alors même que les Ducs n'ont pas la plus grosse cote. Ces vingt minutes n'auront réellement rien eu d'inoubliable.
 
La reprise est à la faveur d'Épinal, qui montre un opportunisme à toute épreuve, mais manque du petit coup de chance qui fait naître les buts. Dijon s'essaie au même exercice; les étoiles ne sont pas mieux alignées pour les locaux. Hordelalay ayant échoué à réceptionner une passe de ses coéquipiers, le contre ne fonctionne pas non plus mais, à trop passer de temps en zone dijonnaise, les Gamyos finissent tout de même par trouver la faille grâce à Soudek (1-3, 44'23"). Les choses se corsent pour les Ducs, qui ne craquent pas comme on a pu le voir contre Grenoble, mais qui ont face à eux un deuxième adversaire redoutable, en sus des Gamyos : le chrono. Les Vosgiens sentent d'ailleurs le coup et s'appliquent à ne jamais permettre aux locaux de passer la moitié de la glace, se créant par la même occasion d'autant plus d'occasions que Buysse, heureusement dans un très bon soir, se fait fort de repousser.
 
En supériorité au milieu du tiers, Dijon fournit un bel effort pour ne gâcher aucune occasion de shoot, mais Hocevar est une muraille qui contribue largement, depuis le début du match, au succès de ses coéquipiers. Le powerplay dijonnais n'est pas fertile mais aura en revanche montré de belles choses, encourageantes pour la suite. Deuxième powerplay, et constat strictement identique. Si avec ça Hocevar n'est pas joueur du match...
 
Des deux côtés, le jeu dans cette dernière période aura été plus construit, conférant au match un regain d'intérêt notable: on est à deux minutes de la fin, sans avoir vu le temps passer. Paredes demande un temps mort, comme par acquis de conscience, mais on voit mal les Gamyos et Hocevar craquer maintenant, à une poignée de secondes des trois points de la victoire. Buysse sort pour donner encore une chance à ses coéquipiers mais... non. 
 
Épinal a joué soixante minutes intelligentes et mérite sa victoire. Dijon peut à la fois s'en vouloir de sa maladresse défensive, et se féliciter de produire un jeu tellement plus prometteur qu'un an auparavant.
 
Réactions d'après-match :
 
Morgan Persson (coach assistant, DHC) : "Je pense que nous avons bien commencé. La première période était plutôt bonne, nous avions l'occasion de mener mais nous les avons laissés marquer un but stupide pendant notre powerplay. Nous avons eu l'occasion de revenir, les dix dernières minutes étaient bonnes. Au deuxième tiers, nous n'avons pas su gérer leur pression de la manière dont nous l'aurions souhaité. Nous avons eu de longs shifts, et nous avons accumulé de la fatigue. C'était une mauvaise deuxième période, vraiment. Dans le troisième tiers, nous n'avons pas eu le palet autant qu'il l'aurait fallu pour récupérer le momentum comme nous le voulions et ils ont à nouveau marqué un but trop facile. C'était trop facile, c'est le genre de buts auquel nous ne pouvons pas grand-chose, mais que nous devons empêcher d'arriver. En résumé, un bon premier tiers, mais un deuxième et un troisième moins bons."
 
Taylor Stefishen (attaquant, DHC) : "C'est une défaite difficile. Nous avions vraiment besoin de la victoire et nous avons fait quelques erreurs. Alors évidemment, nous ne sommes pas contents de nous. Nous devons retourner au travail, nous avons un gros match dimanche contre Bordeaux, il faudra être prêt."
 
 
Dijon - Épinal 1-3 (1-1, 0-1, 0-1)
Vendredi 23 septembre 2016 à 20h à la patinoire Trimolet. 453 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo assisté de Clément Goncalves et David Courgeon.
Pénalités : Dijon 8' (4', 4', 0') ; Épinal 12' (6', 2', 4').
Tirs : Dijon 33 (17, 8, 8) ; Épinal 38 (12, 19, 7).
Évolution du score :
0-1 à 03'58" : Hordelalay assisté de Vinatier (inf. num.)
1-1 à 11'23" : Andersson assisté d'Edwards et Månsson (sup. num.)
1-2 à 27'05" : Arrossamena assisté de Cacciotti et Bouchard
1-3 à 44'23" : Soudek assisté de Charpentier et Fujerik