Dijon - Nice (Ligue Magnus, 6e journée)

Ce soir, les Ducs sont prévenus : Nice est un promu encore sur son nuage, et qui a surpris des équipes de Magnus aguerries. Pas question, donc, d'attaquer le match avec le pied sur le frein, sous peine d'une déconvenue. Du côté des sudistes, le sérieux est de mise également, les Dijonnais ayant déjà démontré de notables aptitudes à jouer les vingt premières minutes d'un match à fond de train.
 
Le début de match montre que pour les deux équipes, la leçon a sans doute été apprise : attaques et défenses se neutralisent à tour de rôle, cantonnant Buysse et Sedlacek à des arrêts d'école. Dans une patinoire de Trimolet bien clairsemée, on se prend à rêver d'un coup de folie, d'une équipe qui se découvre, d'un mouvement génial... C'est sans doute trop tôt.
 
sedlacekÀ 7'08", Buysse est tout de même sollicité sur une échappée d'Aubert et Carpentier, mais le portier local veille. Metais tente de faire parler la poudre en réponse, mais, cerné par les Aigles, il ne peut mettre la pression nécessaire.
 
Le round d'observation est terminé, Sedlacek est assailli, les supporters locaux poussent, et c'est la faute niçoise. Les Ducs, en powerplay, ne se montrent guère incisifs, offrant une échappée à Romand, fort heureusement stoppé par Quessandier de retour après deux matchs off. Les Bourguignons se remettent en place, prennent le temps de construire la fin de leur supériorité, mais il est trop tard. Les Aigles sont à nouveau au complet, et Dijon n'a guère profité de son avantage.
 
Faute d'avoir su assommer les visiteurs, les Ducs se font peur avec le trafic devant la cage de "Riton", qui reste concentré. Rebelote quelques secondes plus tard, avant que Stefishen soit pénalisé. Les locaux doivent rester dans le match, à l'image de Kolba impérial pour récupérer le palet dans la palette d'un Romand très en vue depuis le début de la partie.
 
Quelques pénalités plus tard, le score est toujours vierge, en dépit de joueurs qui se battent comme des beaux diables sur chaque palet ; l'impression générale est, il faut le dire, bien brouillonne. Sedlacek, visiblement pas en confiance, éprouve le besoin de geler le palet en se jetant dessus, à côté d'un point d'engagement mais... pourquoi ? On arrive en fin de tiers, avec les Ducs en infériorité ; Nice s'applique à construire mais perd des engagements, et du temps. La sirène retentit sur un score nul et une sensation mitigée.
 
 
Dijon est toujours en infériorité à la reprise mais les Ducs, bien en place, se créent plus d'occasions que leurs adversaires. La pause semble avoir été bénéfique aux locaux dont le powerplay, dans la foulée, est sensiblement mieux construit. Nice ne se laisse pas submerger pour autant, Edwards tente donc l'exploit personnel, toujours sans succès. Mais les Ducs ont repris le match en main et, devant la tribune de supporters aux premières loges, Månsson, d'un dribble aux petits oignons, fait finalement craquer Sedlacek (1-0, 25'09"). Un but, une barrière qui manque pour séparer les bancs des deux équipes, il n'en fallait pas plus pour que la tension montant, interrompant la rencontre en laissant à peine le temps aux Dijonnais de célébrer.
 
Quoi qu'il en soit, les Ducs ont désormais pris le jeu à leur compte et, même en supériorité, puis en double supériorité, les Aigles sont empêchés de faire quoi que ce soit de probant. Ainsi que la patinoire le scande, Dijon tient, et investit la zone niçoise aussitôt revenu au complet. Les Aigles se frustrent et commettent des erreurs ; celle consistant à laisser Jensen seul juste devant la bleue est fatale. Le Suédois ne fait pas de cadeau à Sedlacek, et double l'avance ducale (2-0, 31'47"). Les locaux maîtrisent le match, mais le moindre relâchement apporte son lot de dangers, tant Nice a faim. Edwards en fait l'expérience en perdant un palet avec le dribble de trop, et doit une fière chandelle à Buysse, fréquemment contraint de s'interposer au milieu du trafic devant sa cage.
 
La faute de Quessandier et l'infériorité qui s'ensuit, tout autant que le "cling" du palet sur la cage, sont des rappels aux Ducs de ne pas jouer avec le feu. Les locaux s'en tirent à bon compte, mais enchaînent avec une nouvelle infériorité dans un scénario d'ores et déjà trop vu à Trimolet, et qui a coûté cher contre Grenoble ou Épinal. Il est grand temps qu'arrive la fin du deuxième tiers, et que la pause remette les idées de chacun en place, sur un dernier arrêt de Buysse.
 
 
JENSENJimmy20082016Hormis quelques problèmes de discipline en fin de deuxième tiers, les voyants sont au vert pour le DHC ce soir, qui tue son infériorité avant un coup de main de son poteau. Les Ducs ont toutefois moins d'emprise sur le jeu : la pause a profité aux Niçois. Les Aigles, forcés de marquer, vont de l'avant mais ne proposent que peu de shoots réellement dangereux. Prudence, cependant : avec ces "petites" occasions, les visiteurs gagnent progressivement en confiance, proposant un jeu de plus en plus rapide et efficace. Buysse est bien obligé d'assurer son rôle de dernier rempart, et le fait, jusqu'alors, à la perfection. Il faut au moins ça pour déjouer Hampl et Romand.
 
Et, tout comme à beaucoup essayer Nice prenait la main sur Dijon, à trop rater, les sudistes perdent le momentum, jusqu'à ce palet que Misura dégage trop vite vers l'avant, droit dans la palette de White qui ne se fait pas prier pour tenter sa chance devant Sedlacek (3-0, 48'26"). Il reste onze minutes de jeu, et les Aigles vont devoir montrer de la ressource car ce soir, les Ducs ne semblent pas prêts à craquer comme face à Gap ou Grenoble.
 
Aubert, sanctionné pour piquage, est invité à quitter la glace : ce n'était sans doute pas la réaction que les supporters niçois auraient attendue. Dijon a cinq minutes de supériorité et met le feu à la cage visiteuse. Månsson, dans un style différent de ce quoi il avait habitué le public, tente un shoot en force. Quessandier, Maher, tout le monde s'essaie au jeu du tir lointain, mais c'est finalement Månsson - encore - derrière la cage qui sert parfaitement Jensen, qui ne prend aucun gant pour finir d'assurer la victoire aux Ducs (4-0, 52'02").
 
Le public se rassied à peine que Jensen, décidément en feu ce soir, inscrit son triplé. C'est fête à Trimolet (5-0, 52'32") ! Et avec ça, Nice, qui a changé de gardien, est toujours en infériorité. Charton frôle d'ailleurs la correctionnelle immédiate sur un palet qu'il laisse rebondir sur son patin. C'est Fort Alamo, tandis que les visiteurs reviennent enfin au complet. 
 
Les Aigles, qui n'ont pas démérité au regard du score, repartent à l'attaque et poussent Melin et Joffre à la faute. Le premier shoot n'est pas cadré, puis Kubus est malheureux, alors que Buysse était battu. Le troisième essai sera le bon : Spelda, d'un tir lointain, récompense les efforts des siens (5-1, 56'16"). Nice est toujours en supériorité, mais cette fois, le shoot de la bleue de Varga est inopérant. Dijon est de retour au complet et s'assure, pour l'essentiel, que Nice ne trompera plus Buysse. Il reste trente secondes pour une dernière attaque niçoise qui n'ira pas au bout. Le public, debout, décompte les dernières secondes et peut célébrer ses héros.
 
Réactions d'après-match :
 
Henri-Corentin Buysse (gardien, DHC) : "Mes impressions ? Une entame pas facile, on ne savait pas trop comment les gérer, on savait que c'était une bonne équipe. On a pris un peu le bouillon, on leur a mis le bouillon, c'était du 50-50. On finit la période à 0-0, derrière on est opportuniste, on marque 2-0, et après on a cette pénalité qu'ils prennent sur la fin de match qui nous fait du bien. On peut respirer et mettre des buts. On a été solide derrière, on a été solide devant sur une période et demi, après... c'est trois points qui font du bien."
 
Jimmy Jensen (attaquant, DHC) : "C'était un bon match. On s'en est tenu à notre plan de jeu, on a peut-être passé trop de temps en prison mais notre PK était bon aujourd'hui et Henri derrière a été très bon. On peut le remercier pour ça."
 
 
Dijon - Nice 5-1 (0-0, 2-0, 3-1)
Mardi 27 septembre 2016 à 20h à la patinoire Trimolet. 
Arbitrage de Adrien Ernecq assisté de Sébastien Geoffroy et Nicolas Constantineau.
Pénalités : Dijon 18' (9x2') ; Nice 31' (3x2', 1x5', 1x20').
Tirs : Dijon 25 (7, 9, 9) ; Nice 42 (11, 13, 18).
 
Evolution du score :
1-0 à 25'09" : Månsson assisté de Metais
2-0 à 31'47" : Jensen assisté d'Andersson et Lazzaroni
3-0 à 48'26" : White
4-0 à 52'02" : Jensen assisté de Månsson (sup. num.)
5-0 à 52'32" : Jensen assisté d'Andersson et Metais (sup. num.)
5-1 à 56'16" : Spelda assisté de Visnak et Hampl (double sup. num.)