Dijon - Gap (Ligue Magnus, 12e journée)

Au quart de la saison, le bilan dijonnais est positif, avec une septième place meilleure que celle généralement pronostiquée. En proposant une tactique de jeu systématiquement adaptée à l'adversaire, les Ducs, à défaut de séduire par leur jeu, engrangent doucement des points importants. Les Rapaces, pour leur part, sont là où on les attendait, menés par un Luciano Basile toujours fiable. La marche du soir paraît, dès lors, un peu élevée sans doute pour les locaux.
 
 
BOUVETmaurin201609148433D'ailleurs, leurs adversaires prennent le jeu à leur compte dès les premières secondes, forçant les Ducs à jouer groupés autour de la cage de Buysse. Rapidement en powerplay, les visiteurs présentent une formation bien en place, mais les Dijonnais, appliqués, répondent en grappillant chaque seconde possible sans se découvrir. Un surnombre bête de Goncalves place les locaux en double infériorité pour quelques secondes, sans que Gap ne trouve la faille. Labrecque a beau enchaîner les jolis gestes et autres tirs intéressants, Buysse s'interpose. Dijon revient au complet sans avoir été aussi dominé qu'on aurait pu le craindre.
 
Pour autant, les Bourguignons ont le plus grand mal à se créer des occasions. Gap a la maîtrise du palet, y compris quand il se trouve dans les crosses des locaux. Trimolet frémit pourtant à la 8e minute, quand, sur une passe improbable des visiteurs, les locaux s'emparent du puck juste devant Fouquerel. La cage, bientôt grande ouverte, se referme sans que les Ducs aient pu marquer. Dans un accès de confiance, les Dijonnais enchaînent une seconde belle action, elle aussi infructueuse, et sont bien mal payés de leurs efforts : sur la séquence suivante, Bouvet ouvre la marque (0-1, 8'58"). Dommage, mais pas inattendu...
 
Les Ducs ne sont ni assommés, ni largués, mais il faut plusieurs minutes avant que White puisse centrer pour Joffre, un peu trop court sur la passe. Après un engagement prolongé, Carr décoche un missile que Buysse ne repousse que par réflexe, avant une percée de Månsson, qui hésite une seconde de trop. La suite ne manque pas de générer moult commentaires, puisqu'Edwards et Månsson écopent tous les deux de dix minutes de méconduite - justifiées - sans que le public ait bien compris ce qui s'était passé dans la foulée de l'obstruction de Månsson.
 
Les locaux survivent à cette nouvelle infériorité, la difficulté leur donnant, paradoxalement, un nouvel élan. Il s'en faut de peu pour que Flavien Fondadouze, intégré cette année à l'équipe, inscrive son premier but en compétition officielle. Mais Fouquerel n'est pas un des meilleurs gardiens pour rien. La pause qui s'annonce n'est pas de trop pour reposer deux équipes qui ont joué à un bon rythme, et pour offrir à Dijon l'opportunité de se sortir de la domination gapençaise.
 
 
MANSSONMathias20082016Dijon remporte l'engagement de la reprise, mais ne peut conserver longtemps le palet, et doit retourner rapidement soutenir son gardien. À force de travail, les Ducs sont à peine moins submergés qu'au début du premier tiers, mais Gap n'en est pas moins un cran au-dessus ce soir. Du côté des cages, en revanche, les deux équipes font jeu égal. Le powerplay dijonnais, excellent depuis le début de la saison, ne passe d'ailleurs pas loin de faire craquer Fouquerel, mais n'y parvient pas. Rentrer un palet n'a rien d'une sinécure ce soir...
 
Deuxième powerplay, et même constat : Fouquerel est sur chaque palet. La bonne nouvelle, c'est que les unités spéciales bourguignonnes sont toutes les deux au niveau attendu. Et, aussi, que les Ducs ont repris en partie le contrôle de leur destin dans ce match. Jensen s'arrache et, si Goncalves ne peut cadrer, l'implication de chacun ne fait aucun doute. La moitié du match est d'ailleurs passée sans que Trimolet ait eu à déplorer ces petites erreurs défensives qui coûtent habituellement si cher. 
 
Et, finalement, dans cette séquence très positive pour les locaux, Jensen ouvre le score pour son équipe sous la barre transversale. Fouquerel n'aurait rien pu faire, et ne peut pas s'en vouloir (1-1, 36'37"). La fin de tiers est un peu plus difficile pour les Ducs en infériorité, mais l'essentiel est fait : Gap a trouvé du répondant en face.
 
 
Alors qu'on ne l'imaginait pas possible après le premier tiers, on peut à présent rêver d'une victoire dijonnaise contre Gap, tandis que la troisième période débute. Il faudra beaucoup de sérieux, d'abnégation et de discipline, mais les Ducs s'en sont montrés capables dans le deuxième tiers, et le jeu est reparti sur les mêmes bases équilibrées. Au moins jusqu'à ce que Marsh décale Buysse, offrant à Da Costa une cage grande ouvert parfaitement exploitée (1-2, 42'30").
 
FOUQUERELclement201609148202Tout est à refaire pour les Bourguignons, qui mettent Fouquerel à l'épreuve dans la foulée. King, Ringrose, Maher, ça shoote fort ce soir à Trimolet, mettant encore une fois en exergue les performances des deux gardiens respectifs. On pense à peine au chrono tant le jeu est prenant et pourtant, il faudrait que les Ducs marquent rapidement pour espérer prendre un point aux Rapaces. Cette incapacité à tromper Fouquerel se répète plusieurs fois, tout comme les Hauts-Alpins butent sur Buysse, jusqu'à un shoot de la bleue de Bernier, qui vient pour ainsi dire mettre fin aux espoirs locaux (1-3, 52'49"). Avec sept minutes restantes à jouer, et un cerbère gapençais plus impérial encore qu'Hocevar - qui avait laissé la plus forte impression jusqu'alors - la victoire tend les bras à des Rapaces globalement plus forts. Il va falloir que les Ducs jouent avec les tripes, et avec opportunisme, pour se maintenir dans le top-8... Stefishen montre la voie aux siens dans ce sens, provoquant au passage un peu de brassage devant la cage de Fouquerel, dans un match au demeurant assez propre. Jensen déploie lui aussi une énergie impressionnante, tout comme Månsson, mais les locaux ont désormais du mal à trouver des shoots. Les Rapaces sont aussi sérieux en défense que perçants en attaque, se présentant comme un candidat aux honneurs de la Ligue Magnus.
 
Les Dijonnais, en ne lâchant rien, offrent une belle fin de match à leur public, mais ça ne suffit pas : la marche était effectivement trop haute. Pas de regrets à avoir.
 
Réactions d'après-match :
 
Mathias Månsson (attaquant, DHC) : "Je pense que nous avons joué ce genre de match engagé. Beaucoup de pénalités, des deux côtés, mais c'était OK. Ils ont marqué leurs trois buts devant la cage, alors... Je ne crois pas que nous ayons fait un mauvais match, mais nous devons être plus forts devant la cage."
 
Flavien Fondadouze (attaquant, DHC) : "C'était un très beau match, il y a eu de l'intensité. On prend un but au début assez bêtement, on arrive à tuer les pénalités, mais on n'arrive pas à s'imposer dans le premier tiers. On revient dans le deuxième, et dans le troisième on a manqué un peu de jus. On prend un but dans les quinze dernières minutes, donc ça nous coupe un peu les jambes et on n'arrive pas à revenir dans le match. On perd, mais sur un très beau match quand même de la part de l'équipe."
 
 
Dijon - Gap 1-3 (0-1, 1-0, 0-2)
Vendredi 14 octobre 2016 à 20h à la patinoire Trimolet. 522 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté d'Anne-Sophie Boniface et de David Courgeon.
Pénalités : Dijon 32' (28', 4', 0') ; Gap 38' (0', 8', 30').
Tirs : Dijon 24 (5, 12, 7) ; Gap 34 (11, 10, 13).
 
Évolution du score :
0-1 à 08'58" : Bouvet assisté de Serer
1-1 à 36'37" : Jensen assisté de White et Stefishen (sup. num.)
1-2 à 42'30" : Da Costa assisté de Marsh et Craige
1-3 à 52'49" : Bernier assisté de Labrecque et Carr