Brest – Lyon (Coupe de France, Quart de Finale)

Lyon, d'une courte crinière

Affiche de gala au Rïnkla Stadium pour ce quart de finale de coupe de France. Les tribunes ne franchissent pas la barre des 1000 spectateurs mais elles retrouvent un léger souffle d'antan avec une ambiance de fête. De manière assez ironique, Brest retrouve Lyon, équipe qui aurait dû évoluer en Division 1 cette saison mais qui a bénéficié de l'énième sabordage breton pour se maintenir. Aujourd'hui ils ont changé de statut avec une place actuelle de leader en Saxoprint Ligue Magnus, et dans quelques jours ils disputeront le « Winter Game » face à Grenoble.

Quelques absences des deux côtés. Roland Kaspitz et Matic Podlipnik sont les principaux absents lyonnais. Sylvain Codère lui ne peut compter sur Jakub Schwartz touché au visage face à Nantes. S'ajoute également l'absence imprévue de Charlie Doyle qui le force à tourner à cinq défenseurs seulement. Brest a pourtant bien besoin de toutes les forces possibles pour tenter de créer l'exploit et se hisser dans le dernier carré. En revanche on retrouve bien David Hennebert sur le banc breton, comme depuis quelques matchs, pour épauler Sylvain Codère.

Sébastien Dubé-Rochon doit s'attendre à avoir beaucoup de travail dans cette partie où on retrouve de fines gâchettes du haut niveau avec Scott Fleming et Samuel Takac qui donnent de la misère à ses défenseurs (2'30" et 5'15"). Les Albatros sont ensuite sanctionnés d'un surnombre à 5'31". Une faute à absolument éviter et qu'ils paient cash.

Le jeu de puissance lyonnais cherche notamment le tir puissant du Letton Arturs Mickevics. Son premier pétard et détourné du bouclier par Dubé-Rochon (6'25"). Le second est fatal à ce dernier côté mitaine cette fois avec le disque qui se loge en pleine lucarne (0-1 à 7'16"). Mitja Sivic envoie sa quatrième ligne pour la remise en jeu. Pour leur première présence, le bloc de l'ancien Brestois Quentin Berthon est pris à froid. Un bon travail de Richter permet à Jessyko Bernard d'allumer plein axe Matija Pintaric pour une égalisation quasi-immédiate (1-1 à 7'33"). Le dernier bloc offensif de Lyon est privé de temps de glace pour le reste de la partie après ce but.

Malgré ce retour au score, la domination lyonnaise est sans partage. Brest doit souvent se replier sur sa zone défensive et faire sérieusement le ménage devant Dubé-Rochon. Un peu trop même puisque Jonathan Avenel est pris par la patrouille pour retenir (10'31"). La première supériorité avait été concrétisée par Lyon, cette fois Brest tient bon malgré une énorme occasion de Takac en fin de pénalité. Dubé-Rochon s'interpose avec brio (12'30").

Un petit bol d'air ensuite pour les locaux avec la première pénalité du match pour Lyon (retard de jeu à 13'38"). Le jeu de puissance s'avère décevant pour Brest avec un seul tir adressé sur Pintaric. Revenus au complet, les Lions passent la vitesse supérieure par une remontée de palet de To Landry (un autre ancien Brestois). Il trouve sur sa gauche Julien Correia qui a un défenseur en vis-à-vis. L'attaquant français le déborde complètement sur une accélération subite et parvient malgré un angle fermé à glisser le disque le long du poteau opposé (1-2 à 15'49").

Une avance méritée, conservée jusqu'à la première pause. L'amorce du tiers médian est identique avec des Lions entreprenants mais la physionomie bouge peu à peu. La révolte est sonnée par le bloc français des frères Avenel et d'Erwan Pain qui parvient à mettre sérieusement en alerte le dispositif défensif rhodanien (25', 26' et 28'). Brest ne domine pas outrageusement les débats, Valentin Michel est là pour le rappeler par une chaude alerte (26'54"). Mais la physionomie de la rencontre est nettement plus équilibrée. À mi- match, ce sont les Albatros qui font le jeu (28'-32').

Lyon cherche à obtenir deux longueurs d'avance et n'est pas loin de l'obtenir après un lourd lancer de Thomas Roussel suivi par Scott Fleming au rebond (34'55"). Les Lions se font néanmoins piéger sur un revirement qui profite à Ben Power. Le héros de la qualification face à Angers était plutôt discret jusqu'alors. Sur une bonne relance de Greverend il entre dangereusement en zone offensive, tricote la rondelle et lance du poignet pleine lucarne opposée (2-2 à 35'34"). Thomas Roussel était en opposition et cherchait toujours la rondelle après que cette dernière avait fini sa course dans le but.

Un tiers beaucoup plus solide pour les locaux qui l'emportent 1-0 et sont à égalité avec le leader de Ligue Magnus. Il est dommage de mettre à zéro cet effort par un but largement évitable au début du troisième tiers. N'ayant plus l'avance à la marque, Lyon repasse la marche avant et bénéficie d'une largesse bretonne.  La défense brestoise est postée derrière son but et a le temps pour se dégager. Elle choisit pourtant de manière hasardeuse d'éloigner le danger en balançant le palet le long de la bande alors que Mickevics y est posté. Le gros gabarit du Letton lui permet de bloquer la rondelle et de la remettre devant l'enclave pour Scott Fleming libre de tout marquage. Du pain béni pour le quatrième pointeur de Ligue Magnus qui trompe Dubé-Rochon dans le haut du but (2-3 à 42'58").

Et quand c'est au tour de Lyon de faire un cadeau à Brest (normal on approche de Noël) cela n'est pas exploité. Pour la seconde fois du match, les Rhodaniens sont pénalisés pour retard de jeu (43'25"). Une opportunité en or de se remettre tout de suite à flot pour Brest. Il n'en est rien puisque le jeu de puissance ne s'installe pas une seule seconde et qu'aucun tir n'est effectué. Lyon laisse venir et défiler le chrono tout en ayant quelques temps forts comme par exemple par le bloc de Scott Fleming (51').

La fin de rencontre s'emballe enfin avec Brest qui joue son va-tout. Jessyko Bernard est tout proche de s'offrir un duel avec Pintaric mais le palet tape son patin et il en perd le contrôle (56'25"). La pression monte sur des Lyonnais de plus en plus acculés. Les temps morts sont posés respectivement par Lyon (57'40") et Brest (59'05") et Dubé-Rochon déserte sa cage.

Samuel Takac pense libérer son équipe mais voit son lancer s'écraser sur le poteau du but vide dans la dernière minute du temps réglementaire. À part cette frayeur ce sont bien les Albatros qui assiègent les Lions. Dans les dernières secondes l'égalisation est manquée de peu puisque le disque frôle l'extérieur du montant de la cage d'un Pintaric qui était battu (59'56"). Les Lions sont sauvés par le gong et se qualifient d'une courte crinière.

Le leader de Ligue Magnus a fait respecter la hiérarchie mais malgré une supériorité attendue et visible cela fut compliqué. Ils ont tiré profit de la pénalité pour surnombre en début de match et de la mauvaise relance brestoise sur le but vainqueur mais ils n'ont jamais été totalement à l'abri du danger. Leur objectif était la qualification, il est rempli malgré tout.

Brest peut nourrir des regrets sur sa courte défaite mais sort la tête haute avec notamment un très bon deuxième tiers. Ce match de prestige a également permis de souffler un petit vent de nostalgie dans les gradins avec un public plus nombreux qu'à l'accoutumée et une ambiance retrouvée comme on n'en avait pas vu depuis plusieurs mois. Un peu de baume au cœur avant de retrouver ensuite des préoccupations plus « terre-à-terre », à savoir la qualification en play-off du championnat de Division 1.



Brest – Lyon 2-3 (1-2, 1-0, 0-1)
Mardi 20 décembre 2016 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 884 spectateurs.
Arbitrage de Alexandre Bourreau assisté de Charles-Édouard Salmon et Clément Goncalves.
Pénalités : Brest 4' (4', 0', 0'), Lyon 4' (2', 0', 2').
Évolution du score :
0-1 à 07'16" : Mickevics assisté de Milovanovic (Sup. num)
1-1 à 07'33" : Bernard assisté de Richter
1-2 à 15'49" : Correia assisté de To Landry et Michel
2-2 à 35'34" : Power assisté de Greverend
2-3 à 42'58" : Fleming assisté de Mickevics


Brest

Attaquants :
Jonathan Avenel (C) – Erwan Pain (A) – Graham Avenel
Benjamin Power – Bryan Kolodziejczyk – Bastien Lardière
Benjamin Lagarde – Jessyko Bernard – Karel Richter
Alex Dulude (en infériorité numérique uniquement)
 
Défenseurs :
Aurélien Gréverend (A) – Aleksi Laine
Vadim Gyesbreghs – Gaëtan Cannizzo
Alan Dana

Gardien :
Sébastien Dubé-Rochon (sorti à 58'55")
 
Remplaçants : Guillaume Duquenne (G), Alex Dulude, Thibaut Chatellard, Jérémy Cormier, Germain Dantec. Absents : Jakub Schwarz, Charlie Doyle.

Lyon

Attaquants
Samuel Takac – Scott Fleming – Arturs Mickevics
Sebastien Delemps – Valentin Michel – Miks Lipsbergs
Julien Correia – Gregor Koblar – Vikhaël To-Landry
Quentin Berthon – Kevyn Richard – Maxime Favre-Félix

Défenseurs
Thomas Roussel (A) – Jakob Milovanovic (C)
Jules Breton (A) – Dominik Kramar
Cédric Custosse – Quentin Mahier

Gardien
Matija Pintaric

Remplaçant : Sébastien Raibon (G). Absents : Matic Podlipnik, Roland Kaspitz, Aubin Lamirault, Sébastien Valade.