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Rouen - Bordeaux (Coupe de France, demi-finale)

Les Dragons sont de retour !

C’est affublé de son maillot extérieur (blanc), une fois n’est pas coutume, que Rouen a accueilli son prétendant non dissimulé, co-leader du championnat, favoris donc, à sa succession en finale, à Bercy, Bordeaux, lui, en maillot « maison », noir.

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Dans cette demi-finale, pleins de bonne volonté, les Normands ont mis les bons ingrédients pour faire trébucher l’ogre du tout début de saison et s'inviter pour la quatrième fois consécutivement en finale de coupe de France. Cela ne veut pas dire que les Girondins s’y sont mal pris.

Les gourmands d’engagement ont été servis car de ce choc, on retiendra que cela aura frappé dur dans les duels et cogné fort sur les nombreux blocs entravant les tirs. Cette opposition entre deux grosses défenses n’a basculé qu’en prolongation. N’empêche qu’on ne peut pas reprocher aux deux équipes de ne pas avoir fait vivre le palet, attaqué sans cesse le but ennemi et mis la défensive adverse à rude épreuve. Intense et rythmé, le match, aidé d’un happy end pour les locaux, a contenté une foule clairsemée et ravie, que les absents ont eu tort de manquer.

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Il n’y a pas eu de round d’observation. Sur la première présence, Olivier Dame-Malka, touché à une jambe, quittait rapidement ses camarades remplacé, pour le reste de la rencontre, par Aurélien Dorey. Les Boxers disposaient un peu plus de la rondelle dans les dix premières minutes. François Bouchard (0’57), Janil autour de la cage (6’50) et à la ligne bleue ensuite (10’35) avaient les occasions les plus dangereuses des visiteurs, parfois sur la brèche quand leurs hôtes, Sacha Treille démarqué (1’08), Miller trouvé par Thinel (4’13) et Perret en mini breakaway (8’00), trouvaient des solutions sans se livrer.

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La deuxième partie du premier acte a été plutôt favorable aux hommes du duo Fabrice Lhenry et Ari Salo, mais Ylönen était très solide sur les lancers les plus tranchants tentés par Thinel dans le cercle droit (12’08) et Guénette dans la bande à droite (14’09), alors que Matheson de plus loin (13’16), lui, ne cadrait pas.

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Un peu dans la misère, François Bouchard était conduit en prison. Les Dragons rodaient assez bien leur jeu de puissance mais les joueurs de Philippe Bozon et Tom Hartogs s’en sortaient sans dommage. Mieux, une minute après avoir tué leur infériorité, sur un bon pressing offensif à droite, ils récupéraient la rondelle, via Félix Petit béni d’instinct, derrière le but, qui la transmettait spontanément, en retrait, à Moisand au premier poteau. Le capitaine des Boxers, très adroit, parvenait instantanément à ouvrir la marque de près juste avant la première pause (0-1 à 17'47). Photo ci-dessous.

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Au retour sur la glace, en infériorité, Rouen affichera du caractère après ce mauvais but encaissé alors qu’il prenait un léger ascendant, en n’accordant rien à une situation de power-play bordelais.

Le jeu était désormais plus fermé. Les défensives prenaient le dessus sur les offensives, malgré une occasion, non cadrée, pour Tomas Rubes dans le cercle droit (25’47). Jusqu’à une montée opportuniste de Patrick Koudys. L’arrière perforait le mur des Boxers, dressé à la ligne bleue, grâce à son élan acquis en zone neutre. La percée provoquait un deux-contre-un compliqué. Arrivé près de la cage, le Canadien égalisait du revers sous les jambières de Sebastian Ylönen qui avait, peut-être, anticipé la passe au second poteau vers Hussey (1-1 à 26'33).

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Le RHE76 aurait pu prendre l’avantage par Dan Koudys dans le trafic (27’32) juste avant que les joueurs du président Parienty n'aient la même opportunité, à la mi-match, en jouant une double supériorité, pendant 57 secondes. C’est sans doute le tournant du match que manqueront, ici, les coéquipiers de Maxime Moisand, tant Rouen est handicapé à ce moment-là. Dany Sabourin, aidé par deux trios aussi efficaces qu’inédits (Colotti-Coulombe-Lampérier et D.Koudys-P.Koudys-Raux) car trois défenseurs (Dame-Malka blessé, Matheson et Chakiachvili en prison) et un des autres spécialistes du killing-play rouennais (Guénette lui aussi en prison) ne peuvent être alignés, aura un seul tir un peu difficile à négocier en deux temps (29’20). Photo ci-dessous.

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De retour à parité, les Dragons reprennent leur rythme. Les Boxers accusent à peine le coup. Heureusement Miller dans le trafic n’est pas précis (31’25) et Langlais, trouvé lancé en entrée de zone avec une courte passe aveugle de Thinel, bute, lui, sur Ylönen qui maintient ses compagnons dans le match (33’19).

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Le match va alors se débrider modérément car les transitions commencent à manquer de rigueur et la fatigue se fait parfois sentir. Dans un contre surnuméraire avec Rubes, David Gilbert échoue sur un Sabourin stupéfiant et le rebond échappe à Kara (34’13). Sebastian Ylönen n’est pas moins énorme devant Colotti (34’38). Dans un double duel, Peter Valier est d’abord malchanceux quand il touche le montant gauche (35’23), puis imprécis quelques secondes plus tard (35’32). Mark Matheson, dans le cercle droit, peut user son lancer sur Ylönen (37’38). Par contre, en échappée, formidablement aperçu et servi par Matheson, Loïc Lampérier ne tergiverse pas pour tromper d’un tir sec des poignets Ylönen, côté plaque à mi-hauteur (2-1 à 37’56).

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On a senti les Rouennais un peu moins intenses dans cette fin de deuxième tiers après le but de Lampérier. Et comme les Bordelais n’ont pas molli, ilss égalisent sur leur premier tir par David Gilbert juste avant la seconde coupure (2-2 à 39’20).

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La troisième période reprend avec des joueurs de bords de Seine qui trouvent toujours des solutions. Ainsi Adam Miller dans le bas du cercle gauche (41’26) et Perret (41’54) peuvent inquiéter Ylönen.

Toutefois, ils manquent terriblement d’inspiration en avantage numérique devant la bonne compacité du box-play girondin à la ligne bleue (44’48). Néanmoins, ils persévèrent à égalité numérique. De loin, Adam Miller, encore, provoque Ylönen qui fait l’arrêt en deux temps (47’07).

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Mais la bonne période rouennaise ne va pas durer. Le match devient encore plus tactique. Bordeaux modifie ses alignements (Gilbert passe au centre d’un nouveau front, Moisand et Besch sont dissociés). Rouen tente d’opposer la ligne de Miller face au quatrième bloc bordelais lorsqu’un face-off en territoire adverse est à jouer. La TCR résiste.

Les Boxers recouvrent du mordant. Vincent Cadren est dangereux sur une invasion de Janil (48’23). Maxime Moisand utilise son lancer de loin (49’30). Si Dany Sabourin fait le boulot sur ces deux frappes, le gardien sera énorme devant Gilbert au second poteau à l’heure de la décision (54’19).

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Mais le moteur s'emballe. Les Boxers sont pris en surnombre. Ils vont s’employer une dernière fois en infériorité. Ça sent le KO. Malgré tout, Jordann Perret aura une petite chance, mais de dos et du revers, il inquiète à peine Ylönen (57’22). Par contre, le portier sera époustouflant face à Coulombe positionné entre les oreilles (58’00) puis face à Chakiachvili de la ligne bleue (58’06). On attendait la prolongation lorsque Vincent Kara eut un dernier coup de rein pour se procurer du revers la dernière occasion (déroutée par un Sabourin concentré) du temps réglementaire (59’09).

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En prolongation, les arbitres ont sanctionné un léger retard d’un Bordelais en position défensive près de son but, à peine en défaut. Pénalité, inappropriée pour les uns, justifiable pour les autres, dans tous les cas cruelle. En supériorité, à quatre contre trois, Rouen a marqué en 10 secondes, grâce à un tir frappé de Patrick Coulombe (3-2 à 60'56) et se rend en finale de la coupe de France pour la quatrième fois d’affilé.

Bordeaux, certes, n’a pas eu de chance lorsque le lancer de Peter Valier a touché le montant gauche de Sabourin dans le deuxième tiers, mais n’a pas su se mettre à l’abri d’une mort subite toujours aléatoire, cela malgré trois jeux de puissance dont 57 secondes en double supériorité, ou encore quand Charland n’a pas profité d’une erreur de Chakiachvili en zone neutre (42’24). Les Boxers ont eu leur chance mais ne l’ont pas saisie ce soir.

En dehors du top-4 en championnat, les Seino-marins ont élevé leur niveau de jeu. Rouen a su saisir sa chance. En mort subite, les Dragons ont remporté toutes les mises en jeu (3). Une domination qui a été loin d’être le cas en cours de match. Bordeaux a flanché dans ce domaine dans de mauvaises circonstances. À trois contre trois, avec les espaces engendrés, la possession du palet est déterminante. Rouen a été efficace au bon moment. Ce n’est pas nouveau, c’est la culture des Dragons, même si cela a été plus rare cette saison. Le Dragons sont de retour... à Bercy, pour le moins.

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Etoiles du match : Patrick Coulombe *** (Rouen), David Gilbert ** (Bordeaux) et Dany Sabourin * (Rouen).

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Commentaires (dans Paris-Normandie et sur France Bleu) :

Joris Bedin (attaquant du RHE) : « Je suis très heureux de pouvoir aller à l’AccorHotels Arena. C’est un très bel évènement et, jusque-là, je ne l’avais vécu que de l’extérieur. Je suis très content de pouvoir, cette fois, y participer. Maintenant, y a plus qu’à, comme on dit. Ce soir, Bordeaux nous a livré un gros combat. Cette victoire, il a fallu aller la chercher en équipe. C’est un vrai succès collectif. Gagner de cette manière et s’offrir une place en finale, c’est jouissif. Peu importe qui marque le but vainqueur, c’est l’équipe qui a gagné ce soir. »

Fabrice Lhenry (entraîneur du RHE) : « Je suis très content de la prestation de l’équipe. Fier des gars. Je suis vraiment heureux qu’ils puissent vivre cet évènement une fois de plus. Ils le méritent. Ce soir, on a vraiment donné peu de choses à Bordeaux. On a dû faire quatre ou cinq erreurs pendant tout le match. Pas plus. Malheureusement, il y en a deux qu’on a payées cash. Globalement, notre prestation est très rassurante. Excepté en CHL, on n’avait pas livré de match avec une telle intensité cette saison encore. D’un côté comme de l’autre, il y a eu très peu de déchets. Les passes arrivaient de part et d’autre. Je pense que tout le monde a pris du plaisir lors de ce match. Cette troisième victoire consécutive en coupe de France, on va aller la chercher le 19 février prochain. »

Philippe Bozon (entraîneur de Bordeaux) : « Il y a bien longtemps que le niveau [de l’arbitrage] est lamentable en France. Tant qu’on ne veut pas s’en occuper, on n’avancera pas. Des décisions toujours en faveur de la même équipe à la fin des matches, ça suffit. On doit laisser les joueurs décider quand une place en demi-finale, en finale, est en jeu. Ce n’est pas à quelqu’un d’autre de décider pour les joueurs. On ne siffle pas de tout le dernier tiers et tout d’un coup, on va siffler une pénalité. Donc si on ne siffle pas les fautes avant, on ne les siffle pas en prolongation, quand c’est décisif, je suis désolé. »

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Rouen – Bordeaux 3-2 après prolongation (0-1, 2-1, 0-0, 1-0)
Mardi 3 janvier 2017 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2246 spectateurs.
Arbitres : MM. Alexandre Bourreau et Laurent Garbay assisté de MM. Clément Goncalves et Thomas Caillot.
Pénalités : Rouen 16' (2', 4+10’, 0’, 0’) ; Bordeaux 8' (2', 0', 4’, 2’)
Chances : Rouen 8 (2, 4, 2, 0) ; Bordeaux 8 (2, 4, 2, 0)
Supériorités : Rouen 1/4, Bordeaux 0/3

Évolution du score :
0-1 à 17'47" : Moisand assisté de Petit
1-1 à 26'33" : P.Koudys assisté de Hussey
2-1 à 37’56" : Lampérier assisté de Matheson et Coulombe
2-2 à 39’20" : Gilbert assisté de Coté et Rubes
3-2 à 60’56" : Coulombe assisté de Thinel (sup.num.)
 

Rouen

Attaquants :
Loïc Lampérier – François-Pierre Guénette (A) – Dan Koudys
Sacha Treille – Adam Miller – Marc-André Thinel
Joris Bedin – Matt Hussey– Jordann Perret
Fabien Colotti – Damien Raux – Yorick Treille (A)

Défenseurs :
Chad Langlais – Olivier Dame-Malka (puis Aurélien Dorey à 01’43)
Mark Matheson – Florian Chakiachvili
Patrick Coulombe (C) – Patrick Koudys

Gardien :
Dany Sabourin

Remplaçants : Julien Gaubert (G) et Vincent Nesa. Absent : Quentin Papillon (pouce)

Bordeaux

Attaquants :
Ilpo Salmivirta – Julien Desrosiers – Francis Charland
François Bouchard – Felix Petit – Peter Valier
David Gilbert – Thomas Rubes – Vincent Kara
Lionel Tarantino – Vincent Cadren – Aina Rambelo

Défenseurs :
Nicolas Besch (A) – Maxime Moisand (C)
Jean-Philippe Coté (A) – Jonathan Janil
Kevin Dusseau – François Paquin
Andrej Esipov

Gardien :
Sebastian Ylönen

Remplaçant : Victor Goy (G). Absents : Matthias Terrier (blessé) et Julien Guillaume (?)

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