États-Unis - Russie (Championnats du monde U20, demi-finale)

Invaincus, les Américains retrouvent la Russie, qu'ils avaient battue au tour préliminaire, 3-2. Battre deux fois la même équipe dans le tournoi s'avère très difficile ces dernières années : sur les quatre derniers Mondiaux, une seule équipe sur cinq a confirmé sa victoire !

Pour la quatrième année de suite donc, la Russie se retrouve sur le chemin de la médaille d'or. Et les Russes ont gagné tous les matchs contre les États-Unis à partir de ce stade, soit sept victoires en sept matchs... La Russie, qui commence souvent ses tournois doucement, a plutôt bien joué cette année, même si elle a perdu face à leurs deux rivaux nord-américains. German Rubtosv est envoyé en tribunes. En face, Tanner Laczynski, listé partant, n'apparaît pas sur le banc et Patrick Harper le remplace en quatrième ligne.

Un tiers ultra-rapide

La Russie domine le début de match face à une formation américaine qui s'efforce de jouer simple. Le rythme est élevé et les deux gardiens au niveau. Progressivement, les hommes de Bob Motzko se montrent plus dangereux, notamment par leur quatrième ligne, avec Terry, Foley et Harper. Mais l'ouverture du score vient de l'inévitable Kaprizov, qui s'offre son huitième but du tournoi en tour de cage (0-1). Un but venu d'une énorme passivité des cinq Américains, qui perdent le palet dans la neutre et se montrent incapables de le récupérer face à seulement deux adversaires.

Finalement, les États-Unis réagissent bien et reprennent le contrôle du jeu. En fin de tiers, Keller récupère le long de la bande et profite de l'écran de White pour surprendre Samsonov dans un angle impossible (1-1). Un très mauvais but encaissé par le gardien russe, même s'il est légèrement dévié par l'espoir d'Ottawa juste devant lui. Après vingt minutes, le score est donc nul, avec un avantage de 13-7 au tir pour les Américains. Et une partie disputée tambour battant : seulement 26 minutes réelles pour les 20 minutes de jeu, presque aucun coup de sifflet !

Bras de fer

Le rythme ne retombe pas. 1'17" de jeu et la Russie repasse devant. Karnaukhov gagne sa bataille sur Fitzgerald derrière la cage. Il renvoie le palet en tête de cercle et file se placer dans l'enclave. Le tir de Kudako est sauvé, et Guryanov bonifie le rebond (1-2). Les Américains prennent donc le jeu à leur compte pour revenir. Yurtaikin se rend coupable d'une charge dans le dos en zone offensive sur Fox : deux minutes inutiles et le jeu de puissance américain entre en scène pour la première fois. Keller et White se heurtent à Samsonov de près, de même que Greenway et, sous pression, les Russes résistent, avec deux minutes entières dans leur camp face à la même ligne américaine.

La Russie a plié, et repart tout de suite vers l'avant. Parsons sauve deux fois devant Kaprizov et Polunin. Ce dernier attaque la cage pour prendre un rebond de Kaprizov et, dans un duel avec Caleb Jones, Polunin touche Parsons au visage avec sa hanche. Le masque vole et le gardien reste sur la glace, sonné. Il a aussi pris un coup de patin au ventre dans l'action... Les soigneurs s'activent plusieurs minutes auprès de Parsons et le staff répare le masque du gardien, qui reprend finalement sa place. L'interruption a perturbé les deux équipes, moins précises. Un cinglage de Trenin sur White n'échappe pas au corps arbitral. Cette fois, le jeu de puissance américain fait mouche. Une longue relance de Parsons déborde la Russie, qui changeait de ligne. Bracco trouve Greenway sorti du banc, et Kunin devance Kvartalnov du bout de la crosse à la reprise devant la cage (2-2). Un jeu de passe magnifique.

Le spectacle est au rendez-vous, à l'image d'une percée dans l'axe de Roslovic, qui jongle avec le palet mi-hauteur à travers toute la zone neutre ! L'intensité de la partie et les duels montent en pression. McAvoy accroche un adversaire et concède la première faute américaine. Parsons brille du gant devant Sergachyov, et Polunin manque le cadre pour deux occasions franches. Faute d'avoir converti leur chance, les coéquipiers de Kaprizov se font punir dès le retour au complet. Keller bataille derrière la cage et Colin White récupère le long de la bande, s'avance au cercle et son tir surprend Samsonov, masqué par son propre défenseur (3-2). Il y a des espaces désormais et Bracco déborde à droite pour un tir croisé sorti par Samsonov. Les Américains, agressifs à l'échec avant, gagnent des duels et volent des palets, portant le jeu dans le camp adverse. La conservation de palet est excellente. Karnaukhov, qui chasse Greenway dans sa zone, le fait trébucher. Le tiers se termine avec quelques secondes de supériorité, mais l'essentiel se jouera en troisième période.

Un tiers serré

1'50" d"avantage numérique pour creuser l'écart. Patients et bien installés, les Américains obtiennent deux chances de Keller avec Greenway dans l'enclave et Samsonov tient son camp dans la partie. Une erreur de Parsons manque de profiter à Kaprizov et la défense se dégage. Anderson récupère et lance Keller en un-contre-un. L'espoir d'Arizona a un pas d'avance et, accroché par Zborovsky, reçoit un tir de pénalité. Le meilleur marqueur de l'histoire du programme U18 des États-Unis échoue du revers sur la mitaine rapide de Samsonov. Occasion majeure manquée, et un échec qui coûte cher. Deux minutes plus tard, Guryanov, intenable, touche Lindgren au visage sur une charge et le défenseur doit sortir. Le changement est un peu lent, Fox perd le palet et Guryanov démarre en trombe. Il se présente seul devant Parsons et égalise (3-3).

Les rebondissements n'en finissent plus et la Russie commet un surnombre dès la reprise du jeu. Keller tourne dans la défense, Samsonov sauve son équipe devant White au cercle, qui avait pris un rebond et semblait esseulé. Sergachyov se sacrifie au contre sur deux volées puissantes de Thompson et la pénalité se termine dans la difficulté. La tension monte alors que l'on entre dans les dix dernières minutes. Les deux équipes ont de plus en plus de mal à lancer à la cage, malgré les efforts de Greenway, qui impose son gabarit dans les bandes, et de Guryanov, qui percute la défense en vitesse. Un match spectaculaire, disputé sur un rythme très élevé, durant lequel les deux équipes auront montré des qualités de patinage incroyables. Et il y aura un supplément pour les amateurs : prolongation !

Duel de gardiens

Dix minutes à quatre contre quatre : cela promet. Pendant que Keller et White font passer des sueurs froides dans la défense russe, Urakov déborde à droite et attaque la cage, percutant Parsons dans l'effort. Polunin échoue à son tour sur le gardien après une récupération dans la neutre. Kaprizov, au rebond de Rykov, ne passe pas non plus, ni Vorobyov dans l'axe. White, en vitesse, déborde à son tour sur la gauche et Samsonov dégage sur sa ligne la chance de Caleb Jones. Le danger se rapproche, un tir de loin d'Anderson percute le poteau, puis le gardien sauve sur Anderson dans l'enclave, en déséquilibre, sur un rebond. Le duel de gardiens laisse sans voix !

À deux minutes de la fin, une longue présence américaine se termine par un dégagement interdit et Bob Motzko pose son temps mort. Une minute plus tard, la situation s'inverse et Valeri Bragin fait de même. Rien ne sera marqué : la qualification en finale se joue en fusillade.

Un final légendaire

Il y a dix ans, les États-Unis de Patrick Kane perdaient un duel à rallonge conte le Canada de Jonathan Toews dans l'une des plus belles demi-finales de l'histoire, en fusillade. La nouvelle génération fera-t-elle mieux ? Parsons ne brille pas dans l'exercice avec un 0/5 en carrière en OHL...

Colin White débute par une feinte et un revers en hauteur, que Samsonov suit de la plaque.
Denis Guryanov s'avance et son tir mi-hauteur au ras du poteau ouvre la marque. 0-1
Clayton Keller arrive à toute vitesse et Samsonov tente le poke-check, mais l'attaquant a déjà perdu le palet.
Polunin échoue sur le grand écart de Parsons.
Anderson feinte à son tour et Samsonov le suit de la plaque, comme le premier tir.
Alexeyev, très lentement, envoie le palet dans la mitaine de Parsons.
Troy Terry cherche un espace entre les jambières... et le trouve ! 1-1
Vorobyov, auteur de neuf passes dans le tournoi, n'a toujours pas marqué... c'est au fond, côté plaque ! 1-2
Jeremy Bracco doit marquer. Il s'avance et ajuste parfaitement son tir sur la gauche du gardien ! 2-2
Kaprizov est le dernier tireur. Parsons le sauve ! Après cinq tireurs, rien n'est fait et c'est une mort subite. Les officiels ont montré une certaine confusion après le troisième tir : au premier tour, il n'y a que trois tireurs, alors qu'il y en a cinq en demi-finales. Les arbitres ont même failli oublier le cinquième tireur russe... La séance se poursuit donc.

Guryanov à nouveau, et il expédie un tir rapide ! 2-3
Terry, brillant, égalise avec une patience incroyable, au ralenti, jusqu'à ce que le gardien soit au sol. 3-3
Polunin voit son tir percuter le poteau après que Parsons a touché le palet de la mitaine.
Terry s'y colle une troisième fois et trompe Samsonov ras glace, du revers, entre les jambières ! 4-3

Triplé de Terry en tirs de barrage, trois tirs entre les jambes de trois façons différentes. Les Américains passent en finale à l'issue d'un match haletant, disputé à haute vitesse. Une rencontre déjà légendaire. Première victoire américaine sur la Russie dans un match de phase finale après huit tentatives...

Désignés meilleurs joueurs de leur équipe dans le tournoi par leurs entraîneurs :
États-Unis : Jordan Greenway (A), Colin White (A), Clayton Keller (A)
Russie : Kirill Kaprizov (A), Yegor Rykov (D), Ilya Samsonov (G)

 

États-Unis - Russie 4-3 t.a.b. (1-1, 2-1, 0-1, 0-0)
Mercredi 4 janvier 2017, 15h30. Air Canada Centre de Toronto, Canada. 11 576 spectateurs.
Arbitrage de Darcy Burchell (CAN) et Marcus Linde (SUE) ssistés de Lukas Kohlmüller (ALL) et Libor Suchanek (TCH)
Tirs : États-Unis 43 (14, 12, 10, 7), Russie 36 (7, 11, 10, 8)
Pénalités : États-Unis 2' (0', 2', 0', 0'), Russie 8' (0', 6', 2', 0')

Récapitulatif du score
0-1 à 11'54" : K. Kaprizov assisté de M. Vorobyov
1-1 à 19'05" : C. White assisté de C. Keller et C. Jones
1-2 à 21'17" : D. Guryanov assisté de V. Kudako et P. Karnaukhov
2-2 à 30'23" : L. Kunin assisté de J. Greenway et J. Bracco (sup. num.)
3-2 à 36'21" : C. White assisté de J. Anderson et C. Keller
3-3 à 46'04" : D. Guryanov
Tirs au but :
États-Unis : White (arrêt), Keller (manqué), Anderson (arrêt), Terry (but), Bracco (but), Terry (but), Terry (but)
Russie : Guryanov (but), Polunin (arrêt), Alexeyev (arrêt), Vorobyov (but), Kaprizov (arrêt), Guryanov (but), Polunin (arrêt).


États-Unis

Attaquants
Clayton Keller (+1) - Colin White (A, +1) - Joey Anderson (+1)
Kieffer Bellows (-1) - Jack Roslovic (-1) - Tage Thompson
Jordan Greenway - Luke Kunin (C) - Jeremy Bracco
Erik Foley (-1) - Patrick Harper (-1) - Troy Terry (-2)

Défenseurs
Jack Ahcan - Charlie McAvoy (A, 2', +2)
Caleb Jones - Casey Fitzgerald (-2)
Ryan Lindgren - Adam Fox (-1)
Joe Cecconi (-1)

Gardien :)
Tyler Parsons

Remplaçant : Joseph Woll (G). Blessé : Tanner Laczynski.

Russie (2' pour surnombre)

Attaquants
Kirill Kaprizov (C, +1) - Mikhail Vorobyov - Aleksandr Polunin (+1)
Pavel Karnaukhov (2', -1) - Danila Kvartalnov (A) - Denis Guryanov (+2)
Kirill Urakov (-1) - Kirill Belyayev - Yakov Trenin (2', -1)
Denis Alekseyev (+1) - Danil Yurtaikin (2', +1)

Défenseurs
Yegor Rykov (A, +1) - Mikhail Sidorov (+2)
Sergei Zborovski - Mikhail Sergachyov
Vadim Kudako (-1) - Grigori Dronov
Ygor Voronkov - Artyom Volkov

Gardien :)
Ilya Samsonov

Remplaçant : Vladislav Sukhachyov (G). En tribunes : German Rubtsov (A)