Pas de JO pour les Bleues

Quarante-huit heures après avoir concédé une défaite crève-cœur face à l'Allemagne, les Bleues s'attaquaient ce samedi au plat résistance de ce Tournoi de qualification olympique : le Japon.

2000px PyeongChang 2018 Winter Olympics.svgLes Japonaises sont dans une bulle réconfortante. Elles constituent la nation la mieux classée de ce tournoi à quatre, elles ont joué en élite mondiale ces deux dernières années, elles jouent à domicile pour tenter de disputer une troisième olympiade et elles ont balayé l'Autriche 6-1 en ouverture de ce TQO. Autant dire que la tâche s'annonçait rude pour l'équipe de France. A priori.

Vaincues aux tirs au but face à l'Allemagne, les Françaises se trouvaient déjà au pied du mur. Prônant par habitude l'alternance devant les filets, le sélectionneur Gregory Tarlé a finalement maintenu Caroline Baldin devant la cage tricolore. Et la Française fait face sans surprise à Nana Fujimoto, gardienne emblématique du hockey féminin japonais. 

La gardienne des Bleues doit déjà faire face à la vitesse et au jeu de passe des Japonaises. Hanae Kubo accélère plein champ et distille une passe vers Ami Nakamura, posté poteau gauche, qui ouvre le score. Après une entame difficile, les Bleues retrouvent des couleurs. Marion Allemoz, Soline Fohrer et Gwendoline Gendarme sont tour à tour dangereuses. Et Baldin permet aux Françaises de conserver un retard d'un but d'écart, impériale devant Yoneyama qui s'avançait dangereusement.

Mais décidément, la France peine en début de tiers. Le Japon double la mise par Haruka Toko à la 24e minute. Avec un déficit de deux buts, la France n'a plus vraiment de questions à se poser et il faut saisir chaque opportunité. À la mi-match, Terashima est sanctionnée pour un faire-trébucher. Les Bleues travaillent bien le long de la bande, le puck est libéré et Marion Allemoz décoche un slap appuyé que ne voit pas venir Fujimoto. La France réduit la marque et hérite même de deux autres jeux de puissance avant la deuxième pause, en vain.

Les Bleues ont réalisé une deuxième période de très bonne facture et arrivent en troisième avec la même détermination. Même quand il s'agit de se sacrifier pour tuer les pénalités. En dernier recours, Caroline Baldin continue de briller - elle dépassera encore aujourd'hui les 40 arrêts - notamment face à un joli mouvement solo de Rui Ukita. La vraie dernière chance des Bleues intervient à dix minutes de la fin, lorsque Takeuchi est sanctionnée pour une interférence. Lore Baudrit est d'abord dangereuse, puis Emmanuelle Passard qui réalise un mouvement individuel de toute beauté. Mais le vent tourne.

Les minutes passent et le rêve olympique s'éloigne. L'expérimentée Hanae Kubo, d'un superbe tir du poignet, et Rui Ukita, qui insiste devant la gardienne tricolore déjà à terre, conforteront l'avance du Japon. Le pays du Soleil-Levant s'impose 4-1 et s'offre une finale à domicile face à l'Allemagne pour valider le ticket des Jeux olympiques 2018 à PyeongChang.


C'en est fini du rêve des Françaises. Peuvent-elles avoir des regrets ? Non, au vu de leur parcours, même s'il reste une rencontre demain face à l'Autriche. Une fois de plus, les Bleues ont démontré qu'elles pouvaient bousculer la hiérarchie, y compris face à des nations qui ont déjà joué les JO et en élite mondiale, y compris dans le groupe TQO le plus relevé. La performance face au Japon, comme celle face à l'Allemagne, ne fait que confirmer les progrès de la sélection féminine ces dernières années. Le travail, la solidarité affichée, l'encadrement de la fédération, plusieurs facteurs font que la France marche dans la bonne direction. Mais il faut du temps aussi, et cela passe par ce genre de défaites, peut-être frustrantes mais ô combien précieuses. Car incontestablement, en poursuivant leurs efforts, les Bleues pourront faire de leur rêve une réalité.

Commentaires d'après-match 

Gregory Tarlé (entraîneur de la France) : "C'était un très bon match entre deux très bonnes équipes. Quand nous étions menées 2-1, nous avons tenté de forcer dans le troisième tiers-temps. Nous avons eu nos chances. Mais je suis très fier de notre équipe."

 

Japon - France 4-1 (1-0, 1-1, 2-0).
Samedi 11 février 2017 à 18h00 à la Hakucho Oji Ice Arena de Tomakomai. 2597 spectateurs.
Arbitrage de Mélanie Bordeleau (CAN) et Anna Eskola (SUI) assistées de Michaela Frattarelli (USA) et Jenni Heikkinen (FIN).
Pénalités : Japon 14' (4', 6', 4'), France 10' (6', 0', 4').
Tirs : Japon 46 (16, 14, 16), France 22 (5, 10, 7).

Évolution du score:
1-0 à 02'21" : Nakamura assisté de Kubo et Takeuchi
2-0 à 23'26" : H. Toko
2-1 à 31'35" : Allemoz (sup. num.)
3-1 à 53'03" : Kubo assistée de A. Toko
4-1 à 57'37" : Ukita assistée de H. Toko


Japon

Attaquantes :
Chiho Osawa (C) - Haruna Yoneyama (2') - Shoko Ono
Rui Ukita (+2) - Haruka Toko (+2) - Yoshino Enomoto
Hanae Kubo (+3) - Yurie Adachi (+1) - Ami Nakamura (+1)
Tomomi Iwahara (2') - Moeko Fujimoto - Naho Terashima (4')

Défenseures :
Ayaka Toko (+1) - Sena Suzuki (A, +1)
Akane Hosoyamada (A, +2) - Aina Takeuchi (+2, 4')
Shiori Koike (2') - Mika Hori 

Gardienne :
Nana Fujimoto

Remplaçante : Akane Konishi (G).

France

Attaquantes :
Chloé Aurard (-1, 2') - Marion Allemoz (C, -1, 2') - Emmanuelle Passard (-1, 2')
Estelle Duvin (-2) - Lore Baudrit (A, -2) - Soline Fohrer (-2)
Lara Escudero - Morgane Rihet - Jade Vix
Clara Rozier - Amandine Cuasnet

Défenseures :
Anouck Bouché (A, -1) - Léa Parment (-1)
Léa Villiot (-1) - Gwendoline Gendarme (-2)
Sophie Leclerc (2') - Athena Locatelli (-1) 
Audrey Lager Lacombe

Gardienne :
Caroline Baldin

Remplaçante : Jeanne Morin (G).