Classement IIHF : 9e (2010).
29 465 licenciés (8 907 hommes, 2 481 femmes, 18 077 juniors).
217 patinoires (dont 44 en plein air).
Organisation des championnats : DEL (autonome de la fédération avec délégation officielle), 2e Bundesliga, Oberliga puis ligues régionales. Juniors (U20, U17, U15).
La page du championnat d'Allemagne 2010/11.
La présentation du championnat allemand 2010/11
Le bilan du championnat allemand 2009/10.
Le palmarès du championnat.
Grands joueurs : Gustav Jaenecke, Erich Kühnhackl, Dieter Hegen, Udo Kießling, Marco Sturm.
Grands clubs : Adler Mannheim, Eisbären Berlin, Düsseldorfer EG, Cologne (KEC), EV Füssen, SC Riessersee.
Bientôt seize ans. 1992. C'était avant la création de la DEL. Et c'est la dernière fois qu'un Allemand, Didi Hegen en l'occurrence, a terminé meilleur buteur du championnat. L'attente pourrait prendre fin cette saison avec Michael Wolf. Qui ? C'est la question que pourraient poser bien des Allemands... Là où Hegen est un des sportifs les plus connus de son pays, Wolf est un hockeyeur anonyme. Mais peu à peu, il commence à faire parler de lui. À son rythme, lui qui a débuté en DEL à 24 ans après avoir progressivement gravi les divisions inférieures. Dangereux partout où il passe, il transpose en effet ses performances en équipe nationale, comme en mai dernier à ses premiers championnats du monde. "Wolf est le premier joueur que j'envoie sur la glace dans les situations de jeu difficiles", selon Uwe Krupp.
Et pourtant, il est sous contrat jusqu'en 2010 avec Iserlohn, en compagnie de son centre Robert Hock, l'homme qui lui délivre ses passes décisives. Avec un tel buteur, le petit club du Sauerland peut rêver concurrencer les grands. Wolf a marqué 26 fois en 24 matches, et Iserlohn a résolument pris place parmi les six premiers, ceux qui seront directement qualifiés en quarts de finale. Le gardien Norm Maracle, auteur d'un excellent mois de novembre à 94% d'arrêts, a du coup été lui aussi prolongé jusqu'en 2010.
Du côté d'Ingolstadt, la purge a été encore plus sévère. L'équipe bavaroise a pourtant battu Iserlohn 3-1 hier soir (deux assistances pour Yorick Treille), mais les dirigeants avaient déjà pris leur décision : déçus par la piètre dixième place au classement, ils ont annoncé après le match qu'ils se séparaient de l'intégralité du staff sportif : l'entraîneur Ron Kennedy, son adjoint Jamie Bartman et le manager Stefan Wagner sont montés ensemble dans la charrette ! Cette décision brutale voire excessive a beaucoup surpris : les dirigeants savent-ils réellement qui mettre à la place ?
Après une saison noire, les Eisbären de Berlin sont revenus en tête de la DEL. Paradoxalement, les recrues sont plutôt décevantes, mais les joueurs déjà en place sont totalement libérés depuis l'éviction de leur entraîneur Pierre Pagé. La bonne série berlinoise s'est cependant arrêtée hier à Mannheim (5-4). C'est la troisième victoire de rang pour le tenant du titre qui voit enfin le bout du tunnel. Notons que son gardien Robert Müller, qui cirait le banc depuis qu'il a terminé sa chimiothérapie parce que le club n'avait pas vraiment anticipé son retour, a été envoyé chez la lanterne rouge Duisburg... où il devrait avoir beaucoup, beaucoup de travail.
Le nombre de licences d'étrangers reste lui fixé à 12 par club. La nouvelle mesure a donc aussi pour effet de laisser un peu plus le droit à l'erreur aux clubs. Un étranger sur lequel on se trompe, c'est une licence gâchée et cela coûte cher. C'est par exemple ce qui est arrivé à la lanterne rouge Duisburg : elle a pris le risque de miser sur Jade Galbraith, attaquant "aux mains d'or" venu seulement d'Oberliga, pour le renvoyer après seulement six journées alors qu'il avait déjà été recalé en quatrième ligne. Le joueur a retrouvé une place un cran en dessous à Munich, mais Duisburg a gâché un joker alors qu'il ne peut guère se le permettre.
NB : Yorick Treille (Ingolstadt) était blessé cette semaine (contusion à la cheville) et ne pouvait donc espérer marquer son premier but en DEL, après lequel il court toujours.
Autres équipes en crise : les formations à connotation "Europe de l'est". À Wolfsburg, les recrues de prestige David Moravec et Lubomir Hurtaj déçoivent beaucoup. À Krefeld, le "joueur de l'année" letton Herberts Vasiljevs n'a plus du tout son efficacité de l'an dernier. Son coéquipier tchèque Jan Alinc a par contre réussi à redevenir le meilleur marqueur de l'équipe... juste avant de se blesser à l'épaule. Il en a pour trois semaines.
Le manager Marcus Kuhl a vite prévenu : "Il y a une chose que nous ne ferons pas : céder à la panique". En commençant le championnat par quatre défaites, même l'entraîneur Greg Poss parlait de crise. Mannheim se veut cependant au-dessus de cela, après avoir survécu à une saison noire pour réussir un impérial doublé l'an dernier. Mais les Adler ont du mal à se sortir de la nasse. Ils sont toujours en bas de classement avec les petits clubs, alors qu'ils paraissaient presque invincibles.
Et pourtant, l'effectif de Mannheim faisait peur sur le papier, avec une quatrième ligne (Martinec-Ullmann-Arendt) de très haut niveau. Et c'est vrai : cette 4e ligne est bien la meilleure de la DEL. Le problème... c'est qu'elle est aussi la meilleure de son équipe, car les trois autres font peine à voir ! "Je n'ai jamais vu autant de joueurs en crise à la fois", se désolait l'assistant-coach Teal Fowler après la dernière défaite en date contre Nuremberg, où l'adversaire a même marqué à trois contre cinq grâce à un cadeau d'un Trépanier usé en fin de présence. Le meilleur marqueur de l'an passé Colin Forbes n'est que l'ombre de lui-même. Le capitaine René Corbet est totalement hors de forme. La recrue Michael Hackert, alignée à l'aile et non au centre, peine à convaincre. Quant au duo de coaches, après un temps mort pris à 5 contre 3 en milieu de match, il n'échappe pas aux critiques. Les Adler n'ont plus la même vitesse de jeu et le même entrain que lors de leur grande saison, et l'inquiétude monte.
Autre équipe à avoir raté son entame (un incroyable score partiel de 0-5 dans le derby présumé facile contre Augsbourg), Ingolstadt relève progressivement la tête mais le Français Yorick Treille n'a toujours aucun point au compteur. Il a été remplacé sur la première ligne par Brad Leeb ce week-end. Un changement efficace : le centre du premier trio, l'ancien joueur de NHL Eric Boguniecki, a enfin marqué en égalisant contre Nuremberg hier soir.
Il s'agissait du premier point perdu par les hommes de Benoît Laporte, qui se sont quand même imposés en prolongation sur un but de Petr Fical. Ils sont toujours seuls en tête de la DEL après quatre journées. Leur attaquant Ahren Spylo cartonne depuis un mois. Entre la préparation, la coupe et le premier week-end de championnat, il a enchaîné cinq doublés et un triplé, dans un incroyable 10-9 à Iserlohn qui a fait grimacer Laporte malgré la victoire ("du hockey d'il y a trente ans" selon l'entraîneur franco-canadien). Impressionnant par son gabarit et son jeu aimanté vers le but, Ahren Spylo avait fait pourtant des débuts discrets en Allemagne en arrivant en janvier à Hambourg en provenance de Suisse. Laporte sait cependant mieux l'utiliser et l'a décrit comme le joueur peut-être le plus doué du championnat. Les médias se sont emparés du phénomène car Spylo, de père canadien et de mère allemande, pourrait être sélectionnable d'ici deux ans. Il s'est quand même calmé ce week-end avec un seul but.
S'il reste trois rencontres à jouer la semaine prochaine, le gros des matches du premier tour avait cependant lieu hier. La plupart des clubs de division inférieure n'ont tenu qu'un ou deux tiers-temps avant de craquer. Straubing a tout de même souffert à Weißwasser en gagnant 6-5 avec un doublé de Tobias Abstreiter, l'ex-international qui revient en forme après une saison gâchée par une blessure. Mais les exploits sont venus de deux clubs qui ont poussé leurs adversaires de DEL jusqu'aux tirs au but. Crimmitschau s'est incliné dans cet exercice face à Francfort, par contre Bremerhaven a réussi à éliminer un grand club, Cologne. Les joueurs du port de la Baltique sont des habitués des exploits en coupe puisqu'ils avaient déjà atteint la demi-finale l'an dernier en faisant tomber Düsseldorf et Francfort.
Au deuxième match, un doublé en sept minutes de René Corbet ôta tout espoir à Nuremberg, qui attaquant pourtant jusqu'au bout devant ses supporters pour mieux se faire contrer (2-6). Au troisième match, les Ice Tigers ne voulaient toujours pas abdiquer. Ils prirent l'avantage après une minute de jeu... mais cinq minutes plus tard, les Adler étaient déjà devant ! Une domination presque écœurante : Mannheim a souvent été le plus riche et le plus fort, mais cette fois, ça s'est vu sur la glace. Quatre lignes de bon niveau, et la demi-finale comme la finale ont été pliées en trois manches sèches. Les Adler ont survolé la DEL.
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