Classement IIHF : 10e (2012).
28 932 licenciés (8 224 hommes, 2 580 femmes, 18 128 juniors).
216 patinoires (dont 44 en plein air).
Organisation des championnats : DEL (autonome de la fédération avec délégation officielle), 2e Bundesliga, Oberliga puis ligues régionales. Juniors (U20, U17, U15).
Le bilan du championnat allemand 2011/12.
La page du championnat d'Allemagne 2011/12.
La présentation du championnat allemand 2011/12
Le palmarès du championnat.
Grands joueurs : Gustav Jaenecke, Otto Schneitberger, Erich Kühnhackl, Dieter Hegen, Udo Kießling, Marco Sturm.
Grands clubs : Adler Mannheim, Eisbären Berlin, Düsseldorfer EG, Cologne (KEC), EV Füssen, SC Riessersee.
Après une saison noire, les Eisbären de Berlin sont revenus en tête de la DEL. Paradoxalement, les recrues sont plutôt décevantes, mais les joueurs déjà en place sont totalement libérés depuis l'éviction de leur entraîneur Pierre Pagé. La bonne série berlinoise s'est cependant arrêtée hier à Mannheim (5-4). C'est la troisième victoire de rang pour le tenant du titre qui voit enfin le bout du tunnel. Notons que son gardien Robert Müller, qui cirait le banc depuis qu'il a terminé sa chimiothérapie parce que le club n'avait pas vraiment anticipé son retour, a été envoyé chez la lanterne rouge Duisburg... où il devrait avoir beaucoup, beaucoup de travail.
Le nombre de licences d'étrangers reste lui fixé à 12 par club. La nouvelle mesure a donc aussi pour effet de laisser un peu plus le droit à l'erreur aux clubs. Un étranger sur lequel on se trompe, c'est une licence gâchée et cela coûte cher. C'est par exemple ce qui est arrivé à la lanterne rouge Duisburg : elle a pris le risque de miser sur Jade Galbraith, attaquant "aux mains d'or" venu seulement d'Oberliga, pour le renvoyer après seulement six journées alors qu'il avait déjà été recalé en quatrième ligne. Le joueur a retrouvé une place un cran en dessous à Munich, mais Duisburg a gâché un joker alors qu'il ne peut guère se le permettre.
NB : Yorick Treille (Ingolstadt) était blessé cette semaine (contusion à la cheville) et ne pouvait donc espérer marquer son premier but en DEL, après lequel il court toujours.
Autres équipes en crise : les formations à connotation "Europe de l'est". À Wolfsburg, les recrues de prestige David Moravec et Lubomir Hurtaj déçoivent beaucoup. À Krefeld, le "joueur de l'année" letton Herberts Vasiljevs n'a plus du tout son efficacité de l'an dernier. Son coéquipier tchèque Jan Alinc a par contre réussi à redevenir le meilleur marqueur de l'équipe... juste avant de se blesser à l'épaule. Il en a pour trois semaines.
Le manager Marcus Kuhl a vite prévenu : "Il y a une chose que nous ne ferons pas : céder à la panique". En commençant le championnat par quatre défaites, même l'entraîneur Greg Poss parlait de crise. Mannheim se veut cependant au-dessus de cela, après avoir survécu à une saison noire pour réussir un impérial doublé l'an dernier. Mais les Adler ont du mal à se sortir de la nasse. Ils sont toujours en bas de classement avec les petits clubs, alors qu'ils paraissaient presque invincibles.
Et pourtant, l'effectif de Mannheim faisait peur sur le papier, avec une quatrième ligne (Martinec-Ullmann-Arendt) de très haut niveau. Et c'est vrai : cette 4e ligne est bien la meilleure de la DEL. Le problème... c'est qu'elle est aussi la meilleure de son équipe, car les trois autres font peine à voir ! "Je n'ai jamais vu autant de joueurs en crise à la fois", se désolait l'assistant-coach Teal Fowler après la dernière défaite en date contre Nuremberg, où l'adversaire a même marqué à trois contre cinq grâce à un cadeau d'un Trépanier usé en fin de présence. Le meilleur marqueur de l'an passé Colin Forbes n'est que l'ombre de lui-même. Le capitaine René Corbet est totalement hors de forme. La recrue Michael Hackert, alignée à l'aile et non au centre, peine à convaincre. Quant au duo de coaches, après un temps mort pris à 5 contre 3 en milieu de match, il n'échappe pas aux critiques. Les Adler n'ont plus la même vitesse de jeu et le même entrain que lors de leur grande saison, et l'inquiétude monte.
Autre équipe à avoir raté son entame (un incroyable score partiel de 0-5 dans le derby présumé facile contre Augsbourg), Ingolstadt relève progressivement la tête mais le Français Yorick Treille n'a toujours aucun point au compteur. Il a été remplacé sur la première ligne par Brad Leeb ce week-end. Un changement efficace : le centre du premier trio, l'ancien joueur de NHL Eric Boguniecki, a enfin marqué en égalisant contre Nuremberg hier soir.
Il s'agissait du premier point perdu par les hommes de Benoît Laporte, qui se sont quand même imposés en prolongation sur un but de Petr Fical. Ils sont toujours seuls en tête de la DEL après quatre journées. Leur attaquant Ahren Spylo cartonne depuis un mois. Entre la préparation, la coupe et le premier week-end de championnat, il a enchaîné cinq doublés et un triplé, dans un incroyable 10-9 à Iserlohn qui a fait grimacer Laporte malgré la victoire ("du hockey d'il y a trente ans" selon l'entraîneur franco-canadien). Impressionnant par son gabarit et son jeu aimanté vers le but, Ahren Spylo avait fait pourtant des débuts discrets en Allemagne en arrivant en janvier à Hambourg en provenance de Suisse. Laporte sait cependant mieux l'utiliser et l'a décrit comme le joueur peut-être le plus doué du championnat. Les médias se sont emparés du phénomène car Spylo, de père canadien et de mère allemande, pourrait être sélectionnable d'ici deux ans. Il s'est quand même calmé ce week-end avec un seul but.
S'il reste trois rencontres à jouer la semaine prochaine, le gros des matches du premier tour avait cependant lieu hier. La plupart des clubs de division inférieure n'ont tenu qu'un ou deux tiers-temps avant de craquer. Straubing a tout de même souffert à Weißwasser en gagnant 6-5 avec un doublé de Tobias Abstreiter, l'ex-international qui revient en forme après une saison gâchée par une blessure. Mais les exploits sont venus de deux clubs qui ont poussé leurs adversaires de DEL jusqu'aux tirs au but. Crimmitschau s'est incliné dans cet exercice face à Francfort, par contre Bremerhaven a réussi à éliminer un grand club, Cologne. Les joueurs du port de la Baltique sont des habitués des exploits en coupe puisqu'ils avaient déjà atteint la demi-finale l'an dernier en faisant tomber Düsseldorf et Francfort.
Au deuxième match, un doublé en sept minutes de René Corbet ôta tout espoir à Nuremberg, qui attaquant pourtant jusqu'au bout devant ses supporters pour mieux se faire contrer (2-6). Au troisième match, les Ice Tigers ne voulaient toujours pas abdiquer. Ils prirent l'avantage après une minute de jeu... mais cinq minutes plus tard, les Adler étaient déjà devant ! Une domination presque écœurante : Mannheim a souvent été le plus riche et le plus fort, mais cette fois, ça s'est vu sur la glace. Quatre lignes de bon niveau, et la demi-finale comme la finale ont été pliées en trois manches sèches. Les Adler ont survolé la DEL.
Pourtant, Nuremberg n'était pas donné favori. Benoît Laporte y a trouvé une motivation supplémentaire pour son équipe : "Avant la série contre Düsseldorf, on disait partout que nous n'aurions aucune chance. C'était comme si Düsseldorf avait eu 20 points d'avance sur nous en saison régulière, mais il n'y en avait que 3. C'est dans ces situations que nous jouons dans notre meilleur hockey." En allant gagner la première manche à l'extérieur aux tirs au but, Nuremberg a effectivement renversé les pronostics. Il a remporté deux victoires après avoir été mené 2-0, mais il a subi le scénario inverse au troisième match, une défaite 5-4 en prolongation qui faisait dire à Laporte que ses joueurs n'avaient pas gardé la tête froide et avaient été trop offensifs.
Il a dû être rassuré par le match 4 hier soir. Scott King a ouvert le score en supériorité numérique après 47 secondes, et ses coéquipiers ont ensuite gardé ce 1-0 jusqu'au bout dans une partie haletante, en s'appuyant sur un solide Jean-François Labbé dans les buts et sur une défense où même les joueurs de vingt ans Ondruschka et Cespiva n'ont pas commis d'erreurs. Et puisque les avances de 2-0 se sont à chaque fois transformées en défaites dans cette série, Benoît Laporte a même pu blaguer à ce sujet : "J'ai demandé aux joueurs de ne pas marquer le deuxième but"... Nuremberg n'aura pas le temps de rire longtemps, il lui fait maintenant affronter Mannheim, plus favori que jamais après avoir balayé Cologne en trois manches.
C'est surtout le bilan en prolongation de l'équipe de Benoît Laporte qui épate : elle en est à cinq victoires pour une défaite, et même 8 contre 1 en incluant les tirs au but. Düsseldorf est prévenu pour la demi-finale. Le DEG part favori face à une équipe qui risque de décompresser après cette qualification tant attendue, mais il est privé de son leader offensif Tore Vikingstad, le centre norvégien blessé au bras. Ses habituels ailiers allemands Kreutzer et Kathan traversent une crise de confiance offensive, et c'est la troisième ligne qui a qualifié Düsseldorf.
Cologne a bouclé sans trop de mal son quart de finale contre Ingolstadt, avec une victoire 5-1. Doug Mason, l'entraîneur du KEC, a clos cette série en rendant hommage à son collègue Ron Kennedy, qui a combattu un cancer pour revenir sur le banc d'Ingolstadt pendant ces play-offs. On aura donc droit en demi-finale au grand classique Cologne-Mannheim. Pour cette revanche de la finale de la coupe, face à un effectif impressionnant de profondeur, le KEC pourra compter sur une ligne actuellement en grande forme : celle menée par le Suédois Daniel Rudslätt, qui a prouvé aux sceptiques qu'il pouvait avoir la même influence sur le jeu en play-offs, avec les ailiers Dave McLlwain et Ivan Ciernik.
Quant à Mannheim, son grand rival Francfort lui a forcément mené la vie dure. Mais le tournant de la série a eu lieu dès le premier match. Les Adler étaient menés à domicile devant leurs treize mille supporters, mais Pascal Trépanier a égalisé à la dernière seconde, puis l'inlassable patineur Rico Fata a marqué le but mérité en prolongation. Dès lors, les Lions avaient laissé passer leur chance.
Une troisième série était partie pour être rapide : comme toujours, Nuremberg allait se faire sortir en quart de finale. Les Scorpions de Hanovre avaient remporté les deux premières manches... mais ils ont ensuite perdu les trois suivantes. Comme dans les fractales, cette configuration s'est répétée à plus petite échelle au match 4 et au match 5 : Nuremberg était mené 0-2 avant de gagner à chaque fois 3-2. Vendredi, c'est Jame Pollock, clairement dominé dans le "duel des artilleurs de la bleue" face à Sascha Goc au début de la série, qui a égalisé puis marqué le but vainqueur en prolongation. Hier soir, à l'issue d'un match que les deux entraîneurs ont qualifié de très bon hockey, il a même fallu aller en prolongation. Nuremberg croyait à la victoire, échappée à l'avant-denrière minute. Son équipe pouvait douter, mais Benoît Laporte n'a alors pas dérogé à la stratégie établie en saison régulière : jouer la mort subite avec trois attaquants et un défenseur. Cette prise de risque aurait-elle raison de la tactique défensive de Hans Zach ? La réponse s'est fait attendre durant un quart d'heure, mais elle a été positive : Brian Swanson a marqué le but vainqueur. Après sept éliminations consécutives en quarts de finale, Nuremberg veut croire que la malédiction est exorcisée.
Ingolstadt non plus n'est pas mort, après avoir exploité les pénalités adverses pour gagner 6-4 hier soir. Pourtant, le KEC croyait avoir fait le plus dur vendredi : une victoire 1-0 au bout de... 65 tirs sur Jimmy Waite, élu trois fois de suite gardien de l'année (dont une devant Huet) mais seulement troisième du vote cette saison. Ivan Ciernik, qui avait raté la cage ouverte sur la seule erreur de Waite au cours du match, avait pris sa revanche en marquant enfin le premier but de la soirée à la 76e minute de jeu.
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