Classement IIHF : 14e (2010).
7 075 licenciés (2 054 hommes, 383 femmes, 4 638 juniors).
76 patinoires (dont 21 en plein air).
Organisation des championnats : la "Erste Bank Eishockey Liga" (parfois abrégée EBEL) accueille deux clubs slovènes, un club hongrois et un club croate. Intégration sur dossier, par vote des membres.
La présentation du championnat autrichien 2009/10.
Résultats des années passées : 2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2003, 2002, 2001, 2000...
Un ancien entraîneur des féminines de Cergy qui coache devant 13000 personnes... Les avertissements funestes mais vérifiés d'un actuel Dragon de Rouen... C'est la présentation de la ligue autrichienne, si internationale qu'elle s'est ouverte cette année à un cinquième pays.
Qu'y a-t-il à lire dans la présentation de la ligue autrichienne, qui concerne des clubs de quatre pays ? Bien des choses en somme. Citons par exemple :
- Salzbourg, le seul club en Europe capable de laisser six joueurs au repos pour préparer la Coupe Continentale (son futur adversaire Rouen n'a pas cette chance avec l'actuelle blessure de Thinel)
- Klagenfurt, financé par une veuve mais pas orphelin de record
- Les hockeyeurs/facteurs de Villach qui ont envoyé leur courrier de départ
- Les suspensions les plus longues en Europe (toute la saison pour un ex-futur Dijonnais) et les soupçons de partialité
- Le club le plus doué en publicité de toute l'Europe, qui parvient à marier les partenariats avec l'UNICEF et McDonalds !
- La nouvelle génération slovène qui éclot après le départ des "agresseurs de l'entraîneur" sous un toit de patinoire où pousse de l'herbe
L'Autriche vient d'être admise dans l'organisation "Hockey Europe" formée il y a un an et demi par les grandes ligues européennes hors KHL (Suède, Finlande, Allemagne, Suisse, République Tchèque et Slovaquie). Une forme de consécration même si cet organe n'a aucune fonction officielle (et aucune fonction non officielle selon ses détracteurs).
La page du championnat d'Autriche 2009/10 est complète : la saison a été marquée par la soudaine popularité du hockey en Croatie, et par un incroyable renversement de situation en play-offs, plus fort encore que Boston-Philadelphie !
Comment va Salzbourg à l'heure de faire le voyage à Grenoble pour la Coupe Continentale ? On a déjà évoqué les recrues et le système de cette équipe dans la présentation du championnat d'Autriche, il s'agit maintenant de prendre des nouvelles fraîches.
Et les nouvelles sont bonnes (ou inquétantes selon le point de vue), car les Red Bulls sont en grande forme. Ils n'ont en effet perdu qu'un point en dix journées... avant de connaître une petite baisse de régime dimanche contre Linz (1-2) et hier chez la lanterne rouge Jesenice (0-1). Mais attention à ne pas tirer de conclusions hâtives. Dimanche, Salzbourg a dominé le match sans être efficace, et hier, il manquait tout simplement les deux premiers gardiens (Le Neveu et Divis) et les six meilleurs joueurs de l'équipe (Koch, Welser, Duncan, Lynch, Trattnig et Siklenka) !
Les Brûleurs de Loups de Grenoble recevront le mois prochain Salzbourg, qui peut être considéré comme le favori de la Coupe Continentale compte tenu des moyens financiers de leur sponsor Red Bull. Pour autant, Salzbourg n'est pas le champion en titre, ayant trouvé plus riche que lui avec une veuve au colossal héritage.
Le changement révolutionnaire de système de jeu n'est pas non plus une sinécure à mettre en place, mais quoi qu'il arrive, ce club suit son "plan".
Ce n'est pas le seul intérêt de la présentation du championnat d'Autriche, étendu désormais à un quatrième pays. Vous y retrouverez toutes les thématiques du moment, des grands enjeux de développement aux sujets de moquerie en vogue :
- Une capitale avec des infrastructures à faire baver Paris
- Un sponsor anti-calvitie pas facile à porter
- L'arrivée d'un Highlander à Villach après le départ du "Grand Schtroumpf" Larry Huras
- L'arrivée des ex-Briançonnais chez Alba Volán
- L'engouement autour du hockey qui se diffuse jusque dans les Balkans
- Les risques d'un recrutement très russe avec l'exemple de Jesenice
Pour son centième anniversaire, le KAC atteint donc son objectif : renouer avec le titre cinq ans après. 29 fois champion, Klagenfurt égale un autre quasi-centenaire, Chamonix, mais un autre record retient l'attention : le défenseur belge Mike Pellegrims, arrivé de Kassel il y a deux mois dans cet unique but, remporte un titre national dans un quatrième pays après la Belgique (Heist-op-den-Berg), la France (Brest) et l'Allemagne (Mannheim). Il n'y a qu'aux Pays-Bas qu'il a remporté seulement la coupe et pas le championnat. Pellegrims reste cependant derrière le recordman toutes catégories Kent Nilsson, vainqueur en WHA (Winnipeg Jets), en NHL (Edmonton Oilers), en Italie (Bolzano), en Suisse (pige de 2 matches avec Lugano), en Suède (Djurgården) et enfin en Espagne (Majadahonda) en 1998 avec comme entraîneur un certain Luciano Basile.
Les championnats du monde en Autriche en 2005 avait été les pires au niveau des conditions de jeu, à cause d'une glace apocalyptique à Vienne dans une salle servant trop peu souvent au hockey. Un précédent rédhibitoire pour l'IIHF pour organiser un Mondial sur une salle de type Bercy. Après ces évènements qui avaient jeté le discrédit sur les organisateurs autrichiens (il avait même été brièvement évoqué de se replier sur Prague !), le maire de Vienne, Michael Häupl, avait promis qu'une patinoire plus moderne serait construite.
Mais pendant quatre années, le premier magistrat de la ville, diplômé de zoologie qui a fait sa thèse sur la cinétique crânienne chez les geckos, a un peu "lézardé" : le mois dernier, quand la ville a annoncé qu'une patinoire n'était pas à l'ordre du jour mais qu'un tremplin de saut à skis serait construit dans les environs (!), le sang des amateurs de hockey - moins froid que celui des reptiles - n'a fait qu'un tour. Cela fait trente ans que le manque de glace est le principal handicap du hockey viennois et des nombreux jeunes qui y sont désireux de pratiquer ce sport.
L'équipe professionnelle des Vienna Capitals, elle aussi, attendait fébrilement que se concrétisent ces promesses. Les dirigeants ont reçu la nouvelle comme une "gifle", selon les termes du vice-président Martin Platzer, qui a aussitôt remis sa démission. Le président Hans Schmid a menacé d'en faire autant, et le devenir du club était en suspens. La mairie de Vienne vient de rassurer tout le monde en annonçant un plan de modernisation de trente millions d'euros pour la Albert-Schutz-Halle. L'enceinte sera portée à sept mille places avec de nouvelles tribunes et loges, et la glace découverte qui lui est attenante sera équipée d'un toit pour permettre aux équipes de jeunes de jouer plus longtemps. Le président Schmid a promis de rester au moins un an et l'avenir du hockey viennois semble assuré.
L'Olimpija Ljubljana avait réussi d'excellents débuts dans la ligue autrichienne et avait même pris la tête du classement, mais le premier match de novembre (perdu 5-6 contre Innsbruck après avoir mené 4-0) a été le signe avant-coureur d'un mois catastrophique. L'entraîneur russo-slovène Ildar Rahmatullin s'est fait virer après cinq défaites consécutives pour être remplacé par un Américain, Mike Posma, chargé de motiver un peu plus les renforts étrangers. Les effets ont été limités. Avant la dernière victoire en date contre Graz, il n'y avait eu qu'un succès dans le mois, aux tirs au but dans le derby slovène contre Jesenice qui passionne toujours les foules : 4500 spectateurs se pressaient dans le Tivoli, plus du double des affluences "normales".
À titre de comparaison, le match précédent s'était joué devant à peine 600 personnes, face au club hongrois d'Alba Volán. Et il avait été perdu (1-4) contre une lanterne rouge dont ce n'était que la deuxième victoire de la saison. L'Olimpija et Alba Volán ont quelques points communs : les deux nouveaux intégrés dans la ligue autrichienne occupent les deux dernières positions du championnat, et ils viennent tous deux de virer leur entraîneur.
Après sa première saison dans le championnat autrichien, Jesenice a été pillé par des clubs plus riches, mais s'en est remis puisqu'il conteste actuellement la tête du classement à Vienne (l'équipe qui lui a piqué sa première ligne). Les étrangers engagés à l'intersaison par le club slovène sont efficaces, et le seul qui ne l'a pas été, l'ex-international japonais Chris Bright, a été viré sans hésitation. À sa place, l'attaquant suédois Conny Strömberg, habitué des divisions inférieures allemandes, a été pris pour quatre semaines à l'essai. Et dans ses deux premières sorties, il a marqué à chaque fois le tir au but vainqueur. Il faut dire que c'est la grande force de Jesenice : cinq rencontres ont déjà été gagnées aux penaltys. Vu qu'il a marqué également 4 autres buts "dans le jeu" et 6 assistances en six matches, le moins que l'on puisse dire est que l'essai de Strömberg est réussi.
La Suède est d'ailleurs le bon filon pour Jesenice. En plus du buteur expérimenté Markus Matthiasson, le gardien slovène Robert Kristan revient en effet d'une année en Elitserien, et ce sont ses performances qui constituent le progrès le plus notable par rapport à l'an passé. Jesenice a réussi de bonnes performances à l'extérieur, par exemple à Villach où, après un match houleux marqué par une bagarre entre les deux gardiens, les visiteurs ont eu la mauvaise surprise d'être arrosés de bière par des spectateurs locaux puis de voir l'eau chaude curieusement coupée dans leurs vestiaires... L'Acroni a déposé une plainte à la direction de la ligue.
En Slovénie, on sait mieux recevoir : c'est uniquement sur la glace que les hôtes risquent de prendre froid. Jesenice a gagné ses sept matches à domicile, le dernier en date en infligeant un 5-0 à une équipe de Salzbourg à nouveau en déroute, que l'on ne va même pas inclure dans cette rubrique... par charité envers les millionnaires.


