Le classement historique du tournoi de hockey sur glace olympique.
Le classement historique du championnat du monde.
La présentation et le bilan des Mondiaux 2011 en Slovaquie.
Victorieuse deux ans de suite, l'Allemagne ne gagnera pas la Deutschland Cup cette année, et elle l'a su avant même la dernière journée. Pour autant le bilan du nouveau sélectionneur Köbi Kölliker est dans l'ensemble positif. À sa nomination, on ne voyait en lui qu'un entraîneur de transition, un choix par défaut qui aurait du mal à se faire une place. Cette semaine aura permis au Suisse de se faire un nom, de démontrer ses compétences, et de commencer à séduire les Allemands.
Kölliker n'a pas joué à la rupture en tentant une sélection surprenante. Il a au contraire repris la majorité des titulaires habituels, y compris les plus controversés (le Canadien naturalisé Kevin Lavallée à qui l'on reproche sa lenteur), tout en sachant tenir compte des progrès de nouveaux éléments, comme dans ce match en donnant sa première chance internationale au gardien Danny aus den Birken.
La rupture, Kölliker l'a mise en place dans le style, sans grande annonce préalable et en cherchant d'abord à vérifier sur pièce si ses options de jeu étaient transférables en équipe d'Allemagne. En ce qui concerne la défense homme à homme à la place de la défense de zone, il a été satisfait du constat. En ce qui concerne le forechecking à deux, ce hockey inhabituel pour l'Allemagne a plu aux spectateurs, mais les excès offensifs ont été punis par les contre-attaques slovaques. Des ajustements sont donc encore à faire.
Si un système se traduit souvent dans des détails, le changement le plus net a eu lieu en infériorité numérique, où la boîte allemande est beaucoup plus agressive qu'avant. Elle le démontre pendant toute la première période du dernier match contre les Américains est tue trois pénalités en ne concédant quasiment aucun lancer. C'est d'ailleurs peu après une phase d'infériorité qu'elle finit par ouvrir la marque grâce à Kai Hospelt, le meilleur joueur allemand tout au lond du week-end.
Les Finlandais n'en ont pas cru leurs yeux dès le premier match du tournoi : la Russie pratiquant une trappe en zone neutre ?! Le nouveau sélectionneur Zinetula Bilyaletdinov a tiré un trait ferme et définitif sur les principes de jeu de Bykov, selon lequel un 6-5 vaut mieux qu'un 1-0. Il a clairement donné priorité à la défense, en insistant beaucoup sur les consignes tactiques, en particulier pour couper les accès à l'enclave. Une révolution jamais vue qui rompt avec toute la tradition russe ?
N'exagérons pas. Un Boris Mikhaïlov par exemple faisait jouer la Russie de manière repliée. Et on en oublierait presque que Bilyaletdinov avait déjà dirigé un tournoi de l'Euro Hockey Tour en décembre 2004 avant que son club de Kazan ne le fasse renoncer à la sélection. À l'époque, la Sbornaïa, avec une première ligne Kovalchuk-Datsyuk-Kovalev, avait bâti son succès sur la défense en ne concédant que deux buts sur l'ensemble du week-end. Elle repart sur les mêmes bases sept ans plus tard à Helsinki en n'encaissant qu'un but par match.
Ce dernier duel contre les Tchèques recèle toutefois un piège : jouer face à un miroir. Douchés par les Finlandais, les hommes d'Alois Hadamczik sont en effet revenus à une tactique plus prudente. Le match commence ainsi sur des bases fermées, qui ne se déride qu'en supériorité numérique. Biryukov succède à Korneev en prison et la République Tchèque joue près de 4 minutes en jeu de puissance, avec Miroslav Blatak à la pointe et quatre attaquants, dont Kotalik qui est surtout utilisé dans ce domaine après avoir été rétrogradé en quatrième ligne. Pas de but cependant.
Comme on se retrouve ! Six mois après la finale du Mondial slovaque et son échec cuisant, la Suède retrouve la Finlande pour cette dernière journée du Tournoi Karjala. Les Suédois ont subi deux revers douloureux (2-5 face à la République Tchèque, 1-4 face à la Russie) alors que les Finlandais ont explosé les Tchèques (4-0) avec neuf points du trio Pesonen - Immonen - Granlund après avoir fait quasiment jeu égal contre la Russie en ouverture (1-2 aux tirs au but).
Appelé en urgence suite au forfait de Viktor Fasth, Johan Gustafsson réalise un rêve : jouer la Finlande pour sa première sélection en équipe senior. Si les Finlandais sont les premiers à être sanctionnés, ils héritent d'un 4 contre 3, lequel va leur permettre d'ouvrir le score par une magnifique combinaison en triangle Sami Vatanen - Mikael Granlund - Jarkko Immonen, Gustafsson n'y voit que du feu (1-0, 5'14").
La Finlande met beaucoup de coeur à l'ouvrage mais elle laisse Johan Harju partir seul à la neuvième minute. Les esprits s'échauffent, Väänänen, déjà très bouillant depuis le début, charge violemment Niklas Persson en train de tirer. La sanction arrive par Nicklas Danielsson, profitant d'un disque ricochant sous son nez juste avant la pause (1-1, 18'29"). Pour la première fois dans ce tournoi, la Suède n'est pas menée à la fin du premier tiers...
Les hommes en jaune travaillent bien dans les coins et gênent la relance des Finlandais. Avant la mi-match, côté gauche, Martin Thörnberg, dos au but, récupère une rondelle et décoche un lancer du revers à l'aveugle. Karri Rämö est surpris comme tout le monde (1-2, 27'33"). Ossi Väänänen et Ville Peltonen sont pris par la patrouille, la Suède hérite d'un 5 contre 3 au cours duquel Rämö doit s'employer devant deux rebonds, les restes d'un missile de Staffan Kronwall. Mika Hannula également en prison, cela ne va pas empêcher la Tre Kronor de prendre le large grâce à Christian Bäckman d'un lancer frappé à la ligne bleue (1-3, 32'35"). Quelques minutes plus tard, un lancer d'Andreas Falk, mal contrôlé par le portier de l'Avangard Omsk qui le repousse in-extremis de la crosse, semble rentrer. Mais pour quelques millimètres, le juge vidéo ne l'accordera pas.
Contre toute attente, la Slovaquie, dernière des quatre précédentes éditions de la Deutschland Cup, s’empare de la victoire finale 2011 avant même d’affronter la Suisse dans la troisième et ultime journée de compétition. Même en cas de défaite, les hommes de Vladimír Vůjtek ont donc déjà remplit leur cahier des charges. C’est la troisième fois que la formation slave inscrit son nom au palmarès allemand, après 1997 et 2006. C’est peut-être cette absence de pression, ou bien les quelques verres levés la veille au soir en l’honneur de la naissance le même jour du second enfant de Roman Kukumberg, qui explique la fébrilité des lauréats du tournoi en entame de rencontre.
Lire la suite : Slovaquie - Suisse (Deutschland Cup, Jour 3)
Un centenaire à oublier
Après avoir dominé la Suède, les Tchèques de l'improbable capitaine Petr Nedved se retrouvent face à un défi de plus grande ampleur. La Finlande est toujours très difficile à jouer avec elle, a fortiori quand elle se présente avec 15 de ses champions du monde du printemps.
Une différence dont on se rend compte dès les premières minutes, car le jeu va beaucoup plus vite. Le gardien Jakub Stepanek réussit un exploit face à Janne Pesonen, décalé au second poteau par Jarkko Immonen, mais ce n'est que partie remise car la Finlande enchaîne une seconde vague offensive après un retour à la bleue. Mikael Granlund sert une magnifique passe levée au second poteau pour Immonen, à nouveau esseulé, qui marque en lucarne (1-0). Le défenseur Miroslav Blatak, qui fête sa 100e sélection sous le maillot tchèque, a été dépassé d'un bout à l'autre par la vitesse finlandaise sur cette action.
Satisfaits de cette ouverture du score rapide, les Finlandais se replient pour protéger leur avance, suivant un plan de match qui paraît parfaitement réglé et qu'on a l'impression d'avoir vu mille fois. Ils ne sont guère inquiétés, au contraire du gardien adverse Stepanek qui voit Komarov et Pesonen s'infiltrer jusque dans son slot. La seule fois où les Tchèques parviennent à créer le surnombre en zone offensive, Petr Koukal n'arrive pas à contrôler la passe de Petruzalek alors qu'il arrive seul au but...
Si les Tchèques veulent avoir une chance, ils devront être plus actifs. C'est ce qu'ils se disent au retour des vestiaires. Ils prennent chacun leur homme, se montrent physiques et bien placés... mais il y a une part de (mal)chance au hockey. Et ce n'est vraiment pas le soir du "centenaire" Blatak, dont la crosse dévie un centre d'Immonen dans ses propres filets (2-0). La première ligne finlandaise n'a pourtant pas besoin d'un tel cadeau pour étinceler. Tandis que Granlund va au filet et attire les défenseurs, Pesonen reste un peu en retrait pour recevoir le centre d'Immonen, et il peut ainsi piéger Stepanek du revers (3-0).
Lire la suite : Finlande - République Tchèque (Euro Hockey Tour 1)
L'équipe nationale de Slovaquie ferait presque peine à voir. Il est vrai peu habituée désormais à apparaître dans les premières lignes des palmarès, la sélection à la Double-Croix porte toutefois comme un lourd fardeau la déroute de sa « dream team » aux derniers Mondiaux organisés à domicile. Le chemin de croix a été rendu encore plus difficile par le traumatisme de la mort du dernier capitaine de la formation, Pavol Demitra, qui a péri comme le reste de l'équipe de Yaroslavl dans le crash de son avion en septembre. Bref. La morosité s'est installée dans le vestiaire slovaque.
Cette modestie s'est matérialisée davantage sur le trajet qui a mené l'ensemble du groupe vers Munich, où la Slovaquie, comme ses adversaires, lance sa saison internationale à l'occasion de la Deutschland Cup. Crise économique oblige, le voyage s'est effectué non plus en avion mais en… car ! Partis à 8h du mat' de la capitale Bratislava, les Slovaques avaient pour mission d'être déjà prêts le même jour à 18h pour leur premier entraînement. Pas forcément les meilleures conditions pour se mettre en jambes.
La Slovaquie a pris le pli depuis quatre éditions de terminer à la dernière place. Le nouvel entraîneur tchèque Vladimír Vůjtek entend bien, malgré tout, améliorer ce catastrophique bilan et, même si les grands noms ont fait faux bond au dernier moment (Miroslav Šatan, Ladislav Nagy, Ľuboš Bartečko), sa liste réunit des éléments « européens » au meilleur de leur forme quoique pour beaucoup inexpérimentés à l'échelle internationale. Si l'on compare avec les Mondiaux, la moyenne d'âge a complètement chuté, passant de plus de 32 ans à moins de 25.
Lire la suite : Slovaquie - États-Unis (Deutschland Cup, jour 1)

C’est le retour au jeu des champions du monde. Après leur deuxième titre acquis à Bratislava en mai dernier que les Finlandais attendaient depuis 15 ans, les Lions foulent la glace de la Hartwall Areena et en profitent pour hisser devant leur public une deuxième bannière au plafond de leur patinoire nationale, presque pleine.
L’équipe n’a presque pas changé, Jukka Jalonen ayant sélectionné une quinzaine de champions du monde dans son groupe. Côté russe, le sélectionneur a en revanche changé, et Zinetula Bilyaletdinov a donc invité 8 nouveaux joueurs dans la “Sbornaïa”.
Le début de la rencontre n’est pourtant pas à l’avantage des champions du monde. Nerveux, ils ne parviennent pas à être dangereux, Mikael Granlund est envoyé en prison après moins de 30 secondes de jeu et les Russes, bien mieux rodés et plus rapides mettent la pression sur la cage adverse, notamment avec la première ligne Radulov-Zubov-Shirokov. Sur la deuxième pénalité finlandaise, la Russie installe rapidement son jeu de puissance, Ilya Nikulin du centre la ligne bleue distribue une belle passe à Alexandre Radulov qui reprend de volée un puissant tir depuis le rond. Karri Rämö est battu mais il sauve ses coéquipiers sur ce tiers-temps en arrêtant les 19 autres tirs.
Depuis six ans, le Canada et les États-Unis sont invités en alternance à la Deutschland Cup. Si le pays du hockey est censé être intrinsèquement plus compétitif, ses sélections "européennes" sont généralement sans lendemain. L'intérêt de l'équipe américaine est que certains joueurs pourraient se porter candidats aux championnats du monde : l'un d'eux, Yan Stastny, a d'ailleurs déjà participé à trois Mondiaux, dont le dernier en date au printemps.
Le staff est pour le moins étoffé. Don Waddell, coach puis manager puis président-manager des Atlanta Thrashers qui a choisi de ne pas suivre la franchise dans son déménagement à Winnipeg, est revenu à ses premières amours en étant nommé entraîneur. Ses deux adjoints sont de jeunes retraités prestigieux, l'ex-défenseur Chris Chelios et l'ex-attaquant Bill Guerin.
Il aurait donc été intéressant de voir dans l'effectif les meilleurs joueurs évoluant en Europe, et de tester en particulier Brandon Bochenski (qui a joué le Mondial 2007) et Ryan Vesce (qui a déjà joué... la Deutschland Cup 2007) puisqu'ils ont fini dans les quinze meilleurs marqueurs de la KHL la saison passée. Même si leur temps de jeu considérable est une explication, ces stats (en baisse pour Vesce cette année) mériteraient qu'on y regarde de plus près. Les deux hommes étaient sélectionnés, mais ont malheureusement déclaré forfait. Avant de crier haro sur leurs clubs de KHL, on constatera qu'un coéquipier de Bochenski au Barys Astana - et ancien vainqueur de la Coupe Stanley - Andrew Hutchinson a bien fait le voyage.
Lire la suite : Suisse - États-Unis (Deutschland Cup, jour 2)
Par rapport à la défaite de la France hier contre la Norvège (1-2), les principaux changements concernent les gardiens. Pål Grotnes prend place devant les filets des visiteurs, tandis que Ronan Quemener garde sa cage habituelle de Grenoble, avec le soutien de ses supporters qui applaudiront particulièrement chacun de ses arrêts pour le mettre en confiance. La vraie différence par rapport à hier tient justement à l'environnement : le public grenoblois est sans doute plus exigeant que son homologue lyonnais et les caméras de télévision sont présentes. Autant de raison pour l'équipe de France de prendre sa revanche.
La Norvège pose tout de suite son jeu tout en contrôle, bâti sur des passes très propres en défense à partir desquelles elle construit ses offensives. Elle installe ainsi son hockey, y compris pendant la première pénalité tricolore de Roussel. Le rôle des arrières français est différent, car ils sont plus amenés à participer à l'offensive. Un registre qui convient évidemment à Kevin Hecquefeuille, dont la permutation avec Bellemare désarçonne la défense adverse jusqu'à provoquer la première pénalité de Sveum.
Lire la suite : France - Norvège (match international à Grenoble)
Le 15 mai 2011 fut un triste jour pour le hockey suédois, le jour de la débâcle face aux rivaux finlandais 1-6 en finale du Championnat du monde avec une dernière période cauchemardesque (0-5). Ce malaise a laissé des traces alors que ce genre de déroute serait inconcevable pour les deux prochains mondiaux organisés à domicile, conjointement avec les voisins finlandais.
Face à la République Tchèque jeudi, on a entraperçu une issue quelque peu similaire. Menés 0-2, la nation Tre Kronor avait réussi à égaliser après deux périodes avant de s'écrouler en troisième. A vrai dire, Gustaf Wesslau, aligné pour la première fois en équipe nationale senior, a montré beaucoup de fébrilité, l'avouant lui-même aux médias. Wesslau devait être mis au repos. Le choix de Viktor Fasth pour jouer la Russie paraissait cohérent entre les déboires de son homologue de Djurgården et des statistiques toujours aussi remarquables sous l'uniforme de l'AIK. Problème : Fasth a passé une nuit blanche et s'est réveillé samedi matin avec une très forte fièvre, il a donc déclaré forfait et a repris le chemin de Stockholm.
Il a fallu alors trouver une solution d'urgence, Johan Gustafsson a été appelé. Deuxième problème : le jeune gardien de Luleå se trouvait avec l'équipe des moins de 20 ans à Vaasa, soit à 420 km d'Helsinki alors que le Suède-Russie devait démarrer à 12h00 ! Un délai beaucoup trop court pour se mobiliser correctement face à l'ogre russe, même avec le taxi le plus rapide de Scandinavie.
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