Classement IIHF : 16e (2010).
7 075 licenciés (2 054 hommes, 383 femmes, 4 638 juniors).
76 patinoires (dont 21 en plein air).
Organisation des championnats : Série A1 (10 clubs), Série A2 (8 clubs), série C.
Résultats des années passées : 2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2003, 2002, 2001, 2000...
Grands clubs : Bolzano, Cortina, Milan.
Aucune surprise en quart de finale de la série A ; mais s'arrêter à ce constat serait faire injure aux équipes éliminées, surtout dans le cas de Pontebba et Fassa. Voyons en détail les quatre séries.
Le verdict final de la saison régulière du championnat italien est le suivant : 1 Renon 79 points, 2 Val Pusteria 75, 3 Asiago 75, 4 Bolzano 69, 5 Pontebba 62, 6 Fassa 57, 7 Alleghe 46, 8 Valpellice 41, 9 Cortina 36. Par conséquent, une des équipes les plus connues et les plus titrées, Cortina, a terminé prématurément sa saison 2009/10 ; les autres, à partir de samedi, commenceront les play offs au meilleur des sept matchs.
Comment est-il possible qu'une équipe qui a remporté 16 fois le championnat d'Italie (la dernière en 2006/07) ait fini aussi bas ? Dans un récent sondage proposé aux supporters, les dirigeants du club sont indiqués comme principaux responsables (48%), suivis par le gardien Billy Thompson (29%), mais, comme toujours, les mauvais résultats ont beaucoup de causes.
Le président Alessandro Moser a eu le tori de ne pas croire jusqu'au bout à ses choix : il était convaincu de ramener le spectacle à la patinoire olympique de Cortina en engageant l'entraîneur Larry Suarez, mais il l'a licencié à mi-ssaison ; il a critiqué le gardien dès le début et l'a privé de la sérénité nécéssaire ; et puis il a voulu le retour du coach Douglas McKay, le "sergent de fer" qui avait divisé le vestiaire par le passé et qui y est de nouveau parvenu. On peut également indiquer : la préparation physique approximative (trop de blessures dès les premiers mois), la difficulté d'acclimatation de certains joueurs, le rendement irrégulier des "étoiles" (Cullen, Keith, De Bettin)... En somme, un désastre.
Alain Vogin, entraîneur très apprécié à Torre Pellice, a fait savoir que, pour de graves motifs personnels, il ne pourra pas suivre la Valpe dans les ultimes rencontres de la saison.
Lire la suite : Valpellice sans "Napoléon" pour le sprint final
Pendant qu'à Bercy, Briançon conquérait sa première Coupe de France aux dépens de Rouen, à Bolzano, Renon imitait les "Diables rouges" en insérant dans son palmarès sa première Coupe d'Italie. La finale de la Coupe s'est disputée en deux journées : les demi-finales samedi (Bolzano - Val Pusteria 2-3 après prolongation et Asiago - Renon 2-3), et la grande finale dimanche au cours de laquelle l'équipe de Ron Ivany s'est imposée dans une partie très équilibrées et maintenue à un score bas par les parades des deux excellents gardiens Cloutier et Jakaitis : Renon - Val Pusteria 2-1.
En Italie, le championnat de série A en est aux trois cinquièmes de la saison (24 parties disputées sur 40 en saison régulière) après les rencontres du 28 décembre. Il a trouvé avec Val Pusteria l'équipe dominatrice.
Les "loups" de Brunico, en tête du classement avec 10 points d'avance, ont avec Oberrauch, Desmet et Sirianni le meilleure ligne d'attaque du tournoi (58 buts) et, avec l'Italo-Canadien Robert Sirianni, le prince des marqueurs (27 buts et 27 assists). Leur défense n'est devancée que par celle de Fassa. Idem pour Jeffrey Jakaitis, deuxième parmi les gardiens avec un pourcentage d'arrêts de 93,1%.
Pour compléter le grand moment que vit l'équipe entraînée par Stefan Mair, s'est ajoutée l'invitation faite à Armin Helfer, défenseur de l'équipe nationale d'Italie, pour renforcer Davos lors de la Coupe Spengler, le grand rendez-vous hockeystique qui se dispute entre Noël et le Jour de l'An dans le village suisse.
Et voilà, le temps des résultats fous est révolu. On avait dit que cela arriverait avant Noël, mais en Italie, où l'on joue deux fois par semaine (le jeudi et le samedi), le retour à la normalité a été anticipé.
La série A en est aux deux cinquièmes de la saison régulière : la formule, entièrement neuve, prévoit un double aller-retour plus un tour "aller" seulement avant les play-offs. À ce point, les ambitions des neuf participants sont assez claires.
Seul un fou aurait pu prévoir que, après sept journées, le classement du championnat italien de série A aurait été aussi stupéfiant : en tête, il manque les noms des favoris d'hier (Bolzano et Renon), alors qu'Alleghe et Cortina, deux équipes considérées comme de possibles outsiders dans la lutte pour le titte, occupent pour l'heure les derniers postes. Les spécialistes sont certains que, d'ici Noël, tout rentrera dans la norme, mais en attendant, comment justifier une telle révolution ?
Les plus grosses surprises viennent de Fassa et Valpellice. À Canazei, chef-lieu du Val di Fassa, et à Torre Pellice, où joue la "Valpe", les noms sur toutes les lèvres sont ceux des deux gardiens (Adam Dennis et Craig Kowalski) et des deux entraîneurs (Steve Stirling et Alain Vogin).
Je rencontre Alain Vogin au "Cotta Morandini" de Torre Pellice, la nouvelle "maison" de l'ex-coach des Dragons de Rouen. Sa nouvelle aventure le passionne, mais les années passées en France ne s'annulent pas avec un nouveau contrat : il suffit, en fait, d'évoquer avec lui les souvenirs de la patinoire de l'île Lacroix...
- Alain, trois saisons au plus haut niveau avec les Dragons, puis la rupture ; que s'est-il passé ?
- Rien de particulier, simplement je n'ai plus réussi, comme l'année précédente, à motiver les joueurs dans les matches qui comptent. Nous sortions d'une grande saison, mais les blessures et les problèmes personnels de certains joueurs ne nous ont pas permis de trouver la concentration juste quand cela nous aurait servi.
- On a aussi parlé de problèmes de vestiaire... (je lui fais voir une liste de noms)
- Tous de grands joueurs. Malheureusement à Rouen il y a toujours beaucoup de gens qui tournent autour de l'équipe, et cela ne permet pas de protéger un environnement délicat comme un vestiaire. Peut-être que nous étions seulement à la fin d'un cycle et qu'une certaine relation avait craqué : rien de plus. Je le répète : ceux-là [il indique la liste] sont de grands joueurs : je n'aurais pas de problèmes à leur demander de faire partie de mon équipe de mon équipe si l'occasion s'en présentait.
- Des Dragons à Valpellice, un néo-promu en série A italienne : un joli saut.
- C'est une nouvelle phase de la vie professionnelle. À Rouen, comme je l'ai déjà dit, un cycle s'est terminé et pour repartir j'ai choisi une nouveauté absolue. Je savais trouver ici une atmosphère de passionnés, en plus la possibilité m'a été offerte d'adopter le double rôle d'entraîneur et manager. Chercher les bons contacts, sélectionner sur la base de ses exigences et choisir ses propres joueurs n'est pas une mince entreprise, mais c'est comme ça que l'on s'améliore professionnellement : c'était une opportunité intéressante et les défis me plaisent.
- Revenons à la Magnus : qui gagnera le championat 2009/10 ?
- Briançon peut-être ; la troisième tentative pourrait être la bonne et ils ont un Sopko qui peut se révéler décisif. Ou encore Grenoble qui a toujours une excellente équipe malgré quelques grosses perdite, surtout celle d'Amar. Ou, pourquoi pas, mon ex-équipe : Rouen est habituée à gagner dans les années paires et aura entre les poteaux un certain Lhenry ! Et puis il ne faut pas oublier Angers : les Ducs sont en croissance continue depuis plusieurs années et leur éventuelle victoire ne devrait étonner personne.
- Trop de prétendants : essayons de réduire.
- Alors je prévois une finale entre Rouen et Angers, même si c'est un pronostic de coeur. À Rouen j'ai passé de très belles années, avec les Ducs j'ai débuté en France comme joueur et ma femme est angevine...
- Continuons avec les pronostics : qui gagnera lors de la première journée du 19 septembre ?
- Je dirais que Grenoble, Amiens, Angers, Rouen et Briançon ne devraient pas rater leur entrée. Il est plus difficile de choisir entre Épinal et Strasbourg ; peut-être Strasbourg parce que j'ai une grande estime pour leur coach Bourdages. Restent Dijon et Neuilly-sur-Marne, et ce pourrait être la surprise avec Neuilly qui gagne à l'extérieur.
Les points ayant été divisés par trois après un double aller-retour, c'est maintenant que les points valent cher dans le championnat d'Italie. Et c'est maintenant que Bolzano va peut-être concrétiser enfin son potentiel. Il a pris la tête du classement en battant l'ancien leader Cortina (6-4) dans un match avancé à mardi soir en raison de la Coupe Continentale. Josh Olson a marqué trois buts et justifié sa promotion pour ce match en première ligne aux côtés du meilleur marqueur de série A Kenny Corupe et de Luca Ansoldi.
Bolzano a vécu deux mois relativement agités depuis la qualification en Coupe Continentale. Quoique, en fait, cela fait plusieurs années que ce club a eu une histoire agitée. Le défenseur Leo Insam, pourtant international, se morfondait sur le banc et a fini par se recaser à Gherdeina en série A2. L'attaquant canadien Nate DiCasmirro, doté de mains d'or mais pas fondamentalement efficace, a demandé à partir en décembre... et a signé un contrat à l'essai à Timrå en Elitserien jusqu'à la fin du mois. Il a toutefois été remplacé par l'international néerlandais Jamie Schaafsma, monté en deuxième ligne mardi avec le duo canadien Pittis-Jardine.
Longtemps en première ligne, Christian Walcher forme aujourd'hui le troisième trio avec les autres anciens du club Zisser et Ramoser. Alors qu'il avait explosé les compteurs l'an passé en partant à Renon, Enrico Dorigatti fait figure de dixième attaquant et cire toujours le banc depuis qu'il est rentré à Bolzano.
L'Europe, c'est aussi ce qui motive Bolzano, qui retournera à Rouen 14 ans après, mais sans Jaromir Jagr cette fois. Non content de s'être qualifié pour la superfinale de la Coupe Continentale, le HCB a obtenu son billet pour les demi-finales de la Coupe d'Italie et est à portée du leader du championnat Cortina puisqu'il compte un match en moins.
Sa star Kenny Corupe est plus que jamais le meilleur joueur de la série A, et il est plus qu'impressionnant en marquant deux points par match. Le gardien finlandais Pasi Häkkinen a été vite adopté, autant que l'était un Groeneveld avant lui. Bref, Bolzano domine le hockey italien et reçoit des appels du pied insistants pour rejoindre la ligue autrichienne...
Mais Bolzano, c'est aussi l'art de créer des crises perpétuelles. Et le bruit qui court, annoncé certain par un journaliste connu du net, est que l'entraîneur Jari Helle est sur le point d'être licencié, ce qui a de quoi surprendre au vu de la situation sportive ! Pourquoi se passer du "stratège" finlandais, comme on l'a appelé lorsqu'il a conduit l'équipe au titre ? En fait, le problème vient surtout d'un conflit latent entre le coach et certains joueurs, dont le défenseur international italien Leo Insam. Les deux hommes ne s'apprécient guère. D'aucuns prétendent que Bolzano est plus fort de toute façon et aurait le potentiel d'aller plus haut avec un autre coach... Ailleurs que dans la capitale du Südtirol, on a quand même l'impression qu'il faudrait être fou pour prendre un tel risque...
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