Classement IIHF : 1re (2010).
82 967 licenciés (25 750 hommes, 257 femmes, 56 750 juniors).
171 patinoires (dont 3 en plein air).
L'histoire du hockey soviétique.
Organisation des championnats : création en 2008 de la KHL incorporant trois clubs de pays voisins (Lettonie, Bélarus, Kazakhstan) et autonome de la fédération (avec délégation officielle). Vysshaïa Liga et Pervaïa Liga organisées par la FHR. Compétitions juniors : MHL créée en 2009 par la KHL, et autres catégories (U18, U16, U15, U14, U13) gérées par les fédérations régionales avec tournoi final national.
La page 2010/11 du championnat russe.
Le palmarès du championnat.
Grands joueurs : Vsevolod Bobrov, Anatoli Firsov, Aleksandr Yakushev, Vladislav Tretiak, Vyacheslav Starshinov, Aleksandr Maltsev, Valeri Kharlamov, Boris Mikhaïlov, Vladimir Petrov, Sergei Makarov, Igor Larionov, Vyacheslav Fetisov, Aleksei Kasatonov, Vyacheslav Bykov, Sergei Fedorov, Aleksandr Ovechkin, Evgeni Malkin.
Après son début de saison totalemlent raté, Ak Bars Kazan, champion de Russie 2006 et finaliste 2007, s'est bien repris. Les Tatars sont depuis deux mois l'équipe la plus performante de la Superliga, et ils sont remontés en sixième position à cinq points du podium.
Hier, ils ont cependant connu un coup de théâtre : Aleksei Morozov, le meilleur attaquant des championnats du monde 2007, a demandé à abandonner son habituel poste de capitaine. La rumeur bruisse d'une mésentente avec son entraîneur Bilyaletdinov, mais le joueur explique simplement qu'il s'agit d'un choix personnel parce qu'il estime que le rôle - pourtant pas nouveau - le disperse et qu'il nuit à ses performances. Tout est relatif : certes Morozov n'a pas 18 points d'avance au classement des marqueurs comme l'an passé, mais il est toujours le meilleur compteur du championnat, à deux points devant Mozyakin. En tout cas, sa décision a pris Kazan de court. Le "C" est allé à son partenaire de ligne Danis Zaripov hier soir (3-0 contre Yaroslavl) et pourrait échoir ensuite à Aleksandr Stepanov et Ilya Nikulin.
La voie est donc libre pour la nouvelle "KHL" (ligue continentale de hockey), ouverte - théoriquement - aux autres pays. Les règles de celle-ci seront calquées sur celles de la NHL, avec transparence des comptes, limites salariales hautes et basses, mais aussi des initiatives plus bizarres à transposer comme la draft. Pour connaître le règlement exact par-delà les mots, il faudra attendre jusqu'au 15 avril. Les deux parties ont en effet décidé de travailler en silence pendant deux mois, en s'interdisant de déclarations publiques comme c'était le cas jusqu'à présent. Une manière moins conflictuelle de procéder qui est la principale conséquence de cet accord.
13 clubs sur 20 ont déjà changé d'entraîneur cette saison en Superliga russe. Dans cette berezina, un club se distingue, le Torpedo Nijni Novgorod, parce qu'il en a déjà changé deux fois. Les deux coaches licenciés ont d'ailleurs réglé quelques comptes.
Le mois dernier, Vladimir Yurzinov avait accusé son collègue Piotr Vorobiev, dont le nom signifie "le moineau", d'avoir rôdé autour de son poste... come un vautour. Vorobiev aurait usé de son influence auprès de son vieil ami Valeri Shantsev, ancien maire-adjoint de Moscou passionné de hockey et aujourd'hui gouverneur de Nijni Novgorod, pour "piquer la place". Il n'y avait pourtant pas motif. Après un très bon début de saison pour un promu, le Torpedo était encore seizième, et dernier qualifié en play-offs. Depuis que Vorobiev est arrivé, la situation s'est aggravée. Son système très contraignant n'est pas passé auprès des vétérans de l'équipe.Les résultats se sont dégradés, jusqu'à ce que l'équipe échoue à la dernière place. Les tribunes se sont révoltées lors du match de bas de tableau contre Novokuznetsk : une partie des spectateurs a déserté, et ceux qui sont restés criaient à la démission de Vorobiev et au retour de Yurzinov.
Le lendemain, Piotr Vorobiev était à son tour démis de ses fonctions, officiellement pour raisons de santé. Son remplaçant sera Evgeni Popikhin, qui lui avait déjà succédé au Khimik. Le nouveau n'est pas un inconnu pour le gouverneur : lui aussi l'avait côtoyé lorsqu'il évoluait au Dynamo.
Si Vorobiev ne s'est pas exprimé publiquement, son adjoint Valeri Shaposhnikov l'a fait pour lui. Après avoir qualifié d'immorales et non-professionnelles les déclarations de Yurzinov sur un confrère, il ne s'est pas gêné pour lui rejeter toute la faute. Si l'on en croit Shaposhnikov, en arrivant en cours de saison, Vorobiev et lui ont pris une équipe en mauvaise condition physique, sabotée par son manque de préparation, qui craquait déjà au troisième tiers-temps dans ses derniers matches sous Yurzinov.
Tout d'abord, la bagarre générale entre l'Ak Bars Kazan et le Traktor Chelyabinsk, un match qui a battu le record russe des pénalités avec un total de 403 minutes infligées ! Ce tarif "définitif" inclut la pénalité du match infligée a posteriori au vu des images par la commission de discipline au capitaine des visiteurs Andrei Nikolishin, qui n'avait pas été sanctionné par l'arbitre sur le coup.
Après deux nouvelles défaites à domicile contre Kazan et Nijnekamsk, la décision présidentielle a été encore plus radicale : le président a ordonné de mettre à l'écart Kanareïkin et de confier les commandes de l'équipe à Valeri Postnikov. Celui-ci s'est exécuté dans la plus totale allégeance, comme il l'a confié à Sport-Express : "J'ai un très grand respect pour Rashnikov, et je ne pouvais pas lui refuser cela. C'est précisément grâce à ses efforts que le club de hockey s'est développé à Magnitogorsk et que l'équipe figure parmi les grands de notre championnat. Le président sent toujours bien la situation. Les solutions qu'il choisit sont correctes à 99,9%."
Les débuts de Postnikov, vétéran actif sur le banc comme un gamin enthousiaste, se sont bien déroulés, avec deux succès à l'extérieur chez le Khimik et le SKA Saint-Pétersbourg, le deuxième du classement qui n'est plus qu'à trois points. Le cap de la fin d'année sera passé, mais le plus important reste à venir : dans deux semaines, le Metallurg Magnitogorsk reviendra à Saint-Pétersbourg pour participer à la Coupe d'Europe des Champions, qu'aucun club russe n'a jamais perdu dans sa formule actuelle.
Quant à Vladimir Krikunov, il n'a pas survécu à un terrible 1-8 encaissé avant-hier à domicile contre les derniers du championnat, les banlieusards du Vityaz Chekhov. Un score pareil, jamais le Dynamo n'en avait encaissé depuis des matches contre le grand CSKA à l'époque de l'URSS. Principale responsable désignée par l'entraîneur, la meilleure paire défensive Rylov-Vyshedkevich, présente sur la glace lors de six buts. Krikunov n'a pas fui pour autant ses propres responsabilités : comme en novembre, il a présenté sa démission... aussitôt acceptée cette fois. Le gardien du Kazakhstan, Vitali Eremeïev, a parlé au nom des joueurs pour remercier son ex-entraîneur pour son travail durant trois ans et demi (dont un titre de champion de Russie en 2005 et de champion d'Europe en 2006).
Une tête connue (et dure) s'en va, un autre arrive : Piotr Vorobiev, le maître-serrurier et roi du béton, a été embauché comme nouvel entraîneur du Torpedo Nijni Novgorod en remplacement de Vladimir Yurzinov. Le promu, qui avait très bien commencé la saison, est en effet retombé à la seizième place sur vingt équipes, et sa qualification en play-offs n'est plus assurée tant le classement est serré (les quatre derniers se tiennent en un point).
La fenêtre des transferts ouverte pendant la trêve internationale de décembre devrait surtout voir beaucoup de mouvement de gardiens. Maksim Sokolov n'a pas retrouvé son niveau en retournant à l'Avangard Omsk, où il avait connu ses meilleurs années. L'ex-gardien international, sur le déclin, a été renvoyé. Il sera bientôt remplacé par le Canadien Fred Brathwaite, ancien champion de Russie avec Kazan.
Avant-hier, Omsk a gagné le derby sibérien contre le Sibir Novosibirsk... et sonné le glas du gardien des visiteurs Daniel Henriksson. Sorti après avoir pris deux buts en deux minutes de jeu, le Suédois a joué son dernier match en Russie. Sa doublure Vitali Evdokimov ayant aussi été écartée, le Sibir avait besoin d'urgence d'un gardien. Sokolov était forcément une piste évoquée par la rumeur, mais c'est son ancien collègue en équipe nationale de Russie qui a été choisi : Egor Podomatsky était à la peine depuis quelques saisons, et il a ainsi fini par quitter le Lokomotiv Yaroslavl où il avait fait toute sa carrière.
Yaroslavl avait déjà essayé de s'attirer les services d'Aebischer avant qu'il ne signe à Lugano. Le nouveau portier sera finalement Juuso Riksman, le double vice-champion de Finlande qui a vite tiré un trait sur une expérience nord-américaine frustrante (huit minutes joués en AHL et deux buts encaissés).
Treizième : c'est la place actuelle du champion d'Europe en titre en Superliga russe. Écart avec le leader Ufa : 27 points. Écart avec le dernier : 6 points. Le plus étonnant dans ce début de saison complètement raté de Kazan, c'est que, malgré les relations qu'on dit glacées avec son centre Zinoviev, la star Aleksei Morozov arrive quand même à apparaître en première position au classement des marqueurs !
Les Tatars sont en véritable crise de confiance, et on sait que la confiance d'une équipe commence par le gardien. Or, le portier finlandais Mika Noronen vient tout juste de se faire enlever les broches de sa clavicule. Celui qui paraissait capable d'assurer au moins l'intérim, Vassili Koshechkin, a totalement raté sa première expérience hors de son club formateur de Togliatti. "Pas prêt psychologiquement pour un poste de n°1 dans un grand club", selon son entraîneur Bilyaletdinov, Koshechkin va devoir partir à la trêve. Le souci, c'est que le salaire qui lui a été offert cette année est aussi imposant que sa taille (2 mètres). Aucun club ne semble prêt à le reprendre à ce prix. De toute façon, il ne fera pas long feu à Kazan qui, en plus du retour espéré de Noronen, a engagé Robert Esche. Le gardien américain, qui avait joué le premier - et le meilleur - match de sa carrière internationale contre la Russie, tentera de s'y relancer alors que sa cote a terriblement décru depuis deux ans.
Les autres recrues de l'intersaison ont fait un flop tout aussi retentissant que Koshechkin. Le centre canadien Cory Larose (83 points en 63 matches d'AHL l'an passé) a été totalement invisible et renvoyé au bout de quatre matches. Nikita Alexeïev (23 points l'an dernier en NHL, 2 points en 17 matches avec Kazan) connaîtra le même sort à la prochaine trêve.
Il faut faire de la place aux nouveaux arrivants, et ils sont nombreux. L'international tchèque Petr Cajanek arrive des Blues de Saint Louis (NHL), mais c'est surtout en LNA suisse qu'Ak Bars Kazan est allé faire son marché : Jukka Hentunen à Lugano, Oleg Petrov à Zoug et Christian Berglund à Berne... Ah, non, pas Berglund. Les Bernois se sont rebiffés et n'ont pas voulu laisser partir leur joueur à ce prix-là. Le club russe s'est donc rabattu sur Roman Voloshenko, l'ex-espoir des Krylia Sovietov qui a claqué la porte de l'AHL. Il devra progresser en patinage pour se relancer en Superliga. Si on fait l'addition des noms, tout cela est bien joli, et on ne doute pas qu'Ak Bars a payé très cher ce nouvel arrivage. Mais la dernière fois que les Tatars avaient mis le paquet (de roubles), c'était pendant le lock-out NHL et ça n'avait pas vraiment fonctionné. Il y a juste un petit détail gênant dans ce recrutement, pour une équipe qui a actuellement une des moins bonnes défenses de Superliga : où sont les arrières ?
S'ils reviennent maintenant à la fin octobre, c'est évidemment que leur carrière NHL touche à leur fin. Kasparaitis reste sur une année très difficile après un divorce et une dépression, et c'est pourquoi les Rangers l'ont prêté en Russie plutôt que de le voir croupir en AHL. Dans le cas de Markov, c'est simplement que le Dynamo était le plus offrant.
On n'attend pas forcément monts et merveilles d'eux, surtout que les divers joueurs de NHL arrivés à l'intersaison en Superliga (on parle là de hockeyeurs plus jeunes avec plus d'avenir) ont souvent déçu. Accueilli en grande pompe, Aleksei Yashin (Lokomotiv Yaroslavl) est du nombre, même s'il a été élu meilleur joueur du match contre le Severstal dans la semaine.
C'est vraiment un SKA newlook qui est sur la glace cette saison, et pas uniquement à cause de son nouveau logo "revival". A contrario de la saison passée, l'argent de Gazprom semble cette fois bien investi. Les Pétersbourgeois présentent ce qui leur manquait par-dessus tout, une équipe solidaire. Une réussite à mettre au crédit de Barry Smith, seul entraîneur nord-américain restant en Superliga puisque Gardner vient de se faire virer de Yaroslavl. Le vieux sage canadien, imprégné de culture scandinave, a amené des méthodes plus proches de ce qui se fait outre-Atlantique. Sur la glace, avec des entraînements plus courts et plus intenses, mais aussi hors glace, en demandant à ses joueurs le port du costume cravate.
En match, les hockeyeurs du SKA ne paraissent nullement endimanchés. Ils font la loi en ce début de saison avec huit victoires en dix journées. Et même si Smith refuse catégoriquement de considérer qu'il a une première ligne qui se distingue des autres dans son collectif, il est clair que la différence vient de ce que le club a désormais un premier trio de grand talent. Maksim Sushinsky, revenu à son meilleur niveau, a vite trouvé la bonne entente avec ses partenaires suédois : le vétéran de NHL et LNA Andreas Johansson, qui n'avait joué que 19 matches à Färjestad l'an dernier pour cause de problèmes de dos, a encore de beaux restes, et le champion olympique Mika Hannula a retrouvé le plaisir de jouer au point de s'imposer comme le boute-en-train de l'équipe. Cette formation n'a peur de rien, et elle l'a prouvé dans ses longs voyages aux quatre coins de la Russie : six victoires en six déplacements !
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