Classement IIHF : 8e (2010).
9 870 licenciés (1 950 hommes, 263 femmes, 7 657 juniors).
68 patinoires (dont 21 en plein air).
Les résultats commentés 2008/09.
Le palmarès du championnat.
Après 10 ans d'attente, Kosice est redevenu hier champion de Slovaquie en gagnant aux tirs au but à Skalica sur un penalty gagnant de son capitaine Juraj Faith. L'ancien joueur de Mulhouse, qui était parti avant le titre de champion de France, entre ainsi dans l'histoire du hockey slovaque : "C'est l'aboutissement de ce que je n'avais pas encore réussi au hockey. J'attendais ça depuis un temps affreusement long. [...] Mon père [entraîneur de l'équipe adverse] m'a félicité. Il a plus de titres que moi. Il est juste que son fils ait maintenant un titre. C'est une célébration partagée en famille. Skalica a fait une fantastique saison, mais n'a pas eu la même séquence que nous : quatrièmes, troisièmes, deuxièmes et maintenant premiers."Le héros malheureux, c'est l'autre capitaine, Zigmund Palffy, qui a conduit Skalica en finale presque à lui tout seul, mais qui a aussi manqué trois tentatives dans cette séance fatidique de penaltys ! Alors qu'il y avait égalité un partout après trois essais de chaque côté, ses coéquipiers ont laissé "Ziggy" choisir qui tirerait pour les duels supplémentaires. Il a voulu y aller deux fois lui-même, et cette obstination n'a pas payé.
Après avoir évoqué Bolzano et Minsk à travers leurs qualifications, intéressons-nous au seul adversaire de Rouen qualifié d'office pour la finale, le club slovaque du MHC Martin. Il est réputé pour avoir la plus grosse ambiance de l'Extraliga slovaque, et on en aura un petit aperçu à Rouen avec 80 supporters environ.
Martin sort de sa meilleure saison, avec le meilleur effectif qu'il ait jamais eu. Il avait manqué de très peu (à la dernière journée) la deuxième place de la saison régulière, qui l'aurait qualifié pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Au lieu de cela, il a fini troisième et joue ainsi la Coupe Continentale, où il a été directement qualifié pour la Superfinale qui se tiendra ce week-end à Rouen, et où il fait figure de favori en tant que seul représentant d'un grand championnat (même si c'est le plus petit des grands championnats). Mais cette saison 2007/08 d'exception avait été gâchée en play-offs : menant 3 victoires à 0, Martin avait trouvé le moyen de se faire éliminer en perdant les quatre manches suivantes contre Trencin !
Ces résultats avaient tout de même appuyé la politique du président Jaroslav Zigo, qui veut ressusciter Martin en faisant revenir les ex-internationaux formés localement et partis dans des clubs plus ambitieux. Michal Beran, le capitaine très réfléchi (35 ans), et Jaroslav Török, le combattant de tous les instants (37 ans), forment ainsi toujours le cadre de l'équipe, et ils ont été rejoints cette année par un joueur qu'ils ont côtoyé depuis leur plus jeune âge, le défenseur Daniel Babka (36 ans, 196 cm et 104 kg).
Avec cette arrivée, la saison 2008/09 devait donc être celle de la confirmation pour Martin. Malheureusement, le mois de décembre a été marqué par des blessures de joueurs clés, Török et l'attaquant tchèque Lukas Havel, et le club a chuté au classement. Cette période noire a illustré une certaine faiblesse de banc du MHC, qui joue à 3 lignes contre 4 à ses adversaires : le jeune international letton Guntis Dzerins a ainsi une fiche de -11 alors que les joueurs des deux premiers blocs sont tous nettement positifs. Ce manque de profondeur est bien sûr relatif à l'Extraliga slovaque, mais il signale que les Slovaques auront un avantage moins important que prévu sur un Rouen voire un Bolzano, qui n'ont pas des effectifs aussi fournis que des clubs de grands championnats.
Cette fin d'année difficile a coûté sa place à Ladislav Spisiak, l'entraîneur en poste depuis mars 2006. Depuis le Nouvel An, c'est Dusan Gregor - champion de Slovaquie 2004 avec Trencin et viré par le club tchèque de Liberec en début de saison - qui a repris les rênes de Martin. Mais les deux défaites du dernier week-end ont compromis les chances de figurer parmi les six meilleures équipes, celles qui joueront une poule finale. Pendant la Coupe Continentale, le club slovaque sera sûrement attentif à ce qui se passe au pays car les résultats de ses adversaires pourraient lui barrer définitivement la route du top-6 et l'obliger à jouer la poule basse qui délivrera deux places restantes en quart de finale.
Le meilleur marqueur de l'équipe est le Tchèque Lukas Riha, un joueur talentueux mais réputé pour son caractère imprévisible. Il peut parfois être très sympathique et se mettre le public dans la proche, comme la saison dernière quand il a emprunté les accessoires des pom-pom girls (les pompons, pas les vêtements...) et imité leur chorégraphie après un match. Mais il peut aussi s'énerver assez souvent... Très souvent, en fait. Riha est le joueur le plus pénalisé du championnat slovaque en raison de méconduites à répétition.
La discipline est une des clés rappelées par Gregor depuis son arrivée : si son équipe prend moins de prisons, elle n'en sera que plus redoutable. Son powerplay a les deuxièmes meilleures statistiques de l'Extraliga slovaque, à plus de 20%, et pourrait être son arme fatale.
La tendance est claire à Liptovský Mikulás : 6e en 2000, 7e en 2001 et 2002, 9e en 2003, 7e en 2004, 8e en 2005, 9e en 2006 et 2007, 11e et dernier en 2008... Le club voit sans cesse partir ses meilleurs joueurs (par exemple un certain Jan Plch en 2005) et fait figure d'éternel figurant dans l'Extraliga slovaque.
Cette année, les anciens sont revenus. Mais s'ils sont revenus, n'est-ce pas qu'on ne voulait plus d'eux ailleurs ? N'est-ce pas qu'ils sont trop vieux et qu'il est trop tard pour eux ? On pouvait le penser pour un Peter Listiak, plus hasardeux dans ses relances à sa seconde saison à Épinal. Et pourtant, le défenseur, qui a fait toute sa carrière ici avant ses deux années en France, a aujourd'hui la meilleure fiche +/- de l'équipe : +17.
Oui, les vieux se portent bien. Le centre Juraj Halaj, revenu dans son club formateur six ans après, en est le meilleur marqueur à 39 ans. L'arrière tchèque Jiri Hes, pas vraiment convoité à 36 ans avec 4 petits points à sa dernière saison en Extraliga tchèque, est devenu le meilleur marqueur du championnat parmi les défenseurs, tout en prenant sous son aile la jeune génération qui s'avère prometteuse.
Mais la clé actuelle de l'équipe, c'est son gardien tchèque Martin Falter. Il est là depuis plus de trois ans mais n'a jamais été aussi performant. Il a été élu deux fois "joueur défensif de la semaine" de l'Extraliga au cours du mois. Incroyable deuxième du classement, le HK32 Liptovský Mikulás ne lâche toujours rien au leader Kosice (trois points de retard, mais avec un match en moins).
Dommage que le public soit tellement habitué à la défaite qu'il ne connaît même plus le chemin de la patinoire. Le maire de la ville Jan Blchac a décrété que le match contre Skalica serait gratuit, et 3000 personnes se sont pressées dans la patinoire, mille de plus que d'habitude. Espérons que cet engouement se poursuivra car le parcours du club le mérite.
À l'issue de deux allers-retours dans l'Extraliga slovaque, le promu Kezmarok - une station de ski - avait gardé sa huitième place un peu par miracle, après une série de huit matches sans victoire, uniquement parce que ses poursuivants Zilina et Nitra avaient été aussi faibles dans la "dernière ligne droite".
Sauf que ce n'était pas tout à fait la dernière ligne droite. Dans sa nouvelle formule à 12 clubs, le championnat slovaque a rajouté à un double aller-retour traditionnel douze journées supplémentaires où les clubs classés à un rang impair rencontrent en aller-retour ceux classés à un rang pair.
Cette 8e place, obtenue en vertu des confrontations particulières par Kezmarok, qui avait battu trois fois sur quatre Zilina (à égalité de points), recelait donc un piège en réalité. Cela tient aux deux extrêmes. Le promu devait affronter les équipes classées 1, 3, 5, 7, 9 et 11, y compris le Slovan Bratislava, dominateur incontesté de la saison régulière. Zilina avait droit en revanche à deux matches faciles contre le n°12, l'équipe nationale junior slovaque intégrée au championnat pour apprendre (dans la défaite). D'un côté, deux défaites "probables". De l'autre, deux succès "assurés". C'est en tout cas ce que disaient les contempteurs de la formule...
En fait, Kezmarok a pris quatre points sur six possibles contre Bratislava. Et son adversaire Zilina a réussi à ne glaner qu'un point sur six contre les juniors ! Les moins de 19 ans (car ce sont eux qui remplacent les moins de 20 ans après le Mondial pour préparer l'année suivante...) n'ont même gagné que contre Zilina dans cette phase décisive... Cela n'a pas empêché le champion 2006 Zilina de doubler Kezmarok... qui pourra accuser tout le monde sauf la formule.
Tandis que Vladimir Hiadlovsky (junior) a gagné la place de titulaire dans les cages de Tours, son père Vladimir Hiadlovsky (senior) s'est fait virer de son poste d'entraîneur de Zilina, après une série noire qui a vu le champion 2006 ne gagner qu'un match en quatorze journées. Il ne faut pas croire pour autant que le coach sert de seul fusible et que les joueurs sont épargnés. Ce n'est pas comme ça que ça se passe dans l'Extraliga slovaque ! La coutume locale est plutôt aux sanctions financières. Les hockeyeurs de Zilina s'étaient déjà vu retirer leurs primes d'octobre pour n'avoir pas redressé la barre comme les dirigeants l'avaient exigé.
Depuis le changement d'entraîneur, c'est une solution plus originale qui a été tentée : le club a décrété l'entrée gratuite pour les supporters pendant trois rencontres, car ce sont les joueurs qui paieront les recettes de match "normales" de leur poche ! Un nouveau système qui a immédiatement fonctionné : le premier match "offert" par les joueurs a été gagné 5-4, qui plus est contre le leader, le Slovan Bratislava. Le public en a eu pour son... euh non, pour leur argent !
Neuf matches, neuf victoires (dont une en prolongation et deux aux tirs au but), c'est un début de saison parfait que signe le Dukla Trencín. Cela rappelle ce qui s'était passé il y a quatre ans, quand l'ex-club militaire était resté invaincu pendant quatorze journées grâce à l'idole locale Marian Gaborik, en bras de fer avec son club nord-américain de Minnesota. Mais il n'y a pas de point commun avec aujourd'hui : si toute la presse a annoncé la possible incorporation de Ronald Petrovicky en attente d'un nouveau contrat NHL, il n'a pas encore joué même si. La raison du succès n'est pas à chercher non plus chez le défenseur offensif Richard Lintner : il est là provisoirement jusqu'au 20 octobre, parce qu'il ne passe que six mois par an en Suède pour raisons fiscales, mais il n'a été utilisé que deux fois.
C'est en fait avec un effectif très stable que Trencín domine l'Extraliga slovaque. Le nouvel entraîneur tchèque Antonin Stavjana a simplement amené deux joueurs de Nitra dans ses valises (Viliam Cacho et Samir Saliji) pour remplacer les partants Tibor Melicharek et Jiri Hes. Et le joueur qui cartonne en ce début de saison, en occupant la tête des marqueurs avec 13 points, est un quasi-anonyme. Le centre Peter Huzevka, qui vient de fêter ses 31 ans, a atteint en un mois la moitié de son total de l'an dernier (27), qui constituait pourtant déjà un record en carrière. Sa ligne avec Cacho et Jan Pardavy fonctionne bien, mais c'est toute l'équipe qui se balade pour l'instant... dans le plus déséquilibré des championnats majeurs.
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