Juillet 2005

 

01/07 Le point sur les clubs en attente de validation

Depuis une semaine que la non-validation des deux finalistes du dernier championnat a été annoncée, on s'est agité à Mulhouse comme à Tours. Chez le champion de France, les membres du comité directeur ont injecté 78 000 euros directement dans le compte courant du HCM, afin de prouver leur investissement pour l'avenir du club alsacien. Le reste de l'argent nécessaire pour apurer la dette, soit 182 000 euros, a été obtenu par un prêt contracté auprès de deux banques, et qui sera remboursé sur six ans.

À Tours, la réaction a été différente. Très critiqué, le bureau du président Jean-Marie Bonneau et du trésorier Jean-François Paillet a présenté sa démission lors de l'assemblée générale d'hier, en cédant la place à de nouveaux dirigeants, parmi lesquels on retrouve en position de force les membres de l'Iceberg - le club affaires - parmi lesquels Rémi Delmas, le directeur local de Cégélec. Lors de l'assemblée générale, malgré l'intervention de Jean-Yves Lucas qui a plaidé pour que l'on arrête les frais au nom du hockey mineur, la poursuite du soutien à l'équipe senior, défendue avec ferveur par l'ex-entraîneur Marc Leroux, a eu plus d'avocats. Et l'AG a voté massivement pour la cooptation du nouveau bureau. Le plan de celui-ci envisage de revoir le budget à la baisse (770 000 euros) et de rembourser la dette grâce à un emprunt de 250 000 euros de la mairie, qui sera remboursé par le non-versement de la subvention municipale pendant trois ans.

Un autre sujet d'inquiétude concerne Dunkerque, qui s'est vu refuser par la Communauté Urbaine la rallonge de 75 000 euros demandée (sa subvention se monte habituellement à seulement 20 000 euros). Les aides du département et de la région étant calculées de façon connue et dépendantes du niveau dans lequel le club évolue, c'est donc une nouvelle fois vers la ville (qui apporte 40% du budget) que le HGD s'est tourné. Mais la municipalité veut des engagements sur le long terme quant au remboursement de la dette contractée il y a sept ans. Car, si Dunkerque a réussi à boucler sa dernière saison à l'équilibre, sa position actuelle en bas de tableau de Ligue Magnus ne lui permet pas de régler en même temps les échéances du moratoire établi en 1998, et c'est là tout le nud du problème.

02/07 Manavian onzième Français en Junior Majeur

Surprise lors de la draft des Ligues Juniors Majeurs canadiennes avec la sélection inattendue d'un joueur français, Antonin Manavian, au milieu d'espoirs du hockey européen comme Michael Frolik ou Jannik Hansen. À une époque, la génération montante du hockey français avait commencé à prendre l'habitude de faire ses classes en Junior Majeur (voir une étude sur les Français en junior majeur), mais c'était de moins en moins vrai. Il faut dire qu'après l'effondrement du bloc soviétique, les joueurs d'Europe de l'est partaient très jeunes en Amérique du nord, et les clubs canadiens ont commencé à exploiter cette manne. Avec la limitation à deux joueurs étrangers en Junior Majeur, les places sont rares et les Français sont très peu recherchés. Mais aujourd'hui que le hockey russe en particulier monte en puissance financièrement, on voit moins de gamins traverser l'Atlantique très tête en rêvant d'Eldorado.

Le Junior Majeur pourrait ainsi trouver une nouvelle fonction, bien plus gratifiante et intéressante pour le développement du hockey mondial : puisque les joueurs des grands pays de hockey restent chez eux pour leurs années juniors, ceux des pays "de seconde zone" ont tout intérêt à rejoindre des championnats juniors développés pour parfaire leur formation. On l'a vu avec le "Junior Superelit" suédois qui attire par exemple des Hongrois et des Slovènes (Vas, Kopitar...), et c'est une tendance qui se dessine aussi en Junior Majeur où l'on a pu voir des Norvégiens ou encore des Suisses. Ces joueurs de "pays riches" ne viennent pas pour l'argent, mais vraiment pour franchir un palier et se faire un nom dans le hockey mondial. Tout le monde peut y gagner, à la fois les hockeyeurs en question et les ligues junior majeur qui peuvent redorer leur prestige international alors qu'elles se font parfois tailler des croupières chez elles par le système universitaire américain.

Antonin Manavian a été formé à Courbevoie, et il y a deux ans, il est parti au Canada pour un stage organisé par Michel Tremblay, alors capitaine canadien du COC où il entraînait aussi le mineur. Il a eu l'opportunité d'y rester une saison, en compagnie d'un autre Français, Yoann Chauvière. Cette saison, il est rentré en France, au sein du pôle de Rouen. Son expérience outre-Atlantique mais aussi ses performances au Mondial des moins de dix-huit ans (où l'identité d'adversaires comme le Bélarus garantissait la présence de scouts dans les tribunes) lui ont valu d'être choisi en 32e position par les Titans de l'Acadie-Bathurst. Il faut dire qu'il a des dimensions qui ont tout pour plaire en Amérique du nord, à l'image d'un Lemoine dans le temps, même si de nos jours ce genre de gabarit est devenu plus commun.

Voici l'avis du patriarche du hockey de Courbevoie, Thierry Monier, sur ce joueur : "C'est un garçon issu d'une famille de sportifs. Son grand-père est boxeur, son père est prof de gym, et lui se dirige vers une carrière sportive. C'est un joueur physique. S'ils le font jouer en défense, c'est sûrement mieux pour lui, à l'avant il aurait plus de mal. Nul doute qu'il fera son maximum pour être dans les meilleurs." Sa seule réserve, c'est sur l'accueil que feront les Canadiens à cet intrus français, un problème qu'ont connu ses prédécesseurs dans le temps : "Pour ma part, j'ai un peu peur pour lui que ses coéquipiers le traitent de voleur de kob et qu'ils veulent l'essayer (à la bagarre)".

03/07 Le champion recalé

Les dossiers complémentaires présentés n'ont pas séduit la commission de contrôle qui a décidé de s'en tenir à sa décision initiale, à savoir la rétrogradation de Mulhouse et Tours en division 3. Les déclarations d'intention des collectivités locales ne sont pas des garanties suffisantes, et la CNACG n'a pas été convaincue de la capacité mulhousienne à résorber sa dette, même après avoir souscrit un nouveau prêt bancaire. Cette décision et l'absence de communication qui l'entoure provoquent l'ire des dirigeants mulhousiens, qui comprennent mal que leurs efforts puissent être réduits à néant. Ils ont l'intention de continuer à plaider leur cause, alors que des supporters ont lancé une pétition en ligne sur internet pour demander le maintien du HCM en Ligue Magnus.

On comprend le dilemme auquel a été confronté l'AEHF. D'un côté, il y a le sentiment qu'on n'en finira jamais avec les ennuis financiers récurrents si, chaque année, on accorde le bénéfice du doute aux clubs avec des résultats pas toujours positifs (on se souvient de la caution bancaire fantôme de Besançon lors de la première année du Super 16). Cette idée est confortée quand on entend comme argument des clubs en ligne de mire que "untel l'a bien fait avant", et que ces précédents devraient faire jurisprudence, alors que ce sont justement ces mauvaises pratiques dont le hockey français cherche à se défaire, car elles lui ont fait tant de mal. Des sanctions exemplaires pourraient alors faire office de message fort.

D'un autre côté, on peut se demander comment ce message strict sera perçu. Car, vu de l'extérieur, une disparition de club est une disparition. Le "grand public" ne cherchera pas à se demander si elle résulte d'une action plus en amont pour éviter les dérives financières ; il retiendra juste que, une fois de plus, le hockey français n'arrive pas à trouver de viabilité économique et voit ses équipes tomber comme des mouches. Un énième champion de France qui coule, et c'est tout le championnat qui verrait un nouveau coup porté à sa crédibilité...

06/07 Anglet et Chamonix officiellement en Magnus

Bon gré mal gré, la Ligue Magnus 2005/06 se constitue. Quatorze clubs ont d'ores et déjà été validés, puisqu'Anglet a ramené son passif presque à zéro grâce à des engagements confirmés des partenaires et des collectivités. "Les garanties financières apportées par le Président de l'Anglet Hormadi Elite, Grégoire Delage, ont rassuré les membres de la CNACG. Le club a en effet était en mesure de respecter le contrat passé avec la C.N.A.C.G. qui avait permis son engagement en championnat pour la saison 2004/2005", indique le communiqué de presse de la FFSG. Le quatorzième est un repêché : le troisième de la dernière division 1, Chamonix, a été officiellement intégré à la Ligue Magnus. La place ainsi libérée donne une opportunité supplémentaire à Dunkerque - pour qui il reste un léger espoir - de présenter aussi un budget pour se raccrocher à la division 1. Réponse vendredi.

Le quatrième de D1 Strasbourg a également été contacté pour se porter candidat, mais a décliné cette possibilité. Gerhard Beck explique la décision des dirigeants du club : "En cas de montée en Ligue Magnus nous pouvons compter sur une augmentation automatique de subventions de 60 k de la part de certains partenaires institutionnels. La projection des frais de fonctionnement en Magnus (déplacements, arbitrage, matériel, etc) fait ressortir une augmentation de 60 k, donc opération nulle. La Ville 'envisage' une rallonge de 40 k, mais rien n'est encore écrit. L'équipe composée à ce jour est une équipe de D1, même si elle comportera d'excellents éléments. Pour pouvoir viser un peu mieux qu'une des deux dernières places, il faudrait ajouter au moins deux bons joueurs et augmenter la masse salariale d'environ 30 k. En ne tenant compte que des rentrées certaines, le budget prévisionnel est ainsi déficitaire de 5 k. Il s'y ajoute l'incertitude quant à la date d'ouverture de la nouvelle patinoire, annoncée pour le moment pour le mois de novembre. Il y a d'autres éléments moins concrets mais qui comptent aussi (fidélisation du public et surtout des sponsors). Le comité de gestion, sous la direction du président Jean-Pierre Hohnadel, a donc pris la décision d'essayer de gagner notre accession sur la glace de façon à pouvoir monter l'année prochaine avec un budget qui nous permettra de viser une place au milieu du tableau."

Reste le cas des recalés Mulhouse et Tours, qui doivent présenter de nouveaux éléments probants. Le club alsacien s'est posé en victime d'une décision injuste et a cherché l'appui des élus locaux qui ont réclamé par courrier l'intervention du ministre des sports Jean-François Lamour. Mais celui-ci, qui vient de recevoir un sévère coup de bambou du côté de Singapour, a sans doute d'autres chats à fouetter en ce moment que le sort d'un club de hockey. Ce n'est pas cela qui va faire évoluer le dossier en deux jours. Par contre, sous réserve que l'AEHF soit satisfaite par les justificatifs que doit envoyer le HCM (en particulier sur des sommes reversées à des agents ou à des entreprises de communication), d'autres avancées concrètes se profilent. Une souscription est en cours pour augmenter encore le capital investi par les proches du club, et les collectivités locales semblent prêtes à amener de l'argent frais, ce qui permettrait de résorber la dette et non de la re-financer par une autre dette sous forme de prêt bancaire.

À Tours, on en était resté à une "lettre d'intention" municipale, insuffisante. Mais le nouveau bureau a pris le taureau par les cornes et veut présenter un nouveau budget prévisionnel. Le taureau en question s'appelle Robert Millette, le spécialiste des recrutements "carte blanche" et des demandes de rallonge. Il va devoir accepter une baisse de salaire pour lui-même et pour ses recrues (celles qui restent vu que Gillings est vite reparti au Canada et que Cesnek a signé à Caen), ce à quoi il rechigne. Mais l'avenir du club en Ligue Magnus est à ce prix.

Les deux finalistes du dernier championnat ont jusqu'à vendredi soir dernier délai pour remettre leurs dossiers. L'AEHF se réunit dimanche pour rendre son verdict final, qui sera adopté le lendemain soir par le Bureau Exécutif de la FFSG. L'ébauche des calendriers 2005/06 pourra ainsi être réalisée pour le 18 juillet.

07/07 Le rôle de l'AJHG

Dans les semaines agitées que vit le hockey français, l'AJHG, l'association des joueurs de hockey sur glace créée il y a quelques mois, a tenté d'opérer une sorte de médiation, en demandant de donner encore une chance aux clubs sur la sellette de modifier leurs dossiers, afin que tout puisse être fait pour que les emplois des joueurs soient préservés. Plusieurs internationaux (Lhenry, M. Rozenthal et - avant la validation angloye - Daramy) étaient ainsi menacés de se retrouver sans club.

Le président de l'AJHG, Stéphane Barin, s'en explique : "Ça nous paraissait logique d'essayer au maximum de faire que les joueurs puissent continuer à évoluer, à faire leur travail parce qu'il s'agit de cela pour eux, et qu'ils ont des familles. On n'a pas de position particulière, on espère juste que les joueurs ne resteront pas sur le carreau. On n'a aucune prétention, on fait partie du grand mouvement qui se met en place pour qu'une fédé de hockey devienne effective. Tout va tellement vite en ce moment, on n'a pas la même réactivité qu'une fédération. Il nous est difficile de réunir nos adhérents, ou même de les joindre en période de vacances."

Au-delà de la crise actuelle, l'AJHG pourra par contre avoir son mot à dire dans les débats. Que pense Stéphane Barin par exemple de la proposition du nouveau président amiénois Christophe Laboureau d'aménager la masse salariale pour les clubs qui ont des internationaux dans l'effectif, comme c'est le cas pour les juniors ? "Si c'est fait sans abus et de façon équitable pour tous les clubs, bien entendu, c'est intéressant. C'est excellent qu'Amiens pense à ce genre de choses et amène des idées neuves. Tous les clubs doivent faire de même. Il y a des points à travailler - pas seulement la masse salariale mais aussi les assurances et la rédaction des contrats - et la fédé le sait. Des commissions seront mises en place, et l'AJHG y participera si on lui demande son avis. Jusqu'ici, ça a été le cas, nous sommes conviés."

07/07 Le dossier mulhousien bouclé

Les jeux sont faits, rien ne va plus... C'est la phrase que pourrait prononcer l'AEHF dans vingt-quatre heures. Pour le HC Mulhouse, le dossier est bouclé, comme l'explique son président Paul Heyberger : "Les collectivités mettent chacune 40 000 euros, ce qui nous fait 120 000 euros, et on leur doit une fière chandelle. 'L'association de soutien des Scorpions' est en cours de création et a récolté 180 000 euros, qui seront versés sous forme de don au HCM. L'ensemble des justificatifs a été envoyé et il ne manque plus que les lettres d'engagement de la mairie de Mulhouse et du département du Haut-Rhin, qui sont à la signature et seront envoyées demain avant 18 heures."

Si la CNACG avait demandé une levée de fonds concrète, elle avait aussi été gênée par certaines dépenses mulhousiennes. "Restait un gros doute sur nos rapports avec une agence de pub, à qui nous avons confié un ensemble de mission avec seulement trois factures (ce qui nous a évité d'en avoir plusieurs dizaines) ; à ma demande l'agence m'a fait un courrier explicatif détaillant l'ensemble des ses missions et prestations réalisées tout au long de la saison, justificatifs à l'appui, courrier qui a été envoyé à la CNACG et qui devrait lever tout doute sur le sujet. La plupart des clubs de foot fonctionnent comme cela... Autre interrogation, les factures d'agents de joueurs qui représentent un montant conséquent, surtout à cause des deux joueurs de NHL. Ce point peut être discutable, car bien qu'il ne s'agisse que de prestations de service, on pourrait mettre ces coûts sur le compte des joueurs et cela pourrait être assimilable à de la masse salariale, bien que cela ne soit pas prévu dans le règlement actuel... Mais même en rajoutant ces sommes à la masse salariale, on ne doit pas dépasser la limite imposée."

Il ne reste plus aux instances qu'à rendre leur verdict. Avant cette ultime décision, comment Paul Heyberger observe-t-il les évènements des semaines écoulées ? "Le bilan de cette histoire est somme toute positif, car même si la CNACG nous a poussés dans nos derniers retranchements, elle a rempli sa mission et les comptes du HCM sont véritablement assainis. Le trou, déjà constaté à environ 200 000 euros fin septembre, est définitivement comblé. Je regrette juste de n'avoir jamais été convoqué devant la CNACG, car cela aurait évité beaucoup d'énervements et de doutes qui n'ont rien apporté au hockey français. Mais je ne suis pas rancunier, et si nous sommes enfin validés en Magnus, ce sera bien là l'essentiel."

11/07 Communiqué de presse de l'AEHF

Dimanche 10 juillet, l'Autorité exécutive du hockey français (AEHF) a entériné à l'unanimité la non qualification du champion 2004-2005 Mulhouse et de son dauphin Tours. La Ligue Magnus réunira donc quatorze clubs pour la saison 2005-2006.

Le délai supplémentaire d'une semaine accordé par l'AEHF - suite à l'intervention de l'Association de joueurs de hockey français (A.J.H.G.) - aux clubs en difficulté pour boucler leur dossier n'aura pas permis à tous d'apporter les garanties financières nécessaires. Il aura été cependant profitable à Anglet qui a obtenu le soutien renforcé de ses partenaires pour éponger son passif comme le lui demandait la CNACG.

En revanche, les pièces supplémentaires fournies par le club de Mulhouse portent le déficit à 290 000 euros. Malgré le soutien des collectivités qui ont admis le principe d'une subvention de 40 000 euros chacune, mais sans a priori avoir pris la réelle mesure du passif (elles demandent la communication des comptes), le club n'a pas réussi à apporter de garanties fermes quant à sa capacité à combler le déficit. En effet, les engagements de dons reçus dans le cadre de la souscription de soutien ne couvrent pas le montant souhaité et ne sont pas à ce jour perçus par le club. La CNACG ayant déjà constaté au cours de la saison écoulée que les dirigeants alsaciens n'avaient pas tenu leurs engagements vis-à-vis d'elle, ceux-ci se devaient de fournir des preuves de versements fermes et définitifs.

De plus, le club n'a pas répondu à toutes les questions concernant des sommes versées (près de 240 000 ) à des tiers dont certains à l'étranger. La CNACG constate qu'il y a un risque de requalification de ses versements, faisant peser une menace supplémentaire sur l'avenir du club. Enfin, il est à noter que le club de Mulhouse ayant dépassé la limite de la masse salariale, il devrait être pénalisé comme tous les autres clubs dans ce cas à hauteur de 10% du dépassement constaté, soit 30 000 euros.

L'AEHF se félicite que la section mineure du club de Mulhouse soit une entité indépendante, ce qui devrait permettre la continuité de son action de formation.

À Tours, une nouvelle équipe dirigeante a tenté de trouver des solutions pour combler le passif s'élevant à 250 000 euros, qui lui aussi serait aggravé par des pénalités financières pour dépassement de masse salariale. Le club n'a pas pu mettre en place une solution permettant son maintien en Ligue Magnus et a demandé à être relégué en D1. Cette demande sera étudiée conformément aux règlements en vigueur.

Enfin, le club de Dunkerque, qui disposait du plus petit budget en Magnus, a équilibré son exercice comptable pour la saison passée. Mais le passif des saisons antérieures n'a pu être réduit comme le lui avait imposé la CNCACG, et ce malgré la volonté et le sérieux des dirigeants. En revanche, le club a présenté un dossier pour la D1 qui a reçu l'aval de la commission de contrôle. Dunkerque évoluera donc à l'échelon inférieur la saison prochaine, avec le soutien de la Mairie qui maintiendra le même niveau de subvention qu'en Ligue Magnus.

Les 14 clubs qui disputeront la Ligue Magnus sont : Amiens, Angers, Anglet, Briançon, Caen, Chamonix, Dijon, Épinal, Gap, Grenoble, Mont-Blanc, Morzine-Avoriaz, Rouen, Villard-de-Lans.

Pour la composition des championnats de D1 et D2, seul le club de Bordeaux (D2) s'ajoute aux équipes déjà validées, l'AEHF s'accordant un délai de quelques jours pour permettre à la CNACG d'affiner l'étude des derniers dossiers en attente de validation. La D1 et la D2 devraient réunir chacune seize équipes.

Parallèlement, l'AEHF a rencontré individuellement ce week-end les clubs ayant dépassé le plafond de la masse salariale sur la saison écoulée (Amiens, Briançon, Grenoble et Rouen). Après débat avec les clubs concernés, l'AEHF a rendu les décisions suivantes, acceptées par les clubs :

- les clubs n'ayant pas respecté le plafond de la masse salariale se voient sanctionnés d'une pénalité financière correspondant à 10% du montant du dépassement constaté,

- affectation par l'AEHF de l'intégralité des sommes ainsi collectées au financement du plan de développement des jeunes hockeyeurs français

- mise en place de contrôles a priori et non plus uniquement a posteriori de la masse salariale des clubs concernés, cette mesure se traduisant par l'obligation pour eux de faire valider les contrats des joueurs par la CNACG avant d'obtenir leur licence (elle s'appliquera également à l'ensemble des clubs en difficulté financière)

- organisation d'une réunion début septembre avec les clubs de Ligue Magnus pour évoquer d'éventuelles pistes d'évolution en terme de masse salariale pour la saison 2006-2007

L'AEHF insiste sur la nécessité pour le hockey français de disposer d'un contrôle de gestion des clubs strict. Le travail accompli dans ce domaine par la CNACG conduit à l'assainissement rendu indispensable des clubs de hockey. L'AEHF regrette que les erreurs de certains ternissent l'image du Hockey Français et de ses championnats, alors que la majorité des clubs qui y ont participé a apporté un intérêt grandissant à l'épreuve, comme le confirment les comptes de billetterie et l'investissement des divers partenaires.

L'AEHF considère que les deux finalistes de la saison 2004-2005 en Ligue Magnus ont faussé le dernier championnat, et mériteraient d'être déclassés. Le titre de Mulhouse ne pourra lui être retiré, le règlement sportif ne prévoyant cette disposition qu'à compter de la prochaine saison. L'AEHF constate également que ces mauvaises gestions laissent une vingtaine de joueurs français de haut niveau sans club. Afin de leur venir en aide, l'AEHF se rapprochera de la Direction technique nationale pour envisager une aide personnalisée en faveur des internationaux, et étudiera les possibilités de soutien à l'embauche dans les autres clubs pour l'ensemble des joueurs.

Autre conséquence, l'AEHF doit désigner un nouveau représentant français pour disputer la Coupe d'Europe en remplacement de Mulhouse. Grenoble, qui s'est classé troisième, sera sollicité à cet effet.

13/07 La division 1 au complet

La Commission Nationale d'Aide et de Contrôle de Gestion a proposé à l'AEHF de valider les deux derniers dossiers manquants pour la division 1, ceux de Garges-lès-Gonesse et de Viry-Chatillon (où une patinoire mobile sera installée sur le terrain de football voisin pendant la reconstruction de l'enceinte incendiée). La D1 se composera donc ainsi : Amnéville, Annecy, Asnières, Avignon, Cergy, Courbevoie, Dunkerque, Garges, Limoges, Lyon, Montpellier, Neuilly-sur-Marne, Strasbourg, Valence, Vésinet, Viry-Chatillon.

Cela signifie donc qu'il n'y a plus de place disponible en division 1. Par conséquent, Tours, qui conformément aux règlements cherche à se raccrocher à une division où il y a encore de la place, a comme dernier recours la D2. Dans cette division, il reste pour l'instant deux places puisque le dossier de Toulon (poursuivi en justice par son cher directeur de la patinoire) n'est toujours pas validé, pas plus que les repêchés potentiels de D3 (Rennes, Belfort, Font-Romeu). Mais une question risque de se poser pour les nouveaux dirigeants tourangeaux. Repartir en division 2 en vaut-il la peine et pourra-t-on rattraper ainsi les dettes ? L'alternative existe puisqu'une équipe de division 3 était déjà en projet, qui pourrait permettre de redémarrer de zéro. La décision est délicate.

18/07 Tours saisit la perche D2

L'ASG Tours a tenu une assemblée générale ce soir et a décidé d'utiliser l'opportunité d'un rattrapage en division 2 (où il y avait de la place libre sans la prendre à un club sportivement qualifié, puisque, outre le cas Toulon pour lequel il reste une autre place, les seuls autres candidats sont des repêchés potentiels de D3). La nouvelle équipe dirigeante, issue du club sponsors, veut mettre les bouchées doubles pour remonter immédiatement en D1, sachant que la mairie s'est engagée à maintenir sa subvention. Reste à savoir si Bob Millette, à qui il reste un an de contrat, acceptera de rester à bord dans le contexte moins prestigieux de la D2. Il a réservé sa réponse pour demain.

21/07 Malheureux Huet

Alors que joueurs et propriétaires se sont enfin entendus sur un accord salarial (disons plutôt que le syndicat a dû céder et aurait pu tout aussi bien négocier l'an dernier sans perdre une année nuisible à tout le monde) pour que la NHL reprenne, on pouvait attendre avec impatience les grands débuts de Cristobal Huet sous le maillot mythique des Canadiens de Montréal. Mais le gardien français n'a pas de veine. Il s'est fait une déchirure des ligaments croisés lors d'un entraînement et ne pourra pas revenir au jeu avant novembre. En plus, il lui faudra alors gagner sa place, ce qui n'est pas facile quand on revient en cours de saison après une blessure, comme Eddy Ferhi en a fait l'expérience en AHL l'an passé.

21/07 La D2 accueille Tours et Belfort

Fin du premier feuilleton de l'été, celui de la composition des divisions. Dans la mesure où Toulon, empêtré dans son conflit avec le directeur de sa patinoire, et Rennes, deuxième de D3 et premier repêché, ont été recalés, la CNACG a proposé à l'AEHF la validation de Tours (où Bob Millette donnera sa décision la semaine prochaine) et de Belfort (l'équipe de l'entraîneur-joueur Sergueï Gorbouchine a terminé troisième de D3).

La division 2 se composera donc comme suit : ACBB, Amiens II, Belfort, Bordeaux, Chambéry, Champigny-sur-Marne, Cholet, La Roche-sur-Yon, Le Havre, Meudon, Nantes, Nice, FV Paris, Reims, Toulouse, Tours.

Place maintenant au second feuilleton de l'été, il s'appelle "composition des poules et calendriers"...

27/07 Le fil à couper les poules (bien droit maintenant)

La D1 et la D2 attendaient fiévreusement la composition des poules, qui a fait l'objet de longs palabres avec les clubs concernés. Deux principes s'affrontaient, l'une sportive, l'autre géographique, avec un recours toujours possible à un compromis acceptable.

Pour la division 2, la logique purement géographique a prévalu, puisqu'une ligne très précise a été tracée entre Meudon (214' E) et Boulogne-Billancourt (215' E) pour partager la France en deux selon une répartition est/ouest. Cela conduit à séparer le MHC des trois autres clubs franciliens, mais il ne s'en plaindra pas tant que ça, car les déplacements dans l'ouest sont en moyenne assez courts. Par contre, les deux poules conçues pour ménager les finances paraissent très déséquilibrées sportivement. On retrouve à l'est les deux promus plus la lanterne rouge de l'an dernier, alors que l'ouest a droit à la poule de la mort avec le favori Tours qui cherchera à remonter aussitôt, le principal outsider La Roche-sur-Yon, une équipe de Toulouse-Blagnac regonflée, et deux autres clubs solides avec Nantes et Bordeaux. Tout cela pour quatre places sachant que Le Havre et Cholet n'auront pas l'intention de se laisser faire. Les "orientaux" ont beau jeu de faire remarquer que, pour une fois, cela ne tombe pas sur eux, et qu'ils pourront un peu souffler maintenant qu'on inverse les rôles.

D2 ouest : Bordeaux, Cholet, La Roche-sur-Yon, Le Havre, Meudon, Nantes, Toulouse, Tours.

D2 est : ACBB, Amiens II, Belfort, Chambéry, Champigny-sur-Marne, Français Volants de Paris, Nice, Reims.

Pour la division 1, le fil à couper les poules passera donc finalement entre Neuilly-sur-Marne (5351' N) au nord et Viry-Chatillon (5340' N) et Strasbourg (5335' N) à l'est. Le choix était compliqué, avec un club au nord, deux à l'est, sept en Ile-de-France, un à l'ouest et cinq au sud-est. Il fut un temps envisagé qu'Asnières, en qualité de repêché, serait désigné volontaire (comme Garges il y a deux ans) pour se coltiner les longs déplacements vers Avignon ou Montpellier... Finalement, rien de tout ça, on a simplement partagé la France avec notre fil à couper le beurre.

D1 nord : Amnéville, Asnières, Cergy, Courbevoie, Dunkerque, Garges-lès-Gonesse, Neuilly-sur-Marne, Le Vésinet.

D1 sud : Annecy, Avignon, Limoges, Lyon, Montpellier, Strasbourg, Valence, Viry-Chatillon.

Note importante : puisque les articles de ce site semblent être "utilisés" par certains pour justifier leurs décisions, en toute transparence bien sûr, et que le second degré censé dédramatiser les discussions stériles n'est pas compris de tous, une enquête a été diligentée auprès de l'IGN (prise d'un intérêt subi pour le hockey sur glace depuis sa mission de ces jours derniers de topographie à Saint-Pierre-et-Miquelon) pour vérifier la longitude exacte de la patinoire de Billancourt, qui ne doit pas se confondre avec le centre officiel de l'agglomération, et celle de Meudon-la-Forêt, sub-entité au statut spécial de la commune de Meudon. En effet, toute erreur pourrait - qui sait ? - conduire à un recours en annulation des championnats (dont le palmarès présente déjà tant de mythes complètement erronés).

PS : les poules 2005/06 seront décidées par rapport au pôle nord magnétique et non géographique... Chaque patinoire française devra se doter d'une boussole à insérer au centre de la glace.

29/07 Goodenow démissionne

Bob Goodenow, le président de la NHLPA, a démissionné de son poste et laissera la place à son adjoint Ted Saskin. Officiellement, il se retire avec la satisfaction du devoir accompli, puisqu'il a achevé les négociations de la nouvelle convention collective de NHL. Mais cela ne trompe personne. Goodenow, qui avait clamé que jamais il n'accepterait un plafond salarial et qui a bien dû s'y résigner après un an de gâchis, n'avait pas d'autre choix tant il est contesté. La politique du syndicat des joueurs, qui a poussé à la roue vers un lock-out qui a dilapidé sa "cagnotte" économisée sans rien lui faire gagner, est de plus en plus remise en cause.

Néanmoins, l'arrogant Goodenow aura aussi parfaitement rempli le rôle qui lui était assigné pendant dix ans. C'est lui qui avait redoré l'image de la NHLPA en succédant à Alan Eagleson, qui avait détourné des fonds du syndicat. C'est lui qui, au premier lock-out, avait obtenu un accord très favorable aux joueurs, et qui leur a donc permis pendant des années d'amasser les millions, alors que se mettait en place une bulle salariale. Ceux-ci sauront donc ne pas être trop ingrats envers la main qui les a en partie nourris.

31/07 Le Crosby show

La draft NHL 2005 a été particulière, puisque le tirage au sort des équipes de la semaine dernière a suscité plus d'intérêt que le processus de sélection des joueurs proprement dit. Tout le monde n'attendait qu'une chose : savoir qui décrocherait le choix n1, le gros lot, la nouvelle merveille du hockey canadien, le futur Gretzky, bref, le prodige Sydney Crosby. Or, comme on ne peut pas se fier au classement de la saison écoulée puisque celle-ci n'a pas eu lieu, il a fallu trouver un moyen d'ordonner les équipes. Le système choisi a consisté à donner de une boule, minimum, à trois boules pour les franchises qui n'avaient pas atteint une seule fois les play-offs lors des trois dernières saisons de NHL. Un système, disent les mauvaises langues, conçu parce que c'est celui qui avantageait le plus les New York Rangers... Mais ce sont les Pittsburgh Penguins qui ont obtenu Crosby, comme ils avaient eu Lemieux il y a vingt ans. Une bénédiction. L'arrivée de la star annoncée est exactement ce qu'il fallait à l'équipe du joueur-propriétaire Mario Lemieux pour voir le bout du tunnel après des difficultés financières et convaincre des investisseurs de leur construire une patinoire neuve.

Ensuite, la draft n'a été qu'une formalité. Pittsburgh a évidemment utilisé son premier choix pour repêcher Crosby, et seules les places suivantes laissaient planer le suspense. Les deux dauphins, Bobby Ryan (Anaheim) et Jack Johnson (Carolina), sont tous deux américains, signe des considérables progrès des États-Unis depuis la mise en place d'un système de formation national, un système bizarrement remis en question par certains.

On s'attendait à ce que les Canadiens de Montréal, après avoir vu Benoît Pouliot (pris en n4 par Minnesota) leur passer sous le nez, saisissent l'occasion de prendre l'énergique centre Gilbert Brulé, qui comme son nom ne l'indique pas n'est pas québécois sinon par son grand-père (il a grandi en Colombie-Britannique). Mais Bob Gainey a surpris en optant pour Carey Price, afin d'assurer la relève au poste de gardien derrière Théodore, Huet et Danis... Au deuxième tour, Montréal a pu bénéficier de Guillaume Latendresse, content qu'il soit encore disponible. Il a ensuite utilisé un de ses derniers choix pour prendre Sergueï Kastitsyn, le frère d'Andreï, le grand espoir biélorusse qu'il a déjà sous contrat.

Si les Américains sont la valeur en hausse, les Européens semblent une valeur en baisse. Les dix premiers de la cuvée 2005 sont tous nord-américains ! Le très attendu Anze Kopitar, le meilleur joueur que la Slovénie ait jamais enfanté, n'a été pris qu'en onzième position, par Los Angeles. Parmi les pays disparus, notons l'absence complète des Suisses dans cette draft, pour la première fois depuis dix ans. Plus étonnant encore, il n'y a pas trace du moindre Russe dans les deux premiers tours. Il ne faut pas forcément voir là une sanction de la valeur des joueurs, mais plutôt un nouvel équilibre qui se crée. En effet, avec le plafond salarial en NHL, seuls les très grands espoirs russes - comme Alexander Ovechkin qui rejoindra Washington - auront un intérêt à partir en Amérique, où ils finiront quand même par décrocher des contrats très lucratifs. Les autres devraient plutôt rester au pays, surtout si des indemnités de transfert refroidissent les ardeurs des franchises nord-américaines.

 

 

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