Championnats du monde 1970

 

À son congrès de Crans-sur-Sierre (Suisse) en juillet 1969, la Ligue Internationale de Hockey sur Glace (LIHG) a décidé d'autoriser la présence de joueurs professionnels - jusqu'à neuf - dans les équipes participant aux championnats du monde. Le Canada s'y prépare à quelques mois d'organiser ses premiers championnats du monde à domicile à Montréal et à Winnipeg. Les premiers pros canadiens posent le pied en terre soviétique au prix Soviet Sport dans une sélection canadienne qui termine deuxième de son groupe derrière le Khimik Voskresensk. Le Team Canada renforcé se montre capable au fil de la saison internationale de tenir tête aux grandes nations européennes. Mais le 4 janvier, jour de son dernier match contre la Tchécoslovaquie en tournée, tout s'arrête brutalement : le Canada se retire de toute compétition et arrête ses échanges avec les pays européens !

Que s'est-il passé ? Le président de la LIHG Bunny Ahearne est allé demander une autorisation au Comité International Olympique (CIO). Sans surprise, Avery Brundage, président du CIO et farouche défenseur de l'amateurisme, menace de bannir des prochains Jeux Olympiques (JO) tout joueur qui rencontrerait une équipe constituée de professionnels. Ahearne obtient juste de Brundage que ses sanctions ne s'appliquent que pour des rencontres officielles. Dans les premiers jours de janvier, la fédération internationale fait alors marche arrière. Le président de la fédération canadienne Earl Dawson refuse de renoncer aux pros face à un amateurisme désormais devenu hypocrite (les joueurs soviétiques sont hockeyeurs à plein temps et leurs homologues suédois touchent un peu d'argent sous la table).

Conséquence, le Canada boycotte la compétition jusqu'à nouvel ordre. Il faut donc trouver un pays-hôte de remplacement, et la Suède se propose pour la seconde fois consécutive. Les États-Unis, qui avaient été relégués un an plus tôt, refusent leur repêchage en groupe A pour exprimer leur solidarité avec le Canada (ils participeront au Mondial B), et c'est donc la Pologne qui est appelée en remplacement pour un championnat du monde devenu de facto 100% européen.

Fait curieux : la presse suédoise tacle aussi bien Brundage, dont les déclarations sur l'amateurisme soviétique sont ridiculisées, que la LIHG, qui a cédé un peu facilement à la menace selon eux ; par contre, la presse canadienne occulte le rôle du président du CIO et concentre ses critiques sur "Bunny" Ahearne et sa fédération. Explication : si Brundage est ainsi épargné, c'est qu'il est alors en visite à Montréal pour la candidature de cette ville aux Jeux olympiques d'été de 1976...

La LIHG n'a toutefois pas l'intention de se laisser mener par le bout du nez par Brundage. Réunie en congrès à Stockholm en parallèle du tournoi, elle décide d'organiser pour la première fois des championnats du monde pendant une année olympique ! Ces Mondiaux 1972 sont attribués à Prague (qui les avait perdus l'an passé à cause de l'irruption des chars soviétiques). Seule la Suède a voté contre, car il lui sera difficile d'avoir ses joueurs à disposition pour préparer et disputer deux compétitions internationales alors qu'ils ont un métier par ailleurs. L'objectif est en tout cas clair : renverser la pression sur le CIO. Certaines voix évoquent l'hypothèse d'envoyer des équipes B ou juniors au tournoi olympique comme le fait le football, ce qui réduirait l'attractivité des JO d'hiver...

 

Mondial A (du 14 au 30 mars 1970 à Stockholm, Suède)

14 mars
Finlande - URSS 1-2 (0-0,0-0,1-2)
Suède - Allemagne de l'Est 6-1 (1-0,2-1,3-0)
Tchécoslovaquie - Pologne 6-3 (2-1,3-1,1-1)
15 mars
URSS - Allemagne de l'Est 12-1 (3-0,3-1,6-0)
Finlande - Pologne 9-1 (2-1,1-0,6-0)
Suède - Tchécoslovaquie 5-4 (2-2,1-1,2-1)
17 mars
URSS - Pologne 7-0 (2-0,5-0,0-0)
Allemagne de l'Est - Tchécoslovaquie 1-4 (0-2,0-0,1-2)
Suède - Finlande 1-3 (0-2,1-1,0-0)
18 mars
Tchécoslovaquie - URSS 1-3 (0-1,1-0,0-2)
19 mars
Finlande - Allemagne de l'Est 1-0 (1-0,0-0,0-0)
Suède - Pologne 11-0 (4-0,2-0,5-0)
20 mars
Tchécoslovaquie - Finlande 9-1 (1-0,5-1,3-0)
URSS - Suède 2-4 (1-1,0-2,1-1)
21 mars
Allemagne de l'Est - Pologne 2-2 (1-0,1-1,0-1)

22 mars
Tchécoslovaquie - Pologne 10-2 (5-0,2-2,3-0)
Allemagne de l'Est - Suède 2-6 (1-1,1-3,0-2)
URSS - Finlande 16-1 (5-0,8-0,3-1)
24 mars
Pologne - Finlande 0-4 (0-1,0-2,0-1)
Allemagne de l'Est - URSS 1-7 (0-4,1-0,0-3)
Tchécoslovaquie - Suède 2-2 (0-1,1-0,1-1)
25 mars
Pologne - URSS 0-11 (0-3,0-6,0-2)
Tchécoslovaquie - Allemagne de l'Est 7-3 (3-0,1-1,3-2)
26 mars
Finlande - Suède 3-4 (0-1,2-0,1-3)
27 mars
URSS - Tchécoslovaquie 5-1 (2-0,2-0,1-1)
28 mars
Allemagne de l'Est - Finlande 4-3 (1-0,0-3,3-0)
Suède - Pologne 5-1 (4-0,1-0,0-1)
29 mars
Pologne - Allemagne de l'Est 2-5 (1-1,1-0,0-4)
30 mars
Finlande - Tchécoslovaquie 5-3 (2-0,2-2,1-1)
Suède - URSS 1-3 (0-0,1-2,0-1)

Classement (10 matches)

                   Pts   V  N  D   BP-BC  Diff
1 URSS              18   9  0  1   68-11  +57
2 Suède             15   7  1  2   45-21  +24
3 Tchécoslovaquie   11   5  1  4   47-30  +17
4 Finlande          10   5  0  5   31-40  -9
5 RDA                5   2  1  7   20-50  -30
6 Pologne            1   0  1  9   11-70  -59

La suprématie soviétique n'est pas contestée par les Tchécoslovaques, mais par la Suède, en position de remporter pour la première fois un titre mondial à domicile. Dix mille personnes remplissent le Johanneshovs isstadion pour assister à la "finale", un match correct mais pas d'une très grande intensité. Un but "facile" encaissé par le gardien russe Konovalenko avait pourtant entretenu l'espoir, mais celui-ci s'envole avec deux buts de Petrov et Vikulov à dix-huit secondes d'intervalle. Les Suédois ont les jambes coupées par cette double rafale.

La Finlande est l'équipe-surprise du début de tournoi en battant pour la première fois son voisin suédois avec un grand match de son gardien Urpo Ylönen. Elle aurait ainsi pu accrocher la médaille de bronze au final si elle n'avait pas perdu son avant-dernier match, contre l'Allemagne de l'Est. La revanche prise sur la Tchécoslovaquie, après la claque encaissée lors de la première confrontation (1-9), n'est donc que pour l'honneur, face à une équipe qui s'était déjà assuré la petite consolation d'une médaille de bronze.

 

Meilleurs marqueurs

                               B  A Pts
1 Aleksandr Maltsev      URS  15  6  21
2 Václav Nedomanský      TCH  10  7  17
3 Anatoli Firsov         URS   6 10  16
4 Jan Suchý              TCH   8  7  15
5 Vladimir Vikulov       URS   9  5  14
6 Stefan Karlsson        SUE   6  5  11
7 Boris Mikhaïlov        URS   7  3  10
  Valeri Kharlamov       URS   7  3  10
9 Tord Lundström         SUE   5  5  10
  Vyacheslav Starshinov  URS   5  5  10
  Lars-Göran Nilsson     SUE   5  5  10

Meilleur gardien : Urpo Ylönen (Finlande).

Meilleur défenseur : Lennart Svedberg (Suède).

Meilleur attaquant : Aleksandr Maltsev (URSS).

Équipe-type élue par les journalistes : Viktor Konovalenko (URSS) ; Lennart Svedberg (SUE) - Jan Suchý (TCH) ; Anatoli Firsov (URSS) - Václav Nedomanský (TCH) - Aleksandr Maltsev (URSS).

Deuxième équipe-type : Leif Holmqvist (SUE) ; Thommy Abrahamsson (SUE) - Lars-Erik Sjöberg (SUE) ; Valeri Kharlamov (URSS) - Viktor Starshinov (URSS) - Lars-Göran Nilsson (SUE).

 

 

 

Mondial B (du 24 février au 5 mars 1970 à Bucarest, Roumanie)

24 février
Allemagne de l'ouest - Yougoslavie 6-3 (1-1,2-1,3-1)
États-Unis - Japon 11-1 (4-1,3-0,4-0)
Suisse - Bulgarie 4-2 (2-1,1-0,1-1)
Roumanie - Norvège 3-4 (0-2,0-2,3-0)

25 février
États-Unis - Bulgarie 19-1 (6-1,7-0,6-0)
Allemagne de l'ouest - Japon 2-1 (1-0,0-0,1-1)
26 février
Norvège - Suisse 4-2 (2-1,1-1,1-0)
Roumanie - Yougoslavie 4-3 (0-0,1-1,3-2)

27 février
Norvège - Bulgarie 8-3 (4-0,2-2,2-1)
États-Unis - Yougoslavie 5-1 (2-0,1-1,2-0)
Allemagne de l'ouest - Suisse 3-1 (0-0,3-0,0-1)
Roumanie - Japon 4-8 (0-2,4-1,0-5)

28 février
Allemagne de l'ouest - États-Unis 2-5 (1-0,1-3,0-2)
Japon - Bulgarie 11-2 (3-1,4-1,4-0)
1er mars
Norvège - Yougoslavie 3-3 (0-2,1-0,2-1)
Roumanie - Suisse 1-7 (0-3,0-1,1-3)

2 mars
Allemagne de l'ouest - Bulgarie 13-1 (5-0,7-0,1-1)
Yougoslavie - Suisse 6-3 (2-0,2-2,2-1)
Japon - Norvège 5-5 (1-2,1-1,3-2)
Roumanie - États-Unis 1-9 (1-4,0-1,0-4)

4 mars
États-Unis - Norvège 9-2 (4-0,2-1,3-1)
Yougoslavie - Bulgarie 6-0 (1-0,5-0,0-0)
Suisse - Japon 2-3 (0-2,2-0,0-1)
Roumanie - Allemagne de l'ouest 2-5

5 mars
Yougoslavie - Japon 8-2 (6-1,2-0,0-1)
États-Unis - Suisse 12-3 (2-1,6-1,4-1)
Allemagne de l'ouest - Norvège 3-0 (0-0,3-0,0-0)
Roumanie - Bulgarie 6-2 (2-0,2-0,2-2)

Classement (7 matches)

                   Pts   V  N  D   BP-BC  Diff
1 États-Unis        14   7  0  0   70-11  +59
2 RFA               12   6  0  1   34-13  +21
3 Norvège            8   3  2  2   26-28  -2
4 Yougoslavie        7   3  1  3   30-23  +7
5 Japon              7   3  1  3   31-34  -3
6 Suisse             4   2  0  5   22-31  -9
7 Roumanie           4   2  0  5   21-38  -17
8 Bulgarie           0   0  0  7   11-67  -56

Les États-Unis sont promus dans le groupe A. La Roumanie et la Bulgarie sont reléguées en groupe C.

 

Meilleurs marqueurs

                             B  A Pts
1 Len Lilyholm         USA   8 12  20
2 Gary Gambucci        USA  11  7  18
3 Hideaki Kurokawa     JAP  11  2  13
4 Craig Patrick        USA   8  5  13
5 Larry Stordahl       USA   6  6  12
6 Takao Hikigi         JAP   5  7  12
7 Keith Christiansen   USA   4  8  12
8 George Konik         USA   4  7  11
9 Yoshio Hoshino       JAP   7  3  10

Meilleur gardien : Anton Kehle (RFA).

Meilleur défenseur : George Konik (États-Unis).

Meilleur attaquant : Takao Hikigi (Japon).

Équipe-type élue par les journalistes : Anton Kehle (RFA) ; Don Ross (USA) - George Konik (USA) ; Hideaki Kurokawa (JAP) - Ernst Köpf (RFA) - Gary Gambucci (USA).

 

 

 

Mondial C (du 13 au 22 février 1970 à Galati, Roumanie)

13 février
Italie - Danemark 3-1 (0-0,0-0,3-1)
Autriche - France 7-2 (1-0,2-2,4-0)
Hongrie - Pays-Bas 7-1 (1-1,3-0,3-0)

14 février
France - Pays-Bas 9-2 (6-0,2-0,1-2)
Italie - Belgique 8-2 (1-2,5-0,2-0)
15 février
Danemark - Autriche 3-4 (3-2,0-2,0-0)

16 février
Belgique - Pays-Bas 1-7 (1-1,0-4,0-2)
Italie - France 4-1 (0-1,2-0,2-0)
Autriche - Hongrie 3-2 (3-1,0-0,0-1)

18 février
Autriche - Belgique 11-0 (3-0,3-0,5-0)
Pays-Bas - Danemark 3-3 (0-0,1-2,2-1)
Hongrie - Italie 6-3 (3-1,1-0,2-2)

19 février
Danemark - Belgique 11-4 (4-1,2-1,5-2)
France - Hongrie 4-2 (2-0,0-1,2-1)
Italie - Pays-Bas 6-1 (3-0,2-1,1-0)

21 février
Pays-Bas - Autriche 2-9 (1-3,0-4,1-2)
Hongrie - Belgique 15-2 (5-1,3-0,7-1)
France - Danemark 2-0 (0-0,1-0,1-0)

22 février
France - Belgique 11-0 (4-0,2-0,5-0)
Hongrie - Danemark 6-2 (4-2,1-0,1-0)
Autriche - Italie 3-3 (2-3,0-0,1-0)

Classement (6 matches)

                   Pts   V  N  D   BP-BC  Diff
1 Autriche          11   5  1  0   37-12  +25
2 Italie             9   4  1  1   27-14  +13
3 France             8   4  0  2   29-15  +14
4 Hongrie            8   4  0  2   38-15  +23
5 Danemark           3   1  1  4   20-22  -2
6 Pays-Bas           3   1  1  4   16-35  -19
7 Belgique           0   0  0  6    9-63  -54

L'Autriche et l'Italie sont promues dans le groupe B.

 

Meilleurs marqueurs

                             B  A Pts
1 Zoltan Horváth       HON   5  5  10
2 Klaus Kirchbaumer    AUT   4  6  10
3 Ivan Guryca          FRA   5  4   9
4 Josef Schwitzer      AUT   5  4   9
5 András Mészöly       HON   4  5   9
6 Peter Bikar          HON   6  2   8
  Franco Gallo         ITA   6  2   8

 

 

Les précédents championnats du monde (1969)

Les championnats du monde suivants (1971)

 

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